mercredi 22 mai 2019

La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.

Proverbe chinois

mardi 21 mai 2019

Profession : diapason

J’invite les surefficients mentaux à prendre avec résignation et fatalisme leur mission sur terre : ils sont des diapasons. Avec ce système de valeur absolu, ce regard clairvoyant, quoi qu’ils fassent, ils ne peuvent pas ne pas donner le la, un la très pur. Alors, les gens qui s’en approchent, comme autant d’instruments de musique, ont ainsi la possibilité de vérifier qu’ils sonnent juste et au besoin de se réaccorder. Il y a alors plusieurs cas de figures : soit la personne sonne juste. Elle est authentique, sincère et saine. Alors, côtoyer un surefficient mental est pour elle un vrai bonheur. Soit la personne est désaccordée. Cette rencontre est pour elle une opportunité précieuse de s’en rendre compte et une réelle chance d’évoluer. [...] Et puis il y a ceux qui détestent la musique et qui sont ravis de jouer sournoisement faux pour embêter l’orchestre, tout en faisant semblant d’être justes. Ceux-là détestent évidemment ces diapasons, qu’il faut à toutes fins empêcher de résonner !

Christel Petitcollin, Je pense trop

lundi 20 mai 2019

Au début du XXIe siècle, un nombre important d'Américains et d'Européens s'étaient détournés de l'introspection. En l'espace d'une décennie, le pays se mit à ingérer sur ordonnance des médicaments qui devaient aider les gens à se déconnecter du sens intrinsèque de leur angoisse et de leur dépression, et à perdre contact avec les idées que contenaient ces affects. Parce qu'ils voulaient une existence plus sûre, moins déconcertante au quotidien, les gens tournèrent le dos à leur propre subjectivité. Ils renoncèrent à avoir un esprit.

Christopher Bollas, Sens et mélancolie

vendredi 17 mai 2019

[...] vous devez avoir le courage de penser et de sentir tout ce que vous pensez et sentez, quel que soit l'avis de votre société ou de votre Société et quoi que vous-même en pensiez.

Wilfred R. Bion, Séminaires italiens

mercredi 15 mai 2019

La psychologie moderne ne peux rien ajouter à la formule classique selon laquelle le bonheur est "la modération en tout" ; elle peut seulement ajouter que la modération dans les exigences du surmoi est aussi essentielle que la modération dans toutes les autres choses.

Sigmund Freud & William C. Bullit, Le président T. W. Wilson

mardi 14 mai 2019

L’efficacité des psychothérapies psychanalytiques a largement été décrite comme un « enchevêtrement causal » ou « disentangling causality », (Leichsenring et al., 2015), cependant, la difficulté à comprendre son processus n’empêche pas les constats positifs : oui, aujourd’hui, les méta-analyses montrent que les psychothérapies psychanalytiques sont efficientes à court terme, autant que les autres, mais encore plus efficaces à long terme.

Marie-Frédérique Bacqué, Des nouvelles de la psychanalyse à l'université

lundi 13 mai 2019

La psychanalyse, elle, tente d'aider chacun à acquérir une connaissance globale de soi-même : elle a pour but de rendre les gens non pas meilleurs mais plus cohérents.

André Green, Le Lego de l'égo

vendredi 10 mai 2019

Bion considère que le tissage de la vie psychique s'opère au moyen de deux fils inhérents à la qualité humaine de l'être : la dépendance et la solitude.

Florence Guignard, préface à Séminaire italiens : Bion à Rome

jeudi 9 mai 2019

Puisqu'on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles.

James Dean

mardi 7 mai 2019

Le monde a été fait par les fous pour que les sages y vivent.

Oscar Wilde, Une femme sans importance

lundi 6 mai 2019

Ne regarde pas en arrière, ce n'est pas là que tu vas.

Anonyme

jeudi 25 avril 2019

Syngué sabour [sɛ̃ge sabur] n.f. (du perse syngue « pierre », et sabour « patiente »). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres... Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate... Et ce jour-là on est délivré.

Atiq Rahimi, Syngué sabour. Pierre de patience

mercredi 24 avril 2019

Le dépressif est un enfant perdu.

Jacques André, Les 100 mots de la psychanalyse

mardi 23 avril 2019

D'après Fédida ["Des bienfaits de la dépression"], la plainte du déprimé traduit dans sa répétition incoercible, une véritable "dépendance au psychique". Même si, formulée de cette façon à votre intention, cette expression n'a l'air de rien, elle nous rappelle cette vérité : au même titre que bien des déprimés, nous savons que nous pensons. C'est seulement, en vous découvrant vous-mêmes à ce point dépendant de votre propre pensée pour exister, qu'il vous arrive de ressentir, vis-à-vis d'elle, une amertume parfois terrible. On pourrait d'ailleurs comparer cette amertume à celle que l'on vouerait à toute personne qui prétendrait nous asservir autant. Fédida suggère qu'il n'est donc pas mauvais signe, en soi, qu'un humain se préoccupe de sa pensée, même à l'excès, puisqu'il lui doit de se savoir humain. Il y a mieux encore. Le malheur de penser succédant au plaisir de se savoir penser : voilà le destin de tous les humains. La conséquence se déduit d'elle-même : prétende stopper radicalement une telle dynamique est insensé. Affirmant que par nature, la dépressivité "appartient à la vie psychique", Fédida en fait également "la maladie de l'humain", au sens où il est impossible d'être humain sans l'avoir éprouvée. Non seulement vous n'êtes pas un malade pour le psychanalyste, mais à ses yeux, votre plainte témoigne au contraire de ce qui fait de nous des êtres humains : être en mesure de savoir et de dire, à soi-même comme à autrui, que nous pensons.

Pascal-Henri Keller, Lettre ouverte au déprimé

vendredi 19 avril 2019

Et si, lorsqu'un patient disait avoir subi un traumatisme infantile, son médecin l'invitait à en parler lors de sa prochaine visite, quel qu'en soit le motif ? Cela changerait-il quelque chose ?

[...] Malgré quelques refus, les médecins se rendirent compte que la plupart des patients étaient heureux de pouvoir s'épancher. Certains leur dirent avoir été victimes de négligence, d'autres d'abus sexuels, d'autres encore avaient été battus par leurs parents. La plupart se s'étaient jamais demandé si ces événements pouvaient avoir un quelconque impact sur leur état de santé actuel, mais le simple fait de leur poser la question les invitait à y réfléchir.

Johann Hari, Chaque dépression a un sens

jeudi 18 avril 2019

Les œuvres d'art sont beaucoup moins les reflets et la propriété de l'artiste que ne se l'imagine le médecin qui ne connaît cet artiste que sur son divan. Il n'y a que les dilettantes pour réduire à l'inconscient tout ce qu'on trouve en art.

Theodor W. Adorno, Théorie esthétique

mercredi 17 avril 2019

Nous avons atteint le point où nous ne croyons plus ni en la valeur de la vie, ni au mandat éthique qui nous ordonne d’améliorer la condition humaine. Nous avons renoncé à nous-mêmes. Ce faisant, nous avons abandonné la quête d’un sens individuel ou collectif. Céder passivement à la corruption qui s’est répandue partout a transformé notre folie des grandeurs maniaque en dépression collective.
Nous avons changé.
Avec la perte du sentiment que les choses peuvent faire sens – la fin de l’idée que nos vies servent à quelque chose – le deuil est devenu mélancolie. Cette mélancolie nous met en colère contre les pertes subies. Inconsciemment, nous accusons tout ce qui semble nous avoir laissés tomber. Nous nous sentons abandonnés par les prédicats humanistes de la culture occidentale et par le réseau de systèmes de croyances qui semblaient offrir une vision progressiste de l’humanité.

Christopher Bollas, Sens et mélancolie

mardi 16 avril 2019

Ce n'est point une erreur si le médecin se sent touché au plus profond par son malade : ce n'est que dans la mesure où il est lui-même blessé qu'il pourra guérir son patient.

Carl Gustav Jung, La guérison psychologique

lundi 15 avril 2019

Si tu traverses l'enfer ne t'arrête pas.

Anonyme

vendredi 12 avril 2019

  • les vrais surdoués sont des personnes plus intelligentes, mais qui n’en font pas étalage ; il se sentent humbles et pas plus intelligents que les autres ; d’autres sont aussi intelligents qu’eux ;
  • ils sont intuitifs, d’autres le sont aussi ;
  • ils ont des valeurs, d’autres aussi ;
  • ils sont curieux et passionnés de tout, d’autres également ;
  • ils ont une mémoire d’éléphant, ce ne sont pas les seuls ;
  • on les appelle œil de lynx, il n’y a pas qu’eux ;
  • ils sont hypersensibles, certains le sont plus encore ;
  • ils vont bien, nombre de nos congénères aussi.

En revanche, ils sont les seuls à être tout cela à la fois.
Et bien d’autres choses encore. Car, au-delà de ce portrait-robot, leur personnalité est propre à chacun d’entre eux.

Béatrice Millêtre, Le livre des vrais surdoués

jeudi 11 avril 2019

Celui qui trouve sans chercher est celui qui a longtemps cherché sans trouver.

Gaston Bachelard

mercredi 10 avril 2019

C’est parce que l’intuition est surhumaine qu’il faut la croire ; c’est parce qu’elle est mystérieuse qu’il faut l’écouter ; c’est parce qu’elle semble obscure qu’elle est lumineuse.

Victor Hugo, Proses philosophiques

mardi 9 avril 2019

Une fleur ne pense jamais à être en concurrence avec la fleur qui est à côté d'elle. Une fleur s'épanouit, c'est tout !

Anonyme

lundi 8 avril 2019

Pour le surdoué, être totalement dans l’instant présent, synchronisé avec ses sensations, ses émotions, en prenant le plaisir simple du moment, est une mission quasi impossible. Le carpe diem des philosophes qui incite à profiter pleinement de ce que l’on vit dans l’ici et maintenant de la situation reste inaccessible. La méta-analyse du surdoué sur tous les moments vécus le prive de la possibilité d’être tranquillement acteur d’une scène, de se laisser paisiblement porter par le vécu immédiat. Il n’est jamais seulement acteur, il reste toujours aussi le spectateur. Ou même le commentateur de sa propre vie. Comme une voix off. C’est fatigant. Douloureux parfois. Frustrant souvent.

Jeanne Siaud-Facchin, Trop intelligent pour être heureux

vendredi 5 avril 2019

Personne ne peut te prendre ce qui t'est destiné.

Proverbe italien

jeudi 4 avril 2019

Ah ! que la vie est quotidienne...

Jules Laforgue, Complainte sur certains ennuis

mercredi 3 avril 2019

Les surefficients mentaux se bloquent face à l’idée d’être supérieurement intelligent. Tout au plus acceptent-ils l’idée d’une intelligence différente. Mais supérieure, non ! Car le paradoxe est le suivant : plus on est intelligent, plus on doute de l’être et moins on le sait. Alors, ils se débattent avec cette idée d’une intelligence exceptionnelle. Elle les choque même profondément. D’abord et avant tout parce qu’elle va à l’encontre de leurs valeurs d’égalité et de fraternité. Ensuite, s’admettre intellectuellement plus performant que la moyenne fait aussi violence à leur modestie. Enfin, il est plus confortable de se croire juste un peu hypersensible et décalé. Être si intelligent serait encore plus stigmatisant. Certains surefficients m’ont dit que cela confirmerait et rendrait définitif cet isolement qui les fait souffrir.

Christel Petitcollin, Je pense trop

mardi 2 avril 2019

Mais je venais d'apprendre l'inverse : si tu veux être heureux, ne sois pas toi-même. Ne te focalise pas sur ce que tu vaux. C'est le fait de ne penser qu'à toi, toi, toi, qui t'a rendu si malheureux. Ne sois pas toi-même, sois nous. Pense collectif. Fais partie du groupe. Fais en sorte que le groupe aille bien. Tout que j'avais appris m'indiquait que la première étape vers le bonheur consistait à renverser les barrières de l'égo, à laisser notre histoire se mêler à celle des autres et réciproquement, à mettre en commun nos identités et à réaliser que nous n'avions jamais vraiment été nous-mêmes, ce héros triste et solitaire.
Non, ne soyez pas vous-mêmes, Tissez des liens avec tous ceux qui vous entourent. Faites partie d'un tout.

Johann Hari, Chaque dépression a un sens

lundi 1 avril 2019

Nulle pierre ne peut être polie sans friction, nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve.

Confucius

vendredi 29 mars 2019

Le narcissisme oppose une des résistances les plus farouches à l'analyse.

André Green, Narcissisme de vie, narcissisme de mort

jeudi 28 mars 2019

31. Trois heures du matin n'est jamais l'heure pour essayer de remettre votre vie d'aplomb.

Matt Haig, Rester en vie

mercredi 27 mars 2019

Avant cinquante ans on est jeune et beau. Après on est beau.

Jacques Higelin

mardi 26 mars 2019

Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie.

Sénèque, Lettres à Lucilius

vendredi 22 mars 2019

Penser est difficile, c'est pourquoi la plupart se font juges.

Carl Gustav Jung

jeudi 21 mars 2019

Je ne peux pas être complètement analysé - je ne pense pas que ce soit possible. Il faut bien s'arrêter un jour ou l'autre ; après quoi, on fait au mieux avec ce qu'on est.

Wilfred R. Bion, Bion à New York et à São Paulo

mercredi 20 mars 2019

Les psychothérapies qui technicisent – ou plutôt technologisent – le jeu et qui en font, ainsi, des moyens d’exploration de l’inconscient et des auxiliaires de communication se vident, du même coup, de la compréhension interne de leur propre projet et reposent sur un déni et un désaveu de l’enfance au profit d’une surestimation de l’enfant. Non seulement jouer n’y est pas possible mais son pouvoir est faussé d’une méconnaissance radicale de l’enjeu psychothérapique où jouer n’est pas différent de écouter et laisser, dans l’attention dite flottante, se créer et recréer cette parole qui transporte en retour – donne à disposer en son entendu – ce qu’elle a accueilli.

Pierre Fédida, L'absence

mardi 19 mars 2019

On croit que, lorsqu'une chose finit, une autre recommence tout de suite. Non. Entre les deux, c'est la pagaille.

Marguerite Duras, Des journées entières dans les arbres

lundi 18 mars 2019

La grande leçon de la vie, c'est que parfois, ce sont les fous qui ont raison.

Winston Churchill

vendredi 15 mars 2019

La patience vient à bout de tout.

Proverbe français

jeudi 14 mars 2019

Lorsque tout semble aller contre toi, souviens-toi que les avions décollent toujours face au vent.

Henry Ford

mercredi 13 mars 2019

Rien n'est jamais fini, il suffit d'un peu de bonheur pour que tout recommence.

Emile Zola, Germinal

mardi 12 mars 2019

La liberté ce n'est pas l'espoir de l'avenir. C'est le présent et l'accord avec les êtres et le monde dans le présent.

Albert Camus, Carnets III

lundi 11 mars 2019

Des pensées sans matière sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles.

Emmanuel Kant, Critique de la raison pure

vendredi 8 mars 2019

J'ai été frappée par la croyance répandue parmi les candidats (analystes) que le contre-transfert n'est qu'une source de problèmes [...]. Ma thèse est que la réponse émotionnelle de l'analyste à son patient dans la situation analytique représente l'un des outils les plus importants pour son travail.

Paula Heimann, "Counter-Transference", in British Journal of Medical Psychology (1960)

jeudi 7 mars 2019

Celui qui va lentement arrivera rapidement.

Milarepa

mercredi 6 mars 2019

La raison pour laquelle tant de gens trouvent qu’il est si difficile d’être heureux c’est qu’ils imaginent toujours le passé meilleur qu’il ne l’était, le présent pire qu’il n’est vraiment et le futur plus compliqué qu’il ne le sera.

Marcel Pagnol

mardi 5 mars 2019

Tout comme l'ensemble des images, des sentiments et des pulsions de l'analysant envers l'analyste, en tant qu'ils sont déterminés par son passé, est appelé névrose de transfert, de même l'ensemble des images, des sentiments et des pulsions de l'analyste envers l'analysant, en tant qu'il sont déterminés par son passé (comprenant son analyse), est appelé contre-transfert, et son expression pathologique pourrait être désigné comme névrose de contre-transfert.

Heinrich Racker, Etudes sur la technique psychanalytique

lundi 4 mars 2019

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l’un pour donner, l’autre pour recevoir.

Johann Wolfgang von Goethe

vendredi 1 mars 2019

Ainsi procède l’analyse : dès qu’elle ouvre des routes dans l’inconscient du patient, son passé (dans ses aspects conscients et inconscients) est graduellement ravivé. Par là est renforcé son besoin de transférer les expériences, les relations objectales et les émotions initiales, et elles se focalisent sur l’analyste ; ce qui implique qu’aux prises avec les conflits et les angoisses réactivés, le patient fait usage des mêmes mécanismes et des mêmes défenses que dans les situations antérieures.

Melanie Klein, Les origines du transfert

jeudi 28 février 2019

La personnalité commence où finit la comparaison.

Karl Lagerfeld

mercredi 27 février 2019

Il se peut que nous soyons tentés de dire : "Je suis américain", ou "britannique", ou "freudien", ou "jungien", ou "kleinien", ou n'importe quel label "respectable". Mais chaque psychanalyste doit avoir la hardiesse, et la ténacité qui va avec, d'insister sur le droit d'être soi-même et d'avoir son propre avis sur cette expérience étrange qui a lieu lorsqu'il saisit la présence de quelqu'un d'autre dans la pièce.

Wilfred R. Bion, Bion à New York et à São Paulo

mardi 26 février 2019

Le réel est à prendre ou à laisser. La philosophie aide à le prendre. Mieux vaut penser que se lamenter. Mieux vaut agir que trembler.

André Comte-Sponville, Contre la peur

lundi 25 février 2019

Pose ton oreille près de ton âme et écoute.

Anne Sexton

vendredi 22 février 2019

Ainsi le cœur peut vivre avec son désespoir.

Lord Byron, le Pèlerinage de Childe Harold

jeudi 21 février 2019

J’entretiens six honnêtes serviteurs
(ils m’ont appris tout ce que je sais) ;
Ils s’appellent Quoi et Pourquoi, et Quand
Et Comment, et Où et Qui.
Je les ai envoyés par-delà mer et terre
Je les ai envoyés à l'est et à l'ouest ;
Mais après avoir travaillé pour moi,
Je leur ai, à tous, accordé du repos.

Rudyard Kipling, Histoires comme ça

mercredi 20 février 2019

Rêver, c'est le bonheur ; attendre, c'est la vie.

Victor Hugo, Les Feuilles d'automne

mardi 19 février 2019

Une fois la tempête passée, tu te demanderas comment tu as fait pour la traverser, comment tu as fait pour survivre. Tu ne seras pas très sûr, en fait, qu’elle soit vraiment achevée. Mais sois certain d’une chose : une fois que tu auras essuyé cette tempête, tu ne seras plus le même. Tel est le sens de la tempête.

Haruki Murakami, Kafka sur le rivage

lundi 18 février 2019

Je ne trouvais pas vraiment ma place. Je me désintégrais devant les gens pour devenir ce qu'ils voulaient que je sois. Paradoxalement, je sentais tout le temps une intensité en moi. Je ne savais pas ce que c'était, mais elle continuait à s'accumuler, comme de l'eau derrière une digue. Plus tard, quand j'ai été vraiment dépressif et anxieux, la maladie m'a semblé être une accumulation de toute cette intensité ravalée. Une sorte de trop-plein. Comme si, lorsque vous ne parveniez pas à vous laisser être libre, votre moi entrait en force, envahissant votre esprit pour noyer toutes ces demi-versions ratées de vous-même.

Matt Haig, Rester en vie

vendredi 15 février 2019

Je suis pour l'augmentation du goût de la vie.

Jacques Dutronc

jeudi 14 février 2019

De temps à autre, il est bon de faire une pause dans notre quête du bonheur et d'être simplement heureux.

Guillaume Apollinaire

mercredi 13 février 2019

Pose ta question, tu seras idiot une seconde. Ne la pose pas, tu seras idiot toute ta vie.

Albert Einstein

mardi 12 février 2019

Rire souvent et sans restriction ; s'attirer le respect des gens intelligents et l'affection des enfants ; tirer profit des critiques de bonne foi et supporter les trahisons des amis supposés ; apprécier la beauté ; voir chez les autres ce qu'ils ont de meilleur ; laisser derrière soi quelque chose de bon, un enfant en bonne santé, un coin de jardin ou une société en progrès ; savoir qu'un être au moins respire mieux parce que vous êtes passé en ce monde ; voilà ce que j'appelle réussir sa vie.

Ralph Waldo Emerson

lundi 11 février 2019

Le secret pour bien vivre et longtemps est : manger la moitié, marcher le double, rire le triple et aimer sans mesure.

Proverbe tibétain

vendredi 8 février 2019

- Ouste ! Du vent, ne gênez donc pas sa mue !

Les Œuvres de Maître Tchouang, Chapitre VI, traduction de Jean Levi

jeudi 7 février 2019

La véritable amitié ne gèle pas en hiver.

Proverbe allemand

mercredi 6 février 2019

L'ego dit : Quand tout sera en place, je trouverai la paix.
L'âme dit : Trouve la paix, et tout se mettra en place.

Neale Donald Walsch, Conversations avec Dieu

mardi 5 février 2019

L'époque nous convie, c'est bien certain, au festin des logiques... Cela n'est point pour surprendre le psychanalyste dont les tympans sont rompus à entendre plusieurs musiques ensemble.

Michel Neyraut, Les logiques de l'inconscient

lundi 4 février 2019

Les voyages les plus remarquables sont intérieurs, libérés du temps et de l'espace.

Henning Mankell

vendredi 1 février 2019

La patience est l'art d'espérer.

Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, Réflexions et maximes

jeudi 31 janvier 2019

Je descendis si bas, si bas que je trouvai ce que je cherchais.

Saint Jean de la Croix

mercredi 30 janvier 2019

Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.

Simone de Beauvoir, Les Mandarins

mardi 29 janvier 2019

J'aimerais que vous vous joigniez à moi et que vous essayiez d'atteindre les mêmes profondeurs d'ignorance auxquelles je suis parvenu, que vous vous efforciez de retrouver un état d'esprit qui soit, le plus possible, dénué d'idées préconçues, de théories, et ainsi de suite.

Wilfred R. Bion, À propos d'une citation de Freud

lundi 28 janvier 2019

Un maître n'est pas celui qui sans cesse enseigne, mais celui qui soudain apprend.

Joao Guimaraes Rosa, Diadorim

vendredi 25 janvier 2019

La vie est beauté, admire-la
.
La vie est félicité, profites-en.

La vie est un rêve, réalise-le.

La vie est un défi, relève-le.

La vie et un devoir, fais-le.

La vie est un jeu, joue-le.

La vie est précieuse, soigne-la bien.

La vie est richesse, conserve-la.

La vie est amour, jouis-en.

La vie est un mystère, pénètre-le.

La vie est une promesse, tiens-la.

La vie est tristesse, dépasse-la.

La vie est un hymne, chante-le.

La vie est un combat, accepte-le.

La vie est une tragédie, lutte avec elle.

La vie est une aventure, ose-la.

La vie est bonheur, mérite-le.

La vie est la vie, défends-la.

Mère Teresa

jeudi 24 janvier 2019

D'autres rêves - le plus grand nombre, concédons-le - signifient vraiment ce qu'ils annoncent, ils n'ont subi aucune déformation par la censure. Ils sont l'expression de motions immorales, incestueuses et perverses ou de désirs meurtriers et sadiques. À certains de ces rêves, le rêveur réagit par un réveil plein d'angoisse...

Sigmund Freud, Quelques suppléments à l'ensemble de l'interprétation du rêve

mardi 22 janvier 2019

Rendre à l'homme son corps manquant et sa parole perdue : Prendre soin de l'Être.

Jean-Yves Leloup, Prendre soin de l'Être

lundi 21 janvier 2019

N'hésitez pas à vous débarrasser de l'à-peu-près et à le remplacer par des choses parfaites, même si cela vous occasionne des frais que beaucoup de gens qualifierait de gaspillage. Le minimalisme coûte cher, mais c'est à ce prix que vous arriverez à vous contenter d'un strict minimum. C'est en faisant des erreurs de choix que l'on parvient à découvrir ce qui nous convient exactement. Et ce sont ces erreurs nos maîtres !

Dominique Loreau, L'art de la simplicité

vendredi 18 janvier 2019

Etonnant, non ? Très franchement, je dois vous dire que je ne comprends pas le rapport entre ces injonctions ahurissantes et le bonheur. Si ce n'est que, si j'ai bien compris, quand les parents boivent, les enfants trinquent, qu'il ne faut pas envoyer de crotte de chien ni mentalement ni concrètement aux gens que l'on croise, et qu'il faut peindre en bleu les zèbres qui courent dans le métro ! Plus sérieusement, je pense qu'avec ce genre d'exercice - X choses à faire X fois (attention ! pas une de plus, pas une de moins), X choses à noter, qualités et défauts dont il faut dresser la liste, on est en plein catéchisme laïc. On ne récite plus 10 "Pater" ou 10 "Ave", on prend dix résolutions. Et les "faites ceci" et autres "Je pense à..." au mode indicatif, ont quelque chose de bougrement... impératif. En somme, c'est l'examen de conscience permanent, en version laïque. Qu'en pensez-vous ?

Jean-Loup Chiflet, Malheur au bonheur !

jeudi 17 janvier 2019

De là comprend-on que le "juste milieu", thème ennuyeux s'il en est et qu'on croirait relever de la sagesse des nations, sorte enfin de sa platitude. Il prend un relief inattendu. Il est, non pas banal, mais radical. Il ne consiste plus à se tenir dans un milieu frileux, peureux, à mi-chemin des opposés et redoutant l'excès ("point trop n'en faut", comme dit l'adage) : évitant donc prudemment de s'aventurer d'un côté comme de l'autre et d'affirmer fortement sa couleur. "Médiocrité" qui n'est pas "dorée", comme on l'a dit, mais qui est terne ; mais qui est grise. Non, le juste milieu, pour qui sait le penser avec rigueur (Wang Fuzhi), est de pouvoir faire l'un aussi bien que l'autre, c'est-à-dire d'être capable de l'un comme de l'autre extrême. C'est dans cet "égal" de cet égal accès à l'un comme l'autre qu'est le "mi-lieu".

François Jullien, Cinq concepts proposés à la psychanalyse

mercredi 16 janvier 2019

Ne donnez pas d'explication : les amis vous comprennent et les ennemis ne vous croient pas.

Elbert Green Hubbard

mardi 15 janvier 2019

Nous avons tous connu des moments d'ambiguïté intolérable, des situations sans issue où l'on peut se sentir proche de la folie. À une raison s'oppose une autre raison, à une explication s'oppose une autre explication. "Un fou, disait Chesterton, c'est quelqu'un qui a tout perdu, sauf la raison." Si nous sommes capables d'accepter de ne pas comprendre, si nous ne voulons plus faire entrer le réel dans nos petites catégories, si nous suspendons notre jugement... ce moment d'absurdité et de folie peut être le moment d'un passage vers un sens au-delà de la raison, au-delà de la conscience ordinaire qui, elle, "pense toujours en s'opposant."

Jean-Yves Leloup, La sagesse qui guérit

lundi 14 janvier 2019

Devenir adulte, c'est reconnaître, sans trop souffrir, que le "Père Noël" n'existe pas.

Hubert Reeves, L'Espace prend la forme de mon regard

jeudi 10 janvier 2019

La plupart des gens n'écoutent pas dans l'intention de comprendre, ils écoutent dans l'intention de répondre.

Stephen R. Covey

mercredi 9 janvier 2019

Pour celui qui empathise, le patient incompris est une manière d'objet d'amour perdu qui satisfait un besoin. L'empathie peut alors apparaître comme un effort pour compenser, par restitution, une perte de contact et de communication. Dans cette ligne de pensée, j'ai l'impression que les gens qui ont tendance à être déprimés, font les meilleurs "empathisants".

Ralph R. Greenson, L'empathie et ses phases diverses, Revue française de psychanalyse vol. 25 n° 4-5-6, 1961

mardi 8 janvier 2019

La grande question à laquelle je n'ai pas été capable de répondre [...] est : "Que veut la femme ?".

Sigmund Freud, La féminité, XXXIIIe conférence in Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse

lundi 7 janvier 2019

Heureux celui qui sait prendre son temps pour aller plus vite.

Proverbe inuit

vendredi 4 janvier 2019

Il est peut-être temps de dire que le "secret " d’une bonne vie, c’est de se moquer du bonheur : ne jamais le chercher en tant que tel, l’accueillir sans se demander s’il est mérité ou contribue à l’édification du genre humain ; ne pas le retenir, ne pas regretter sa perte ; lui laisser son caractère fantasque qui lui permet de surgir au milieu des jours ordinaires ou de se dérober dans les situations grandioses. Bref, le tenir toujours et partout pour secondaire puisqu’il n’advient jamais qu’à propos d’autre chose.

Pascal Bruckner, L'Euphorie perpétuelle

jeudi 3 janvier 2019

A elle seule la vie est une citation.

Jorge Luis Borges

mercredi 2 janvier 2019

Le vrai nom du dévouement, c'est "désintéressement".

Victor Hugo, Les Misérables

vendredi 21 décembre 2018

Que ce monde soit absurde, c'est l'affaire des philosophes et des humanistes. Mais qu'il soit injuste, c'est notre affaire à tous.

Gilbert Cesbron, Chiens perdus sans collier

jeudi 20 décembre 2018

L'individu doit habiter son propre corps, et son corps doit supporter d'avoir un esprit qui l'habite. Ainsi, en un sens, la procédure analytique, si elle est efficace, pourrait amener ces deux-là à une sorte d'harmonie.

Wilfred R. Bion, Bion à la Tavistock

mercredi 19 décembre 2018

Tout est moral dans les individus mais tout est physique dans les masses. […] Chacun est libre individuellement, parce qu’il n’a individuellement affaire qu’à lui-même, ou à des forces égales aux siennes. Mais dès qu’il entre dans un ensemble, il cesse d’être libre.

Benjamin Constant

mardi 18 décembre 2018

You enter the desert as a nobody, and you come out as a somebody.

On entre dans le désert en n'étant personne, et on en ressort en étant devenu quelqu'un.

Citation favorite de Mona Kuhn

lundi 17 décembre 2018

Il est bon d'être ferme par tempérament, et flexible par réflexion.

Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, Œuvres choisies

vendredi 14 décembre 2018

Un chef est un homme qui a besoin des autres.

Paul Valéry, Mauvaises pensées et autres

jeudi 13 décembre 2018

Ayant bénéficié d’une psychanalyse personnelle et didactique pendant sept ans (1972-1979) avec Simone Decobert, membre titulaire de la Société Psychanalytique de Paris, j’ai pu constater, parmi bien d’autres effets, le dégagement de ma famille d’origine, la levée d’inhibitions affectives et intellectuelles, la mise en œuvre d’une adéquation entre les mots prononcés et les émotions ressenties, la mise à l’épreuve de mon engagement vital, corps et âme, comme psychothérapeute auprès de personnes souvent en grande souffrance, et la capacité à développer une indépendance d’esprit vis-à-vis des nombreuses théories de l’esprit, qu’elle soient ou non psychanalytiques.
Le changement le plus important est venu le jour où je me suis aperçu que j’étais assuré de rester celui que j’étais déjà.

Jacques Miermont, Les tribulations d’un psychothérapeute. Petit bilan d’une recherche en psychothérapie

mercredi 12 décembre 2018

En toute chose, l’on ne reçoit qu’en raison de ce que l’on donne.

Honoré de Balzac, Physiologie du mariage

mardi 11 décembre 2018

Ni vouloir dire ni vouloir se taire : laisser passer.

François Jullien, Cinq concepts proposés à la psychanalyse

lundi 10 décembre 2018

L'analyse est terminée quand l'analyste et le patient ne se rencontrent plus pour la séance de travail analytique. Ils agiront ainsi lorsque deux conditions sont à peu près remplies : la première, que le patient ne souffre plus de ses symptômes et ait surmonté ses angoisses comme ses inhibitions ; la seconde, que l'analyste juge que chez le malade tant de refoulé a été rendu conscient, tant d'incompréhensible élucidé, tant de résistance interne vaincue, que l'on n'a pas à redouter la répétition des processus pathologiques en question.

Sigmund Freud, L'analyse finie et l'analyse infinie

vendredi 7 décembre 2018

- Tu prends quoi pour aller bien ?

- Je prends de la distance.

Anonyme

jeudi 6 décembre 2018

De mortuis nil nisi bene.

Des morts : rien sinon le bien

Locution latine

mercredi 5 décembre 2018

Partout où l'homme apporte son travail, il laisse aussi quelque chose de son cœur.

Henryk Sienkiewicz, La Famille Polaniecki

mardi 4 décembre 2018

Notre seule occupation doit être notre guérison.

Epicure, Epître à Ménécée

lundi 3 décembre 2018

La passion ne se soigne que par elle-même.

Charles Fourier, Le nouveau monde amoureux

vendredi 30 novembre 2018

Le désir c'est la connaissance différée, mais rendu visible déjà dans l'impatience du suspens où elle se tient.

Michel Foucault, Leçons sur la volonté de savoir

jeudi 29 novembre 2018

Rien n'est plus lent que la véritable naissance d'un homme.

Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien

mercredi 28 novembre 2018

La fausse modestie consiste à se mettre sur le même rang que les autres pour montrer qu'on les dépasse.

Sully Prudhomme

mardi 27 novembre 2018

N'en vouloir à personne

Quand la vie, nous envoie,
Dans les yeux, la poussière
Dans la peau, la peur,
Dans les mains la sueur
Rester debout

Quand la vie, nous envoie,
Dans la tête, la colère
Dans le cœur, de la peine
Dans le corps, la douleur
Rester debout

Et malgré tout
N'en vouloir à personne,
Et jusqu'au bout, être encore qui nous sommes
Prendre de coups et accepter la somme
Tout ce qui fait qu'on touche le fond et qu'on pardonne
N'en vouloir à personne

Quand la vie, nous envoie,
Dans les mains, de l'or
Dans les yeux, le rêve
Dans l'âme, de la peine
Être à genoux

Quand la vie, nous envoie
Dans le cœur de l'amour
Dans la peau, l'envie
Dans le corps, la vie
Être à genoux

Par dessus tout
N'en vouloir à personne
Et être heureux de ce que la vie nous donne
Et jusqu'au bout
Etre encore qui nous sommes
Tout ce qui fait qu'au fond de nous
Un cœur résonne
N'en vouloir à personne

Et malgré tout
N'en vouloir à personne
Et jusqu'au bout
Etre encore qui nous sommes
Prendre des coups et accepter la somme
Tout ce qui fait qu'au touche le fond
Et qu'on pardonne

Et malgré tout
N'en vouloir à personne
Et être heureux de ce que la vie nous donne
Et jusqu'au bout,
Etre encore qui nous sommes
Tout ce qui fait qu'au fond de nous
Un cœur résonne

Johnny Hallyday, album "L'attente", texte d'Isabelle Bernal

lundi 26 novembre 2018

Tout ce que tu dis parle de toi ; surtout quand tu parles d'un autre.

Paul Valéry, Mauvaises pensées et autres

vendredi 23 novembre 2018

Quand on peut s'entretenir avec quelqu'un, et qu'on ne le fait pas, on gaspille la personne ; mais, quand on ne peut pas s'entretenir avec quelqu'un, et que néanmoins on le fait, c'est sa parole que l'on gaspille.

Confucius, Entretiens, XV, 21

jeudi 22 novembre 2018

Tourne-toi vers le soleil, l'ombre sera derrière toi.

Proverbe maori

mercredi 21 novembre 2018

Demain le soleil se lèvera, et qui sait ce que la marée peut apporter.

Chuck Noland, Seul au monde, scénario de William Broyles Jr.

mardi 20 novembre 2018

A l'envers

J'ai bu dans toutes les tasses
J'ai goûté à tous les verres
J'ai perdu cent fois la face
Mais sans rien gagner derrière

J'voudrais bien trouver ma place
Naufragé cherche une terre
Déposer un peu d'angoisse
Y respirer un peu d'air
Autre part, autre frontière

La tête à l'envers
J'fais jamais jamais jamais l'affaire

Déguisé comme un gagnant
Tout dehors et rien dedans
Bronzage été comme hiver
ça j'ai jamais su le faire

J'suis tombé profond profond
J'croyais tous les zéros frères
Mais dans la jungle des bas-fonds
Rallume un peu la lumière
J'suis pas plus doué pour l'enfer

La vie à l'envers
J'fais jamais jamais jamais l'affaire

J'ai cherché dans tous les livres
En long en large en travers
J'ai rien trouvé qui délivre
J'ai rien trouvé qui espère

J't'ai pas dit les mots des autres
J'connais pas l'vocabulaire
Suffit pas d'être sincère
Y'a des façons des manières
J'suis pas doué j'sais pas y faire

Le coeur à l'envers
J'fais jamais jamais jamais l'affaire

Jean-Jacques Goldman, 1er album

lundi 19 novembre 2018

Ce que peut le rêve est immense. Réparer, se remémorer, prophétiser, écouter, mettre en garde, terroriser, apaiser, dévoiler, libérer. Et nous permettre d'oublier.

Anne Dufourmantelle, Intelligence du rêve

vendredi 16 novembre 2018

Chaque parole a des retentissements. Chaque silence aussi.

Jean-Paul Sartre, Situations II

jeudi 15 novembre 2018

Quand la mémoire s'en va ramasser du bois mort, elle rapporte le fagot qui lui plaît.

Proverbe mossi

mercredi 14 novembre 2018

Généralement on distingue trois périodes dans l'œuvre de Ferenczi : celle de la technique active (1918-1926), celle qui la précède, et une troisième phase dominée par les élaborations sur le traumatisme ("le Ferenczi de "la confusion des langues"") et par d'autres tentatives techniques (la relaxation et l'analyse mutuelle).

Hélène Oppenheim-Gluckman, Lire Sandor Ferenczi

mardi 13 novembre 2018

Ferenczi a prononcé les rassurantes paroles que voici : "L'analyse n'est pas un processus sans fin ; grâce aux connaissances et à la patience de l'analyste, elle doit pouvoir être amenée à son terme naturel." Je crois que cette phrase a surtout pour but de nous rappeler que nous devons viser non pas à raccourcir, mais à approfondir l'analyse.

Sigmund Freud, L'analyse avec fin et l'analyse sans fin

lundi 12 novembre 2018

Contrairement au dogme actuel : "devenir soi", une psychanalyse nous expose au risque de ne pas se reconnaître, de perdre ses propres repères, d'entrer en non-conformité avec soi car ce processus fait partie du : "se trouver" vers lequel la psychanalyse fait signe. Descente vertigineuse vers ce lieu où je suis confondu avec la perception même.

Anne Dufourmantelle et Laure Leter, Se trouver

vendredi 9 novembre 2018

C'est en communiquant avec le monde que nous communiquons avec nous-mêmes. Nous tenons le temps tout entier et nous sommes présents à nous-mêmes parce que nous sommes présents au monde.

Maurice Merleau-Ponty, La Phénoménologie de la perception

jeudi 8 novembre 2018

Dans cet ouvrage [Totem et tabou], Freud, à travers une métaphore et un mythe anthropologique, différencie trois phases de développement psychique du sujet : animiste, religieuse, scientifique. Dans la première phase, s'exerce la croyance en la toute-puissance des idées et dans l'action directe de ces idées ur la réalité qui nous entoure. L'homme s'attribue la toute-puissance. Cette phase correspond au narcissisme et à une pensée encore fortement sexualisée. Dans la phase religieuse, l'homme cède sa toute-puissance aux dieux qu'il espère influencer. Cette phase, dit Freud, correspond à un stade d'objectivation caractérisé par la fixation de la libido aux parents. Dans la phase scientifique, l'homme s'est résigné "à la mort ainsi qu'à toutes les autres nécessités naturelles", bien qu'il persiste des travers de l'ancienne croyance en la toute-puissance. L'individu se confronte à la castration et au principe de réalité.

Hélène Oppenheim-Gluckman, Lire Sandor Ferenczi

mercredi 7 novembre 2018

Qu'il faille se garder de rien privilégier, de rien présumer ou projeter ; qu'il faille donc tenir à égalité tout ce qu'on entend pour ne point rater le moindre indice qui mettrait sur la voie, quelque incongru (inattendu) qu'il apparaisse ; qu'il faille par conséquent garder son attention diffuse et non focalisée, c'est-à-dire non régie par quelque "intentionnalité" est, on le sait, le premier "conseil" qu'adresse Freud au psychanalyste. Le seul, au fond, à bien y regarder. Car tous les autres, de près ou de loin, y reconduisent.

François Jullien, Cinq concepts proposés à la psychanalyse

mardi 6 novembre 2018

Se révolter, c’est courir à sa perte, car la révolte, si elle se réalise en groupe, retrouve aussitôt une échelle hiérarchique de soumission à l’intérieur du groupe, et la révolte, seule, aboutit rapidement à la suppression du révolté par la généralité anormale qui se croit détentrice de la normalité. Il ne reste plus que la fuite.

Henri Laborit, Eloge de la fuite

lundi 5 novembre 2018

Ma langue maternelle est l'allemand ; le mot anderer (der, die, das, andere) est directement lié à andern (changer). Chaque autre est en soi l'expression d'un changement.

Harald Seezman, A quoi servent les grandes messes de l'art contemporain ?

vendredi 2 novembre 2018

Le procédé de la libre association paraît à beaucoup l'innovation la plus remarquable de la psychanalyse, et la clef méthodologique de ses résultats.

Sigmund Freud, Lettre à Stefan Zweig, 17 février 1931

mercredi 31 octobre 2018

Vous pensez vraiment pouvoir guérir une personne qui se confie à vous dans le plus intime de la vie et de ses souffrances sans lui expliquer vos propres réactions à son égard ? s'étonne Otto. Les prêtres font cela, mais nous ne sommes pas au sein d'une chapelle, ni dans un dogme, mais face à l'existence ! Imaginer guérir une âme en laissant la porte de son propre esprit grande ouverte sur la morale, c'est n'aller nulle part. Le désir, s'il survient, participe du chemin. Le refouler en ne l'exprimant pas, c'est mettre entre soi et l'autre - le malade, Jung ! - le poids de la société, l'interdit, donc la maladie elle-même. Ce qui soigne une personne victime de la morale, c'est l'immoralisme. Vous me comprenez ? Il faut se tenir loin, très loin de l'autorité, de toutes formes de présupposés, de jugement, pour lire une âme, se présenter tel qu'on est, mettre à nu ses failles. Je ne cache pas mes addictions à la cocaïne ou à l'opium à mes patients. Elles font partie de ce que je suis, et c'est parce qu'ils m'acceptent tel que je suis que je peux les entendre.

Marie-Laure de Cazotte, Mon nom est Otto Gross

mardi 30 octobre 2018

Il n'y a sous le ciel qu'une chose devant laquelle on doive s'incliner, le génie, et qu'une chose devant laquelle on doive s'agenouiller, la bonté.

Victor Hugo, Choses vues

lundi 29 octobre 2018

Tuto, cito, jucunde

Sans danger, rapidement, agréablement.

Esculape

vendredi 26 octobre 2018

Sois heureux un instant, cet instant c'est ta vie.

Omar Khayyâm

jeudi 25 octobre 2018

Je  défends  pour  ma  part  l’idée  qu’il  n’y  a  jamais  de  contre-indication,  pas  plus  que  d’indication  pour  un  soin  psychanalytique.  Tout  le  monde  est  une  indication  dans  la  mesure  où  tout  le  monde  mérite  que  quelqu’un  s’intéresse  à  sa  vie  mentale,  à  sa  subjectivité,  à  sa  souffrance  psychique.  Tous  les  psychanalystes  ne  sont  évidemment  pas  destinés  à  aider  tout  le  monde.  Chacun  a  parfaitement  le  droit  de  n’être  intéressé,  de  n’être  compétent  que  pour  certains  contextes  et  pas  d’autres.

Albert Ciccone, Psychanalyse ou psychothérapie psychanalytique ? Fondements de la position clinique

mercredi 24 octobre 2018

Ne crains pas d’avancer lentement, crains seulement de t’arrêter.

Lao Tseu, Tao Te King

mardi 23 octobre 2018

Donec eris felix, multos numerabis amicos.

Tant que tu seras heureux, tu compteras beaucoup d'amis.

Ovide, Les Tristes, 1, 9, 5

lundi 22 octobre 2018

[...] chaque nouveauté doit nous trouver toujours tout entiers disponibles.

André Gide, Les Nourritures terrestres

vendredi 19 octobre 2018

Le fou

Ce fut dans le jardin d'un asile de fous que je rencontrai un jeune homme au visage pâle, gracieux et empli d'émerveillement.
Je m'assis près de lui, sur un banc, et lui demandai : "Pourquoi êtes-vous là ?"
Il me regarda avec stupéfaction et me répondit : "C'est une question incongrue et pourtant je veux bien vous répondre. Mon père voulait faire de moi son double parfait ; mon oncle également. Ma mère voulait me façonner à l'image de son illustre père. Ma sœur voulait que je suive le parfait exemple de son époux, le marin, qu'elle tenait en haute estime. Mon frère pensait que je devrais être comme lui : un bel athlète.
"Et mes professeurs, de philosophie, de musique et de mathématiques, étaient eux aussi résolus ; chacun d'eux voulait faire de moi sa propre image réfléchie dans un miroir.
"Aussi suis-je venu en ce lieu. Je trouve que l'air y est plus sain. Au moins, je peux être moi-même."
Puis, subitement, il se tourna vers moi : "Mais dites-moi, avez-vous aussi été conduit jusque-là grâce à l'éducation et au bon conseil ?"
Je répondis alors : "Non, je suis un simple visiteur."
Et il me dit : "Ah, vous êtes l'un de ceux qui vivent dans l'asile de l'autre côté du mur."

Khalil Gibran, L'Errant

jeudi 18 octobre 2018

La vérité est l'objet d'un combat jamais définitivement gagné, ni définitivement perdu que périodiquement le Je doit livrer pour s'approprier et défendre des positions, faute desquelles il ne pourrait ni s'orienter, ni auto-investir son propre espace identificatoire.

Piera Aulagnier, L'Apprenti-historien et le Maître-sorcier. Du discours identifiant au discours délirant

mercredi 17 octobre 2018

Si, comme l’affirmait Freud, le transfert est une “croix”, ne sommes-nous pas en train de nous en protéger par toutes ces rationalisations théorico-techniques, qui ne seraient en dernier ressort que des opérations défensives ? Mais à quoi bon nous défendre d’une chose qui pour la majorité des analystes demeure l’instrument le plus précieux de notre travail ? […] Avec sa métaphore des rayons X, Freud avait-il vraiment raison de nous mettre en garde contre ses dangers ?

León Grinberg, Qui a peur du (contre-)transfert ?

mardi 16 octobre 2018

La connaissance, l'action sont à jamais placées dans une situation fausse : prises entre deux systèmes de référence mutuellement exclusifs et qui s'imposent à elles, bien que la confiance même temporaire faite à l'un détruise la validité de l'autre. Il nous faut pourtant les apprivoiser pour qu'ils cohabitent en chacun de nous sans trop de drames. La vie est courte : c'est l'affaire d'un peu de patience. Le sage trouve son hygiène intellectuelle et morale dans la gestion lucide de cette schizophrénie.

Claude Lévi-Strauss, Histoire de lynx, chap. XVIII, « En relisant Montaigne »

lundi 15 octobre 2018

Aider ce qui vient tout seul.

Lao Tseu, Tao Te King

vendredi 12 octobre 2018

Tenir compte des transformations apportées à l’écoute analytique (importance du contre-transfert), modifier la conception du rôle de l’analyste, comme du cadre analytique du fait du sens nouveau donné à la régression – qui dépasserait le modèle théorique de la reconstruction –, aboutit de fait, pour S. Ferenczi, à la question de savoir s’il n’y a pas deux manières de concevoir l’analyse :

- l’une, qui se veut « classique », basée sur l’aspect paternel de la relation, la levée du refoulement, la remémoration, la reconstruction et la prise de conscience (l’Einsicht) ;

- l’autre, moins « orthodoxe », qui serait plus axée sur l’aspect maternel de la relation, régressive et où prédominent l’expérience vécue, l’interaction, l’infraverbal et le sentir avec (Einfülhung).

Thierry Bokanowksi, Sándor Ferenczi et la clinique des cas dits « difficiles »

jeudi 11 octobre 2018

Nous rencontrons de nombreuses difficultés dans la vie et il serait faux de croire que le bonheur est parfait. En effet, cette illusion nous nuit : nous remettons le bonheur à plus tard, nous considérons qu’il est inutile de rêver, nous nous donnons comme obligation d’être heureux tout le temps et nous nous sentons coupables de ne pas y arriver.

Bref, nous ne prenons pas conscience des deux principes de fonctionnement de la vie que sont l’alternance et le présent ouvert.

L’alternance

Nous observons des cycles dans la vie : dans la nature elle-même et ses saisons. Il en est de même pour les événements que nous vivons ainsi que les émotions ressenties. Après une relation amoureuse difficile ou une période de dépression peut s’ensuivre une renaissance, des changements positifs. Pour accueillir cette alternance, nous devons nous défaire de certains pièges.

Au-delà de l’apparence : le présent ouvert

Bien que nous vivions certaines difficultés comme des contrariétés financières ou affectives, nous pouvons être heureux de notre santé ou d’avoir une famille. Si nous n’aimons pas particulièrement le travail que nous faisons actuellement, nous pouvons apprécier d’être en vie et savoir que notre vie ne se réduit pas à ces conditions parfois inconfortables. Pour rester conscients de ce présent élargi, nous devons éviter également certains pièges.

Thomas d'Ansembourg, Etre heureux, ce n'est pas forcément confortable

mercredi 10 octobre 2018

La question se pose de savoir s'il ne faut pas rechercher chaque fois le trauma originaire dans la relation originaire à la mère, si les traumas de l'époque un peu plus tardive, déjà compliquée par l'apparition du père, auraient pu avoir un tel effet sans la présence d'une telle cicatrice traumatique maternelle-infantile, archi-originaire.

Sándor Ferenczi, Journal clinique

mardi 9 octobre 2018

Dans le plus petit comme dans le plus grand bonheur, il y a quelque chose qui fait que le bonheur est un bonheur : la possibilité d’oublier, ou pour le dire en termes plus savants, la faculté de sentir les choses, aussi longtemps que dure le bonheur, en dehors de toute perspective historique. L’homme qui est incapable de s’asseoir au seuil de l’instant en oubliant tous les événements du passé, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur, se dresser un instant tout debout, comme une victoire, ne saura jamais ce qu’est un bonheur et, ce qui est pire, il ne fera jamais rien pour donner du bonheur aux autres. Imaginez l’exemple extrême : un homme qui serait incapable de ne rien oublier et qui serait condamné à ne voir partout qu’un devenir; celui-là ne croirait pas à sa propre existence, il ne croirait plus en soi, il verrait tout se dissoudre en une infinité de points mouvants et finirait par se perdre dans ce torrent du devenir. Finalement, en vrai disciple d’Héraclite, il n’oserait même plus bouger un doigt. Tout action exige l’oubli, comme la vie des êtres organiques exige non seulement la lumière mais aussi l’obscurité. Un homme qui ne voudrait sentir les choses qu’historiquement serait pareil à celui qu’on forcerait à s’abstenir de sommeil ou à l’animal qui ne devrait vivre que de ruminer et de ruminer sans fin. Donc, il est possible de vivre presque sans souvenir et de vivre heureux, comme le démontre l’animal, mais il est encore impossible de vivre sans oubli. Ou plus simplement encore, il y a un degré d’insomnie, de rumination, de sens, historique qui nuit au vivant et qui finit par le détruire, qu’il s’agisse d’un homme, d’une peuple ou d’une civilisation.

Friedrich Nietzsche, Considérations inactuelles

lundi 8 octobre 2018

Un psychanalyste n'écoute pas sans douceur, même quand il est abrupt. Elle participe à un geste qui fait invitation à l'autre. Peut-être n'entendra-t-il rien parfois, peut-être rêvera-t-il ou s'absentera-t-il ou sera-t-il furieux contre celui qui l'oblige à se tenir là, face à lui. Peut-être ne comprendra-t-il rien à l'histoire qui lui est dite, à ce que trahit ce visage, cette voix.

Il reste que ce qui fait naître l'écoute est la possibilité d'une émotion en intelligence avec ce que l'autre ignore de lui-même. L'écoute (qui peut être flottante) que le psychanalyste garde envers celui qui lui parle, se plaint, souffre, s'essouffle, est une attention particulière aux détails : grains de voix, images évoquées par une hésitation, attitude, mots bizarrement assemblés, tics de langage. Il leur prête intelligence autant qu'à ce qui est signifié. Son apparente immobilité, son silence à peine appuyé, ses pensées, rien ne trahit son désarroi. Il résiste à la plainte qui envahit l'espace et d'abord le corps de l'autre qui est là devant lui et lui adresse sa mortification. Il résiste à l'histoire que le même refrain distille à la même heure, il résiste même à l'envie de savoir. Il essaie d'entendre autrement, d'aller débusquer les fantômes.

Anne Dufourmantelle, Puissance de la douceur

vendredi 5 octobre 2018

La voie est sous nos pieds.

Koan Zen

jeudi 4 octobre 2018

[...] il n'y a pas de signe de réalité dans l'inconscient [...]

Sigmund Freud, Lettre à Wilhelm Fliess du 21 septembre 1897

mercredi 3 octobre 2018

Amicus certus in re incerta cernitur.

C'est dans le malheur (ou dans le besoin) qu'on reconnaît ses amis.

Locution latine

mardi 2 octobre 2018

Je n'aime pas qu'on dise que je suis vieux. Je ne suis pas vieux, je suis âgé. Ce n'est pas pareil.

Charles Aznavour

lundi 1 octobre 2018

C'est ainsi une sorte de mémoire bien particulière qui est à l’œuvre, une sorte de mémoire «clinique» qui a pu faire dire un jour à l’une des participantes de l’un de mes groupes : «C’est pas possible, comment faites-vous? [...] quelle mémoire vous avez ; j’ai cru que vous enregistriez». Je passerai ici sur les craintes persécutives dont cette remarque témoigne par ailleurs de la part de cette participante. Je crois qu’elle est ainsi loin de se douter qu’avant d’entrer dans la séance, je ne me souvenais pas de grand-chose. Il ne m’est pas très aisé d’actualiser seule ce qui a été travaillé à la dernière séance (d’ailleurs je «rechigne» plutôt à effectuer cette remémoration et je ne fais que ce qui me semble être le «strict nécessaire» à ce sujet), sauf éventuellement dans la relation d’inter-transfert avec mon co-animateur ou ma co-animatrice, lorsqu’il s’agit d’un groupe co-animé ; quelques bribes de souvenirs remontent alors en moi au moment de me disposer mentalement pour la séance suivante mais, en situation, dans le cadre de la séance, au moment propice, reviennent spontanément, si je puis dire, des éléments qui étaient retenus quelque part, et sans doute, pas si loin...

Claudine Blanchard-Laville, Accompagnement clinique et capacité négative

vendredi 28 septembre 2018

Si nous plaçons l’inceste, donc la sexualité, comme plaisir des plaisirs nécessitant l’invention d’une règle des règles, la castration apparaît bien comme le régulateur indispensable de la sexualité non seulement pour la vie sociale mais pour la croyance de l’individu en sa propre survie terrestre, aussi longue que possible. […] Le sens de la castration est donc bien symbolique : pas seulement par sa face érotique en relation avec la mère incestueuse du complexe d’Œdipe, mais aussi par sa face meurtrière, vectrice du désir de faire mourir celui qui s’oppose à ce plaisir incestueux. La castration apparaît comme une mesure qui évite la vengeance du talion en punition du désir parricide. Non par mansuétude, mais parce que les raisons du meurtre peuvent être multipliées. […] La sexualité est donc ici reconnue dans sa double valeur : celle de la différence des sexes et celle du rapport de la génération, c’est-à-dire de la perpétuation de la vie. L’inceste et la mort sont réunis à travers le symbole négatif de la castration.

André Green, Le complexe de castration

jeudi 27 septembre 2018

De toutes parts guette la solitude qui encercle l'homme et dévore ses heures.

Otto Gross

mercredi 26 septembre 2018

Dès qu'on a pensé quelque chose, chercher en quel sens le contraire est vrai.

Simone Weil, La pesanteur et la grâce

mardi 25 septembre 2018

Je ne suis pas un homme, je suis de la dynamite.

Friedrich Nietzsche, Ecce homo

lundi 24 septembre 2018

Grattez l'adulte et vous y trouverez l'enfant.

Sándor Ferenczi, Transfert et introjection

vendredi 21 septembre 2018

Nul ne peut exercer l'interprétation des rêves comme activité isolée ; elle reste une part du travail analytique.

Sigmund Freud, Quelques additifs à l'ensemble de l'interprétation des rêves

jeudi 20 septembre 2018

On ne va pas mendier sa liberté aux autres. La liberté, il faut la prendre.

Ignazio Silone, Le pain et le vin

mercredi 19 septembre 2018

A quoi tu sers ?

Tu parles, parles, c'est facile, même sans y penser
Les mots, les mots sont immobiles, triés, rangés, classés
Laisse aller, laisse-les jouer
Se cogner, te séduire
"Sensualiser", te bouger
Quand ça veut plus rien dire
Swinguer les mots, les mots, sans ça
On va les rétrécir
Swinguer les mots, ne surtout pas
Toujours les réfléchir

Les mots, l'émo, l'émotion vient
Les mots font l'émotion
Coûte que coûte, écoute-les bien
Rythmer nos déraisons
Les sons, les sons, laissons-les rire
Faut pas les écouter
Juste pour éviter le pire
On va les déchaîner

A quoi tu sers, pourquoi t'es là ?
Qu'est-ce que t'espères, à quoi tu crois ?

Y'en a qui meurent, qui prient pour un morceau de terre
Y'en a qui risquent leur vie pour passer la frontière
Y'en a qui bronzent et d'autres s'font la peau plus claire
Certains s'effraient au fond quand d'autres font des affaires

Mais y a toujours la lune qui s'méfie du soleil
Et quand tout ça changera, c'est pas demain la veille
Certains smatchent ou labourent, d'autres soignent ou bien peignent
C'est à toi, c'est ton tour, qu'est-ce que t'as dans les veines ?
A quoi tu sers, pourquoi t'es fait ?
Terminus Terre, un seul ticket

Y'en a qui grimpent en l'air pour un peu plus d'silence
Y'en a qui vivent sous terre où ça hurle, où ça danse
Y'en a qui pointent des comptes quand d'autres comptent les points
Y'en a qui lèvent des croix pour ceux qui n'y croient pas

Y'en a qui pincent des cordes, y'en a qui frappent des peaux
Certains "import exportent" ou bien se jouent des mots
Y'en a qui s'font des billes quand d'autres tombent les filles
Certains ne donnent qu'aux hommes, mais d'autres n'aiment personne

Mais y a toujours la lune qui s'méfie du soleil
Et quand tout ça changera, c'est pas demain la veille
Y'en a qui courent une vie pour gagner deux dixièmes
A présent, c'est ton tour, qu'est-ce que tu nous amènes ?

A quoi tu sers, pourquoi t'es fait ?
T'as la lumière, et puis après ?

Jean-Jacques Goldman, Album "Entre gris clair et gris foncé"

mardi 18 septembre 2018

Si vos rêves ne vous font pas peur, c'est qu'ils ne sont pas assez grands.

Ellen Johnson Sirleaf

lundi 17 septembre 2018

Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors.

Montaigne, « Vivre à propos », Les Essais, III, 13

vendredi 14 septembre 2018

Selon la théorie psychanalytique, les symptômes des névroses sont des satisfactions compensatrices déformées de forces instinctives sexuelles dont la libération directe a été empêchée par des résistances intérieures.

Sigmund Freud, Résistances à la psychanalyse

jeudi 13 septembre 2018

La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur
Qui s'agite et parade une heure, sur la scène,
Puis on ne l'entend plus. C'est un récit
Plein de bruit, de fureur, qu'un idiot raconte
Et qui n'a pas de sens.

William Shakespeare, Macbeth

mercredi 12 septembre 2018

L'analyse nous propose de ne plus vivre nostalgiques.

Georges Favez, Psychanalyste, où es-tu ?

mardi 11 septembre 2018

Et un orateur dit : "Parle-nous de la Liberté".
Et il répondit :
"A la porte de la cité et au coin du feu dans vos foyers je vous ai vus vous prosterner et adorer votre propre liberté,
Comme des esclaves qui s'humilient devant un tyran et bien qu'il les terrassent le glorifient.
Dans le jardin du temple et dans l'ombre de la citadelle j'ai vu les plus libres d'entre vous porter leur liberté comme un boulet à traîner.
Et en moi mon coeur saigna ; car vous ne pourrez être libre que si le désir de quérir la liberté devient un harnais pour vous, et si vous cessez de parler de liberté comme d'un but à atteindre et d'une fin en soi.
Vous ne serez réellement libre tant que vos jours ne seront pas chargés de soucis et que l'indigence et la souffrance ne pèseront pas sur vos nuits,
Mais plutôt lorsque votre vie sera ceint de ces contraintes et dès lors au-dessus d'elles vous vous élèverez, nu et délié.
Et comment pourriez-vous vous élever au-dessus de vos jours et de vos nuits si vous ne brisiez pas les chaînes que vous avez vous-même, à l'aube de votre esprit, attachées autour de votre midi ?
En vérité ce que vous appelez liberté est la plus solide de ces chaînes, même si ses maillons qui brillent au soleil et éblouissent vos yeux.
Et qu'est-ce que la liberté sinon des fragments de vous-même que vous cherchez à écarter pour devenir libre ?
Si vous croyez que la clé de la liberté se trouve derrière une loi injuste qu'il suffit d'abolir, dites-vous que cette loi a été inscrite de votre propre main sur votre propre front.
Vous ne pouvez l'effacer en brûlant tous vos livres de lois, ni même en lavant les fronts de vos juges, dussiez-vous y déverser la mer entière.
Et si vous pensez qu'en détrônant un despote, vous retrouverez votre liberté, voyez d'abord si son trône érigé en vous-même est bel et bien détruit.
Car nul tyran ne pourra dominer des sujets libres et fiers, que s'il existe déjà une tyrannie dans leur liberté et une honte dans leur fierté.
Et si vous cherchez à chasser vos soucis ou à dissiper vos craintes pour libérer ainsi votre esprit, sachez que vous-même les avez choisis avant que vous ne les ayez subis.
Et que le siège de votre frayeur est dans votre coeur et non point dans la main de celui qui vous fait peur.
En vérité tout ce qui se meut en vous est dans une constante semi-étreinte : ce qui vous terrifie et ce qui vous réjouit, ce que vous chérissez et ce que vous haïssez, ce que vous désirez saisir et ce que vous cherchez à fuir.
Vos actes sont des jeux d'ombres et de lumières en couples enlacés.
Toute ombre se dégrade, se fond et se meurt à l'arrivée d'une lumière,
Et quand l'ombre s'évanouit et n'est plus, toute lumière qui s'attarde derrière ses lisières devient alors une ombre pour une autre lumière.
Et ainsi quand votre liberté se désenchaîne devient elle-même les chaînes d'une plus grande liberté."

Khalil Gibran, Le prophète

lundi 10 septembre 2018

N'interromps jamais quelqu'un qui fait ce que tu disais infaisable.

Amélia Earhart

vendredi 7 septembre 2018

Tous nous serions transformés si nous avions le courage d'être ce que nous sommes.

Marguerite Yourcenar, Alexis ou le Traité du vain combat

jeudi 6 septembre 2018

La sexualité infantile

Par son investigation étiologique, la psychanalyse se mit en situation de s'occuper d'un thème dont l'existence avait été à peine présumée avant elle. On s'était habitué en science à faire commencer la vie sexuelle avec la puberté, et l'on avait jugé les manifestations de la sexualité infantile comme des signes rares de précocité anormale et de dégénérescence. Et voici que la psychanalyse dévoilait une abondance de phénomènes aussi singuliers que réguliers, par lesquels on se voyait contraint de faire coïncider le début de la fonction sexuelle chez l'enfant presque avec le commencement de la vie extra-utérine, et l'on se demanda avec étonnement comment il avait été possible de fermer les yeux sur tout cela. Les premières vues sur la sexualité infantile ont certes été acquises par l'investigation analytique d'adultes, et par conséquent affectées de tous les doutes et sources d'erreur qu'on pouvait attendre d'une rétrospection si tardive, mais lorsque plus tard (à partir de 1908) l'on commença d'analyser et d'observer sans préjugé des enfants eux-mêmes, on acquit la confirmation directe de tout le contenu concret de la nouvelle conception.

La sexualité infantile montrait à maints égards un autre tableau que celle des adultes et surprenait par de nombreux caractères relevant de ce qui était condamné chez les adultes comme « perversion ». Il fallut élargir le concept du sexuel jusqu'à ce qu'il englobe plus que la tendance à l'union des deux sexes dans l'acte sexuel ou à la provocation de sensations de plaisir particulières aux organes génitaux. Mais cet élargissement trouva sa récompense dans le fait qu'il devint possible de comprendre la vie sexuelle infantile, normale et perverse, à partir d'un ensemble.

L'investigation analytique conduite par l'auteur tomba tout d'abord dans l'erreur de surestimer largement la séduction comme source des manifestations sexuelles infantiles et germe de la formation de symptôme névrotique. On réussit à triompher de cette illusion lorsque se fit reconnaître dans la vie psychique des névrosés le rôle extraordinairement grand de l'activité fantasmatique, qui, pour la névrose, était manifestement plus déterminante que la réalité extérieure. C'est derrière ces fantasmes qu'apparut alors le matériel permettant de donner la description suivante du développement de la fonction sexuelle.

Sigmund Freud, "Psychanalyse" et "Théorie de la libido"

mercredi 5 septembre 2018

Celui qui se sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres.

Denis Diderot, Essai sur les règnes de Claude et de Néron

mardi 4 septembre 2018

Rendre le bien pour le bien et le bien pour le mal, c'est la bonté efficace.

Lao Tseu, Tao Te King

lundi 3 septembre 2018

Un coup de dés jamais n'abolira le hasard.

Stéphane Mallarmé

vendredi 27 juillet 2018

La matière psychique est hypercomplexe, elle est énigmatique. Elle ne peut être métabolisée et intégrée directement. Elle est donc en quête de médiateur pour son élaboration et la décondensation de son hypercomplexité.

René Roussillon, "Complexité et paradoxes du transfert" in Les grands concepts de la psychologie clinique

jeudi 26 juillet 2018

Notre corps n’est rien sans le corps de l’autre.

Julian de Ajuriaguerra, Manuel de psychiatrie de l'enfant

mercredi 25 juillet 2018

Les jours heureux

À l'heure où le monde bouge
Alors que ton cœur apprend
La misère
Il te faut teindre de rouge
Il te faut peindre de sang
Ta raison
Quand les loups font ta récolte
Ils t'enseignent malgré toi
La colère
Laisse gronder ta révolte
Prends la fronde et quitte donc
Ta maison

Ils renaîtront les jours heureux
Les soleils verts de notre vie
Ils reviendront semer l'oubli
Après le feu
Et refleuriront avec eux
Les fruits pervers de l'espérance
Avant-courrier de l'insouciance
Et des jours heureux

J'ai laissé dormir ma ferme
Et mes outils se rouiller
Dans la grange
Car l'unique grain qui germe
Pousse au sol de mes pensées
En fusion
J'ai le cœur grisé de haine
Mais ne veut pas surtout pas
Être un ange
Tiens, prends ma main dans la tienne
Côte à  côte on souffrira compagnons

Ils renaîtront les jours heureux
Les soleils verts de notre vie
Ils reviendront semer l'oubli
Après le feu
Et refleuriront avec eux
Les fruits pervers de l'espérance
Avant-courrier de l'insouciance
Et des jours heureux

Mais après vents et tempêtes
Lorsque chantera la paix
Sur la terre
Pesamment comme une bête
Je viendrai soigner mes plaies
Sur tes flancs
Loin du monde en équilibre
Entre la peur et le jeu
De la guerre
Je serai un homme libre
Je serai un homme dieu tout-puissant

Ils renaîtront les jours heureux
Les soleils verts de notre vie
Ils reviendront semer l'oubli
Après le feu
Et refleuriront avec eux
Les fruits pervers de l'espérance
Avant-courrier de l'insouciance
Et des jours heureux.

Charles Aznavour, "Les jours heureux"

mardi 24 juillet 2018

Fraus omnia corrumpit.

La fraude corrompt tout.

Adage latin juridique

lundi 23 juillet 2018

Je considère que toute expérience humaine est le résultat d'un jeu dialectique entre trois modes de production de l'expérience : le mode dépressif, le mode schizoparanoïde et le mode autistique-contigu.

Thomas H. Ogden, Les Sujets de l'analyse

vendredi 20 juillet 2018

Le rêve, notre hystérie secrète ?

J.-B. Pontalis, La traversée des ombres

jeudi 19 juillet 2018

Veiller tard

Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève
La plainte douloureuse d'un chien qui aboie
Le silence inquiétant qui précède les rêves
Quand le monde disparu l'on est face à soi

Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent
Le noir où s'engloutissent notre foi, nos lois
Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies

Ces visages oubliés qui reviennent à la charge
Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois
Ce raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

Ces paroles enfermées que l'on n'a pas su dire
Ces regards insistants que l'on n'a pas compris
Ces appels évidents, ces lueurs tardives
Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit

Ces solitudes dignes au milieu des silences
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés

Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres
Ces désirs évadés qui nous feront aimer
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

Jean-Jacques Goldman, 2e album

mercredi 18 juillet 2018

Je crois que je m’aguerris chaque jour… mais je ne m’endurcirai probablement jamais.

Etty Hillesum, Une vie bouleversée

mardi 17 juillet 2018

Quel est le sceau de la liberté conquise ?

- Ne plus avoir honte de soi-même.

Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir

lundi 16 juillet 2018

Dès que l'on a commencé à s'écarter du matériel dans lequel on doit puiser, on court le risque de s'enivrer de ses propres assertions.

Sigmund Freud, L'homme au loups

vendredi 13 juillet 2018

Soigner un névrosé, ce n'est pas lui faire réintégrer le monde des gens "normaux" - mais, bien au contraire, réveiller en lui une créativité enfouie.

Otto Rank, Volonté et psychothérapie

jeudi 12 juillet 2018

Tu mettras quarante ans à dire qui tu es.

Léo Ferré à Michel Drucker

mercredi 11 juillet 2018

La forme, c'est le fond qui remonte à la surface.

Victor Hugo, Proses philosophiques

mardi 10 juillet 2018

La gloire est le deuil éclatant du bonheur.

Madame de Staël

lundi 9 juillet 2018

Est-ce qu'il t'a pardonné de l'avoir aidé ?

Philippe Bouvard

vendredi 6 juillet 2018

Je suis un tardif qui a commencé tôt.

Michel Drucker

jeudi 5 juillet 2018

Celui qui rame dans le sens du courant fait rire les crocodiles.

Proverbe africain

mercredi 4 juillet 2018

Il faut commencer par la révision de notre position face à notre propre contre-transfert en cherchant un meilleur dépassement des idéaux infantiles et en acceptant complètement d'être des enfants et des névrosés bien qu'adultes et analystes.

Heinrich Racker, Etudes sur la technique psychanalytique

mardi 3 juillet 2018

Aujourd'hui, tous les gens ont la maladie de se soigner.

Albert Willemetz

lundi 2 juillet 2018

Là où on s'aime, il ne fait jamais nuit.

Proverbe rundi

vendredi 29 juin 2018

Les piliers de la théorie psychanalytique

L'acceptation de processus psychiques inconscients, la reconnaissance de la doctrine de la résistance et du refoulement, la prise en considération de la sexualité et du complexe d'Œdipe sont les contenus principaux de la psychanalyse et les fondements de sa théorie, et qui n'est pas en mesure de souscrire à tous ne devrait pas compter parmi les psychanalystes.

Sigmund Freud, "Psychanalyse" et "Théorie de la libido"

jeudi 28 juin 2018

L'expérience d'omnipotence relève essentiellement de la dépendance, alors que l'omnipotence dont je parle ici suppose qu'on désespère de pouvoir dépendre de quelqu'un.

Donald W. Winnicott, Jeu et réalité

mercredi 27 juin 2018

Celui qui se dresse sur ses pieds ne peut se tenir droit ; celui qui étend les jambes ne peut marcher.
Celui qui tient à ses vues n'est point éclairé.
Celui qui s'approuve lui-même ne brille pas.
Celui qui se vante n'a point de mérite.
Celui qui se glorifie ne subsiste pas longtemps.

Lao Tseu, Tao Te King, XXIV (traduction Stanislas Julien)

mardi 26 juin 2018

Parmi les idéologies actuelles, proches de l'image ou du slogan, caricature de l'Idéal du Moi qui permet au contraire de contenir l'agir, nous avons : a. les idéologies de la consommation sans frein et de la communication comme but en soi ; b. l'idéologie de l'autonomie qui peut aller jusqu'à l'isolement, la solitude ; c. l'idéologie bureaucratique, forme de retour désincarné de l'autorité ; d. l'idéologie communautariste, intégriste ou sectaire ; enfin, e. l'idéologie de l'anti-progrès (les déclinologues), ou la création des monstres.

François Duparc, Le Travail du psychanalyste

lundi 25 juin 2018

Si la mère nourricière n'est pas capable de dispenser sa rêverie ou si la rêverie dispensée ne se double pas d'un amour pour l'enfant ou pour le père, ce fait sera communiqué au nourrisson même s'il lui demeure incompréhensible.

Wilfred R. Bion, Aux sources de l'expérience

vendredi 22 juin 2018

Le surmoi ne contraint pas seulement, ne condamne pas seulement, il aime aussi et protège : il est ambivalent.

Francis Pasche, Le Passé recomposé

jeudi 21 juin 2018

Le souvenir est une forme de rencontre.

Khalil Gibran, Le sable et l'écume

mercredi 20 juin 2018

Anaxagore, selon la légende, aurait demandé peu avant sa mort que des fêtes d'enfants soient organisés lors de ses anniversaires. Cette coutume se conserva, parait-il. Les jeux des enfants perpétuaient ainsi les jeux de la pensée.

Kostas Axelos, Arguments d'une recherche

mardi 19 juin 2018

La liberté, selon ma conception, signifie la redécouverte des espaces amis du monde philobatique qui exige des aptitudes d'adulte, et derrière celui-ci, le monde de l'amour primaire qui tient fermement le sujet sans rien lui demander.

Michael Balint, Le défaut fondamental

lundi 18 juin 2018

Finalement, le psychanalyste accueillera l'angoisse comme un don qui lui est fait.

Georges Favez, Psychanalyste où es-tu ?

vendredi 15 juin 2018

Un moulin à paroles, c'est un muet qui s'ignore.

Serge Viderman, "Le temps du silence"

jeudi 14 juin 2018

Quand il est d’humeur dépressive, l’enfant, ou l’adulte, jette une couverture sur la totalité de sa situation interne, ou laisse tomber sur elle, comme pour la contrôler, un brouillard, une brume, une sorte de paralysie où le tri du bon et du mauvais devient impossible.

Donald W. Winnicott, La nature humaine