jeudi 28 octobre 2021

Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu'ils portent sur ces choses.

Epictète, Manuel

mercredi 27 octobre 2021

Ce que dit la philosophie est fort vrai. La vie se comprend en regardant vers l'arrière, mais il ne faut pas oublier qu'elle doit être vécue en regardant vers l'avant.

Søren Kierkegaard, Journal

mardi 26 octobre 2021

Votre problème est de savoir comment vous allez passer cette unique et précieuse vie qu'on vous a donnée. Si vous aller la passer à essayer d'avoir une belle apparence et à créer l'illusion que vous avez du pouvoir sur les événements, ou bien si vous allez la savourer, en profiter et découvrir la vérité sur vous-même.

Anne Lamott, conférence inaugurale à Berkeley

lundi 25 octobre 2021

Si vous avez décidé que votre guérison dépend du fait que d'autres reconnaissent leurs fautes, vous attendrez encore dans votre tombe.

Ayishat Akanbi

vendredi 22 octobre 2021

Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement.

François de La Rochefoucauld, Maximes et Réflexions morales

jeudi 21 octobre 2021

Le cadre est une marmite infernale.

Michel de M'Uzan, Une clinique de la rencontre analytique, entretiens avec Marianne Persine

mercredi 20 octobre 2021

Nul n'est guéri qui n'a recouvré une position religieuse.

Carl Gustav Jung, La guérison psychologique

mardi 19 octobre 2021

Le temps remettra tout en place.

Eugène Blot, Lettre à Camille Claudel, 1932

lundi 18 octobre 2021

Nous naissons tous avec une boîte d'allumettes en nous.

Laura Esquivel, Chocolat amer

vendredi 15 octobre 2021

Renoncer aux choses est moins difficile qu’on ne croit : Le tout est de commencer. Une fois qu’on est arrivé à faire abstraction de quelque chose qu’on croyait essentiel, on s’aperçoit qu’on peut se passer aussi d’autre chose, et puis encore de beaucoup d’autres.

Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur

jeudi 14 octobre 2021

La beauté c’est l’âme devenue pleinement visible, comme une fleur dans la lumière de l’été.

Julia Kristeva, Des Madones aux nus : une représentation de la beauté féminine

mardi 12 octobre 2021

Il faut faire de la vie un rêve et faire d'un rêve une réalité.

Pierre Curie, Journal, 4 janvier 1881

lundi 11 octobre 2021

Il est bien des choses qui ne paraissent impossibles que tant qu’on ne les a pas tentées.

André Gide, Si le grain ne meurt

vendredi 8 octobre 2021

Qui perd la santé perd beaucoup ; qui perd un ami perd encore plus ; mais celui qui perd le courage perd tout.

Miguel de Cervantès

jeudi 7 octobre 2021

J'entends si souvent « quand on veut on peut ». Comme si tout était question d'hyperactivité de la volonté, comme si celui qui n'y parvenait pas devait être relégué au rang de bête sauvage par une société qui consomme le désir comme le temps.

Marie Robert, compte Instagram @philosophyissexy

mercredi 6 octobre 2021

D'avoir vécu une chose, quelle qu'elle soit, donne le droit imprescriptible de l'écrire.

Annie Ernaux, L'événement

mardi 5 octobre 2021

Je vis entre deux soleils : celui du cœur et celui du temps.

Henry Bauchau, Litanies, La Dogana

lundi 4 octobre 2021

Je ne suis pas sûr que le réel existe, mais c'est quand même le seul endroit où on peut se payer un bon repas.

Woody Allen

vendredi 1 octobre 2021

Quand une porte du bonheur se ferme, une autre s'ouvre ; mais souvent, nous passons si longtemps à regarder la porte fermée que nous ne voyons pas celle qui s'est ouverte.

Helen Keller, We Bereaved

jeudi 30 septembre 2021

Laissez tout vous arriver : beauté et terreur. Poursuivez votre route. Aucun sentiment n'est définitif.

Rainer Maria Rilke, Le livre d'heures

mercredi 29 septembre 2021

La parole est à moitié à celui qui parle, à moitié à celui qui écoute.

Montaigne, Les Essais

mardi 28 septembre 2021

Il [Wilfred Bion] reprend et modifie la théorie freudienne du pare-excitation. Au lieu de considérer le pare-excitation comme une couche cornée inorganique qui protège l'appareil perception-conscience des excès de stimulations externes et permet, grâce à leur projection à l'extérieur, de traiter les stimuli désagréables internes comme des stimulations externes, il en fait un appareil vivant, un transformateur des agrégats de stimuli en matériau psychique susceptible d'entrer dans des combinaisons de scénarios fantasmatiques ou de raisonnements abstraits. Ce pare-excitation (ce que Bion appelle la fonction alpha) commence par être situé dans l'appareil psychique de la mère. On sait que selon Bion, les projections du nourrisson ne se perdent pas dans l'espace. Elles sont adressées par identification projective à une cible, l'agent maternant préconçu, qui les accueille, les contient et les transforme par son activité mentale, dite de rêverie. La rêverie maternelle est la matrice du pare-excitation de l'enfant (de sa fonction alpha). C'est en introjectant l'activité de rêverie de la mère que l'enfant devient à son tour capable de traiter et de transformer en pensées aussi bien les stimulations venant de l'extérieur (ses perceptions) que les excitations venant de l'intérieur d'amour ou de haine, le sujet établit un lien de connaissance, le lien K, qui lui permet d'ordonner son monde intérieur et son environnement, de choisir des points de vue (Bion dit des vertex) et des faits significatifs « choisis » pour passer du chaos de la position dite dépressive, processus de construction, de déconstruction et de reconstruction successives, sous-tendu par une « capacité négative » à tolérer l'incertitude, un terme emprunté au poète anglais Keats.

Jacques Hochmann, Le plaisir de penser, préface à La psychopathologie aujourd'hui

lundi 27 septembre 2021

Dans la théorie psychanalytique, nous admettons sans hésiter que le principe de plaisir règle automatiquement l'écoulement des processus psychiques ; autrement dit, nous croyons que celui-ci est chaque fois provoqué par une tension déplaisante et qu'il prend une direction telle que son résultat final coïncide avec un abaissement de cette tension, c'est-à-dire avec un évitement de déplaisir ou une production de plaisir.

 Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir

vendredi 24 septembre 2021

L'oubli et la mémoire sont également inventifs.

Jorge Luis Borges, Le Livre de sable

jeudi 23 septembre 2021

Il n'y a de pire agonie que de garder en soi une histoire jamais racontée.

Maya Angelou, Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage

mercredi 22 septembre 2021

Mais le moi, n'étant que le centre du champ conscientiel, ne se confond pas avec la totalité de la psyché : ce n'est qu'un complexe parmi d'autres. Il y a donc lieu de distinguer entre le moi et le Soi, le moi n'étant que le sujet de ma conscience, alors que le Soi est le sujet de la totalité, y compris l'inconscient. En ce sens le Soi serait une grandeur (idéelle) qui comprend en elle le moi. Il apparaît volontiers dans l'imagination inconsciente sous l'aspect d'une personnalité supérieure ou idéale, un peu comme le Faust de Goethe, ou le Zarathoustra de Nietzsche.

Carl Gustav Jung, Types psychologiques

mardi 21 septembre 2021

Elle [la psychanalyse] n’est plus qu’une vieille dame qui sent encore le soufre et dont les charmes l’ont abandonnée. Au temps de sa splendeur, elle conviait chacun à la modestie de se savoir limité, en échange d’un surcroît de liberté de penser et d’agir. Le sujet, s’avouant bien peu maître de soi autant que de son environnement, ne pouvait alors que compter sur son désir pour continuer à investir le monde et les autres.

Depuis, la postmodernité nous a expliqué que tout individu possède en lui la puissance nécessaire à atteindre un épanouissement, gage de jouissance sans fin. Il lui suffit de se donner les moyens de ses ambitions ! Celui qui passerait malheureusement à côté du succès ne pourrait s’en prendre alors qu’à lui-même et sombrer dans la disqualification narcissique que l’on nomme dépression ou encore chercher à l’extérieur le responsable de son échec en s’identifiant comme victime. A l’extrême opposé de la psychanalyse, le développement personnel convient bien mieux à cette anthropologie postmoderne de l’illusion.

Marcel Sanguet, Qui s'intéresse aujourd'hui à la psychanalyse ? Blog consacré à la série "En thérapie", site des éditions Erès

lundi 20 septembre 2021

Les démarcations trop étroites que nous traçons autour de l'amour viennent seulement de notre ignorance de la vie.

Marcel Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleur

vendredi 17 septembre 2021

Aujourd’hui, la psychiatrie se trouve hantée et divisée par deux logiques inconciliables, l’une se réfère au pathei mathos de la connaissance tragique de la psychanalyse, la connaissance dans et par la souffrance, l’autre à l’objectivation et à l’expertise des comportements, à leur neurozoologie, à leur classification et à leurs quantification à même d’établir des diagnostics-cibles pour les molécules chimiques et les thérapies cognitivo-comportementales. Ces deux logiques inconciliables établissent deux conceptions irréductibles l’une à l’autre du diagnostic de la psychopathologie et de l’humain.

Roland Gori, La psychopathologie en questions aujourd'hui

jeudi 16 septembre 2021

Les joyeux guérissent toujours.

François Rabelais

mercredi 15 septembre 2021

Et s'il me faut vous dire encore une chose, que ce soit celle-ci : celui qui s'efforce de vous réconforter, ne croyez pas, sous ses mots simples et calmes qui parfois vous apaisent, qu'il vit lui-même sans difficulté. Sa vie n'est pas exempte de peines et de tristesses, qui le laissent bien en deçà d'elles. S'il en eût été autrement, il n'aurait pas pu trouver ces mots-là.

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

mardi 14 septembre 2021

Deux hommes, s’ils veulent s’entendre vraiment, ont dû d’abord se contredire. La vérité est fille de la discussion, non pas fille de la sympathie.

Gaston Bachelard, Philosophie du non

lundi 13 septembre 2021

Rien n'est plus fort qu'un petit espoir qui ne renonce pas.

Matt Haig, Le livre du réconfort

vendredi 10 septembre 2021

Puisque tout est étalé sous nos yeux, il n'y a rien à expliquer.

Ludwig Wittgenstein, Investigations philosophiques

jeudi 9 septembre 2021

L'humain a toujours besoin de merveilleux.

Gérard Majax, Les miracles de la Bible vus par un illusionniste

mardi 7 septembre 2021

Le trauma est sans doute l’une des notions les plus indécises de la psychanalyse, voire des plus équivoques, et sans doute des plus énigmatiques. Cela tient à l’ambiguïté de ses confluences placées à la rencontre du dedans et du dehors, à la dynamique d’excès, de rupture et de perte, à sa fonction d’alarme et de protection comme à son pouvoir d’effraction. Agent d’une réalité dont la puissance et la source demeurent incertaines, le trauma est l’occasion d’entrevoir ce qui peut agir "au-delà du principe de plaisir" et de son principe ; il a la brutalité de l’évidence, comme l’évanescence de l’aléatoire – c’est-à-dire qu’il fascine depuis qu’il est apparu dans le corpus analytique, avant même que celui-ci ne se constitue.

Claude Le Guen, Introduction in Claude Janin, Figures et destins du traumatisme

lundi 6 septembre 2021

Le travail sur l'inconscient nous devons en premier lieu le faire pour nous-mêmes. Il profite indirectement à nos patients. Le danger est le délire prophétique qui survient souvent lorsqu'on s'occupe de l'inconscient. C'est le diable qui dit : « Méprise donc la raison et la science, force suprême des humains. » Il ne faut jamais l'oublier, bien que nous soyons contraints de reconnaître l'irrationnel.

Carl Gustav Jung, Lettre à J. B. Lang du 17 janvier 1918

vendredi 3 septembre 2021

L'homme n'est heureux que de vouloir et d'inventer.

Alain, Propos sur le bonheur

jeudi 2 septembre 2021

L’important c’est de se sentir heureux ; d’extérieure, la vie devient intérieure, son intensité reste la même et vous savez, c’est bizarre où le bonheur de vivre va parfois se nicher.

Blaise Cendrars, Moravagine

mercredi 1 septembre 2021

Trouver la joie dans le ciel, dans les arbres, dans les fleurs.

Henri Matisse, Écrits et propos sur l'art

mardi 31 août 2021

Lire et relire L'Amour en plus d'Elisabeth Badinter, qui déconstruit le mythe d'un amour maternel naturel.

Michel Onfray, La nef des fous

mardi 13 juillet 2021

Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent c'est pour toujours, des portes s'ouvrent que l'on ne soupçonnait pas, on entre et on ne reviendra plus en arrière.

Christian Bobin, La plus que vive

lundi 12 juillet 2021

Cent fois par jour je me dis que ma vie à l'intérieur comme à l'extérieur, dépend de la peine d'autres hommes, vivants ou morts, et que je dois à tout prix donner autant que je reçois.

Albert Einstein

vendredi 9 juillet 2021

C’est parce que l’intuition est surhumaine qu’il faut la croire ; c’est parce qu’elle est mystérieuse qu’il faut l’écouter ; c’est parce qu’elle semble obscure qu’elle est lumineuse.

Victor Hugo, Proses philosophiques

mercredi 7 juillet 2021

After being, doing and being done too. But first being.

Après être, faire et accepter qu’on agisse sur vous. Mais d’abord être.

Donald W. Winnicott, Jeu et réalité

mardi 6 juillet 2021

Nous créons nos malheurs avec une ingéniosité, un raffinement, qui n'ont d'égal que notre inconscience à nous en reconnaître l'auteur.

Paule Salomon, La Sainte folie du couple

vendredi 2 juillet 2021

Un sauvage ce n'est pas celui qui vit dans la forêt, c'est celui qui la détruit.

Anonyme

jeudi 1 juillet 2021

Dialéthéisme

Vision selon laquelle certaines affirmations peuvent être vraies et fausses en même temps, connue sous l'expression de « vraie contradiction ».

Genís Carreras, Philographique

mercredi 30 juin 2021

Parce que ma bouche se tait, pensez-vous que mon cœur se repose ?

André Gide, Les nourritures terrestres

mardi 29 juin 2021

A travers le renoncement, la vie continue.

Amelia Barr

lundi 28 juin 2021

Plus je vieillis, plus je vois que ce qui ne s'évanouit pas, ce sont les rêves.

Jean Cocteau

vendredi 25 juin 2021

Etre libre, c'est accomplir une œuvre qui nous ressemble.

Henri Bergson

jeudi 24 juin 2021

Dans toute séparation importante réside un germe de folie ; il faut penser à le faire éclore et à l’entretenir avec attention.

Johann Wolfgang von Goethe, Réflexions et pensées

mercredi 23 juin 2021

Sans crier gare, l'amour fondit sur moi, m'enveloppa, me souleva dans les airs, me remit d'aplomb et je posai sur le monde un regard tout neuf, comme si je venais de naître.

Marilyn Monroe, Confession inachevée

mardi 22 juin 2021

Tout ce que je sais, c’est que par moments tout roule, la vie est belle et je suis comblée, et en l’espace d’une seconde le monde bascule, je meurs d’envie de m’enfuir, je suis perdue et le sol semble se dérober sous mes pieds.

Paula Hawkins, La Fille du train

lundi 21 juin 2021

D’un œil, observer le monde extérieur, de l’autre regarder au fond de soi-même.

Amedeo Modigliani

vendredi 18 juin 2021

Tandis que nous lisons dans des livres, elles lisent dans le grand livre du monde.

Denis Diderot

jeudi 17 juin 2021

La gentillesse est le langage qu'un sourd peut entendre et qu'un aveugle peut voir.

Mark Twain

mercredi 16 juin 2021

Je marche lentement, mais je ne recule jamais.

Abraham Lincoln

mardi 15 juin 2021

Le transfert replace fondamentalement le sujet au plus près des énigmes qui lui furent proposées dans son enfance.

Jean Laplanche, Sexual

lundi 14 juin 2021

Ne me secouez pas, je suis plein de larmes.

Henri Calet, Peau d'ours

vendredi 11 juin 2021

Grandir consiste en fin de compte à comprendre que sa propre expérience incroyable et unique est ce que tout le monde partage.

Doris Lessing, Le Carnet d'or

jeudi 10 juin 2021

Si l'on demande à l'enfant névrosé avec quoi il voit, il répond : avec les yeux. Si l'on pose la même question à l'enfant psychotique, il répond : avec le soleil.

Christine Guillemet, propos rapportés par Jacques André, La revanche des méduses

mercredi 9 juin 2021

Je me disais que pour la séduire, je devais la faire rire. Mais à chaque fois qu'elle riait, c'est moi qui tombais amoureux.

Tommaso Maria Ferrari

mardi 8 juin 2021

C’est vraiment comme si je m’étais perdu et qu’on vînt tout à coup me donner de mes nouvelles.

André Breton, L'Amour fou

lundi 7 juin 2021

Une âme est plus grande qu'un monde.

Victor Hugo, Les contemplations

vendredi 4 juin 2021

Elle voudrait lui raconter son rêve mais elle a peur de l'affaiblir en le faisant entrer dans le tissu incertain des mots.

Henry Bauchau, Œdipe sur la route

jeudi 3 juin 2021

Combien les femmes amoureuses sont plus intelligentes que les hommes de caractère !

Robert von Musil

vendredi 28 mai 2021

Les détours, seuls les détours constituent la vie : parce que le temps de la vie est celui des détours. Arriver au but (arriver à soi) signifie mourir.

Imre Kertész, Journal de galère

jeudi 27 mai 2021

Au commencement était l'Acte.

Johann Wolfgang von Goethe, Faust

mercredi 26 mai 2021

On ne se libère pas d'une chose en l'évitant mais en la traversant.

Cesar Pavese

mardi 25 mai 2021

Le centre de toute bonté et de toute joie est l'amour.

Hermann Hesse

vendredi 21 mai 2021

Quelle libération peut-on comparer à celle de l'amour ? L'amour est la seule chose qui donne sens à nos allées et venues.

Malcolm Lowry

jeudi 20 mai 2021

Il n'y a rien de plus réellement artistique que d'aimer les gens.

Vincent Van Gogh, Lettre à son frère Théo

mercredi 19 mai 2021

L'époque est sombre. Ce n'est heureusement pas mon devoir de l'éclairer.

Lettre de Sigmund Freud à Arnold Zweig du 2 mai 1935

mardi 18 mai 2021

On écrit pour consoler et enchanter l’enfant qu’on porte en soi.

Michel del Castillo
, Rue des archives

lundi 17 mai 2021

Penser que le bonheur puisse se travailler grâce à des exercices, c'est aller droit à l'échec. Le bonheur est quelque chose qui vous surprend. Il provient de l'accomplissement de souhaits qui remontent à l'enfance, de l'amour que vous donnez à l'autre et que l'autre vous porte et à la façon dont vous investissez le monde et découvrez les autres.

Sophie de Mijolla-Mellor, propos recueillis par Christine Angiolini, Psychologie positive : le bonheur à portée de main, Le Monde, février 2012

vendredi 14 mai 2021

Sigmund Freud, le plus irreligieux des hommes, devait découvrir à la fin de sa vie que la mystique et la psychanalyse visaient.... un point commun. Comment serait-ce possible ?

Puisque le principe de plaisir commande notre vie psychique, nous sommes assujettis à deux espèces de bourreaux, dit -il en substance : nos pulsions et les objets supposés les satisfaire. Face au malaise de la civilisation qui profite de ce principe et l'exacerbe, et avant la catastrophe de la Shoah, le docteur viennois commence à entendre chez ses patients un « au-delà du principe de plaisir » : c'est la pulsion de mort. Question : existe-t-il un au-delà de la pulsion de mort ? Une sorte de re-naissance, de résurrection ? Les mystiques témoignent de cette aventure psychique et physique: non pas « au-delà » mais, en les traversant, ils se soucient du désir à mort et se mettent à l'écoute de la pulsion de mort. Dans la terminologie de sa nouvelle science, Freud dira que, par l'expérience mystique, des « rapports autrement inaccessibles » s'établissent entre « le Moi et les couches profondes pulsionnels du Ça » .

Et c'est ici que, brusquement, sous la plume de ce juif athée, tombe la formulation extravagante: la psychanalyse se choisit « un point d'attaque similaire » ». Le Moi de l'analysant, affranchi de la tutelle du Surmoi, élargit ses perceptions et se consolide de manière à s'approprier des fragments du Ça. « Là où C'était, le Moi doit advenir ». Tel serait le travail de la civilisation: à long terme, peut-être impossible, comme l'assèchement du Zuidersee. Nous sommes en 1932, Freud écrit ses Nouvelles conférences sur la psychanalyse. La nuit tombera bientôt sur l'Europe et le monde. Mais Freud n'abandonne pas son archéologie du « point d'attaque similaire » entre psychanalyse et mystique. Peu avant sa mort, le 22 août 1938, le dernier mot de sa main trace cependant une ligne de démarcation dans cette similitude troublante : « Mysticisme: autoperception obscure du règne, au-delà du Moi, du Ça ». Entendons : plongée et perte du Moi dans l'autoperception du Ça (côté mystique) ; mais réorganisation du Moi par une interminable élucidation du Ça (côté psychanalyse). Va-et-vient fragile, risqué, indécidable ? Sans adhérer à l'expérience mystique, sans l'ignorer non plus, l'écoute analytique donne sens à sa jouissance.

Julia Kristeva, La séduction mystique

mercredi 12 mai 2021

Comment se présente la maladie créatrice ? Souvent comme une névrose banale, qualifiée de « neurasthénie » ou de tout autre diagnostic conforme aux théories psychiatriques du jour. On observe des symptômes de dépression, d'épuisement, d'irritabilité, de l'insomnie, des maux de tête, des névralgies. Plus rarement, la maladie créatrice prend l'allure d'une psychose plus ou moins grave, ou encore revêt le caractère d'une maladie psychosomatique. Dans tous les cas, cependant, elle se distingue par quelques traits caractéristiques. Généra­lement, le début succède à une période de travail intellectuel intense, à de longues réflexions, à des méditations, peut-être encore à un travail plus technique tel que la recherche et l'accumulation du matériel intellectuel.

Pendant la maladie, le sujet est généralement obsédé par une préoccupation dominante qu'il laisse parfois apparaître mais cache souvent. Il est préoccupé par la recherche d'une chose, d'une idée qui lui importe par-dessus tout et qu'il ne perd jamais complètement de vue.

La terminaison est vécue non seulement comme libération d'une longue période de souffrances, mais comme une illumination. L'esprit du sujet est alors envahi par une idée nouvelle qui lui apparaît comme une révélation ou un ensemble de révélations. La guérison est souvent brusque, à tel point que le sujet peut en donner la date exacte. Elle est généralement suivie d'un sentiment d'exaltation, d'euphorie et d'enthousiasme si intenses que le sujet peut arriver à se sentir dédommagé d'un seul coup de toutes ses souffrances passées.

Henri F. Ellenberger, Traité d'anthropologie médicale

mardi 11 mai 2021

Il est convenu de se plaindre du babélisme des langues psychanalytiques sans voir que cette diversité signe d'abord l'impossibilité de s'en tenir au point de vue unitaire, quel qu'il soit. Ce qui est dogmatiquement possible de l'intérieur d'une théorie, ne l'est plus dès lors que l'on se frotte aux incertitudes de l'expérience pratique.

Jacques André, La revanche des méduses

lundi 10 mai 2021

La vérité la plus blessante finit toujours par être perçue et s'imposer, une fois que les intérêts qu'elle blesse et les émotions qu'elle soulève ont épuisé leur virulence.

Sigmund Freud, Perspectives d'avenir de la thérapeutique analytique

vendredi 7 mai 2021

Ce n'est pas la volonté qui est la faculté première de l'homme mais l'imagination.

Emile Coué, la Maîtrise de soi par l'autosuggestion consciente

jeudi 6 mai 2021

On n'enseigne pas ce que l'on sait ou ce que l'on croit savoir : on n'enseigne et on ne peut enseigner que ce que l'on est.

Jean Jaurès, L'Esprit du socialisme

mercredi 5 mai 2021

Les rêves sont la littérature du sommeil.

Jean Cocteau, Essai de critique indirecte

mardi 4 mai 2021

Que vous veut-on, quand on vous dit : « Je t'aime » ? La déclaration ne déclare guère ce qu'elle déclare. Pas même si elle est de l'offre ou de la demande. La magie de la formule ne tient pas à son sens, mais à son élocution. Sans dire ce qu'elle requiert, elle l'exige, tout simplement. « Je t'aime » est une clé, un mot de passe.
Qui exprime sa flamme se confère des droits. L'amour a l'étrange vertu de légitimer ce qui se trame en son nom. De l'ardeur à la caresse, il n'a rien à justifier, du dépit à la violence, non plus. Ce que vous veut qui vous aime est sans recours. L'amour ne s'autorise que de lui-même.
Et à quoi s'expose-t-on quand on aime ?
Au pire, évidemment ! De l'autre comme de soi.
L'amour invite à souffrir autant qu'à faire souffrir. Il anoblit ce qu'on subit comme ce qu'on fait subir. L'amour contente pour autant qu'il aveugle. Il pare de noblesse nos plus grandes faiblesses. En son nom tout peut se faire.
En son nom, tout se fait.
Est-ce folie d'aimer ?

Jean-Claude Lavie, L'amour est un crime parfait

vendredi 30 avril 2021

Allumer les vieilles lampes, chercher l'eau à la pompe, allumer le foyer, faire la cuisine, sont des actes simples qui rendent l'homme simple...

Carl Gustav Jung à Bollingen

jeudi 29 avril 2021

Quand tu pardonnes, tu ne changes pas le passé... Tu changes le futur !

Anonyme

mercredi 28 avril 2021

Ce n’est pas moi qui ai un corps, c’est la Matière qui se transforme en moi.
Ce n’est pas moi qui vis, c’est la Vie qui se vit en moi.
Ce n’est pas moi qui pense, c’est l’Esprit qui se pense en moi.
Notre corps doit se connecter à la Substance.
Notre vie doit se connecter à l’Intention.
Notre pensée doit se connecter avec l’Esprit.

Marc Halévy, Qu'est-ce qui arrive à... la Spiritualité ?

mardi 27 avril 2021

Si vous traversez l'enfer, surtout continuez d'avancer.

Winston Churchill

lundi 26 avril 2021

L'illusion sexologique est que la sexualité est affaire de savoir : savoir anatomique, savoir érotique. C'est méconnaître ce qui constitue l'essentiel du sexuel humain et qui transcende tout savoir, tout apprentissage : sa dimension inconsciente.

Jacques André, La sexualité féminine

vendredi 23 avril 2021

Mettez deux navires en pleine mer, sans vent, sans courant, et ils finiront par s'accoster.

Jules Verne, Une ville flottante

jeudi 22 avril 2021

Le spectacle est le contraire du dialogue.

Guy Debord, La société du spectacle

mercredi 21 avril 2021

Le mouton a craint le loup toute sa vie. Mais c'est le berger qui l'a mangé.

Dicton géorgien

mardi 20 avril 2021

On croit souvent que la spiritualité se doit d'être grave et austère, comme si l'importance de l'enjeu excluait nécessairement la gaieté et l'humour. Or, le rire est l'expression spontanée de l'expérience intérieure et il revêt de surcroît une fonction d'éveil.

Eric Edelmann, Le sourire de la sagesse

lundi 19 avril 2021

Le piège de la haine, c'est qu'elle nous enlace trop étroitement à l'adversaire.

Mila Kundera, L'Immortalité

vendredi 16 avril 2021

Samuel Dock : Dans L'Horloge enchantée, vous dites que le personnage principal du couple est le Temps.

Julia Kristeva : En effet. Mais comment ? Avec ses différences et ses autonomies, le couple ne dure que si le soin en devient une composante majeure. À ne pas confondre avec le maternage. La reliance est une expérience qui incombe aux deux sexes. Elle est au cœur de l'humanisation, je crois - rien de moins ! Il s'agit de prendre conscience de l'ambivalence des pulsions et des passions : attachement et agressivité, amour et haine, et de les transformer en lien, en possibilité de parler et de penser. La reliance opère contre l'emprise maternelle, pour que, au contraire, la séparation devienne possible et que l'autonomie favorise de nouvelles rencontres. Je t'écoute, tu m'écoutes, je t'entends, tu m'entends, ça nous change. Tu me fais confiance, je varie. Tu mûris. Une thérapie régénérative. Dans reliance, il y a « confiance » et « re-commencement » du lien.

Julia Kristeva, Je me voyage, entretiens avec Samuel Dock

jeudi 15 avril 2021

Il me semble qu’avec la théorie de l’accomplissement de souhait, seule la solution psychologique serait donnée, non la solution biologique, ou pour mieux dire, métapsychique. (D’ailleurs je vais te demander sérieusement si je peux utiliser le nom de “métapsychologie” pour ma psychologie qui mène derrière la conscience.)

Sigmund Freud, Lettre à Wilhelm Fließ

mercredi 14 avril 2021

L'Ego a besoin de problèmes, de conflits et d'ennemis pour renforcer le sentiment de division dont dépend son identité.

Eckhart Tolle

mardi 13 avril 2021

Pour créer son propre paradis, il faut puiser dans son enfer personnel.

Frida Kahlo

lundi 12 avril 2021

Arrête de réfléchir, ça t'empêche de penser !

Marc Lavoine

vendredi 9 avril 2021

Sois comme la fleur, épanouis-toi librement et laisse les abeilles dévaliser ton cœur !

Râmakrishna

jeudi 8 avril 2021

Si la vie m'a bien appris quelque chose, c'est que les choses que nous désirons vraiment finissent toujours par arriver, mais rarement de la façon dont nous les attendions.

Gabrielle Isis

mercredi 7 avril 2021

Le vrai plaisir de la dispute, c'est la réconciliation.

Guy Bedos

mardi 6 avril 2021

Votre vie quotidienne est votre temple et votre religion. Lorsque vous y pénétrez, prenez tout votre être avec vous.

Khalil Gibran, Le Prophète

vendredi 2 avril 2021

Seul celui qui a parcouru la route sait où les trous sont profonds.

Proverbe chinois

jeudi 1 avril 2021

La vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre à danser sous la pluie.

Sénèque

mercredi 31 mars 2021

Il faut au contraire concevoir que tout concept est comme un être vivant qui défend son organisme (l'espace qu'il occupe) contre les agressions de l'environnement, c'est-à-dire, en fait, l'expansionnisme des concepts voisins qui le limitent dans l'espace substrat : il faut regarder tout concept comme un être amiboïde, qui réagit aux stimilus extérieurs en émettant des pseudopodes et en phagocytant ses ennemis.

René Thom

mardi 30 mars 2021

La vie est un songe.

Pedro Calderón de la Barca

lundi 29 mars 2021

Je vois la folie comme l'un des derniers refuges contre l'absurdité. Parmi les définitions étymologiques du mot "fou", on trouve l'idée d'un vide à remplir d'air. Ça tient du souffle. Ce vide, néanmoins, est encore un espace où l'on peut vivre.

Serge Lutens

vendredi 26 mars 2021

La pire souffrance est dans la solitude qui l’accompagne.

André Malraux, La condition humaine

jeudi 25 mars 2021

La noirceur porte plus d'un masque, aucun n'est aussi dangereux que le masque de la vertu.

Washington Irving, Sleepy Hollow : La Légende du cavalier sans tête

mercredi 24 mars 2021

Ce qui est taillé en sens contraire s'assemble ; de ce qui diffère naît la plus belle harmonie ; tout devient par discorde.

Héraclite, Fragments

mardi 23 mars 2021

Même la nuit la plus sombre prendra fin et le soleil se lèvera.

Victor Hugo, Les Misérables

lundi 22 mars 2021

Puisque ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur.

Jean Cocteau, Les mariés de la Tour Eiffel

vendredi 19 mars 2021

Nous aimons penser que nos idées sont notre propriété personnelle, mais, tant que nous n'avons pas mis notre contribution à la disposition du reste du groupe, nous n'aurons pas la moindre chance de mobiliser cette sagesse collective qui pourrait nous mener à des progrès et à des développements nouveaux.

Wilfred R. Bion, Bion à New York et à São Paulo

jeudi 18 mars 2021

Voilà, Dieu. Il y a un mysticisme, là. Tu as envie de rendre quelque chose qu'on te donne...

Alina Reyes et Stéphane Zagdanski, La Vérité nue

mercredi 17 mars 2021

Les bleus

Lorsque sur moi il pleut des coups
De poing et d’ta canne en bambou
Que l’rimmel coule le long d’mes joues
Que j’m’évanouie, que j’suis à bout

Je m’dis qu’les bleus sont les bijoux
Les plus précieux et les plus fous
Et si un soir, on n’est sans l’sous
J’pourrais toujours les mettre au clou

J’ai des émeraudes autour du cou
Des améthystes un peu partout
Si t’étais pas aussi jaloux
J’irai au bal, quel succès fou

J’arriverais couverte de bijoux
Qui étincelleraient de tout
Leur feu, j’vois d’ici l’œil jaloux
Des aut’ nanas et d’leurs matous

Tabasse-moi encore voyou
File m’en encore pour quelque sous
Vas y rentre moi dans le chou
Tellement j’ai mal, j’sens plus les coups

Oui mes bleus sont mes seuls bijoux
Y en a qu’j’ai payé un prix fou
Tu m’as tellement rouée de coups
Me voilà millionnaire de partout

C’soir t’es encore complètement saoul
Tu m’regardes avec tes yeux fous
Ça y est, voilà que tu m’secoues
Doucement mon amour, vas y mou

J’ai beau être de caoutchouc
Et même rebondir sous les coups
Un jour tu cass’ras ton joujou
Tu le regrett’ras, après coup

Paroles et musique de Serge Gainsbourg

mardi 16 mars 2021

Il n'appartient qu'au courage de régler la vie.

Luc de Clapiers marquis de Vauvenargues

lundi 15 mars 2021

Pour conserver, il faut accepter de perdre, et pour vivre, il faut mourir un peu.

Jack London, L'amour et rien d'autre

vendredi 12 mars 2021

Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté.

Alain, Propos sur le bonheur

jeudi 11 mars 2021

Si tu veux changer ta vie... commence par faire ton lit.

William H. McRaven, Si tu veux changer ta vie... commence par faire ton lit

mercredi 10 mars 2021

Elle [la pandémie] a rendu la mort trop visible, trop flagrante, en même temps qu'elle a enfoui tout ce qui depuis toujours nous a aidé à la « vivre » - nos liens familiaux et sociaux, nos fêtes, nos rites funéraires, notre production artistique et culturelle, nos parcs, nos voyages... ; elle nous a plaqués, abrutis, devant la lumière bleuâtre des écrans, rendant évident notre besoin de signification, de sublimation, notre besoin d'un monde interne peuplé et d'un monde externe ouvert aux liens et aux avenirs possibles.

Ana de Staal et Howard B. Levine (Dir.), Psychanalyse et vie covidienne : détresse collective, expérience individuelle

mardi 9 mars 2021

Il est vrai que sur le divan, rares sont ceux qui usent véritablement de la liberté de parole qui leur est donnée.

Jean-Claude Lavie, Le sexe dans la bouche

lundi 8 mars 2021

Il nous faut devenir adultes pour comprendre que les adultes n'existent pas et que nous avons été élevés par des enfants que l'armure de nos rires rendaient faussement invulnérables.

Christian Bobin

vendredi 5 mars 2021

On croit que tout est fini, mais alors il y a toujours un rouge-gorge qui se met à chanter.

Paul Claudel

jeudi 4 mars 2021

Le plaisir se ramasse, la joie se cueille et le bonheur se cultive.

Bouddha

mercredi 3 mars 2021

Or, ni l'attention portée à la vie amoureuse, ni la fréquentation de la littérature, ni la pratique de la psychanalyse ne sont aujourd'hui reconnues comme des activités d'une grande importance.

Jean-Michel Hirt, La dignité humaine : sous le regard d'Etty Hillesum et de Sigmund Freud

mardi 2 mars 2021

Tu enseignes le mieux ce que tu as le plus besoin d'apprendre.

Richard Bach, Le Messie récalcitrant

lundi 1 mars 2021

Je ne cite les autres que pour mieux m'exprimer moi-même.

Montaigne

vendredi 26 février 2021

Pour pouvoir contempler un arc-en-ciel, il faut d’abord endurer la pluie.

Proverbe chinois

jeudi 25 février 2021

J’aime le contraste, brouiller un peu les pistes et les repères. Le trop évident ne m’intéresse pas et puis, la vie, les choses, les gens sont complexes, constitués d’ombre et de lumière. Il y a dans “Pieds Nus”, du profane et du sacré, du chaos et de la sérénité, du vivant et du mort, de la souillure et de la pureté. Or, de cette rencontre inopportune naît une certaine harmonie. J’aime l’idée que ces univers puissent se compléter, s’équilibrer et finalement se réguler.

Emma Barthere, A la lumière des femmes par Julien Foulatier, Boum!Bang!, 30 janvier 2013

mercredi 24 février 2021

Une sortie, c'est une entrée qu'on prend dans l'autre sens.

Boris Vian, Traité de civisme

mardi 23 février 2021

La plus ancienne et la plus forte des émotions humaines est la peur, et le type de plus ancien et le plus fort de peur est la peur de l'inconnu.

Howard Phillips Lovecraft, Epouvante et surnaturel en littérature

lundi 22 février 2021

Les caractéristiques de l'expérience mystique ont été différenciées en sept types par Stace, en 1961. On peut y voir une description de l'expérience mystique universelle, une « expérience religieuse primordiale », dépassant et intégrant les clivages imposés par les religions « institutionnalisées ».

En voici la liste synthétique :

  • Qualité noétique : le mystique ressent ce qu'il vit comme une illumination ou un accès à la connaissance authentique : ses visions et pensées sont vécues comme appartenant à une réalité objective et indépendante, basée sur une connaissance directe et intuitive ;
  • Emotions profondément positives (la texture de l'univers est Amour) : des sentiments de grâce, de joie, de paix, de bonheur et d'harmonie ;
  • Sentiment du caractère sacré de la vie et de toutes choses : tout ce qui est appréhendé revêt une nature divine ;
  • L'Unité interne : tout est « Un » ; sentiment que derrière la multiplicité apparente du monde, il y a une unité qui est appréhendée lorsque la conscience se détache des formes sensorielles et des contenus conceptuels ; au bout du compte, le mystique sent que les frontières du soi se dissipent et il devient un avec une existence plus large que lui-même ; s'y associe le sentiment que toutes les choses et créatures sont reliées, et que toutes les choses sont vivantes ;
  • Transcendance des limites du temps et de l'espace : passé, présent et futur coexistent simultanément sur un axe vertical ; le mystique ressent que les notions de temps et d'espace ne sont plus applicables ;
  • Ineffabilité de l'expérience : il s'agit d'une difficulté à décrire par des mots l'expérience lytique, les concepts habituels semblant inadaptés ou insuffisants, pour des phénomènes se situant au-delà de toute description verbale ;
  • La paradoxalité : les canons de la logique sont remis en cause ; pour atteindre les royaumes du Divin, on doit laisser derrière nous notre rationalité habituelle ;
Pahnke (1963) rajoute deux autres catégories à cette liste :
  • Le caractère transitoire : la durée de l'état de conscience mystique est délimitée, et bien différenciée quand l'expérience est terminée ; c'est une différence importante entre la conscience mystique et la psychose ;
  • Des changements positifs durables dans les attitudes et les comportements : quand une personne traverse une expérience caractérisée par les huit catégories décrites ci-dessus, elle présente souvent des changements dans l'un ou moins des domaines suivants :
    • envers elle-même : intégration plus forte de la personnalité ; plus grand sentiment de valeur personnelle ; détente des mécanismes de défense de l'ego ; meilleure acceptation de soi ; plus grande foi dans la créativité personnelle : plus grand optimisme ;
    • envers les autres : plus grande sensibilité, tolérance, compassion et plus d'amour ;
    • envers la vie : changements de valeurs, de buts et de signification de la vie ; plus grande implication professionnelle ; perte de la peur de la mort ; appréciation plus grande envers la totalité de la création ;
    • envers l'expérience mystique elle-même : elle est ressentie comme ayant conduit à un apprentissage utile. Après être ressorti de cette expérience, bien des gens reconnaissent pour la première fois qu'ils sont le centre créatif de leur existence physique, qu'ils sont entièrement responsables de ce qu'ils font, autant par leurs pensées que par leurs actes ; leurs problèmes sont vécus comme le lieu par excellence où ils peuvent découvrir la sagesse et l'amour.
En effet, il existe, en dehors d'une expérience passagère, le transpersonnel au quotidien, qui se fait dans l'affrontement existentiel de la dure réalité de tous les jours et dans l'appel confiant au forces supérieures protectrices (Descamps, 1999).

Olivier Chambon et Michel Marie-Cardine, Les bases de la psychothérapie

vendredi 19 février 2021

S'il y a quelque chose de certain, c'est que la certitude se trompe.

Wilfred R. Bion, Bion à New York et à São Paulo

jeudi 18 février 2021

La psychanalyse ne conduit pas nécessairement à la santé, à un bien-être ou à un « mieux-être », elle reconnaît même de l'incurable dû à la condition humaine, un mal-être, une négativité, non de circonstance mais de structure. Par contre, correctement menée, elle pousse à découvrir ou inventer de nouveaux possibles et peut conduire à un « plus-de-vie », un « un plus-être » : être plus proche de son désir, de sa « vie propre », être dans plus de sentir, plus d'intensité, plus de liberté jaillissante... C'est en ce sens que la psychanalyse est une véritable expérience spirituelle, une preuve d'extension.. Freud, toujours en mouvement et évolution, avait commencé à le réaliser à la fin de sa vie. La psychanalyse est un voyage de découverte et de créativité dans l'in-time intimité de l' « l'être même du sujet », le  « sujet de la vie » et sa métamorphose intérieure, loin de toute démarche scientifique ou philosophique, de tout psychologisme ou quelconque fonction psy, qui ont aujourd'hui le vent en poupe et envahissent tout.

Alain Amselek, Le livre rouge de la psychanalyse

mercredi 17 février 2021

Et puis un jour on s'en fout, et ça fait du bien.

Anonyme

mardi 16 février 2021

Ce qui nous pousse à n'accorder aux philosophes, dans leur ensemble, qu'un regard où se mêlent méfiance et raillerie, ce n'est pas tant de découvrir à tout bout de champ combien ils sont innocents, combien de fois et avec quelle facilité ils se trompent et s'égarent, bref, quelle puérilité est la leur, quel enfantillage ; c'est de voir avec quel manque de sincérité ils élèvent un concert unanime de vertueuses et bruyantes protestations dès que l'on touche, même de loin, au problème de leur sincérité. Ils font tous comme s'ils avaient découvert et conquis leurs opinions propres par l'exercice spontané d'une dialectique pure, froide et divinement impassible (à la différence des mystiques de toute classe, qui, plus honnêtes et plus balourds, parlent de leur "inspiration"), alors que le plus souvent c'est une affirmation arbitraire, une lubie, une "intuition", et plus souvent encore un vœu très cher mais quintessencié et soigneusement passé au tamis, qu'ils défendent par des raisons inventées après coup. Tous sont, quoi qu'ils en aient, les avocats et souvent même les astucieux défenseurs de leurs préjugés, baptisés par eux "vérités".

Friedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal

lundi 15 février 2021

Qui comprend invente.

Louis Scutenaire

vendredi 12 février 2021

Liste des choses à faire, aujourd'hui :

1. Respirer par le nez.

2. Ne rien précipiter.

3. Rester calme et centré.

4. Conserver son sens de l'humour.

5. Laisser aller ce que l'on ne peut pas contrôler.

6. Se rappeler que tout passe.

Nicole Bordeleau

mercredi 10 février 2021

L’homme qui se relève est encore plus fort que celui qui n’est pas tombé.

Viktor Frankl

mardi 9 février 2021

Le premier degré de la grandeur est d'être en réalité ce que nous semblons être.

Socrate

lundi 8 février 2021

Il extériorise ce qui déchire tout enfant (et adulte) intérieurement : le désir de vaincre et l'envie d'être bercé.

Anne Dufourmantelle, Chroniques

jeudi 4 février 2021

Ainsi, dans la séparation, l’objet s’éloignant jusqu’à n’être plus qu’un point à l’horizon, le Moi quitte son corps et le suit dans la fuite ; et les patients de se vivre comme n’existant plus, privés du sentiment de leur habitat en un corps qui n’est presque plus le leur et n’est plus qu’une sorte de dépouille sans existence, alors que leur âme endolorie continue à courir après l’objet qu’elle a perdu.

André Green, Le Corps, le sens

mercredi 3 février 2021

Les mots, c'est pire que des lance-pierres.

Michel Audiard

mardi 2 février 2021

Il lui était arrivé d'écrire qu'on devrait davantage « observer les minéraux, les cailloux, la lave pétrifiée, les fossiles, les roches » quand l'amour se retire ou meurt.

Robert Maggiori, préface à Chroniques, Anne Dufourmantelle

lundi 1 février 2021

Si j'étais psychiatre, au malade qui souffre d'angoisse, je conseillerais, dès l'apparition de la crise, de lire le poème de Baudelaire, de dire bien doucement le mot baudelairien dominateur, ce mot vaste qui donne calme et unité, ce mot qui ouvre un espace, qui ouvre l'espace illimité.

Gaston Bachelard, La Poétique de l'espace

vendredi 29 janvier 2021

Le péché originel, c'est de limiter l'Être. Ne le fais pas.

Richard Bach, Le Messie récalcitrant

jeudi 28 janvier 2021

La question n'est plus aujourd'hui : « Comment puis-je me débarrasser de mon ombre ? » car on a suffisamment vu la malédiction qu'on encourt en n'étant que la moitié de soi-même. La question qu'il faut se poser est maintenant celle-ci : « Comment l'homme peut-il vivre avec son ombre sans qu'il en naisse toute une série de malheur ? » La reconnaissance de l'ombre fournit une raison à l'humilité et même à la crainte devant l'insondable nature humaine.

Carl Gustav Jung, Psychologie du transfert

mercredi 27 janvier 2021

Sur le fond de la bonne santé régnante, la mort.

Theodor W. Adorno, Minima Moralia

mardi 26 janvier 2021

Le visage est ce qui nous interdit de tuer.

Emmanuel Levinas, Ethique et infini

lundi 25 janvier 2021

Aujourd'hui, il n'y a pas de vérités, il n'y a que des explosions.

J. M. G. Le Clézio, Haï

vendredi 22 janvier 2021

Le monde possède déjà le rêve d'un temps dont il doit maintenant posséder la conscience pour le vivre réellement.

Guy Debord, La Société du spectacle

jeudi 21 janvier 2021

La tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres.

Romain Gary, Gros-Câlin

mercredi 20 janvier 2021

Certes la pratique de la psychanalyse nous habitue à cette confrontation à des parties hétérogènes du moi, et qui coexistent ensemble.

Ghyslain Lévy, La vie partielle

mardi 19 janvier 2021

On va tous dans la même direction, on prend des chemins différents c'est tout.

Francis Scott Fitzgerald, L'étrange histoire de Benjamin Button

lundi 18 janvier 2021

Si un autre me ressemble, c'est donc que j'étais quelqu'un.

Marcel Proust, Jean Santeuil

vendredi 15 janvier 2021

De nombreuses études cherchent à définir le profil des gens. A l'aide de QCM (questionnaires à choix médiocres), des experts nous « qualifient » et se permettent de nous ranger dans des cases, par groupes de caractères, de couleurs ou d'animaux totems. Nos faits et gestes sont expliqués par des majorités de carrés ou de triangles ou par des préférences de mots. Beaucoup de gens, à qui ont fait croire à ces « sciences humaines », agissent d'après la définition qu'on leur a donnée d'eux-mêmes. « Je suis un bleu à tendance rouge au niveau professionnel, ça explique que je sois ambitieux. » J'ai envie de leur demander quelle est la couleur de la bêtise.
Grâce à des bilans de compétences fumeux, des employés lâchement licenciés pensent découvrir leur nouvelles aspirations. Il se voient tous « consultants en communication » puisque le test confirme qu'ils aiment le contact humain.
Ces études, de la plus archaïque à la plus sophistiquée, n'ont pour moi qu'un seul but : raccourcir l'humain comme on taille un buisson.
C'est le rêve caché du marketing qui veut parfaitement connaître nos comportements d'achats. Raccourcir l'humain, c'est ce qui est pratiqué lorsqu'on considère que tel ou tel programme de télévision s'adresse à la ménagère de plus de cinquante ans ou aux ados de 12 de QI. Raccourcir l'humain, c'est ce que les personnalités politiques désirent le plus au monde. Pour se faire élire en racontant ce que la « cible » veut entendre, mais aussi pour gouverner, car il est beaucoup plus simple de cocher des cases dans lesquelles on enferme des sujets plutôt que de s'adapter à une société complexe et plurielle.
L'humanité est trop élaborée pour beaucoup de décideurs. Ils tentent désespérément de la ramener à la portée de leur piètre intelligence.

Haroun, Les pensées d'Héractète

jeudi 14 janvier 2021

Les méchants haïssent et envient, c'est leur manière d'admirer.

Victor Hugo, Tas de pierres

mercredi 13 janvier 2021

La vie est comme un livre. Ne jamais sauter aucun chapitre et continuer de tourner les pages, tôt ou tard on comprendra pourquoi chaque paragraphe était nécessaire.

Bernard Werber

mardi 12 janvier 2021

Nous n'avons rien à nous que le temps, dont jouissent ceux mêmes qui n'ont point de demeure.

Baltasar Gracián, L'Homme de cour

vendredi 8 janvier 2021

Personne ne peut savoir si le monde est fantastique ou réel, et non plus s’il existe une différence entre rêver et vivre.

Jorge Luis Borges

jeudi 7 janvier 2021

La chose la plus apaisante en ce monde c’est quand quelqu’un embrasse vos blessures en ne les voyant pas comme des catastrophes dans votre âme mais simplement comme des fissures dans lesquelles mettre son amour.

Emery Allen

mercredi 6 janvier 2021

Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent, et qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. 

Albert Camus, Lettre à René Char du 17 septembre 1957

mardi 5 janvier 2021

Lekh Lekha !

Va vers toi-même !

Echo de l'Appel entendu par Abraham dans les Commencements

lundi 4 janvier 2021

De la douceur, de la douceur, de la douceur !

Paul Verlaine, Lassitude

jeudi 24 décembre 2020

Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.

Jean d'Ormesson, Voyez comme on danse

mercredi 23 décembre 2020

Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre.

Marc-Aurèle

mardi 22 décembre 2020

Dans les personnes que nous aimons, il y a, immanent à elles, un certain rêve que nous ne savons pas toujours distinguer mais que nous poursuivons.

Marcel Proust, Le temps retrouvé

lundi 21 décembre 2020

Et puis il y a ceux qu'on aime. Une poignée. Les fils de soie qui nous retiennent au monde.

Michel Onfray, Le deuil de la mélancolie

vendredi 18 décembre 2020

L'amour est un rêve à deux.

Björk

jeudi 17 décembre 2020

Le centrage constitue dans mon expérience, le sommet jamais dépassé du développement, lequel se caractérise parce qu'il coïncide dans la pratique avec l'effet thérapeutique maximum.

Carl Gustav Jung, Les racines de la conscience

mercredi 16 décembre 2020

Tuer l'infans, selon la compréhension que je propose, signifie tuer un autre en soi, occire cette part de soi résignée à demeurer mutique, faute de recevoir de réponse adéquate à ses tentatives de sollicitations de l'entourage.

Nathalie de Kernier, Le suicide

mardi 15 décembre 2020

Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie.

Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe

lundi 14 décembre 2020

J'aime à parler, pourvu que je contredise.

Jules Renard, Journal, 31 janvier 1908

jeudi 10 décembre 2020

Le masochisme érogène, plaisir de l'excitation sexuelle, est à la base des masochismes féminin et moral. Le masochisme féminin ne concerne pas spécifiquement la femme et est connu au travers de fantasmes masculins. Le masochisme moral est révélé par des conduites dictées par la culpabilité inconsciente. Je postule que ces conduites, ou symptômes, sont l'épiphénomène d'une faillite du masochisme érogène primaire intricateur des pulsions décrit par Freud en 1924 [...].

Marilia Aisenstein, Désir, douleur, pensée

mercredi 9 décembre 2020

La seule industrie française qui ne connaisse pas le sous-emploi est la méchanceté.

Albert Camus

mardi 8 décembre 2020

Vingt-quatre heures à la fois.

Adage des Alcooliques Anonymes

lundi 7 décembre 2020

Les qualités de l'objet sexuel, nous les nommerons : excitantes.

Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle

vendredi 4 décembre 2020

J'ai souvent pensé à des formules qui exprimeraient le mécanisme du progrès humain et les changements historiques. Elle pourraient être les suivantes :

    La Réalité - les Rêves = l'Animal

    La Réalité + les Rêves = un Mal de cœur (habituellement appelé Idéalisme)

    La Réalité - l'Humour = le Réalisme (aussi appelé Conservatisme)

    Les Rêves - l'Humour = le Fanatisme

    Les Rêves + l'Humour = la Fantaisie

    La Réalité + les Rêves + l'Humour = la Sagesse

Ainsi la sagesse, ou le plus haut type de pensée, consiste à atténuer nos rêves, ou notre idéalisme, par le sens de l'humour, appuyé sur la réalité elle-même.

Lin Yutang, l'Importance de vivre

jeudi 3 décembre 2020

Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse.

Françoise Sagan, Bonjour tristesse

mercredi 2 décembre 2020

On se sert des couleurs, mais on peint avec le sentiment.

Jean Chardin

mardi 1 décembre 2020

Je fais reculer la mort à force de vivre, de souffrir, de me tromper, de risquer, de donner et de perdre.

Anaïs Nin, Vénus Erotica

lundi 30 novembre 2020

Avec ce masque riant que vous me connaissez, je cache à l’intérieur le chagrin, l’amertume, et une tristesse qui s’attache au cœur comme un vampire.

Gustave Courbet, Lettre à Alfred Bruyas

vendredi 27 novembre 2020

Et si l'on peut te prendre ce que tu possèdes, qui peut te prendre ce que tu donnes ?

Antoine de Saint-Exupéry

jeudi 26 novembre 2020

Si tu rencontres une pensée simple, tue-la !

André Green, Seminari romani, 1995

mercredi 25 novembre 2020

Il faut beaucoup de temps - disons, une ou deux décennies de pratique clinique à plein temps - avant d'acquérir, en tant qu'analystes, une maturité qui nous permette de parler avec chacun de nos patients d'une voix tout à fait propre, d'une manière qui ne s'adresse finalement qu'à ce patient précis, à ce moment précis de la conversation analytique avec lui. Il faut avoir profondément intégré la technique psychanalytique avant d'être en mesure de l'“oublier”, c'est-à-dire de la redécouvrir par soi-même.

Thomas H. Ogden, Redécouvrir la psychanalyse

mardi 24 novembre 2020

Nutrisco et extinguo.

Je nourris et j'éteins.

Devise de François 1er

lundi 23 novembre 2020

Hâte-toi de choisir un jour digne d’éclore.

Paul Valéry, Air de Sémiramis

vendredi 20 novembre 2020

Chaque homme doit inventer son chemin.

Jean-Paul Sartre, Les Mouches

jeudi 19 novembre 2020

La définition la plus simple de l'angoisse serait de dire qu'il s'agit d'une peur enkystée, un abcès de peur qui dure depuis un passé qui semble oublié (la petite enfance), et que le temps ne guérit en aucune manière.

Christian Jeanclaude, Freud et la question de l'angoisse

mercredi 18 novembre 2020

C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière,
D'espérer en ses rêves les plus éphémères,
Lorsqu'on n'en n'a plus le courage,
Ni même l'envie davantage.

Edmond Rostand, Chantecler

mardi 17 novembre 2020

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! "

Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part."

Sagesse amérindienne

lundi 16 novembre 2020

La foi, c'est la confiance que les choses peuvent arriver même si vous ne savez pas comment.

Aurore Roegiers, Espoir

vendredi 13 novembre 2020

Je me souviens d'une cascade au fond des grottes. Quelqu'un que je connaissais, un ami nommé Robert Desnos, parlait. Il avait retrouvé à la faveur d'un sommeil étrange plusieurs secrets perdus de tous. Il parlait. Mais ce qui s'appelle parler. Il parlait comme on ne parle pas. La grande mer commune se trouvait du coup dans la chambre, qui était n'importe quelle chambre avec ses ustensiles étonnés.

Louis Aragon, Traité du style

jeudi 12 novembre 2020

C'est parce qu'il y a un vrai danger, de vrais échecs, une vraie damnation terrestre, que les mots de “victoire”, de “sagesse” ou de “joie” ont un sens.

Simone de Beauvoir, Pour une morale de l'ambiguïté

mardi 10 novembre 2020

On est capable d’avoir de l’empathie pour de la douleur physique mais c’est plus rare pour de la douleur psychique.

Fayçal Mouaffak, Covid-19 en France : "derrière la vague épidémique, la vague psychiatrique", Ouest-France, 4 novembre 2020

lundi 9 novembre 2020

Le corps sans les mots c'est effrayant
Mais les mots sans le corps,
C'est pire !

Catherine Potel, Du contre-transfert corporel

vendredi 6 novembre 2020

La parole est soudaine et c'est un dieu qui tremble.

Guillaume Apollinaire, La Victoire

jeudi 5 novembre 2020

La grande, la seule originalité de l'amour est de rendre le bonheur indistinct du malheur.

Emil Cioran, Aveux et anathèmes