jeudi 27 juillet 2017

J'avais appris à connaître toutes choses par leur contraire : le clair par le sombre, le chant par le silence, l'amour par la solitude.

Christian Bobin, Prisonnier au berceau

mardi 25 juillet 2017

Il faut que je vous dise la façon dont je conçois l’activité de l’analyste.

Un analyste est là pour :

1) écouter ;

2) avoir suffisamment de recul à propos de ce qu’il écoute pour entendre autre chose que ce qui est dit ;

3) intervenir plus ou moins rarement, plus ou moins fréquemment, et de telle façon qu’il propose au patient un autre sens que celui que le patient a voulu communiquer, en tenant compte du transfert.

André Green, entretien avec Dominique Baudesson

lundi 24 juillet 2017

Mon métier et mon art c'est vivre.

Montaigne, Les Essais

vendredi 21 juillet 2017

Est-ce que le freudisme peut échapper à cette mortalité galopante des théories. Oui, car pour moi il ne constitue pas précisément une théorie. Sur un socle de concepts vérifiés par la clinique, c’est un ensemble d’hypothèses de recherche émises par Freud, souvent réfutées par lui-même, remplacées par d’autres hypothèses, qui à leur tour peuvent en engendrer d’autres, dans une sorte de perpetuum mobile qui fait de la psychanalyse un univers en constante gestation. L’erreur est de prendre ces hypothèses pour argent comptant et de les ériger en doctrine.

Michel Sapir. Mémoires d’un homme de plaisir. Du côté de chez Marx, du côté de chez Freud

jeudi 20 juillet 2017

Penser avec audace, parler avec responsabilité.

Michael Balint

mercredi 19 juillet 2017

Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre.

Marie Curie

mardi 18 juillet 2017

A force de sacrifier l'essentiel pour l'urgence, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel.

Edgar Morin, La méthode, 6. L'éthique

lundi 17 juillet 2017

L'espoir de pouvoir guérir tout ce qui est névrotique a son origine, je le crains, dans cette croyance des profanes que les névroses sont quelque chose de tout à fait superflu, qui n'a absolument pas le droit d'exister. En réalité, ce sont des affections graves, constitutionnellement fixées, qui se limitent rarement à quelques crises, qui subsistent la plupart du temps pendant de longues périodes de la vie ou pendant la vie entière.

Sigmund Freud, Eclaircissements, applications, orientations

jeudi 13 juillet 2017

Un autre caractère de la sexualité infantile précoce est que l’organe sexuel proprement féminin n’y joue encore aucun rôle, l’enfant ne l’a pas encore découvert. Tout l’accent est mis sur le membre viril, tout l’intérêt se porte sur lui, il s’agit de savoir s’il est là ou pas. De la vie sexuelle de la petite fille, nous en savons moins que celle du garçon. Nous n’avons pas à avoir honte  de cette différence.

Sigmund Freud, La question de l'analyse profane

mercredi 12 juillet 2017

Il est hors de doute que l'élément spécifique des névroses est et demeure le conflit œdipien ; mais la névrose suscitée par la culture tire à l'origine sa force traumatique de l'identité inconsciente du conflit œdipien et du conflit entre la nostalgie du corps maternel et la peur du corps maternel.

Lettre de Sándor Ferenczi à Sigmund Freud, le 24 mars 1924

mardi 11 juillet 2017

Une honteuse peur de penser nous retient tous. Plus oppressante que la censure qu'exerce l'opinion publique sur les œuvres de notre esprit.

Sigmund Freud, Sur la préhistoire de la technique

lundi 10 juillet 2017

Qui s'offense facilement découvre ses points faibles.

Etienne-François de Vernage, Maximes et réflexions

vendredi 7 juillet 2017

Splendeurs du retour au primitif dans les éclats de l’idéalisation, du narcissisme et de la toute-puissance des commencements, ou misères de l’impuissance, de la déréliction, ou encore de la persécution lorsqu’elle conduit dans les bas-fonds de la psyché ? Quels que soient les méandres des mouvements qu’elle déclenche, il nous faut bien admettre que la régression constitue un moteur puissant du fonctionnement psychique, quotidiennement présente dans la simplicité de la vie, inquiétante et énigmatique dans les dérives des maladies graves, attractive et dangereuse dans les traitements psychiques où règne le transfert, ses menaces et ses espérances.

Extrait de la présentation du colloque organisé par la revue Carnet/Psy : "Splendeurs et misères de la régression", le 7 octobre 2017 à Paris

jeudi 6 juillet 2017

Le bruit de la vie ne vient pas seulement d’Eros, mais de toutes les intrications incomplètes d’Eros et de l’instinct de mort, où domine tantôt l’une, tantôt l’autre de ces deux tendances, tantôt ici, tantôt là.

Francis Pasche, Des concepts métapsychologiques de base

mercredi 5 juillet 2017

Que sont en fin de compte la force des pulsions ou la nature de la fixation ? Rien d’autre que l’intensité de la passion et l’attachement à son objet, et s’il faut renvoyer le tout à la sexualité infantile, les objets de la passion sont à chercher du côté des objets partiels pris sur le corps de la mère ou sur le corps du sujet ou des objets totaux : les imagos parentales.

André Green, La folie privée

mardi 4 juillet 2017

Il est un pouvoir que la psychanalyse m'a permis de découvrir, c'est le pouvoir des mots. Prononcer des mots là où le silence, la méconnaissance et l'ignorance se sont installés, nommer des émotions ou des souffrances déniées et interdites redonne vie, fait exister des dimensions oubliées, refoulées, interdites.

André Lévy, Quelle psychologie "politique" ? Revue internationale de psychosociologie

lundi 3 juillet 2017

Quand on interroge le passé, il répond : présent.

Sacha Guitry

vendredi 30 juin 2017

Le véritable antagoniste d'Eros ne serait pas alors Thanatos, mais une autre force, tenant d'un fait de culture, psychanalytiquement rattachable au mythe de la castration ancestrale du père de la horde primitive.

Denise Braunschweig et Michel Fain, Eros et Anteros

jeudi 29 juin 2017

L’affect d’exaltation touche le moi lui-même. Il comprend un sentiment d’élargissement du moi qui peut survenir dans différents contextes. De la joie ressentie aux conquêtes du moi à l’exaltation de l’état maniaque, toute une gamme d’états implique peu ou prou l’exaltation. Le sentiment océanique, objet d’une controverse entre Freud et Romain Rolland, s’inscrit comme l’un des aspects de l’exaltation dans le registre mystique. L’auteur considère que le sentiment océanique est lié à un fantasme incestueux de retour au sein maternel alors que le moi qui s’agrandit progressivement évolue sous le signe de l’Œdipe.

Résumé de l'article de Paul Denis, Un destin de l’excitation : l’exaltation

mercredi 28 juin 2017

On a beau connaître ou croire connaître par cœur les étapes de l’itinéraire de Freud, les différents temps de cette décisive aventure de l’esprit qui fut la sienne, on a beau savoir à quel point il fut convaincu de la portée de la « jeune science » qu’il a pas à pas constituée en se refusant à la limiter à une méthode de traitement des « maladies nerveuses », on reste, à la lecture de ce petit livre, saisi par la passion intransigeante de cet homme, par sa volonté tenace de s’avancer toujours plus loin sur le chemin qu’il a tracé pour nous et d’abord pour lui-même ; on admire sa certitude, qu’aucun échec, qu’aucun obstacle ne parvinrent à ébranler – tout au contraire -, que la psychanalyse, c’est lui, Freud, jusqu’à l’identifier à sa propre vie.

J.-B. Pontalis, préface à Sigmund Freud présenté par lui-même

mardi 27 juin 2017

On peut aussi se représenter sans peine que certaines pratiques mystiques sont capables de renverser les relations normales entre les différentes circonscriptions psychiques, de sorte que, par exemple, la perception peut saisir, dans le moi profond et dans le ça, des rapports qui lui étaient autrement inaccessibles.  Pourra-t-on par cette voie se rendre maître des dernières vérités dont on attend le salut ? On peut tranquillement en douter. Nous admettrons toutefois que les efforts thérapeutiques de la psychanalyse se sont choisi un point d'attaque similaire.Leur intention est en effet de fortifier le moi, de le rendre plus indépendant du surmoi, d’élargir son champ de perception et de consolider son organisation de sorte qu’il puisse s’approprier de nouveaux morceaux du ça. Là où était du ça, doit advenir du moi.

Sigmund Freud, Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse

lundi 26 juin 2017

Votre raison et votre passion sont le gouvernail et les voiles de votre âme navigante.
 
Si votre raison venait à se briser ou votre passion à se déchirer, vous ne seriez qu'un navire emporté au gré des vents et des courants, ou à jamais ancré entre ciel et mer.
 
Car la raison, régnant seule, bride tout élan ; et la passion, livrée à elle-même, s'embrase et se consume tout feu tout flamme jusqu'à ce qu'elle se réduise en cendres.

Khalil Gibran, Le prophète

vendredi 23 juin 2017

A l'origine de l'excitation, les mouvements pulsionnels doivent être saisis dans leur double dimension ; passive du côté de la sensation, de l'empreinte [...], active du côté de l'exercice, de la maîtrise.

Catherine Chabert, Les voies intérieures

jeudi 22 juin 2017

L'individualisation de la période de latence implique et présuppose la découverte connexe de l'inconscient et de la sexualité infantile, à travers la résistance due aux processus défensifs.

Christian David, L'état amoureux

mercredi 21 juin 2017

Être psychanalyste, c'est savoir que toutes les histoires reviennent à parler d'amour. La plainte que me confient ceux qui balbutient à côté de moi a toujours pour cause un manque d'amour présent ou passé, réel ou imaginaire. Je ne peux l'entendre que si je me place moi-même en ce point d'infini, douleur ou ravissement. C'est avec ma défaillance que l'autre compose le sens de son aventure.
Philosophie, religion, poésie, roman ? Histoires d'amour. De Platon à saint Thomas, de Roméo et Juliette à Don Juan, des troubadours à Stendhal, de la Madone à Baudelaire ou Bataille. Les grandes élaborations symboliques ne disent pourtant rien d'autre que ce qui s'écoute dans l'ombre, chaque jour. Être psychiquement en vie signifie que vous êtes amoureux, en analyse, ou bien en proie à la littérature. Comme si toute l'histoire humaine n'était qu'un immense et permanent transfert.

Julia Kristeva, Histoires d'amour

mardi 20 juin 2017

La théorie des pulsions est pour ainsi dire notre mythologie. Les pulsions sont des êtres mythiques, grandioses dans leur indétermination.

Sigmund Freud, Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse

lundi 19 juin 2017

L'excès de honte [...] renvoie au refus de toute honte : au refus de ce qui suscite nos hontes premières, après coup. Honte de devoir la vie à la copulation d'un homme et d'une femme : honte d'être né inter faeces et urinas ; honte d'avoir été bercé, caressé, nourri, changé et d'avoir aimé cela ; honte d'accepter, sous la menace de castration, les compromis œdipiens ; honte des transactions subtiles entre les besoins du corps et de ses zones érogènes et la purification de l'idéal.

Jean-Luc Donnet, Lord Jim ou la honte de vivre

vendredi 16 juin 2017

Tout ce qui est or ne brille pas ; tout ceux qui errent ne sont pas perdus ; le vieux qui est fort ne dépérit point ; les racines profondes ne sont pas atteintes par le gel.

J. R. R. Tolkien

jeudi 15 juin 2017

Or, à la faveur du transfert, le névrotique reproduit et ranime avec beau­coup d’habileté toutes ces circonstances indésirées et toutes ces situations affectives douloureuses. Le malade s’efforce ainsi d’interrompre le traitement inachevé, de se mettre dans une situation qui ranime en lui le sentiment d’être, comme jadis, dédaigné de tout le monde, de s’attirer de la part du médecin des paroles dures et une attitude froide, de trouver des prétextes de jalousie ; il remplace l’ardent désir d’avoir un enfant, qu’il avait autrefois, par des projets ou des promesses d’importants cadeaux, le plus souvent aussi peu réels que l’objet de son désir de jadis. Cette situation que le malade cherche à reproduire dans le transfert, n’avait rien d’agréable autrefois, alors qu’il s’y est trouvé pour la première fois. Mais, dira-t-on, elle doit être moins désagréable aujourd’hui, en tant qu’objet de souvenirs ou de rêves, qu’elle ne le fut jadis, alors qu’elle imprima à la vie du sujet une orientation nouvelle. Il s’agit naturellement de l’action de penchants et d’instincts dont le sujet s’attendait, à l’époque où il subissait cette action, à retirer du plaisir ; mais bien qu’il sache par expérience que cette attente a été trompée, il se comporte comme quelqu’un qui n’a pas su profiter des leçons du passé : il tend à reproduire cette situation quand même, et malgré tout, il y est poussé par une force obsédante.

Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir

mercredi 14 juin 2017

L’épanouissement précoce de la vie sexuelle infantile devait avoir une très courte durée, en raison de l’incompatibilité des désirs qu’il comportait avec la réalité et avec le degré de développement insuffisant que présente la vie infantile. Cette crise s’est accomplie dans les circonstances les plus pénibles et était accompagnée de sensations des plus douloureuses. L’amour manqué, les échecs amoureux ont infligé une mortification profonde au sentiment de di­gnité, ont laissé au sujet une sorte de cicatrice narcissique et constituent, d’après mes propres observations et celles de Marcinowski, une des causes les plus puissantes du « sentiment d’infériorité », si fréquent chez les névro­tiques. L’exploration sexuelle, à laquelle le développement corporel de l’en­fant a mis un terme, ne lui a apporté aucune conclusion satisfaisante ; d’où ses doléances ultérieures : « Je suis incapable d’aboutir à quoi que ce soit, rien ne me réussit. » L’attachement, tout de tendresse, qui le liait le plus souvent au parent du sexe opposé au sien, n’a pas pu résister à la déception, à la vaine attente de satisfaction, à la jalousie causée par la naissance d’un nouvel enfant, cette naissance étant une preuve évidente de l’infidélité de l’aimé ou de l’aimée ; sa propre tentative, tragiquement sérieuse, de donner lui-même nais­sance à un enfant a échoué piteusement ; la diminution de la tendresse dont il jouissait autrefois, les exigences croissantes de l’éducation, les paroles sérieu­ses qu’il se voyait adresser et les punitions qu’on lui faisait subir à l’occasion ont fini par lui révéler toute l’étendue du dédain qui était désormais son lot. Cet amour typique de l’époque infantile se termine selon un certain nombre de modalités qui reviennent régulièrement.

Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir

mardi 13 juin 2017

On semble demander à la psychologie non pas des progrès dans le savoir mais on ne sait quelle autre satisfaction : on lui fait un reproche de chaque problème non résolu, de chaque incertitude reconnue.

Sigmund Freud, Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse

vendredi 9 juin 2017

J’aurais aimé pouvoir dire que je n’oriente pas les patients, mais ce n’est pas vrai. Un analyste commet une grande erreur en imaginant le contraire. Théoriquement, vous laissez aux patients suffisamment d’espace pour qu’ils racontent tout ce qu’ils veulent. Or, à vrai dire, votre simple présence déforme l’essentiel de la situation. Ils n’ont qu’à vous jeter un coup d’œil pour décider s’ils sont prêts à vous parler, ou s’ils ne le feront jamais, quelles que soient les circonstances.

Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion

jeudi 8 juin 2017

Au cours d'un colloque où il était déjà question de contre-transfert, à la formule alors réitérée : "le contre-transfert, c'est quand nous sommes touchés au vif" (formule dont il n'est pas indifférent qu'elle soit construite sur le modèle du "parapluie, c'est quand il pleut"), je m'entendais répondre : "Pas du tout, c'est quand nous sommes touchés au mort."

J.-B. Pontalis, Le vif et le mort entrelacés

mercredi 7 juin 2017

L'exploration de l'angoisse reste la vraie tâche de l'analyse.

Georges Favez, Etre psychanalyste

mardi 6 juin 2017

L'angoisse peut encore se dire, se monnayer en formation de symptôme, se moduler en représentations et fantasmes, ou se décharger dans l'agir. Il arrive qu'elle soit contagieuse ; la douleur, elle, n'est qu'à soi.

J.-B. Pontalis, Entre le rêve et la douleur

vendredi 2 juin 2017

La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de songer à nous, et qui nous fait perdre insensiblement. Sans cela nous serions dans l’ennui, et cet ennui nous pousserait à chercher un moyen plus solide d’en sortir, mais le divertissement nous amuse et nous fait arriver insensiblement à la mort.

Blaise Pascal, Pensées

jeudi 1 juin 2017

Pour environ trois séances, l'ensemble de la psychanalyse est très utile - puisque vous ne savez absolument rien de plus, c'est tout ce sur quoi vous pouvez compter de toute façon. Seulement, ce n'est utile que parce que cela doit vous permettre de dire quelque chose d'adéquat à la personne en question, en attendant de savoir avec qui vous êtes en train de parler.

Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion

mercredi 31 mai 2017

Plus on avançait cependant dans cette voie, plus on se rendait compte de l'impossibilité d'atteindre pleinement le but qu'on poursuivait et qui consistait à amener à la conscience l'inconscient. Le malade ne peut pas se souvenir de tout ce qui est refoulé ; le plus souvent, c'est l'essentiel même qui lui échappe, de sorte qu'il est impossible de le convaincre de l'exactitude de la construction qu'on lui présente. Il est obligé, pour acquérir cette conviction, de revivre dans le présent les événements refoulés, et non de s'en souvenir, ainsi que le veut le médecin, comme faisant partie du passé. Ces événements revécus, reproduits avec une fidélité souvent indésirée, se rapportent toujours en partie à la vie sexuelle infantile, et notamment au complexe d’Oedipe et aux faits qui s'y rattachent, et se déroulent toujours dans le domaine du transfert, c'est-à-dire des rapports avec le médecin. Quand on a pu pousser le traitement jusqu'à ce point, on peut dire que la névrose antérieure a fait place à une nouvelle névro­se, à une névrose de transfert. Le médecin s'était efforcé de limiter autant que possible le domaine de cette névrose de transfert, de transformer le plus d'élé­ments possible en simples souvenirs et d'en laisser le moins possible devenir des objets de reproduction, d'être revécus dans le présent. Le rapport qui s'établit ainsi entre la reproduction et le souvenir varie d'un cas à l'autre. D'une façon générale, le médecin ne peut pas épargner au malade cette phase du traitement ; il est obligé de le laisser revivre une partie de sa vie oubliée et doit seulement veiller à ce que le malade conserve un certain degré de sereine supériorité qui lui permette de constater, malgré tout, que la réalité de ce qu'il revit et reproduit n'est qu'apparente et ne fait que refléter un passé oublié. Lorsqu'on réussit dans cette tâche, on finit par obtenir la conviction du malade et le succès thérapeutique dont cette conviction est la première condition.

Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir

mardi 30 mai 2017

C'est ainsi que j'ai appris que dans tout fantasme ou pratique masochiste, il y a toujours un noyau de douleur psychique qui a été vécu et perdu.

Masud R. Khan, Du masochisme à la douleur psychique

lundi 29 mai 2017

La meilleure façon de comprendre la psychanalyse est encore de s'attacher à sa genèse et à son développement.

Sigmund Freud, "Psychanalyse" et "Théorie de la libido"

vendredi 26 mai 2017

On ne sait jamais ce que notre malchance nous a épargné de pire.

Cornac McCarthy

mercredi 24 mai 2017

Partager est parfois plus exigeant que donner.

Gregory Bateson

mardi 23 mai 2017

Le mouvement de la cure fait découvrir par quels détours la souffrance est produite, induite, inconsciemment recherchée par le sujet lui-même afin d'obtenir une prime de plaisir en un autre lien intrapsychique. La seconde topique en particulier autorise en ce sens une série d'échanges complexes dont le plus simple s'énonce ainsi : plaisir pour un système (le surmoi par exemple), déplaisir pour un autre (le moi par exemple).

J.-B. Pontalis, Sur la douleur (psychique)

lundi 22 mai 2017

Depuis que la cigarette n'est plus mortelle, je n'ai plus envie de fumer.

Parole rapportée du film "La conquête de la planète des singes", 1972. Scénario de Paul Dehn

vendredi 19 mai 2017

Un rien qui bouge et tout est changé.

Christian David, Nouvelle revue de psychanalyse n° 30

jeudi 18 mai 2017

La relation entre deux personnes est une affaire à double sens, et, pour autant qu'on se soucie d'en rendre compte, le problème n'est pas de discourir sur l'analyste et sur l'analysant, mais de se référer à quelque chose qui se trouve entre ces deux personnes.

Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion

mercredi 17 mai 2017

La douleur psychique va de pair avec l'absence de représentations et dans les "transferts douloureux" on voit la douleur psychique supplanter les autres affects.

Litza Guttieres-Green, Problématique du transfert douloureux

mardi 16 mai 2017

Credo ut intelligam.

Je crois pour comprendre.

Saint Augustin

lundi 15 mai 2017

Penser qu'au sein d'un même dispositif tous les aspects de la vie psychique peuvent être abordés relève de l'utopie ou de l'idéologie, et donc d'une méconnaissance des limites inévitables de tout dispositif.

René Roussillon, Sur l'opposition psychothérapie/psychanalyse

vendredi 12 mai 2017

L'enfant fait des expériences vécues de douleur qui sont indépendantes des expériences vécues de besoin.

Sigmund Freud, Inhibition, symptôme et angoisse

jeudi 11 mai 2017

Freud, c'est aussi bien le didactisme de l'Abrégé que le fragment poétique du "Trouble de mémoire sur l'Acropole", la Phantasie spéculative et sans frein d'Au-delà du principe de plaisir que la sagesse empreinte de renoncement du Malaise dans la culture ; Freud, c'est aussi bien celui qui décortique inlassablement ce petit rien qu'est un trait d'esprit (comme s'il se souvenait des années passées l'œil rivé au microscope des laboratoires d'anatomie et de physiologie nerveuses) que l'homme déjà âgé qui tombe littéralement en arrêt, saisi, devant le Moïse de Saint-Pierre-aux-Liens.

J.-B. Pontalis, La force d'attraction

mercredi 10 mai 2017

Celui qui tente d’apprendre dans les livres le noble jeu des échecs ne tarde pas à découvrir que seules les manœuvres du début et de la fin permettent de ce jeu une description schématique complète, tandis que son immense complexité, dès après le début de la partie, s’oppose à toute description.

Sigmund Freud, Le début du traitement

mardi 9 mai 2017

Dans le détail, dans l'infime, dans le pas à pas des restes, la parole, quand rien ne la commande que sa poussée propre, reconduit à l'objet perdu pour s'en détacher.

J.-B. Pontalis, Perdre de vue

jeudi 4 mai 2017

Le moi est avant tout corporel, il n'est pas seulement un être de surface, mais lui-même la projection d'une surface.

Sigmund Freud, Le moi et le ça

mercredi 3 mai 2017

Est-ce si atroce qu'on le prétend d'être expulsé du ventre maternel pour venir au monde ? J'aimerais ne jamais cesser de venir au monde.

J.-B. Pontalis, L'enfant des limbes

mardi 2 mai 2017

[...] la haine précède l'amour mais sans doute, n'y a-t-il d'amour que parce qu'il y a haine, aux origines mêmes du sujet.

Roger Dorey, L'amour au travers de la haine, Nouvelle revue de psychanalyse n° 33

mercredi 26 avril 2017

Un moment de patience dans un moment de colère empêche mille moments de regrets.

Ali Ibn Abi Talib

mardi 25 avril 2017

Tout homme devrait chercher à savoir avant qu’il ne meure ce qu’il cherche à éviter, ce qu’il recherche, et pourquoi.

James Thurber

lundi 24 avril 2017

L’intelligence devrait être de savoir quand penser et agir rapidement, et quand penser et agir lentement.

Robert Sternberg

vendredi 21 avril 2017

On ne peut s'empêcher d'avoir l'impression que les êtres humains ont communément de mauvais critères de jugement : ils rêvent de puissance, de richesse et de réussite et admirent celles des autres, mais ils sous-estiment les vraies valeurs de la vie.

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation

jeudi 20 avril 2017

Freud avait assurément le sens du tragique (bien différent du "pessimisme" qu'on lui prête).

J.-B. Pontalis, La force d'attraction

mercredi 19 avril 2017

Dans de nombreuses analyses, les choses se déroulent de telle manière que, lorsqu'on s'approche de la fin, on voit soudain apparaître un nouveau matériau mnésique qui avait jusqu'alors été tenu soigneusement caché.

Sigmund Freud, L'homme aux loups

mardi 18 avril 2017

A quoi cela sert-il de répéter le trauma à la lettre et avec la même déception vis-à-vis du monde entier et de toute l'humanité ?

Sándor Ferenczi, Journal clinique

vendredi 14 avril 2017

Car c'est bien là que réside le paradoxe du transfert : l'analyste est à la fois le transitaire et le destinataire.

J.-B. Pontalis, La force d'attraction

jeudi 13 avril 2017

Il est deux êtres en chaque homme ; l'un est éveillé dans l'obscurité, l'autre est endormi dans la lumière.

Khalil Gibran, Le sable et l'écume

mercredi 12 avril 2017

Ceux qui ont du mal à s'endormir (trouble banal, bien qu'irritant que nous connaissons tous), prennent d'habitude des mesures essentiellement semblables et aussi stériles, pour résoudre leur difficulté. L'erreur la plus répandue chez les insomniaques consiste à se forcer à dormir par un acte de volonté — pour découvrir en fin de compte qu'ils restent complètement éveillés. De par sa nature, le sommeil est un phénomène qui survient spontanément, mais ne peut plus être spontané quand il est voulu. Pourtant, c'est ce que fait l'insomniaque dont le désespoir s'accroît avec le tic tac du réveil, et le « traitement » qu'il s'inflige en arrive à devenir sa maladie. Pour lui, « plus de la même chose » peut signifier changer de régime alimentaire, se coucher plus tôt ou plus tard, prendre des somnifères qui créeront une accoutumance : chacune de ces mesures, loin de résoudre son problème, l'exaspère.

Paul Watzlawick, John Weakland et Richard Fisch, Changements : paradoxes et psychothérapie

mardi 11 avril 2017

J'affirme que l'influence de l'enfance se fait déjà sentir dans la situation initiale de la formation des névroses, en contribuant de manière décisive au fait de savoir si et en quel endroit l'individu ne parvient pas à maîtriser les problèmes réels de la vie.

Sigmund Freud, L'homme aux loups

lundi 10 avril 2017

Oui, même le grand amour vacille, on en oublie le prix du beurre car l'âme se resserre, toute entière au trou étroit de la molaire.

Wilhelm Busch

vendredi 7 avril 2017

Aussi audacieux soit-il d’explorer l’inconnu, il l’est plus encore de remettre le connu en question.

Walter Kasper

jeudi 6 avril 2017

C'était cette période de la vie où l'on veut être comme tout le monde, même si l'on commence à comprendre que ce « tout le monde » n'existe pas et n'a jamais existé.

Jim Harrison, Dalva

mercredi 5 avril 2017

On ne s'étonne pas assez du phénomène du transfert.

Sigmund Freud

mardi 4 avril 2017

Quand Freud écrit que l'amour de transfert ne peut pas être différencié d'un « véritable » amour, il reconnaît du même coup que tout amour est un amour de transfert, non parce qu'il ne ferait qu'en répéter un autre, infantile, mais parce qu'il crée son objet, qu'il l'invente dans le double sens du mot invention : fiction et trouvaille.

J.-B. Pontalis, En marge des jours

lundi 3 avril 2017

La résistance est le cerne de la vérité.

Jean-Luc Donnet, Le divan bien tempéré

vendredi 31 mars 2017

Ne me parle pas de la mer, plonge. Ne me parle pas de la montagne, gravis. Ne me parle pas de ce livre, lis, avance plus loin encore ta tête dans l’abîme où ton âme se perd.

Pascal Quignard, La critique du jugement

jeudi 30 mars 2017

Il est ahurissant de voir la facilité avec laquelle s'écroule la dignité de certains êtres. A la réflexion, cela est normal puisque la dignité en question n'est maintenue chez eux que par d'incessants efforts contre leur nature.

Albert Camus, Carnets I (1935-1942)

mercredi 29 mars 2017

Dans le rêve et dans la névrose, nous retrouvons l'enfant avec les singularités de son mode de pensée et de sa vie affective.

Sigmund Freud, Le président Schreber

mardi 28 mars 2017

Le noyau de ce que nous appelons amour est formé naturellement par ce qui est communément connu comme amour et qui est chanté par les poètes, c'est-à-dire par l'amour sexuel, dont le terme est constitué par l'union sexuelle. Mais nous n'en séparons pas toutes les autres variétés d'amour, telles que l'amour de soi-même, l'amour qu'on éprouve pour les parents et les enfants, l'amitié, l'amour des hommes en général, pas plus que nous n'en séparons l'attachement à des objets concrets et à des idées abstraites. Pour justifier l'extension que nous faisons ainsi subir au terme « amour », nous pouvons citer les résultats que nous a révélés la recherche psychanalytique, à savoir que toutes ces variétés d'amour sont autant d'expressions d'un seul et même en­sem­ble de tendances, lesquelles, dans certains cas, invitent à l'union sexuelle, tandis que dans d'autres elles détournent de ce but ou en empêchent la réalisation, tout en conservant suffisamment de traits caractéristiques de leur nature, pour qu'on ne puisse pas se tromper sur leur identité (sacrifice de soi-même, recherche de contact intime).

Nous pensons qu'en assignant au mot « amour » une telle multiplicité de significations, le langage a opéré une synthèse pleinement justifiée et que nous ne saurions mieux faire que de mettre cette synthèse à la base de nos con­si­dérations et explications scientifiques.

Sigmund Freud, Psychologie collective et analyse du moi

lundi 27 mars 2017

Sapere aude !

Traduction : Ose savoir !

Horace, Épitres, I, 2, 40

vendredi 24 mars 2017

Strachey avait clairement à l’esprit, après sa rencontre avec Freud, que le processus qui se développe chez le patient et ce qui en transpire ne peut être exprimé, mais qu’on peut quand même s’en servir.

Donald W. Winnicott, Hommage à James Strachey

jeudi 23 mars 2017

Nom'inqwando yes qxag iqwahasa.

Traduction : Quand on a l'esprit violent, on l'a aussi confus.

Proverbe zoulou

mercredi 22 mars 2017

Dans les pages qui vont suivre j’apporterai la preuve qu’il existe une technique psychologique permettant d’interpréter des rêves et qu’avec l’application de ce procédé toute espèce de rêve se révèle être une création psychique chargée de sens qui doit être rangée à un endroit localisable dans le fonctionnement psychique actif de l’état de veille. J’essaierai en outre d’expliquer clairement les processus à l’origine du caractère étrange et inconnaissable du rêve, puis d’en tirer une conclusion rétrospective sur la nature des forces psychiques dont la coopération ou l’action antagonique provoque le rêve. Une fois parvenu à ce terme, mon exposé s’interrompra, dès lors qu’il aura atteint le point où le problème de l’activité onirique débouche dans des problèmes plus globaux, dont la solution doit par force être abordée sur la base d’un autre matériau.

Sigmund Freud, L'interprétation du rêve

mardi 21 mars 2017

Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas voir de journal, ne pas entendre de radio, ne pas écouter de commérage, s'abandonner absolument, complétement à la paresse, être absolument, complètement indifférent au sort du monde, c'est la plus belle médecine qu'on puisse s'administrer.

Henry Miller, Le Colosse de Maroussi

lundi 20 mars 2017

En assignant un nom à certains phénomènes, surtout à ceux qui contrarient nos attentes, nous croyons les éclairer et commencer par là à nous en rendre maîtres. La dénomination devient vite un mot de passe qui rassure et dispense de toute interrogation. Il arrive que le mot écrase le sens.

J.-B. Pontalis, Perdre de vue

jeudi 16 mars 2017

Qui veut faire quelque chose trouve un moyen ; qui ne veut rien faire trouve une excuse.

Proverbe arabe

mercredi 15 mars 2017

Puisque le besoin de suçoter chez le nourrisson tend à engendrer du plaisir, il peut et il doit être dit sexuel.

Sigmund Freud, Abrégé de psychanalyse

mardi 14 mars 2017

Un patient de Hanna Segal à qui elle avait donné une interprétation œdipienne lui avait répliqué à peu près : "Je ne suis pas venu chez vous pour entendre des interprétations pareilles." Le choix de l'analyste est ainsi souvent une claire manifestation chez le patient de sa phobie de la cure. Choisir tel analyste de telle école peut même être une façon très sûre d'éviter complètement l'analyse. Lors de tout entretien préliminaire, nous devrions ainsi nous interroger : quelle peur veut-il conjurer, qu'est-il venu éviter en s'adressant à moi ? Et, de mon côté, quelle gêne suscite en moi ce patient ? De quelle peur potentielle cette gêne pourrait-elle l'indice ? À quel instant de cet entretien ai-je été tenté de l'interrompre ou d'orienter autrement l'entretien afin d'éviter ce qu'il allait me dire ? Et pourquoi avoir imaginé un instant orienter ce patient vers un collègue alors que j'ai du temps ?

Paul Denis, Rives et dérives du contre-transfert

lundi 13 mars 2017

Aimer, inventer, admirer, voilà ma vie.

Alfred de Vigny

vendredi 10 mars 2017

L'échec est seulement l’opportunité de recommencer d’une façon plus intelligente.

Henry Ford

jeudi 9 mars 2017

L'otium est un terme latin qui recouvre une variété de formes et de significations dans le champ du temps libre. C'est le temps durant lequel une personne profite du repos pour s'adonner à la méditation, au loisir studieux. C'est aussi le temps de la retraite à l'issue d'une carrière publique ou privée, par opposition à la vie active, à la vie publique. C'est un temps, sporadique ou prolongé, de loisir personnel aux implications intellectuelles, vertueuses ou immorales avec l'idée d'éloignement du quotidien, des affaires (negotium), et d'engagement dans des activités valorisant le développement artistique ou intellectuel (éloquence, écriture, philosophie). L'otium revêt une valeur particulière pour les hommes d'affaires, les diplomates, les philosophes ou les poètes.

Sénèque loue les mérites de l'otium et le considère comme la caractéristique de l’homme vraiment libre, mais en ajoutant qu’il est bon de le consacrer à un rôle social ou politique dans la cité.

wikipedia.fr

mercredi 8 mars 2017

C'est par la porte qu'on sort. Pourquoi personne ne veut-il utiliser cette sortie ?

Confucius

mardi 7 mars 2017

Une chose n'est pas ce que vous dites qu'elle est... Elle est bien plus. C'est un ensemble au sens le plus large. Une chaise n'est pas une chaise. C'est une structure d'une complexité inconcevable, atomiquement, électroniquement, etc. Par suite, la penser comme une simple chaise constitue ce que Korzybski appelle une identification. C'est la totalité de ces identifications qui produit le névrosé, le non-sain et l'insensé.

Anonyme cité par A. E. Van Vogt, le cycle du Ā

lundi 6 mars 2017

Que sais-je ?

Montaigne, Les Essais, II

vendredi 3 mars 2017

"L'idée de progrès" a pour anagramme "le degré d'espoir".

Etienne Klein

jeudi 2 mars 2017

Le sentiment d’estime de soi nous apparaît d’abord comme expérience de la grandeur du moi sans qu’entrent en considération les éléments dont cette grandeur se compose.

Sigmund Freud, Pour introduire le narcissisme

mercredi 1 mars 2017

La «  delectatio morosa »

Le rapport étroit qui lie le plaisir au désir a fait s'ouvrir, dans le champ de la philosophie morale, une problématique que les théologiens chrétiens ont désignée, dès la seconde moitié du XIIe siècle, par l'expression de delectatio morosa. Or, cette expression, quand on la traduit en français par « délectation morose », conduit à une sorte de contresens. Car l'épithète morosa dont il est question ici désigne non une complaisance dans une quelconque pensée attristante, mais le plaisir que l' imagination savoure délicieusement tandis qu'elle s'attarde (moratur en latin) dans le désir d'un objet qui demeure absent, parce qu'inaccessible ou interdit.

Or, la conception d'une telle delectatio inhérente au désir même représente un tournant important par rapport à celle que se faisait de ce dernier l'Antiquité grecque. Pour Platon, en particulier, les appétits du corps et de la sensualité sont irrémédiablement insatiables, qu'il s'agisse - selon la triade mentionnée dans La République (580e) et appelée à devenir traditionnelle - de la nourriture, de la boisson ou des voluptés érotiques, à quoi il faut ajouter l'argent comme moyen de se procurer de tels plaisirs. Par rapport à chacun de ces objets, l'âme désirante, semblable à la jarre percée des Danaïdes, voit indéfiniment s'échapper ce qu'elle vient d'atteindre : plus elle cherche à se remplir, plus elle se vide. Le désir, hormis chez celui qui se donne pour objet la sagesse, est donc condamné à renaître toujours dans l'insatisfaction et l'insatiabilité.

Or, s'appuyant sur la parole évangélique selon laquelle « quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis dans son cœur l'adultère avec elle » (Matthieu, V, 28), les auteurs chrétiens problématisent de manière toute différente ce rapport entre le plaisir et le désir. Ils s'attachent à considérer - et à dénoncer, puisqu'il s'agit, à leurs yeux, de convoitises interdites - moins l'insatiabilité de ce dernier que la présence en lui du plaisir même, comme si la simple représentation imaginaire de l'objet désiré procurait une jouissance analogue à celle de la possession effective. C'est dans le cadre d'un débat sur le degré de culpabilité qui pourrait grever le mouvement spontané de la sensualité (primus motus sensualis) avant le consentement explicite de la volonté que les moralistes développent à ce sujet, au Moyen Âge surtout, le topos de la delectatio morosa, c'est-à-dire une véritable psychologie du plaisir qu'apporterait le fait de savourer avec complaisance la représentation imaginaire d'un acte prohibé.

Mais, comme on l'a dit, cette expression de delectatio morosa, qui, par elle-même, n'évoquait l'idée assombrissante de culpabilité que pour la morale chrétienne (qui plus tard taxera cette attitude psychique de «  péché par pensée »), pose un problème de traduction dans les langues où l'épithète “ morose ” (comme en français et en anglais) sert généralement à qualifier un état morbide, empreint de tristesse ou de rumination chagrine. Le latin morosus, en effet, a une double étymologie : dans un cas, écrit avec la première syllabe longue, il dérive de mos, moris (« trait de caractère », avec la nuance péjorative d'humeur difficile, sombre et acrimonieuse); dans l'autre, avec la première syllabe brève, il vient du verbe moror, -aris (s'attarder) et du substantif mora (retard, arrêt, pause). Comme le français (sauf dans l'actuel vocable moratoire) et l'anglais n'ont retenu que le sens correspondant à la première étymologie, il leur est très difficile de comprendre l'épithète médiévale morosa qui se réfère au second sens et qui qualifie la jouissance que, dans son propre cœur, on peut tirer du désir lui-même. En revanche, pour l'italien, où morosità veut dire « retard [en particulier, dans l'acquittement d'une dette ou d'une obligation] » et où l'on traduit la « morosité » française ou anglaise par malinconia ou tristezza, et pour l'espagnol, où morosidad signifie également « retard » et moroso « paresseux » (« morose » pouvant alors se traduire par taciturno), le sens véritable de la delectatio morosa scolastique est plus facilement accessible, à savoir celui d'une complaisance que l'âme prend à entretenir à longueur de temps le fantasme de l'objet désiré.

Charles Baladier, Le Robert

mardi 28 février 2017

L'amour le plus exclusif pour une personne est toujours l'amour d'autre chose.

Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs

lundi 27 février 2017

Hier, c’est de l’histoire, demain est un mystère, aujourd’hui est un cadeau de Dieu, et c’est pourquoi nous l’appelons le présent.

Bil Keane

vendredi 24 février 2017

Le temps est trop lent pour ceux qui attendent, trop rapide pour ceux qui craignent, trop long pour ceux qui pleurent, trop court pour ceux qui se réjouissent, mais pour ceux qui aiment, le temps est éternel.

Henry Van Dyke

jeudi 23 février 2017

Le non-agir (wu wei) taoïste signifie la conquête d'une liberté autre que celle qui se définit comme «libre arbitre». Un étudiant en médecine hésite entre deux spécialités: rhumatologie ou dermatologie. Il examine le pour et le contre dans l'un et l'autre cas. Au reste, c'est lui-même qui décide d'accorder du poids à tel argument plutôt qu'à tel autre. Enfin, il «tranche» et choisit. Il a fait usage de son libre arbitre. Mais le choix n'est pas création. Les deux spécialités médicales lui sont proposées par la société. Si elles existent, il n'y est pour rien.

Or il existe une autre forme d'activité et de liberté que celles impliquées par l'action, laquelle suppose le désir et la volonté d'obtenir un résultat pensé à l'avance. C'est une activité et une liberté où l'on ne choisit pas entre des possibles déjà là, mais où l'on invente les possibilités elles-mêmes. C'est la liberté de l'artiste, du poète, du philosophe créateur. Avant que Rimbaud ne l'ait engendré, le Bateau ivre était absolument inanticipable. Or, dans cette œuvre, le poète s'est exprimé dans son essence la plus intime, la plus irréductiblement personnelle, la moins socialisée, son tao. Plus exactement, il a laissé s'exprimer en lui la spontanéité du tao (ziran: le «spontané»). Pour cela, il a dû laisser de côté la société, ou l'écarter, tout comme un rebelle, pour donner libre cours en lui à l'élan créateur, à l'inventivité essentielle. Le taoïsme ne supprime pas le libre arbitre ; il le laisse à la masse des gens ordinaires, à ceux qui ont besoin que la société leur propose des voies, qui ne savent pas trouver par eux-mêmes la Voie (Tao), qui donc ne sont pas capables d'épouser le mouvement créateur de la Vie, et de se faire eux-mêmes créateurs.

Marcel Conche, Libérer la spontanéité du tao

mercredi 22 février 2017

La psychanalyse n'a jamais eu la prétention de donner une théorie complète de la vie psychique de l'homme en générale : elle demandait seulement qu'on utilisât ses données pour compléter et corriger celles qui avaient été acquises et obtenues par d'autres moyens.

Sigmund Freud, Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique

mardi 21 février 2017

Quand on prend quelque chose, on prend en même temps le bon et le mauvais.

Proverbe gallois

lundi 20 février 2017

Une des caractéristiques de Bion est de proposer sans jamais imposer aucun point de vue. Si vous êtes amenés à agir d'une façon différente de ce qu'il recommande, il conseille plutôt de continuer à faire selon vos habitudes, car vous en avez besoin. Il faut également être tolérant à l'idée qu'il y a dans l'analyse plus de suggestion que l'analyste n'en n'a conscience. Il s'agit en psychanalyse de décrire ce qui est pensé entre deux partenaires. Mais le patient est rusé. Il n'y a pas de patient, dit-il, qui ne se paye la tête de son analyste.

André Green, Discuter avec Bion. Présentation de "Quatre discussions avec Bion"

vendredi 17 février 2017

Le symbole donne à penser.

Paul Ricœur, Philosophie de la volonté

jeudi 16 février 2017

Chacun de nous fait de la métaphysique comme il respire.

Claudine Tiercelin, Les grands mystiques, HS Le Point n° 37

mercredi 15 février 2017

Lorsqu'un patient pose une question explicite, ce dont il parle juste après répond presque systématiquement à la question.

Christopher Bollas, Travail de l'inconscient, transformation de l'inconscient : créativités de l'inconscient. Bulletin de la Fédération Européenne de Psychanalyse n° 60, 2006

mardi 14 février 2017

Moi qui ne suis ni philosophe, ni psychologue, mais seulement Favez... Je parle comme un paysan qui rentre de ses champs.

Georges Favez, Psychanalyste où es-tu ?

lundi 13 février 2017

Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide.

Albert Einstein

vendredi 10 février 2017

L’amour, c’est quand on rencontre quelqu'un qui vous donne de vos nouvelles.

André Breton

jeudi 9 février 2017

J'accepte la grande aventure d'être moi.

Simone de Beauvoir, Cahiers de jeunesse (1926-1930)

mercredi 8 février 2017

Je ne suis pas assez naïf pour prétendre que mes conclusions sur ces difficiles questions soient définitives. J'ai souvent changé mes opinions et je les changerai aussi souvent que les faits l'exigeront, car, tel un caméléon, le chercheur sincère devrait changer ses couleurs pour s'adapter aux changements de couleurs du sol qu'il foule.

James George Frazer, Préface au 1er volume de Totemism and Exogamy

mardi 7 février 2017

Pour cette raison le drogué est aujourd'hui la figure symbolique employée pour définir les visages d'un anti-sujet. C'était le fou qui occupait autrefois cette place. Si la dépression est l'histoire d'un introuvable sujet, l'addiction est la nostalgie d'un sujet perdu.

Alain Ehrenberg, La fatigue d'être soi

lundi 6 février 2017

Les moments durs sont comme l’exercice physique. Tu peux ne pas aimer ça lorsque tu le fais, mais demain tu seras plus fort grâce à lui.

Anonyme

vendredi 3 février 2017

Qui craint de souffrir souffre déjà de ce qu’il craint.

Montaigne, Les Essais

jeudi 2 février 2017

Il n'y a pas de plus grande joie que de connaître quelqu'un qui voit le même monde que nous. C'est apprendre que l'on n'était pas fou.

Christian Bobin, La dame blanche

mercredi 1 février 2017

Il y a un moment où les mots s'usent. Et le silence commence à raconter.

Khalil Gibran

mardi 31 janvier 2017

En suivant le chemin qui s’appelle plus tard, nous arrivons sur la place qui s’appelle jamais.

Sénèque

lundi 30 janvier 2017

La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.

Albert Camus, L’Homme révolté

lundi 16 janvier 2017

L'homme est malheureux parce qu'il ne sait pas qu'il est heureux.

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski

vendredi 13 janvier 2017

C'est au cœur des ténèbres que l'homme voit le mieux les étoiles.

Ralph Waldo Emerson

jeudi 12 janvier 2017

L'ego dit : quand tout sera en place, je trouverai la paix.

L'âme dit : trouve la paix, et tout se mettra en place.

Anonyme

mercredi 11 janvier 2017

Les hommes et les femmes les plus désespérés que j'ai rencontrés dans ma vie de thérapeute étaient presque immanquablement des fils et des filles parentifiés par leur père ou par leur mère.

Guy Corneau, N'y a-t-il pas d'amour heureux ?

mardi 10 janvier 2017

Vint un temps où le risque de rester à l'étroit dans le bourgeon était plus douloureux que le risque d'éclore.

Anaïs Nin

lundi 9 janvier 2017

Je suis en thérapie pour apprendre à me comporter avec ceux qui devraient être en thérapie.

Anonyme

vendredi 23 décembre 2016

Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps.

Françoise Sagan

mardi 20 décembre 2016

Nous savons peu de choses, mais qu’il faille nous tenir au difficile, c’est là une certitude qui ne doit pas nous quitter. Il est bon d’être seul parce que la solitude est difficile. Qu’une chose soit difficile doit nous être une raison de plus de nous y tenir. Il est bon aussi d’aimer ; car l’amour est difficile. L’amour d’un être humain pour un autre, c’est peut-être l’épreuve la plus difficile pour chacun de nous, c’est le plus haut témoignage de nous-même.

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

lundi 19 décembre 2016

La vie n'est pas absurde ; elle est seulement difficile, très difficile.

Arthur Adamov

vendredi 16 décembre 2016

Je crois que lorsque les poètes se plaignent que deux âmes habitent l’homme et quand les vulgarisateurs de psychologie parlent du clivage du moi en l’homme, c’est ce dédoublement, ressortissant à la psychologie du moi, entre l’instance critique et le reste du moi qu’ils ont en tête, et non l’opposition mise à jour par la psychanalyse entre le moi et le refoulé inconscient. Il est vrai que cette distinction est estompée par le fait que parmi ce qui est rejeté par la critique venue du moi se trouvent en premier lieu les rejetons de l’inconscient.

Sigmund Freud, L'inquiétante étrangeté

jeudi 15 décembre 2016

Le message : ne vous épuisez pas à changer ce qui ne peut l’être ; apprenez à faire de votre mieux avec ce que vous contrôlez vraiment.

Dr Michael Bennet et Sarah Bennett, extrait de la présentation de F*ck l'estime de soi

mercredi 14 décembre 2016

Le mental vit dans un cercle vicieux. Il créé lui-même les problèmes et essaie ensuite de les résoudre.

Swami Prajnânpad

mardi 13 décembre 2016

Il n'y a pas d'espoir sans crainte, ni de crainte sans espoir.

Baruch Spinoza, Ethique

lundi 12 décembre 2016

Travaillons donc à bien penser.

Blaise Pascal, Pensées

vendredi 9 décembre 2016

L’instinct de mort n’est que le désir de vivre renversé en son contraire, une forme creuse transformée en forme pleine, fascinant l’imaginaire à cause de la souffrance et de l’ambivalence du désir engagé dans les frustrations de la réalité.

Jean Guillaumin, Entre blessure et cicatrice, le destin du négatif dans la psychanalyse

jeudi 8 décembre 2016

La suspension de la réalité - comme au théâtre - est dans bien des cas une condition nécessaire à la formation de la fantaisie."

Sigmund Freud, Minutes de la société viennoise, 23 janvier 1907

mercredi 7 décembre 2016

Les mots faisaient primitivement partie de la magie, et de nos jours encore le mot garde beaucoup de sa puissance de jadis. Avec des mots un homme peut rendre son semblable heureux ou le pousser au désespoir, et c'est à l'aide de mots que le maître transmet son savoir à ses élèves, qu'un orateur entraîne ses auditeurs et détermine leurs jugements et décisions. Les mots provoquent des émotions et constituent pour les hommes le moyen général de s'influencer réciproquement.

Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse

mardi 6 décembre 2016

Quand vous courez le risque à un moment d'être vrai, vous permettez aux autres de l'être.

Alexandre Jardin

lundi 5 décembre 2016

La conscience règne et ne gouverne pas.

Paul Valéry, Mauvaises pensées et autres

vendredi 2 décembre 2016

L'analyse est peut-être, avec l'amour, la seule expérience qui vous emporte "hors de soi".

J.-B. Pontalis, Fenêtres

jeudi 1 décembre 2016

C'est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source.

Jean Jaurès

mercredi 30 novembre 2016

[...] le refoulement est toute la psychanalyse.

Claude Le Guen, Le refoulement

mardi 29 novembre 2016

Il existe une analogie évidente entre la psychanalyse et la littérature. Nous y voyons à l’œuvre, sans doute par des voies différentes, […] le même postulat : être, pour la première fois, entendu, reconnu, […], et dans le même mouvement, craindre d’être absorbé par la pensée et par le langage.

J.-B. Pontalis, Perdre de vue

lundi 28 novembre 2016

J'utilise le terme "traitement" parce que je ne crois pas que l'activité du médecin s'étende au-delà du traitement. Il ne s'occupe pas de la guérison, c'est le "ça" qui le fait.

Georg Groddeck, La Maladie, l'Art et le Symbole

vendredi 25 novembre 2016

Le concept est formé de l'oubli de ce qui différencie un objet d'un autre.

Friedrich Nietzsche

jeudi 24 novembre 2016

La suspension, devenue nécessaire, de la décharge motrice est assurée par le processus de pensée qui se forme à partir de l'activité de représentation.

Sigmund Freud, Formulations sur les deux principes du cours des événements psychiques

mercredi 23 novembre 2016

Il ne serait pas étonnant que nous venions à découvrir une instance psychique particulière qui remplisse la mission consistant à veiller sur la garantie de la satisfaction narcissique à partir de l'idéal du moi, et qui, dans cette intention, observe sans interruption le moi actuel et le mesure à l'aune de l'idéal.

Sigmund Freud, Pour introduire le narcissisme

mardi 22 novembre 2016

Vivre est la chose la plus rare du monde, la plupart des gens se contentent d'exister.

Oscar Wilde, L'âme humaine sous le régime socialiste

lundi 21 novembre 2016

Nos défauts sont les yeux par lesquels nous voyons l'idéal.

Friedrich Nietzsche, Le voyageur et son ombre

vendredi 18 novembre 2016

Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d’un pas ferme.

Saint Augustin

jeudi 17 novembre 2016

Résumons-nous : absence de contradiction, processus primaire (mobilité des investissements), intemporalité et substitution à la réalité extérieure de la réalité psychique, tels sont les caractères que nous devons nous attendre à trouver aux processus appartenant au système Ics.

Sigmund Freud, L'inconscient

mercredi 16 novembre 2016

Tous les hommes pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne alors qu’il réside dans la façon de la gravir.

Confucius

mardi 15 novembre 2016

L'idéal des hommes serait de dormir sans rêver ; celui des femmes, de rêver sans dormir.

Didier Anzieu, Mon A.B.C.daire

lundi 14 novembre 2016

Le bonheur est parfois caché dans l'inconnu.

Victor Hugo, Margarita

vendredi 11 novembre 2016

La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer.

Antoine de Saint-Exupéry

jeudi 10 novembre 2016

La vérité existe. On n’invente que le mensonge.

Georges Braque, Le jour et la nuit

mercredi 9 novembre 2016

L'optimiste est un imbécile heureux, le pessimiste est un imbécile malheureux.

Georges Bernanos, Les grands cimetières sous la lune

mardi 8 novembre 2016

Le déploiement de l'identification projective se révèle particulièrement dommageable pour la pensée, quelle qu'elle soit, qui est tournée vers les impressions d'objet.

Wilfred R. Bion, Réflexion faite

lundi 7 novembre 2016

Rendez les choses aussi simples que possible, mais pas plus simples.

Albert Einstein

vendredi 4 novembre 2016

Les patients dont la personnalité se présente sous forme d'archipels ou les états limites polytraumatisés ne se présentent pas comme porteurs d'un symptôme ou présentant une séquelle traumatique, ils se sont identifiés au traumatisme, ils sont le traumatisme.

Michel Neyraut, Les raisons de l'irrationnel

jeudi 3 novembre 2016

Je propose qu'on puisse parler de présentation métapsychologique quand nous réussissons à décrire un processus psychique d'après ses relations dynamiques, topiques et économiques.

Sigmund Freud, L'inconscient

mercredi 2 novembre 2016

La multiplicité des points de vue ne mène pas au relativisme ou au scepticisme, mais elle s'inscrit au contraire dans la structure de la vérité elle-même.
En d'autres termes, s'il existait une vérité-une, elle ne saurait se donner, à l'échelle humaine, que dans la pluralité et la contradiction.

Stéphane Moses, L'Éros et la Loi

mardi 1 novembre 2016

L'horreur d'une jouissance par lui-même ignorée.

Sigmund Freud, L'homme aux rats

jeudi 27 octobre 2016

Notre héritage n'est précédé d'aucun testament.

René Char, Feuillets d'Hypnos

mercredi 26 octobre 2016

L’acte analytique est solidaire du savoir métapsychologique. La métapsychologie n’est pas la “doctrine” de l’analyste, c’est sa boussole. Elle est justement destinée à faire sortir la psychologie de son caractère “hasardeux”, tout en s’exposant à l’incertitude implacable du réel. Chez le métapsychologue, pour paraphraser Merleau-Ponty, le “goût de l’évidence” s’éprouve au contact du “sens de l’ambiguïté”. La rigueur ne se sépare pas du sens du singulier, elle s’y alimente même. C’est la part inaliénable du Phantasieren, du “fantasmer”, soit l’imaginaire théorique sans lequel le “matériel” resterait aveugle et mutique.

Paul-Laurent Assoun, La métapsychologie

mardi 25 octobre 2016

On meurt de prétendre à l'idée avant d'avoir été aux choses.

Charles-Ferdinand Ramuz, Journal, 1903

lundi 24 octobre 2016

L'homme libre ne pense rien moins qu'à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort, mais de la vie.

Baruch Spinoza, Ethique

vendredi 21 octobre 2016

En somme, il faut distinguer entre le désir de soulager qui domine la psychothérapie et celui d'analyser, qui implique un travail d'une autre nature. D'où les malentendus entre supervisé et superviseur. Le premier voudra que le superviseur reconnaisse que le patient "a fait des progrès", tandis que celui-ci pourra faire remarquer, sans contester les progrès, que la nature de ceux-ci, ne plaide pas en faveur d'une intégration portant sur la reconnaissance de l'inconscient. Et l'évolution vers l'autoanalyse (F. Busch).

Les mérites des deux méthodes ne sont pas à opposer mais à distinguer, en reconnaissant ce qui est spécifique au travail analytique. Il faut pour cela admettre que l'effet recherché de l'analyse ne se limite pas au "progrès" de l'analysant, et se donner pour but la nécessité de parvenir à une sorte de "conversion" interne [...].

André Green, Illusions et désillusions du travail psychanalytique

jeudi 20 octobre 2016

Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j'apprends.

Nelson Mandela

mardi 18 octobre 2016

Ceci n'est pas seulement une autobiographie. [...] C'est un nouveau chapitre ajouté à l'histoire que Springsteen raconte depuis près de cinquante ans à travers ses disques et ses concerts. [...] Celle d'un dépressif qui, en plus de trente ans de thérapie, a chassé ses fantômes pour finir par les adopter, à défaut d'avoir pu les dompter.

D. H., "Des plaies et un Boss", sur Born to Run de Bruce Springsteen, paru dans le Canard Enchaîné n° 5007 du mercredi 12 octobre 2016

vendredi 14 octobre 2016

Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d'autres des moulins.

Proverbe chinois

jeudi 13 octobre 2016

Chaque enfant qui joue se conduit comme un écrivain, dans la mesure où il crée un monde à son idée, ou plutôt arrange ce monde d'une façon qui lui plaît... Il joue sérieusement. Ce qui s'oppose au jeu n'est pas le sérieux, mais la réalité.

Sigmund Freud, Le créateur littéraire et la fantaisie

mardi 11 octobre 2016

Les processus du système Ics sont intemporels, c'est à dire qu'ils ne sont pas ordonnés dans le temps, ne sont pas modifiés par l'écoulement du temps, n'ont absolument aucune relation avec le temps.

Sigmund Freud, L'inconscient

vendredi 7 octobre 2016

Commencez par le commencement, dit gravement le roi, et continuez jusqu'à la fin ; alors arrêtez-vous.

Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles

jeudi 6 octobre 2016

Notre corps est notre jardin, et notre volonté en est le jardinier.

William Shakespeare, Othello

mercredi 5 octobre 2016

La solution sadomasochiste satisfait toutes les exigences possibles. Dans le fond, la monade sadomasochiste correspond au maximum de prestation narcissique : l'objet est consentant à tous égards au plaisir et à la volonté de l'autre. C'est pour cette raison que le corps propre, objet de plaisir docilement soumis et contrôlable, devient la meilleure scène du fantasme pervers.

Franco De Masi, La perversion sadomasochiste

mardi 4 octobre 2016

Je suis convaincu que ce sont des faits psychiques et émotionnels qui déclenchent l’état psychotique, lequel, à son tour, engendre des altérations biochimiques. En ce sens, la psychanalyse et la psychothérapie analytique non seulement constituent une alternative ou un complément à la pharmacologie, mais offrent également au patient une véritable voie de sortie de l’état morbide.

Franco De Masi, Vulnérabilité à la psychose

lundi 3 octobre 2016

Il est évident que le travail de l'analyse est fait par le patient. J'interviens au moins une fois dans la séance, mais j'interviens pour que le patient n'ait pas l'impression que je comprends tout.

Donald W. Winnicott, Processus de maturation chez l'enfant

vendredi 30 septembre 2016

Si nous plaçons l’inceste, donc la sexualité, comme plaisir des plaisirs nécessitant l’invention d’une règle des règles, la castration apparaît bien comme le régulateur indispensable de la sexualité non seulement pour la vie sociale mais pour la croyance de l’individu en sa propre survie terrestre, aussi longue que possible. […] Le sens de la castration est donc bien symbolique : pas seulement par sa face érotique en relation avec la mère incestueuse du complexe d’Œdipe, mais aussi par sa face meurtrière, vectrice du désir de faire mourir celui qui s’oppose à ce plaisir incestueux. La castration apparaît comme une mesure qui évite la vengeance du talion en punition du désir parricide. Non par mansuétude, mais parce que les raisons du meurtre peuvent être multipliées. […] La sexualité est donc ici reconnue dans sa double valeur : celle de la différence des sexes et celle du rapport de la génération, c’est-à-dire de la perpétuation de la vie. L’inceste et la mort sont réunis à travers le symbole négatif de la castration.

André Green, Le complexe de castration

jeudi 29 septembre 2016

Il y a deux choses à ne pas faire :
les promesses dans la joie ;
les décisions dans la colère.

Anonyme

mercredi 28 septembre 2016

Là où il se rencontrent confiance et fiabilité, il y a un espace potentiel, espace qui peut devenir une aire infinie de séparation, espace que le bébé, l'enfant l'adulte peuvent remplir créativement en jouant, ce qui deviendra ultérieurement l'utilisation heureuse de l'héritage culturel.

Octave Mannoni, La Part du jeu

mardi 27 septembre 2016

Une pulsion ne peut jamais devenir l'objet de la conscience, ce ne peut être le cas que de la représentation qui la figure.

Sigmund Freud, L'inconscient

lundi 26 septembre 2016

Gardez les mains ouvertes, tout le sable du désert passera entre vos mains ; fermez-les et vous n'obtiendrez que quelques grains.

Maître Taisen Deshimaru, L'anneau de la voie

vendredi 23 septembre 2016

Supposons qu’ayant deviné la représentation jadis refoulée par un de nos patients, nous la lui fassions connaître. Cette révélation n’aura d’abord aucune répercussion sur son état psychique et n’abo­lira surtout pas le refoulement ni ses conséquences, et peut-être en serons-nous surpris, puisque la représentation autrefois incon­sciente est dès lors devenue consciente. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette idée refoulée sera à nouveau repoussée. Mais le patient a maintenant réellement une représentation sous deux formes différentes en diverses localités de son appareil psychique. En premier lieu, il a un souvenir auditif conscient de cette repré­sentation par ce que nous en avons dit, en second lieu, il porte en lui, ainsi que nous le savons avec certitude, le souvenir inconscient, sous sa forme primitive, de ce qu’il a vécu. En réalité, le refoule­ment n’est levé que lorsque la représentation consciente a pu se mettre en relation, une fois les résistances surmontées, avec les traces mnésiques inconscientes. Ce n’est qu’après que celles-ci sont devenues conscientes qu’on aboutit au succès. Un examen super­ficiel pourrait faire croire que les représentations conscientes et inconscientes sont des enregistrements différents, topiquement sé­parés du même contenu. Mais la réflexion montre de suite que l’identité de la révélation faite au patient et du souvenir refoulé par celui-ci n’est qu’apparente. Le fait d’avoir entendu, et celui d’avoir d’abord vécu quelque chose, sont de nature psychologique absolument différente, même lorsque le contenu est identique.

Sigmund Freud, L'inconscient

vendredi 16 septembre 2016

Le poète ne peut pas longtemps demeurer dans la stratosphère du Verbe. Il doit se lover dans de nouvelles larmes et pousser plus avant son ordre.

René Char, Feuillets d'Hypnos

jeudi 15 septembre 2016

Tu es l'ami du meilleur de moi-même.

Georges Brassens

mercredi 14 septembre 2016

Notre tâche à nous psychanalystes d'aujourd'hui n'est pas de répéter ce qu'a découvert Freud sur la crise de l'homme occidental à la fin de l'ère victorienne mais de trouver une réponse psychanalytique au malaise de l'homme dans la civilisation présente.

Didier Anzieu, Devenir psychanalyste aujourd'hui

mardi 13 septembre 2016

Tout délire recèle aussi un grain de vérité, car quelque chose en lui mérite réellement créance et là est la source de la conviction du malade, justifiée dans ses limites.

Sigmund Freud, Délire et rêves dans la "Gradiva" de Jensen

lundi 12 septembre 2016

Le monde est un chaudron, l'homme est la cuillère qu'on y trempe.

Proverbe russe

vendredi 9 septembre 2016

Il faut avoir le pessimisme de l'intelligence et l'optimisme de la volonté.

Antonio Gramsci

jeudi 8 septembre 2016

Mais là où est le danger croît également ce qui sauve.

Friedrich Hölderlin, Patmos

mercredi 7 septembre 2016

Il ne faut pas oublier l'homme qui ne sait plus où le mène son chemin. Le sage le plus sage ne fera jamais qu'un crabe marche droit.

Héraclite

mardi 6 septembre 2016

Le bonheur ne vient pas du sentiment de complétude, il vient du sentiment de haussement de l'être.

Baruch Spinoza

lundi 5 septembre 2016

Rien d'étranger n'est entré en toi ; c'est une partie de ta propre vie psychique qui s'est dérobée à ta connaissance et à la domination de ta volonté. C'est pourquoi d'ailleurs tu es si faible pour te défendre ; tu combats avec une partie de tes forces contre l'autre partie ; tu ne peux pas mobiliser toutes tes forces comme contre un ennemi extérieur. Et ce n'est même pas la part la plus mauvaise ou la plus insignifiante de tes forces psychiques qui s'est ainsi opposée à toi et est devenue indépendante de toi. La responsabilité, je dois le dire, t'en incombe entièrement. Tu as surestimé tes forces quand tu as cru que tu pouvais faire de tes pulsions sexuelles ce que tu voulais, et que tu n'avais pas besoin de faire le moindre cas de leurs intentions. Alors elles se sont révoltées, et ont suivi leurs propres voies obscures pour échapper à la répression, elles se sont fait droit d'une manière qui ne peut plus te convenir. Comment elles y ont réussi, et par quelles routes elles ont cheminé, cela, tu ne l'as pas appris ; c'est seulement le résultat de ce travail, le symptôme, que tu ressens comme souffrance, qui est parvenu à ta connaissance. Tu ne le reconnais pas alors comme un rejeton de tes propres pulsions réprouvées, et tu ne sais pas qu'il s'agit là de leur satisfaction substitutive.

Sigmund Freud, Une difficulté de la psychanalyse

vendredi 2 septembre 2016

Nous savons tout de même que ce qui caractérise la libido, c'est son refus de se soumettre à la réalité du monde, à l'ananké.

Sigmund Freud, La théorie de la libido et le narcissisme

jeudi 1 septembre 2016

Les dix commandements paradoxaux

  1. Les gens sont déraisonnables, illogiques et égocentriques. Aimez-les quand même.
  2.     Si vous êtes désintéressé, les gens vous prêteront des motifs égoïstes et calculateurs. Soyez désintéressé quand même.
  3.     Si vous réussissez, vous gagnerez de faux amis et de vrais ennemis. Réussissez quand même.
  4.     Le bien que vous faites aujourd’hui sera oublié demain. Faites le bien quand même.
  5.     L’honnêteté et la franchise vous rendent vulnérable. Soyez honnête et franc quand même.
  6.     Ceux qui voient grand peuvent être anéantis par les esprits les plus mesquins. Voyez grand quand même.
  7.     Les gens aiment les petites gens, mais préfèrent suivre les puissants. Luttez pour les petites gens quand même.
  8.     Ce que vous avez mis des années à bâtir peut être détruit du jour au lendemain. Bâtissez quand même.
  9.     Les gens ont besoin d’être secourus, mais certains se retourneront contre vous si vous les aidez. Aidez-les quand même.
  10.      Si vous donnez au monde le meilleur de vous-même, vous risquez d’y laisser des plumes. Donnez le meilleur quand même.

Kent M. Keith

mercredi 27 juillet 2016

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

Jean de la Fontaine, Fables, "Le lion et le rat"

mardi 26 juillet 2016

La vie est plus un consentement qu'un choix. On choisit si peu. On dit oui ou non au possible qui nous est donné. La seule liberté de l'homme, c'est de laisser la voile tendue... ou de la laisser choir. Le vent, lui, n'est pas de nous.

Henri Grouès, dit abbé Pierre

lundi 25 juillet 2016

Je n'ai pas d'espoir de sortir par moi-même de ma solitude. La pierre n'a pas d'espoir d'être autre chose que pierre, mais en collaborant, elle s'assemble et devient Temple.

Antoine de Saint-Exupéry

vendredi 22 juillet 2016

C'est par la logique que l'on prouve et par l'intuition que l'on découvre.

Henri Poincaré

jeudi 21 juillet 2016

Il m'est souvent arrivé de penser que l'analyse était une thérapie corporelle.

Jacques Press, L'analyse, expérience corporelle, et l'informe. Réflexions libres sur le fonctionnement du couple analytique en séance

mercredi 20 juillet 2016

L'homme est polysémique, multifonctionnel, omnijovial, plurilovely, hyperpépère, totalgnagna, superdupont.

Eric Libiot, Gotlib, Hors-série de l'Express

mardi 19 juillet 2016

Carpe Diem.

(Trad. : cueille le jour présent sans te soucier du lendemain)

Horace, Odes, I , 11