J'avais appris à connaître toutes choses par leur contraire : le clair par le sombre, le chant par le silence, l'amour par la solitude.
Christian Bobin, Prisonnier au berceau
mardi 25 juillet 2017
Il faut que je vous dise la façon dont je conçois l’activité de l’analyste.
Un analyste est là pour :
1) écouter ;
2) avoir suffisamment de recul à propos de ce qu’il écoute pour entendre autre chose que ce qui est dit ;
3) intervenir plus ou moins rarement, plus ou moins fréquemment, et de telle façon qu’il propose au patient un autre sens que celui que le patient a voulu communiquer, en tenant compte du transfert.
André Green, entretien avec Dominique Baudesson
Un analyste est là pour :
1) écouter ;
2) avoir suffisamment de recul à propos de ce qu’il écoute pour entendre autre chose que ce qui est dit ;
3) intervenir plus ou moins rarement, plus ou moins fréquemment, et de telle façon qu’il propose au patient un autre sens que celui que le patient a voulu communiquer, en tenant compte du transfert.
André Green, entretien avec Dominique Baudesson
vendredi 21 juillet 2017
Est-ce que le freudisme peut échapper à cette mortalité galopante des théories. Oui, car pour moi il ne constitue pas précisément une théorie. Sur un socle de concepts vérifiés par la clinique, c’est un ensemble d’hypothèses de recherche émises par Freud, souvent réfutées par lui-même, remplacées par d’autres hypothèses, qui à leur tour peuvent en engendrer d’autres, dans une sorte de perpetuum mobile qui fait de la psychanalyse un univers en constante gestation. L’erreur est de prendre ces hypothèses pour argent comptant et de les ériger en doctrine.
Michel Sapir. Mémoires d’un homme de plaisir. Du côté de chez Marx, du côté de chez Freud
Michel Sapir. Mémoires d’un homme de plaisir. Du côté de chez Marx, du côté de chez Freud
mardi 18 juillet 2017
lundi 17 juillet 2017
L'espoir de pouvoir guérir tout ce qui est névrotique a son origine, je le crains, dans cette croyance des profanes que les névroses sont quelque chose de tout à fait superflu, qui n'a absolument pas le droit d'exister. En réalité, ce sont des affections graves, constitutionnellement fixées, qui se limitent rarement à quelques crises, qui subsistent la plupart du temps pendant de longues périodes de la vie ou pendant la vie entière.
Sigmund Freud, Eclaircissements, applications, orientations
Sigmund Freud, Eclaircissements, applications, orientations
jeudi 13 juillet 2017
Un autre caractère de la sexualité infantile précoce est que l’organe sexuel proprement féminin n’y joue encore aucun rôle, l’enfant ne l’a pas encore découvert. Tout l’accent est mis sur le membre viril, tout l’intérêt se porte sur lui, il s’agit de savoir s’il est là ou pas. De la vie sexuelle de la petite fille, nous en savons moins que celle du garçon. Nous n’avons pas à avoir honte de cette différence.
Sigmund Freud, La question de l'analyse profane
Sigmund Freud, La question de l'analyse profane
mercredi 12 juillet 2017
Il est hors de doute que l'élément spécifique des névroses est et demeure le conflit œdipien ; mais la névrose suscitée par la culture tire à l'origine sa force traumatique de l'identité inconsciente du conflit œdipien et du conflit entre la nostalgie du corps maternel et la peur du corps maternel.
Lettre de Sándor Ferenczi à Sigmund Freud, le 24 mars 1924
Lettre de Sándor Ferenczi à Sigmund Freud, le 24 mars 1924
mardi 11 juillet 2017
lundi 10 juillet 2017
vendredi 7 juillet 2017
Splendeurs du retour au primitif dans les éclats de l’idéalisation, du narcissisme et de la toute-puissance des commencements, ou misères de l’impuissance, de la déréliction, ou encore de la persécution lorsqu’elle conduit dans les bas-fonds de la psyché ? Quels que soient les méandres des mouvements qu’elle déclenche, il nous faut bien admettre que la régression constitue un moteur puissant du fonctionnement psychique, quotidiennement présente dans la simplicité de la vie, inquiétante et énigmatique dans les dérives des maladies graves, attractive et dangereuse dans les traitements psychiques où règne le transfert, ses menaces et ses espérances.
Extrait de la présentation du colloque organisé par la revue Carnet/Psy : "Splendeurs et misères de la régression", le 7 octobre 2017 à Paris
Extrait de la présentation du colloque organisé par la revue Carnet/Psy : "Splendeurs et misères de la régression", le 7 octobre 2017 à Paris
jeudi 6 juillet 2017
mercredi 5 juillet 2017
Que sont en fin de compte la force des pulsions
ou la nature de la fixation ? Rien d’autre que l’intensité de la passion
et l’attachement à son objet, et s’il faut renvoyer le tout à la
sexualité infantile, les objets de la passion sont à chercher du côté
des objets partiels pris sur le corps de la mère ou sur le corps du
sujet ou des objets totaux : les imagos parentales.
André Green, La folie privée
André Green, La folie privée
mardi 4 juillet 2017
Il est un pouvoir que la psychanalyse m'a permis de découvrir, c'est le pouvoir des mots. Prononcer des mots là où le silence, la méconnaissance et l'ignorance se sont installés, nommer des émotions ou des souffrances déniées et interdites redonne vie, fait exister des dimensions oubliées, refoulées, interdites.
André Lévy, Quelle psychologie "politique" ? Revue internationale de psychosociologie
André Lévy, Quelle psychologie "politique" ? Revue internationale de psychosociologie
vendredi 30 juin 2017
jeudi 29 juin 2017
L’affect d’exaltation touche le moi lui-même. Il comprend un sentiment d’élargissement du moi qui peut survenir dans différents contextes. De la joie ressentie aux conquêtes du moi à l’exaltation de l’état maniaque, toute une gamme d’états implique peu ou prou l’exaltation. Le sentiment océanique, objet d’une controverse entre Freud et Romain Rolland, s’inscrit comme l’un des aspects de l’exaltation dans le registre mystique. L’auteur considère que le sentiment océanique est lié à un fantasme incestueux de retour au sein maternel alors que le moi qui s’agrandit progressivement évolue sous le signe de l’Œdipe.
Résumé de l'article de Paul Denis, Un destin de l’excitation : l’exaltation
Résumé de l'article de Paul Denis, Un destin de l’excitation : l’exaltation
mercredi 28 juin 2017
On a beau connaître ou croire connaître par cœur les étapes de
l’itinéraire de Freud, les différents temps de cette décisive aventure
de l’esprit qui fut la sienne, on a beau savoir à quel point il fut
convaincu de la portée de la « jeune science » qu’il a pas à pas
constituée en se refusant à la limiter à une méthode de traitement des
« maladies nerveuses », on reste, à la lecture de ce petit livre, saisi
par la passion intransigeante de cet homme, par sa volonté tenace de
s’avancer toujours plus loin sur le chemin qu’il a tracé pour nous et
d’abord pour lui-même ; on admire sa certitude, qu’aucun échec, qu’aucun
obstacle ne parvinrent à ébranler – tout au contraire -, que la
psychanalyse, c’est lui, Freud, jusqu’à l’identifier à sa propre vie.
J.-B. Pontalis, préface à Sigmund Freud présenté par lui-même
J.-B. Pontalis, préface à Sigmund Freud présenté par lui-même
mardi 27 juin 2017
On peut aussi se représenter sans peine que certaines pratiques mystiques sont capables de renverser les relations normales entre les différentes circonscriptions psychiques, de sorte que, par exemple, la perception peut saisir, dans le moi profond et dans le ça, des rapports qui lui étaient autrement inaccessibles. Pourra-t-on par cette voie se rendre maître des dernières vérités dont on attend le salut ? On peut tranquillement en douter. Nous admettrons toutefois que les efforts thérapeutiques de la psychanalyse se sont choisi un point d'attaque similaire.Leur intention est en effet de fortifier le moi, de le rendre plus indépendant du surmoi, d’élargir son champ de perception et de consolider son organisation de sorte qu’il puisse s’approprier de nouveaux morceaux du ça. Là où était du ça, doit advenir du moi.
Sigmund Freud, Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse
Sigmund Freud, Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse
lundi 26 juin 2017
Votre raison et votre passion sont le gouvernail et les voiles de votre
âme navigante.
Si votre raison venait à se briser ou votre passion à se déchirer, vous ne seriez qu'un navire emporté au gré des vents et des courants, ou à jamais ancré entre ciel et mer.
Car la raison, régnant seule, bride tout élan ; et la passion, livrée à elle-même, s'embrase et se consume tout feu tout flamme jusqu'à ce qu'elle se réduise en cendres.
Khalil Gibran, Le prophète
Si votre raison venait à se briser ou votre passion à se déchirer, vous ne seriez qu'un navire emporté au gré des vents et des courants, ou à jamais ancré entre ciel et mer.
Car la raison, régnant seule, bride tout élan ; et la passion, livrée à elle-même, s'embrase et se consume tout feu tout flamme jusqu'à ce qu'elle se réduise en cendres.
Khalil Gibran, Le prophète
vendredi 23 juin 2017
jeudi 22 juin 2017
mercredi 21 juin 2017
Être psychanalyste, c'est savoir que toutes les histoires reviennent à parler d'amour. La plainte que me confient ceux qui balbutient à côté de moi a toujours pour cause un manque d'amour présent ou passé, réel ou imaginaire. Je ne peux l'entendre que si je me place moi-même en ce point d'infini, douleur ou ravissement. C'est avec ma défaillance que l'autre compose le sens de son aventure.
Philosophie, religion, poésie, roman ? Histoires d'amour. De Platon à saint Thomas, de Roméo et Juliette à Don Juan, des troubadours à Stendhal, de la Madone à Baudelaire ou Bataille. Les grandes élaborations symboliques ne disent pourtant rien d'autre que ce qui s'écoute dans l'ombre, chaque jour. Être psychiquement en vie signifie que vous êtes amoureux, en analyse, ou bien en proie à la littérature. Comme si toute l'histoire humaine n'était qu'un immense et permanent transfert.
Julia Kristeva, Histoires d'amour
Philosophie, religion, poésie, roman ? Histoires d'amour. De Platon à saint Thomas, de Roméo et Juliette à Don Juan, des troubadours à Stendhal, de la Madone à Baudelaire ou Bataille. Les grandes élaborations symboliques ne disent pourtant rien d'autre que ce qui s'écoute dans l'ombre, chaque jour. Être psychiquement en vie signifie que vous êtes amoureux, en analyse, ou bien en proie à la littérature. Comme si toute l'histoire humaine n'était qu'un immense et permanent transfert.
Julia Kristeva, Histoires d'amour
mardi 20 juin 2017
lundi 19 juin 2017
L'excès de honte [...] renvoie au refus de toute honte : au refus de ce qui suscite nos hontes premières, après coup. Honte de devoir la vie à la copulation d'un homme et d'une femme : honte d'être né inter faeces et urinas ; honte d'avoir été bercé, caressé, nourri, changé et d'avoir aimé cela ; honte d'accepter, sous la menace de castration, les compromis œdipiens ; honte des transactions subtiles entre les besoins du corps et de ses zones érogènes et la purification de l'idéal.
Jean-Luc Donnet, Lord Jim ou la honte de vivre
Jean-Luc Donnet, Lord Jim ou la honte de vivre
vendredi 16 juin 2017
jeudi 15 juin 2017
Or, à la faveur du transfert, le névrotique reproduit et ranime avec beaucoup d’habileté toutes ces circonstances indésirées et toutes ces situations affectives douloureuses. Le malade s’efforce ainsi d’interrompre le traitement inachevé, de se mettre dans une situation qui ranime en lui le sentiment d’être, comme jadis, dédaigné de tout le monde, de s’attirer de la part du médecin des paroles dures et une attitude froide, de trouver des prétextes de jalousie ; il remplace l’ardent désir d’avoir un enfant, qu’il avait autrefois, par des projets ou des promesses d’importants cadeaux, le plus souvent aussi peu réels que l’objet de son désir de jadis. Cette situation que le malade cherche à reproduire dans le transfert, n’avait rien d’agréable autrefois, alors qu’il s’y est trouvé pour la première fois. Mais, dira-t-on, elle doit être moins désagréable aujourd’hui, en tant qu’objet de souvenirs ou de rêves, qu’elle ne le fut jadis, alors qu’elle imprima à la vie du sujet une orientation nouvelle. Il s’agit naturellement de l’action de penchants et d’instincts dont le sujet s’attendait, à l’époque où il subissait cette action, à retirer du plaisir ; mais bien qu’il sache par expérience que cette attente a été trompée, il se comporte comme quelqu’un qui n’a pas su profiter des leçons du passé : il tend à reproduire cette situation quand même, et malgré tout, il y est poussé par une force obsédante.
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
mercredi 14 juin 2017
L’épanouissement précoce de la vie sexuelle infantile devait avoir une très courte durée, en raison de l’incompatibilité des désirs qu’il comportait avec la réalité et avec le degré de développement insuffisant que présente la vie infantile. Cette crise s’est accomplie dans les circonstances les plus pénibles et était accompagnée de sensations des plus douloureuses. L’amour manqué, les échecs amoureux ont infligé une mortification profonde au sentiment de dignité, ont laissé au sujet une sorte de cicatrice narcissique et constituent, d’après mes propres observations et celles de Marcinowski, une des causes les plus puissantes du « sentiment d’infériorité », si fréquent chez les névrotiques. L’exploration sexuelle, à laquelle le développement corporel de l’enfant a mis un terme, ne lui a apporté aucune conclusion satisfaisante ; d’où ses doléances ultérieures : « Je suis incapable d’aboutir à quoi que ce soit, rien ne me réussit. » L’attachement, tout de tendresse, qui le liait le plus souvent au parent du sexe opposé au sien, n’a pas pu résister à la déception, à la vaine attente de satisfaction, à la jalousie causée par la naissance d’un nouvel enfant, cette naissance étant une preuve évidente de l’infidélité de l’aimé ou de l’aimée ; sa propre tentative, tragiquement sérieuse, de donner lui-même naissance à un enfant a échoué piteusement ; la diminution de la tendresse dont il jouissait autrefois, les exigences croissantes de l’éducation, les paroles sérieuses qu’il se voyait adresser et les punitions qu’on lui faisait subir à l’occasion ont fini par lui révéler toute l’étendue du dédain qui était désormais son lot. Cet amour typique de l’époque infantile se termine selon un certain nombre de modalités qui reviennent régulièrement.
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
mardi 13 juin 2017
vendredi 9 juin 2017
J’aurais aimé pouvoir dire que je n’oriente pas les patients, mais ce n’est pas vrai. Un analyste commet une grande erreur en imaginant le contraire. Théoriquement, vous laissez aux patients suffisamment d’espace pour qu’ils racontent tout ce qu’ils veulent. Or, à vrai dire, votre simple présence déforme l’essentiel de la situation. Ils n’ont qu’à vous jeter un coup d’œil pour décider s’ils sont prêts à vous parler, ou s’ils ne le feront jamais, quelles que soient les circonstances.
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
jeudi 8 juin 2017
Au cours d'un colloque où il était déjà question de contre-transfert, à la formule alors réitérée : "le contre-transfert, c'est quand nous sommes touchés au vif" (formule dont il n'est pas indifférent qu'elle soit construite sur le modèle du "parapluie, c'est quand il pleut"), je m'entendais répondre : "Pas du tout, c'est quand nous sommes touchés au mort."
J.-B. Pontalis, Le vif et le mort entrelacés
J.-B. Pontalis, Le vif et le mort entrelacés
mercredi 7 juin 2017
mardi 6 juin 2017
vendredi 2 juin 2017
La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de songer à nous, et qui nous fait perdre insensiblement. Sans cela nous serions dans l’ennui, et cet ennui nous pousserait à chercher un moyen plus solide d’en sortir, mais le divertissement nous amuse et nous fait arriver insensiblement à la mort.
Blaise Pascal, Pensées
jeudi 1 juin 2017
Pour environ trois séances, l'ensemble de la psychanalyse est très utile - puisque vous ne savez absolument rien de plus, c'est tout ce sur quoi vous pouvez compter de toute façon. Seulement, ce n'est utile que parce que cela doit vous permettre de dire quelque chose d'adéquat à la personne en question, en attendant de savoir avec qui vous êtes en train de parler.
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
mercredi 31 mai 2017
Plus on avançait cependant dans cette voie, plus on se rendait compte de l'impossibilité d'atteindre pleinement le but qu'on poursuivait et qui consistait à amener à la conscience l'inconscient. Le malade ne peut pas se souvenir de tout ce qui est refoulé ; le plus souvent, c'est l'essentiel même qui lui échappe, de sorte qu'il est impossible de le convaincre de l'exactitude de la construction qu'on lui présente. Il est obligé, pour acquérir cette conviction, de revivre dans le présent les événements refoulés, et non de s'en souvenir, ainsi que le veut le médecin, comme faisant partie du passé. Ces événements revécus, reproduits avec une fidélité souvent indésirée, se rapportent toujours en partie à la vie sexuelle infantile, et notamment au complexe d’Oedipe et aux faits qui s'y rattachent, et se déroulent toujours dans le domaine du transfert, c'est-à-dire des rapports avec le médecin. Quand on a pu pousser le traitement jusqu'à ce point, on peut dire que la névrose antérieure a fait place à une nouvelle névrose, à une névrose de transfert. Le médecin s'était efforcé de limiter autant que possible le domaine de cette névrose de transfert, de transformer le plus d'éléments possible en simples souvenirs et d'en laisser le moins possible devenir des objets de reproduction, d'être revécus dans le présent. Le rapport qui s'établit ainsi entre la reproduction et le souvenir varie d'un cas à l'autre. D'une façon générale, le médecin ne peut pas épargner au malade cette phase du traitement ; il est obligé de le laisser revivre une partie de sa vie oubliée et doit seulement veiller à ce que le malade conserve un certain degré de sereine supériorité qui lui permette de constater, malgré tout, que la réalité de ce qu'il revit et reproduit n'est qu'apparente et ne fait que refléter un passé oublié. Lorsqu'on réussit dans cette tâche, on finit par obtenir la conviction du malade et le succès thérapeutique dont cette conviction est la première condition.
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
mardi 30 mai 2017
lundi 29 mai 2017
vendredi 26 mai 2017
mardi 23 mai 2017
Le mouvement de la cure fait découvrir par quels détours la souffrance est produite, induite, inconsciemment recherchée par le sujet lui-même afin d'obtenir une prime de plaisir en un autre lien intrapsychique. La seconde topique en particulier autorise en ce sens une série d'échanges complexes dont le plus simple s'énonce ainsi : plaisir pour un système (le surmoi par exemple), déplaisir pour un autre (le moi par exemple).
J.-B. Pontalis, Sur la douleur (psychique)
J.-B. Pontalis, Sur la douleur (psychique)
lundi 22 mai 2017
vendredi 19 mai 2017
jeudi 18 mai 2017
La relation entre deux personnes est une affaire à double sens, et, pour autant qu'on se soucie d'en rendre compte, le problème n'est pas de discourir sur l'analyste et sur l'analysant, mais de se référer à quelque chose qui se trouve entre ces deux personnes.
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
mercredi 17 mai 2017
lundi 15 mai 2017
vendredi 12 mai 2017
jeudi 11 mai 2017
Freud, c'est aussi bien le didactisme de l'Abrégé que le fragment poétique du "Trouble de mémoire sur l'Acropole", la Phantasie spéculative et sans frein d'Au-delà du principe de plaisir que la sagesse empreinte de renoncement du Malaise dans la culture ; Freud, c'est aussi bien celui qui décortique inlassablement ce petit rien qu'est un trait d'esprit (comme s'il se souvenait des années passées l'œil rivé au microscope des laboratoires d'anatomie et de physiologie nerveuses) que l'homme déjà âgé qui tombe littéralement en arrêt, saisi, devant le Moïse de Saint-Pierre-aux-Liens.
J.-B. Pontalis, La force d'attraction
J.-B. Pontalis, La force d'attraction
mercredi 10 mai 2017
Celui qui tente d’apprendre dans les livres le noble jeu des échecs ne tarde pas à découvrir que seules les manœuvres du début et de la fin permettent de ce jeu une description schématique complète, tandis que son immense complexité, dès après le début de la partie, s’oppose à toute description.
Sigmund Freud, Le début du traitement
Sigmund Freud, Le début du traitement
mardi 9 mai 2017
jeudi 4 mai 2017
mercredi 3 mai 2017
mardi 2 mai 2017
mercredi 26 avril 2017
mardi 25 avril 2017
lundi 24 avril 2017
vendredi 21 avril 2017
jeudi 20 avril 2017
mercredi 19 avril 2017
mardi 18 avril 2017
vendredi 14 avril 2017
jeudi 13 avril 2017
mercredi 12 avril 2017
Ceux qui ont du mal à s'endormir (trouble banal, bien qu'irritant que nous connaissons tous), prennent d'habitude des mesures essentiellement semblables et aussi stériles, pour résoudre leur difficulté. L'erreur la plus répandue chez les insomniaques consiste à se forcer à dormir par un acte de volonté — pour découvrir en fin de compte qu'ils restent complètement éveillés. De par sa nature, le sommeil est un phénomène qui survient spontanément, mais ne peut plus être spontané quand il est voulu. Pourtant, c'est ce que fait l'insomniaque dont le désespoir s'accroît avec le tic tac du réveil, et le « traitement » qu'il s'inflige en arrive à devenir sa maladie. Pour lui, « plus de la même chose » peut signifier changer de régime alimentaire, se coucher plus tôt ou plus tard, prendre des somnifères qui créeront une accoutumance : chacune de ces mesures, loin de résoudre son problème, l'exaspère.
Paul Watzlawick, John Weakland et Richard Fisch, Changements : paradoxes et psychothérapie
Paul Watzlawick, John Weakland et Richard Fisch, Changements : paradoxes et psychothérapie
mardi 11 avril 2017
lundi 10 avril 2017
vendredi 7 avril 2017
jeudi 6 avril 2017
mardi 4 avril 2017
Quand Freud écrit que l'amour de transfert ne peut pas être différencié
d'un « véritable » amour, il reconnaît du même coup que tout amour est
un amour de transfert, non parce qu'il ne ferait qu'en répéter un autre,
infantile, mais parce qu'il crée son objet, qu'il l'invente dans le
double sens du mot invention : fiction et trouvaille.
J.-B. Pontalis, En marge des jours
J.-B. Pontalis, En marge des jours
vendredi 31 mars 2017
jeudi 30 mars 2017
mercredi 29 mars 2017
mardi 28 mars 2017
Le noyau de ce que nous appelons amour est formé naturellement par ce qui est communément connu comme amour et qui est chanté par les poètes, c'est-à-dire par l'amour sexuel, dont le terme est constitué par l'union sexuelle. Mais nous n'en séparons pas toutes les autres variétés d'amour, telles que l'amour de soi-même, l'amour qu'on éprouve pour les parents et les enfants, l'amitié, l'amour des hommes en général, pas plus que nous n'en séparons l'attachement à des objets concrets et à des idées abstraites. Pour justifier l'extension que nous faisons ainsi subir au terme « amour », nous pouvons citer les résultats que nous a révélés la recherche psychanalytique, à savoir que toutes ces variétés d'amour sont autant d'expressions d'un seul et même ensemble de tendances, lesquelles, dans certains cas, invitent à l'union sexuelle, tandis que dans d'autres elles détournent de ce but ou en empêchent la réalisation, tout en conservant suffisamment de traits caractéristiques de leur nature, pour qu'on ne puisse pas se tromper sur leur identité (sacrifice de soi-même, recherche de contact intime).
Nous pensons qu'en assignant au mot « amour » une telle multiplicité de significations, le langage a opéré une synthèse pleinement justifiée et que nous ne saurions mieux faire que de mettre cette synthèse à la base de nos considérations et explications scientifiques.
Nous pensons qu'en assignant au mot « amour » une telle multiplicité de significations, le langage a opéré une synthèse pleinement justifiée et que nous ne saurions mieux faire que de mettre cette synthèse à la base de nos considérations et explications scientifiques.
Sigmund Freud, Psychologie collective et analyse du moi
vendredi 24 mars 2017
jeudi 23 mars 2017
mercredi 22 mars 2017
Dans les pages qui vont suivre j’apporterai la preuve qu’il existe une technique psychologique permettant d’interpréter des rêves et qu’avec l’application de ce procédé toute espèce de rêve se révèle être une création psychique chargée de sens qui doit être rangée à un endroit localisable dans le fonctionnement psychique actif de l’état de veille. J’essaierai en outre d’expliquer clairement les processus à l’origine du caractère étrange et inconnaissable du rêve, puis d’en tirer une conclusion rétrospective sur la nature des forces psychiques dont la coopération ou l’action antagonique provoque le rêve. Une fois parvenu à ce terme, mon exposé s’interrompra, dès lors qu’il aura atteint le point où le problème de l’activité onirique débouche dans des problèmes plus globaux, dont la solution doit par force être abordée sur la base d’un autre matériau.
Sigmund Freud, L'interprétation du rêve
Sigmund Freud, L'interprétation du rêve
mardi 21 mars 2017
Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas voir de journal, ne pas entendre de radio, ne pas écouter de commérage, s'abandonner absolument, complétement à la paresse, être absolument, complètement indifférent au sort du monde, c'est la plus belle médecine qu'on puisse s'administrer.
Henry Miller, Le Colosse de Maroussi
Henry Miller, Le Colosse de Maroussi
lundi 20 mars 2017
En assignant un nom à certains phénomènes, surtout à ceux qui contrarient nos attentes, nous croyons les éclairer et commencer par là à nous en rendre maîtres. La dénomination devient vite un mot de passe qui rassure et dispense de toute interrogation. Il arrive que le mot écrase le sens.
J.-B. Pontalis, Perdre de vue
J.-B. Pontalis, Perdre de vue
jeudi 16 mars 2017
mercredi 15 mars 2017
mardi 14 mars 2017
Un patient de Hanna Segal à qui elle avait donné une interprétation œdipienne lui avait répliqué à peu près : "Je ne suis pas venu chez vous pour entendre des interprétations pareilles." Le choix de l'analyste est ainsi souvent une claire manifestation chez le patient de sa phobie de la cure. Choisir tel analyste de telle école peut même être une façon très sûre d'éviter complètement l'analyse. Lors de tout entretien préliminaire, nous devrions ainsi nous interroger : quelle peur veut-il conjurer, qu'est-il venu éviter en s'adressant à moi ? Et, de mon côté, quelle gêne suscite en moi ce patient ? De quelle peur potentielle cette gêne pourrait-elle l'indice ? À quel instant de cet entretien ai-je été tenté de l'interrompre ou d'orienter autrement l'entretien afin d'éviter ce qu'il allait me dire ? Et pourquoi avoir imaginé un instant orienter ce patient vers un collègue alors que j'ai du temps ?
Paul Denis, Rives et dérives du contre-transfert
Paul Denis, Rives et dérives du contre-transfert
vendredi 10 mars 2017
jeudi 9 mars 2017
L'otium est un terme latin qui recouvre une variété de formes et de significations dans le champ du temps libre. C'est le temps durant lequel une personne profite du repos pour s'adonner à la méditation, au loisir studieux. C'est aussi le temps de la retraite à l'issue d'une carrière publique ou privée, par opposition à la vie active, à la vie publique. C'est un temps, sporadique ou prolongé, de loisir personnel aux implications intellectuelles, vertueuses ou immorales avec l'idée d'éloignement du quotidien, des affaires (negotium), et d'engagement dans des activités valorisant le développement artistique ou intellectuel (éloquence, écriture, philosophie). L'otium revêt une valeur particulière pour les hommes d'affaires, les diplomates, les philosophes ou les poètes.
Sénèque loue les mérites de l'otium et le considère comme la caractéristique de l’homme vraiment libre, mais en ajoutant qu’il est bon de le consacrer à un rôle social ou politique dans la cité.
wikipedia.fr
Sénèque loue les mérites de l'otium et le considère comme la caractéristique de l’homme vraiment libre, mais en ajoutant qu’il est bon de le consacrer à un rôle social ou politique dans la cité.
wikipedia.fr
mercredi 8 mars 2017
mardi 7 mars 2017
Une chose n'est pas ce que vous dites qu'elle est... Elle est bien plus. C'est un ensemble au sens le plus large. Une chaise n'est pas une chaise. C'est une structure d'une complexité inconcevable, atomiquement, électroniquement, etc. Par suite, la penser comme une simple chaise constitue ce que Korzybski appelle une identification. C'est la totalité de ces identifications qui produit le névrosé, le non-sain et l'insensé.
Anonyme cité par A. E. Van Vogt, le cycle du Ā
Anonyme cité par A. E. Van Vogt, le cycle du Ā
jeudi 2 mars 2017
mercredi 1 mars 2017
La « delectatio morosa »
Le rapport étroit qui lie le plaisir au désir a fait s'ouvrir, dans le champ de la philosophie morale, une problématique que les théologiens chrétiens ont désignée, dès la seconde moitié du XIIe siècle, par l'expression de delectatio morosa. Or, cette expression, quand on la traduit en français par « délectation morose », conduit à une sorte de contresens. Car l'épithète morosa dont il est question ici désigne non une complaisance dans une quelconque pensée attristante, mais le plaisir que l' imagination savoure délicieusement tandis qu'elle s'attarde (moratur en latin) dans le désir d'un objet qui demeure absent, parce qu'inaccessible ou interdit.
Or, la conception d'une telle delectatio inhérente au désir même représente un tournant important par rapport à celle que se faisait de ce dernier l'Antiquité grecque. Pour Platon, en particulier, les appétits du corps et de la sensualité sont irrémédiablement insatiables, qu'il s'agisse - selon la triade mentionnée dans La République (580e) et appelée à devenir traditionnelle - de la nourriture, de la boisson ou des voluptés érotiques, à quoi il faut ajouter l'argent comme moyen de se procurer de tels plaisirs. Par rapport à chacun de ces objets, l'âme désirante, semblable à la jarre percée des Danaïdes, voit indéfiniment s'échapper ce qu'elle vient d'atteindre : plus elle cherche à se remplir, plus elle se vide. Le désir, hormis chez celui qui se donne pour objet la sagesse, est donc condamné à renaître toujours dans l'insatisfaction et l'insatiabilité.
Or, s'appuyant sur la parole évangélique selon laquelle « quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis dans son cœur l'adultère avec elle » (Matthieu, V, 28), les auteurs chrétiens problématisent de manière toute différente ce rapport entre le plaisir et le désir. Ils s'attachent à considérer - et à dénoncer, puisqu'il s'agit, à leurs yeux, de convoitises interdites - moins l'insatiabilité de ce dernier que la présence en lui du plaisir même, comme si la simple représentation imaginaire de l'objet désiré procurait une jouissance analogue à celle de la possession effective. C'est dans le cadre d'un débat sur le degré de culpabilité qui pourrait grever le mouvement spontané de la sensualité (primus motus sensualis) avant le consentement explicite de la volonté que les moralistes développent à ce sujet, au Moyen Âge surtout, le topos de la delectatio morosa, c'est-à-dire une véritable psychologie du plaisir qu'apporterait le fait de savourer avec complaisance la représentation imaginaire d'un acte prohibé.
Mais, comme on l'a dit, cette expression de delectatio morosa, qui, par elle-même, n'évoquait l'idée assombrissante de culpabilité que pour la morale chrétienne (qui plus tard taxera cette attitude psychique de « péché par pensée »), pose un problème de traduction dans les langues où l'épithète “ morose ” (comme en français et en anglais) sert généralement à qualifier un état morbide, empreint de tristesse ou de rumination chagrine. Le latin morosus, en effet, a une double étymologie : dans un cas, écrit avec la première syllabe longue, il dérive de mos, moris (« trait de caractère », avec la nuance péjorative d'humeur difficile, sombre et acrimonieuse); dans l'autre, avec la première syllabe brève, il vient du verbe moror, -aris (s'attarder) et du substantif mora (retard, arrêt, pause). Comme le français (sauf dans l'actuel vocable moratoire) et l'anglais n'ont retenu que le sens correspondant à la première étymologie, il leur est très difficile de comprendre l'épithète médiévale morosa qui se réfère au second sens et qui qualifie la jouissance que, dans son propre cœur, on peut tirer du désir lui-même. En revanche, pour l'italien, où morosità veut dire « retard [en particulier, dans l'acquittement d'une dette ou d'une obligation] » et où l'on traduit la « morosité » française ou anglaise par malinconia ou tristezza, et pour l'espagnol, où morosidad signifie également « retard » et moroso « paresseux » (« morose » pouvant alors se traduire par taciturno), le sens véritable de la delectatio morosa scolastique est plus facilement accessible, à savoir celui d'une complaisance que l'âme prend à entretenir à longueur de temps le fantasme de l'objet désiré.
Charles Baladier, Le Robert
Le rapport étroit qui lie le plaisir au désir a fait s'ouvrir, dans le champ de la philosophie morale, une problématique que les théologiens chrétiens ont désignée, dès la seconde moitié du XIIe siècle, par l'expression de delectatio morosa. Or, cette expression, quand on la traduit en français par « délectation morose », conduit à une sorte de contresens. Car l'épithète morosa dont il est question ici désigne non une complaisance dans une quelconque pensée attristante, mais le plaisir que l' imagination savoure délicieusement tandis qu'elle s'attarde (moratur en latin) dans le désir d'un objet qui demeure absent, parce qu'inaccessible ou interdit.
Or, la conception d'une telle delectatio inhérente au désir même représente un tournant important par rapport à celle que se faisait de ce dernier l'Antiquité grecque. Pour Platon, en particulier, les appétits du corps et de la sensualité sont irrémédiablement insatiables, qu'il s'agisse - selon la triade mentionnée dans La République (580e) et appelée à devenir traditionnelle - de la nourriture, de la boisson ou des voluptés érotiques, à quoi il faut ajouter l'argent comme moyen de se procurer de tels plaisirs. Par rapport à chacun de ces objets, l'âme désirante, semblable à la jarre percée des Danaïdes, voit indéfiniment s'échapper ce qu'elle vient d'atteindre : plus elle cherche à se remplir, plus elle se vide. Le désir, hormis chez celui qui se donne pour objet la sagesse, est donc condamné à renaître toujours dans l'insatisfaction et l'insatiabilité.
Or, s'appuyant sur la parole évangélique selon laquelle « quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis dans son cœur l'adultère avec elle » (Matthieu, V, 28), les auteurs chrétiens problématisent de manière toute différente ce rapport entre le plaisir et le désir. Ils s'attachent à considérer - et à dénoncer, puisqu'il s'agit, à leurs yeux, de convoitises interdites - moins l'insatiabilité de ce dernier que la présence en lui du plaisir même, comme si la simple représentation imaginaire de l'objet désiré procurait une jouissance analogue à celle de la possession effective. C'est dans le cadre d'un débat sur le degré de culpabilité qui pourrait grever le mouvement spontané de la sensualité (primus motus sensualis) avant le consentement explicite de la volonté que les moralistes développent à ce sujet, au Moyen Âge surtout, le topos de la delectatio morosa, c'est-à-dire une véritable psychologie du plaisir qu'apporterait le fait de savourer avec complaisance la représentation imaginaire d'un acte prohibé.
Mais, comme on l'a dit, cette expression de delectatio morosa, qui, par elle-même, n'évoquait l'idée assombrissante de culpabilité que pour la morale chrétienne (qui plus tard taxera cette attitude psychique de « péché par pensée »), pose un problème de traduction dans les langues où l'épithète “ morose ” (comme en français et en anglais) sert généralement à qualifier un état morbide, empreint de tristesse ou de rumination chagrine. Le latin morosus, en effet, a une double étymologie : dans un cas, écrit avec la première syllabe longue, il dérive de mos, moris (« trait de caractère », avec la nuance péjorative d'humeur difficile, sombre et acrimonieuse); dans l'autre, avec la première syllabe brève, il vient du verbe moror, -aris (s'attarder) et du substantif mora (retard, arrêt, pause). Comme le français (sauf dans l'actuel vocable moratoire) et l'anglais n'ont retenu que le sens correspondant à la première étymologie, il leur est très difficile de comprendre l'épithète médiévale morosa qui se réfère au second sens et qui qualifie la jouissance que, dans son propre cœur, on peut tirer du désir lui-même. En revanche, pour l'italien, où morosità veut dire « retard [en particulier, dans l'acquittement d'une dette ou d'une obligation] » et où l'on traduit la « morosité » française ou anglaise par malinconia ou tristezza, et pour l'espagnol, où morosidad signifie également « retard » et moroso « paresseux » (« morose » pouvant alors se traduire par taciturno), le sens véritable de la delectatio morosa scolastique est plus facilement accessible, à savoir celui d'une complaisance que l'âme prend à entretenir à longueur de temps le fantasme de l'objet désiré.
Charles Baladier, Le Robert
mardi 28 février 2017
lundi 27 février 2017
vendredi 24 février 2017
jeudi 23 février 2017
Le non-agir (wu wei) taoïste signifie la conquête d'une liberté autre que celle qui se définit comme «libre arbitre». Un étudiant en médecine hésite entre deux spécialités: rhumatologie ou dermatologie. Il examine le pour et le contre dans l'un et l'autre cas. Au reste, c'est lui-même qui décide d'accorder du poids à tel argument plutôt qu'à tel autre. Enfin, il «tranche» et choisit. Il a fait usage de son libre arbitre. Mais le choix n'est pas création. Les deux spécialités médicales lui sont proposées par la société. Si elles existent, il n'y est pour rien.
Or il existe une autre forme d'activité et de liberté que celles impliquées par l'action, laquelle suppose le désir et la volonté d'obtenir un résultat pensé à l'avance. C'est une activité et une liberté où l'on ne choisit pas entre des possibles déjà là, mais où l'on invente les possibilités elles-mêmes. C'est la liberté de l'artiste, du poète, du philosophe créateur. Avant que Rimbaud ne l'ait engendré, le Bateau ivre était absolument inanticipable. Or, dans cette œuvre, le poète s'est exprimé dans son essence la plus intime, la plus irréductiblement personnelle, la moins socialisée, son tao. Plus exactement, il a laissé s'exprimer en lui la spontanéité du tao (ziran: le «spontané»). Pour cela, il a dû laisser de côté la société, ou l'écarter, tout comme un rebelle, pour donner libre cours en lui à l'élan créateur, à l'inventivité essentielle. Le taoïsme ne supprime pas le libre arbitre ; il le laisse à la masse des gens ordinaires, à ceux qui ont besoin que la société leur propose des voies, qui ne savent pas trouver par eux-mêmes la Voie (Tao), qui donc ne sont pas capables d'épouser le mouvement créateur de la Vie, et de se faire eux-mêmes créateurs.
Marcel Conche, Libérer la spontanéité du tao
Or il existe une autre forme d'activité et de liberté que celles impliquées par l'action, laquelle suppose le désir et la volonté d'obtenir un résultat pensé à l'avance. C'est une activité et une liberté où l'on ne choisit pas entre des possibles déjà là, mais où l'on invente les possibilités elles-mêmes. C'est la liberté de l'artiste, du poète, du philosophe créateur. Avant que Rimbaud ne l'ait engendré, le Bateau ivre était absolument inanticipable. Or, dans cette œuvre, le poète s'est exprimé dans son essence la plus intime, la plus irréductiblement personnelle, la moins socialisée, son tao. Plus exactement, il a laissé s'exprimer en lui la spontanéité du tao (ziran: le «spontané»). Pour cela, il a dû laisser de côté la société, ou l'écarter, tout comme un rebelle, pour donner libre cours en lui à l'élan créateur, à l'inventivité essentielle. Le taoïsme ne supprime pas le libre arbitre ; il le laisse à la masse des gens ordinaires, à ceux qui ont besoin que la société leur propose des voies, qui ne savent pas trouver par eux-mêmes la Voie (Tao), qui donc ne sont pas capables d'épouser le mouvement créateur de la Vie, et de se faire eux-mêmes créateurs.
Marcel Conche, Libérer la spontanéité du tao
mercredi 22 février 2017
La psychanalyse n'a jamais eu la prétention de donner une théorie complète de la vie psychique de l'homme en générale : elle demandait seulement qu'on utilisât ses données pour compléter et corriger celles qui avaient été acquises et obtenues par d'autres moyens.
Sigmund Freud, Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique
Sigmund Freud, Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique
mardi 21 février 2017
lundi 20 février 2017
Une des caractéristiques de Bion est de proposer sans jamais imposer aucun point de vue. Si vous êtes amenés à agir d'une façon différente de ce qu'il recommande, il conseille plutôt de continuer à faire selon vos habitudes, car vous en avez besoin. Il faut également être tolérant à l'idée qu'il y a dans l'analyse plus de suggestion que l'analyste n'en n'a conscience. Il s'agit en psychanalyse de décrire ce qui est pensé entre deux partenaires. Mais le patient est rusé. Il n'y a pas de patient, dit-il, qui ne se paye la tête de son analyste.
André Green, Discuter avec Bion. Présentation de "Quatre discussions avec Bion"
André Green, Discuter avec Bion. Présentation de "Quatre discussions avec Bion"
jeudi 16 février 2017
mercredi 15 février 2017
mardi 14 février 2017
lundi 13 février 2017
vendredi 10 février 2017
jeudi 9 février 2017
mercredi 8 février 2017
Je ne suis pas assez naïf pour prétendre que mes conclusions sur ces difficiles questions soient définitives. J'ai souvent changé mes opinions et je les changerai aussi souvent que les faits l'exigeront, car, tel un caméléon, le chercheur sincère devrait changer ses couleurs pour s'adapter aux changements de couleurs du sol qu'il foule.
James George Frazer, Préface au 1er volume de Totemism and Exogamy
James George Frazer, Préface au 1er volume de Totemism and Exogamy
mardi 7 février 2017
Pour cette raison le drogué est aujourd'hui la figure symbolique employée pour définir les visages d'un anti-sujet. C'était le fou qui occupait autrefois cette place. Si la dépression est l'histoire d'un introuvable sujet, l'addiction est la nostalgie d'un sujet perdu.
Alain Ehrenberg, La fatigue d'être soi
Alain Ehrenberg, La fatigue d'être soi
lundi 6 février 2017
vendredi 3 février 2017
jeudi 2 février 2017
mercredi 1 février 2017
mardi 31 janvier 2017
lundi 30 janvier 2017
lundi 16 janvier 2017
vendredi 13 janvier 2017
jeudi 12 janvier 2017
mercredi 11 janvier 2017
mardi 10 janvier 2017
lundi 9 janvier 2017
vendredi 23 décembre 2016
mardi 20 décembre 2016
Nous savons peu de choses, mais qu’il faille nous tenir au difficile, c’est là une certitude qui ne doit pas nous quitter. Il est bon d’être seul parce que la solitude est difficile. Qu’une chose soit difficile doit nous être une raison de plus de nous y tenir. Il est bon aussi d’aimer ; car l’amour est difficile. L’amour d’un être humain pour un autre, c’est peut-être l’épreuve la plus difficile pour chacun de nous, c’est le plus haut témoignage de nous-même.
Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète
Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète
lundi 19 décembre 2016
vendredi 16 décembre 2016
Je crois que lorsque les poètes se plaignent que deux âmes habitent l’homme et quand les vulgarisateurs de psychologie parlent du clivage du moi en l’homme, c’est ce dédoublement, ressortissant à la psychologie du moi, entre l’instance critique et le reste du moi qu’ils ont en tête, et non l’opposition mise à jour par la psychanalyse entre le moi et le refoulé inconscient. Il est vrai que cette distinction est estompée par le fait que parmi ce qui est rejeté par la critique venue du moi se trouvent en premier lieu les rejetons de l’inconscient.
Sigmund Freud, L'inquiétante étrangeté
Sigmund Freud, L'inquiétante étrangeté
jeudi 15 décembre 2016
mercredi 14 décembre 2016
mardi 13 décembre 2016
vendredi 9 décembre 2016
L’instinct de mort n’est que le désir de vivre renversé en son contraire, une forme creuse transformée en forme pleine, fascinant l’imaginaire à cause de la souffrance et de l’ambivalence du désir engagé dans les frustrations de la réalité.
Jean Guillaumin, Entre blessure et cicatrice, le destin du négatif dans la psychanalyse
Jean Guillaumin, Entre blessure et cicatrice, le destin du négatif dans la psychanalyse
jeudi 8 décembre 2016
mercredi 7 décembre 2016
Les mots faisaient primitivement partie de la magie, et de nos jours encore le mot garde beaucoup de sa puissance de jadis. Avec des mots un homme peut rendre son semblable heureux ou le pousser au désespoir, et c'est à l'aide de mots que le maître transmet son savoir à ses élèves, qu'un orateur entraîne ses auditeurs et détermine leurs jugements et décisions. Les mots provoquent des émotions et constituent pour les hommes le moyen général de s'influencer réciproquement.
Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse
Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse
mardi 6 décembre 2016
lundi 5 décembre 2016
vendredi 2 décembre 2016
jeudi 1 décembre 2016
mercredi 30 novembre 2016
mardi 29 novembre 2016
Il existe une analogie évidente entre la psychanalyse et la littérature. Nous y voyons à l’œuvre, sans doute par des voies différentes, […] le même postulat : être, pour la première fois, entendu, reconnu, […], et dans le même mouvement, craindre d’être absorbé par la pensée et par le langage.
J.-B. Pontalis, Perdre de vue
J.-B. Pontalis, Perdre de vue
lundi 28 novembre 2016
vendredi 25 novembre 2016
jeudi 24 novembre 2016
mercredi 23 novembre 2016
Il ne serait pas étonnant que nous venions à découvrir une instance psychique particulière qui remplisse la mission consistant à veiller sur la garantie de la satisfaction narcissique à partir de l'idéal du moi, et qui, dans cette intention, observe sans interruption le moi actuel et le mesure à l'aune de l'idéal.
Sigmund Freud, Pour introduire le narcissisme
Sigmund Freud, Pour introduire le narcissisme
mardi 22 novembre 2016
lundi 21 novembre 2016
vendredi 18 novembre 2016
jeudi 17 novembre 2016
Résumons-nous : absence de contradiction, processus primaire (mobilité des investissements), intemporalité et substitution à la réalité extérieure de la réalité psychique, tels sont les caractères que nous devons nous attendre à trouver aux processus appartenant au système Ics.
Sigmund Freud, L'inconscient
Sigmund Freud, L'inconscient
mercredi 16 novembre 2016
mardi 15 novembre 2016
vendredi 11 novembre 2016
jeudi 10 novembre 2016
mercredi 9 novembre 2016
mardi 8 novembre 2016
lundi 7 novembre 2016
vendredi 4 novembre 2016
Les patients dont la personnalité se présente sous forme d'archipels ou les états limites polytraumatisés ne se présentent pas comme porteurs d'un symptôme ou présentant une séquelle traumatique, ils se sont identifiés au traumatisme, ils sont le traumatisme.
Michel Neyraut, Les raisons de l'irrationnel
Michel Neyraut, Les raisons de l'irrationnel
jeudi 3 novembre 2016
mercredi 2 novembre 2016
La multiplicité des points de vue ne mène pas au relativisme ou au scepticisme, mais elle s'inscrit au contraire dans la structure de la vérité elle-même.
En d'autres termes, s'il existait une vérité-une, elle ne saurait se donner, à l'échelle humaine, que dans la pluralité et la contradiction.
Stéphane Moses, L'Éros et la Loi
En d'autres termes, s'il existait une vérité-une, elle ne saurait se donner, à l'échelle humaine, que dans la pluralité et la contradiction.
Stéphane Moses, L'Éros et la Loi
mardi 1 novembre 2016
mercredi 26 octobre 2016
L’acte analytique est solidaire du savoir métapsychologique. La métapsychologie n’est pas la “doctrine” de l’analyste, c’est sa boussole. Elle est justement destinée à faire sortir la psychologie de son caractère “hasardeux”, tout en s’exposant à l’incertitude implacable du réel. Chez le métapsychologue, pour paraphraser Merleau-Ponty, le “goût de l’évidence” s’éprouve au contact du “sens de l’ambiguïté”. La rigueur ne se sépare pas du sens du singulier, elle s’y alimente même. C’est la part inaliénable du Phantasieren, du “fantasmer”, soit l’imaginaire théorique sans lequel le “matériel” resterait aveugle et mutique.
Paul-Laurent Assoun, La métapsychologie
Paul-Laurent Assoun, La métapsychologie
mardi 25 octobre 2016
lundi 24 octobre 2016
vendredi 21 octobre 2016
En somme, il faut distinguer entre le désir de soulager qui domine la psychothérapie et celui d'analyser, qui implique un travail d'une autre nature. D'où les malentendus entre supervisé et superviseur. Le premier voudra que le superviseur reconnaisse que le patient "a fait des progrès", tandis que celui-ci pourra faire remarquer, sans contester les progrès, que la nature de ceux-ci, ne plaide pas en faveur d'une intégration portant sur la reconnaissance de l'inconscient. Et l'évolution vers l'autoanalyse (F. Busch).
Les mérites des deux méthodes ne sont pas à opposer mais à distinguer, en reconnaissant ce qui est spécifique au travail analytique. Il faut pour cela admettre que l'effet recherché de l'analyse ne se limite pas au "progrès" de l'analysant, et se donner pour but la nécessité de parvenir à une sorte de "conversion" interne [...].
André Green, Illusions et désillusions du travail psychanalytique
Les mérites des deux méthodes ne sont pas à opposer mais à distinguer, en reconnaissant ce qui est spécifique au travail analytique. Il faut pour cela admettre que l'effet recherché de l'analyse ne se limite pas au "progrès" de l'analysant, et se donner pour but la nécessité de parvenir à une sorte de "conversion" interne [...].
André Green, Illusions et désillusions du travail psychanalytique
mardi 18 octobre 2016
Ceci n'est pas seulement une autobiographie. [...] C'est un nouveau chapitre ajouté à l'histoire que Springsteen raconte depuis près de cinquante ans à travers ses disques et ses concerts. [...] Celle d'un dépressif qui, en plus de trente ans de thérapie, a chassé ses fantômes pour finir par les adopter, à défaut d'avoir pu les dompter.
D. H., "Des plaies et un Boss", sur Born to Run de Bruce Springsteen, paru dans le Canard Enchaîné n° 5007 du mercredi 12 octobre 2016
D. H., "Des plaies et un Boss", sur Born to Run de Bruce Springsteen, paru dans le Canard Enchaîné n° 5007 du mercredi 12 octobre 2016
vendredi 14 octobre 2016
jeudi 13 octobre 2016
mardi 11 octobre 2016
vendredi 7 octobre 2016
jeudi 6 octobre 2016
mercredi 5 octobre 2016
La solution sadomasochiste satisfait toutes les exigences possibles. Dans le fond, la monade sadomasochiste correspond au maximum de prestation narcissique : l'objet est consentant à tous égards au plaisir et à la volonté de l'autre. C'est pour cette raison que le corps propre, objet de plaisir docilement soumis et contrôlable, devient la meilleure scène du fantasme pervers.
Franco De Masi, La perversion sadomasochiste
Franco De Masi, La perversion sadomasochiste
mardi 4 octobre 2016
Je suis convaincu que ce sont des faits psychiques et émotionnels qui déclenchent l’état psychotique, lequel, à son tour, engendre des altérations biochimiques. En ce sens, la psychanalyse et la psychothérapie analytique non seulement constituent une alternative ou un complément à la pharmacologie, mais offrent également au patient une véritable voie de sortie de l’état morbide.
Franco De Masi, Vulnérabilité à la psychose
Franco De Masi, Vulnérabilité à la psychose
lundi 3 octobre 2016
vendredi 30 septembre 2016
Si nous plaçons l’inceste, donc la sexualité, comme plaisir des plaisirs nécessitant l’invention d’une règle des règles, la castration apparaît bien comme le régulateur indispensable de la sexualité non seulement pour la vie sociale mais pour la croyance de l’individu en sa propre survie terrestre, aussi longue que possible. […] Le sens de la castration est donc bien symbolique : pas seulement par sa face érotique en relation avec la mère incestueuse du complexe d’Œdipe, mais aussi par sa face meurtrière, vectrice du désir de faire mourir celui qui s’oppose à ce plaisir incestueux. La castration apparaît comme une mesure qui évite la vengeance du talion en punition du désir parricide. Non par mansuétude, mais parce que les raisons du meurtre peuvent être multipliées. […] La sexualité est donc ici reconnue dans sa double valeur : celle de la différence des sexes et celle du rapport de la génération, c’est-à-dire de la perpétuation de la vie. L’inceste et la mort sont réunis à travers le symbole négatif de la castration.
André Green, Le complexe de castration
André Green, Le complexe de castration
jeudi 29 septembre 2016
mercredi 28 septembre 2016
Là où il se rencontrent confiance et fiabilité, il y a un espace potentiel, espace qui peut devenir une aire infinie de séparation, espace que le bébé, l'enfant l'adulte peuvent remplir créativement en jouant, ce qui deviendra ultérieurement l'utilisation heureuse de l'héritage culturel.
Octave Mannoni, La Part du jeu
Octave Mannoni, La Part du jeu
mardi 27 septembre 2016
lundi 26 septembre 2016
vendredi 23 septembre 2016
Supposons qu’ayant deviné la représentation jadis refoulée par un de nos patients, nous la lui fassions connaître. Cette révélation n’aura d’abord aucune répercussion sur son état psychique et n’abolira surtout pas le refoulement ni ses conséquences, et peut-être en serons-nous surpris, puisque la représentation autrefois inconsciente est dès lors devenue consciente. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette idée refoulée sera à nouveau repoussée. Mais le patient a maintenant réellement une représentation sous deux formes différentes en diverses localités de son appareil psychique. En premier lieu, il a un souvenir auditif conscient de cette représentation par ce que nous en avons dit, en second lieu, il porte en lui, ainsi que nous le savons avec certitude, le souvenir inconscient, sous sa forme primitive, de ce qu’il a vécu. En réalité, le refoulement n’est levé que lorsque la représentation consciente a pu se mettre en relation, une fois les résistances surmontées, avec les traces mnésiques inconscientes. Ce n’est qu’après que celles-ci sont devenues conscientes qu’on aboutit au succès. Un examen superficiel pourrait faire croire que les représentations conscientes et inconscientes sont des enregistrements différents, topiquement séparés du même contenu. Mais la réflexion montre de suite que l’identité de la révélation faite au patient et du souvenir refoulé par celui-ci n’est qu’apparente. Le fait d’avoir entendu, et celui d’avoir d’abord vécu quelque chose, sont de nature psychologique absolument différente, même lorsque le contenu est identique.
Sigmund Freud, L'inconscient
Sigmund Freud, L'inconscient
vendredi 16 septembre 2016
mercredi 14 septembre 2016
Notre tâche à nous psychanalystes d'aujourd'hui n'est pas de répéter ce qu'a découvert Freud sur la crise de l'homme occidental à la fin de l'ère victorienne mais de trouver une réponse psychanalytique au malaise de l'homme dans la civilisation présente.
Didier Anzieu, Devenir psychanalyste aujourd'hui
Didier Anzieu, Devenir psychanalyste aujourd'hui
mardi 13 septembre 2016
lundi 12 septembre 2016
vendredi 9 septembre 2016
jeudi 8 septembre 2016
mercredi 7 septembre 2016
mardi 6 septembre 2016
lundi 5 septembre 2016
Rien d'étranger n'est entré en toi ; c'est une partie de ta propre vie psychique qui s'est dérobée à ta connaissance et à la domination de ta volonté. C'est pourquoi d'ailleurs tu es si faible pour te défendre ; tu combats avec une partie de tes forces contre l'autre partie ; tu ne peux pas mobiliser toutes tes forces comme contre un ennemi extérieur. Et ce n'est même pas la part la plus mauvaise ou la plus insignifiante de tes forces psychiques qui s'est ainsi opposée à toi et est devenue indépendante de toi. La responsabilité, je dois le dire, t'en incombe entièrement. Tu as surestimé tes forces quand tu as cru que tu pouvais faire de tes pulsions sexuelles ce que tu voulais, et que tu n'avais pas besoin de faire le moindre cas de leurs intentions. Alors elles se sont révoltées, et ont suivi leurs propres voies obscures pour échapper à la répression, elles se sont fait droit d'une manière qui ne peut plus te convenir. Comment elles y ont réussi, et par quelles routes elles ont cheminé, cela, tu ne l'as pas appris ; c'est seulement le résultat de ce travail, le symptôme, que tu ressens comme souffrance, qui est parvenu à ta connaissance. Tu ne le reconnais pas alors comme un rejeton de tes propres pulsions réprouvées, et tu ne sais pas qu'il s'agit là de leur satisfaction substitutive.
Sigmund Freud, Une difficulté de la psychanalyse
Sigmund Freud, Une difficulté de la psychanalyse
vendredi 2 septembre 2016
jeudi 1 septembre 2016
Les dix commandements paradoxaux
Kent M. Keith
- Les gens sont déraisonnables, illogiques et égocentriques. Aimez-les quand même.
- Si vous êtes désintéressé, les gens vous prêteront des motifs égoïstes et calculateurs. Soyez désintéressé quand même.
- Si vous réussissez, vous gagnerez de faux amis et de vrais ennemis. Réussissez quand même.
- Le bien que vous faites aujourd’hui sera oublié demain. Faites le bien quand même.
- L’honnêteté et la franchise vous rendent vulnérable. Soyez honnête et franc quand même.
- Ceux qui voient grand peuvent être anéantis par les esprits les plus mesquins. Voyez grand quand même.
- Les gens aiment les petites gens, mais préfèrent suivre les puissants. Luttez pour les petites gens quand même.
- Ce que vous avez mis des années à bâtir peut être détruit du jour au lendemain. Bâtissez quand même.
- Les gens ont besoin d’être secourus, mais certains se retourneront contre vous si vous les aidez. Aidez-les quand même.
- Si vous donnez au monde le meilleur de vous-même, vous risquez d’y laisser des plumes. Donnez le meilleur quand même.
Kent M. Keith
mercredi 27 juillet 2016
mardi 26 juillet 2016
lundi 25 juillet 2016
vendredi 22 juillet 2016
jeudi 21 juillet 2016
mercredi 20 juillet 2016
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