mardi 7 juin 2016

La pathologie de la théorie c'est de la prendre pour la vérité.

Octave Mannoni, Un commencement qui n'en finit pas

lundi 6 juin 2016

Les paradoxes d'aujourd'hui sont les préjugés de demain.

Marcel Proust, Les Plaisirs et les Jours

vendredi 3 juin 2016

On ne peut s'empêcher de vieillir, mais on peut s'empêcher de devenir vieux.

Henri Matisse

jeudi 2 juin 2016

Souciez-vous de ce que les gens pensent et vous serez toujours leur prisonnier.

Lao-tseu, Tao Te King

mercredi 1 juin 2016

Connais ton masculin, garde ton féminin, deviens le ravin du monde.

Lao-tseu, Tao Te King

mardi 31 mai 2016

Marcher
Sans rien attendre
Jusqu'à devenir chemin.

Anise Koltz, Somnambule du jour

lundi 30 mai 2016

Retenir équivaut à croire qu’il y a seulement un passé, lâcher prise, c’est savoir qu’il y a un avenir.

Daphne Rose Kingma

jeudi 26 mai 2016

L'important n'est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir.

Bernard Werber, Le père de nos pères

mercredi 25 mai 2016

L'espace analytique du groupe relie la représentation sociale et la représentation au sens freudien. L'analyse de groupe ne sollicite-t-elle pas plus particulièrement le système préconscient et les affects réprimés ? Les représentations inconscientes s'inscrivent dans l'espace transitionnel du groupe, qui est contenant pour les angoisses primaires.

Jean Claude Rouchy, Le groupe, espace analytique, clinique et théorie

mardi 24 mai 2016

L'intelligence ce n'est pas ce que l'on sait, mais ce que l'on fait quand on ne sait pas.

Jean Piaget

lundi 23 mai 2016

Le pardon signifie aimer la personne que tu étais. L'estime de soi signifie aimer la personne que tu es. La confiance signifie aimer la personne que tu deviens.

Doe Zantamata

jeudi 19 mai 2016

La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.

Albert Einstein

mercredi 18 mai 2016

"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort." C'était une connerie. Du moins dans son acception banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit [...]. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate. En cas de choc, elle reste meurtrie, marquée, hantée.

Jean-Christophe Grangé, Le passager

vendredi 13 mai 2016

Si

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être que penseur ;

Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !

(Traduction : André Maurois, 1918)

Rudyard Kipling

jeudi 12 mai 2016

Votre gagne pain ne m’intéresse pas. Je veux savoir de quoi vous vous languissez et si vous osez rêver de rencontrer ce dont votre coeur se languit. Votre âge ne m’intéresse pas. Je veux savoir si vous accepterez de prendre le risque d’avoir l’air idiot pour l’amour, pour vos rêves, pour l’aventure d’être vivant.

Oriah Mountain Dreamer, The Invitation

mercredi 11 mai 2016

De nouveau s’élève contre la psychanalyse le reproche de compliquer les choses les plus simples par des arguties, de voir des mystères et des problèmes là où il n’en existe pas et d’y arriver en soulignant outre mesure de petites choses accessoires, telles qu’on peut en rencontrer partout, leur faisant porter les conclusions les plus amples et les plus étranges. Nous ferions en vain valoir, là contre, qu’en rejetant ainsi l’analyse, beaucoup d’analogies frappantes se trouveraient supprimées, de délicats enchaînements détruits, que nous eussions pu mettre au jour dans ce cas. Les contra­dicteurs diront que ces analogies et ces enchaînements n’existent tout simple­ment pas, et qu’ils sont introduits par nous avec une ingéniosité superflue.

Sigmund Freud, Une névrose démoniaque au XVIIe siècle

mardi 10 mai 2016

L'espace d'une vie est le même, qu'on le fasse en chantant ou en pleurant.

Proverbe japonais

lundi 9 mai 2016

La seule chose qui puisse devenir fatale à l’homme, c’est de croire à la fatalité.

Martin Buber, Je et Tu

vendredi 6 mai 2016

Je ne peux le dire à personne, alors je le dis à tout le monde.

Frigyes Karinthy, La ballade des hommes muets

mercredi 4 mai 2016

C'est tellement mystérieux, le pays des larmes.

Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince

mardi 3 mai 2016

Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi. 

Jean Cocteau

lundi 2 mai 2016

Je ne suis pas seule à être fatiguée, malade, triste ou angoissée, je le suis à l'unisson de millions d'autres à travers les siècles, tout cela c'est la vie.

Etty Hillesum

vendredi 29 avril 2016

Chaque fois que tu dis « oui », à quoi dis-tu « non » ?
Chaque fois que tu dis « non », à quoi dis-tu « oui » ?

Jacques Salomé

jeudi 28 avril 2016

Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible.

Albert Camus, L'été

mercredi 27 avril 2016

J'ai connu quelqu'un qui énumérait, comme un vendeur vantant les produits qu'il propose à l'acheteur, les qualités de la femme avec qui il vivait : « Elle est jolie, intelligente, cultivée, de bonne famille, elle fait plutôt bien l'amour, et très bien la cuisine. » Il l'estimait à son juste prix. Il ignorait que chacun invente toujours l'être dont il est épris. Cet homme n'était pas amoureux. L'amour, dans son principe même, est surestimation. Il n'est pas réaliste.

J.-B. Pontalis, Elles

mardi 26 avril 2016

L'étude des rêves, des fantasmes et des mythes nous a appris que l'angoisse liée aux yeux, l'angoisse de devenir aveugle, est assez souvent un succédané à l'angoisse de castration.

Sigmund Freud, L'inquiétant familier

lundi 25 avril 2016

On peut toujours reconstruire, même sur des ruines.

Martin Gray

vendredi 22 avril 2016

Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante.

George Orwell, 1984

jeudi 21 avril 2016

Vous voulez la paix : créez l'amour.

Victor Hugo, Choses vues

mercredi 20 avril 2016

Quand nous cherchons à nous rappeler ce qui nous est arrivé dans notre première enfance, nous sommes souvent exposés à confondre ce que d’autres personnes nous ont dit avec ce que nous devons réellement à notre expérience et à nos observations propres.

Johann Wolfgang von Goethe, Poésie et Vérité

mardi 19 avril 2016

L’image de la boiterie et du gaucher s’est imposée à moi qui suis gaucher parce que c’est toujours en faisant un pas de côté qu’on invente et non pas en suivant la route droite de la méthode.

Michel Serres, Le gaucher boiteux

lundi 18 avril 2016

Le comportement du rêve à l'égard de la catégorie de l'opposition et de la contradiction est extrêmement frappant. Celle-ci est tout bonnement négligée. Le "non" semble, pour le rêve, ne pas exister. Avec une prédilection particulière, les oppositions sont contractées en une unité ou représentées par un élément unique. Mieux, le rêve prend également la liberté de représenter n'importe quel élément par le désir de son opposé, de sorte qu'au premier abord, on ne sait d'aucun élément admettant un contraire s'il est contenu dans les pensées du rêve de manière positive ou négative.

Sigmund Freud, L'interprétation du rêve

vendredi 15 avril 2016

Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose... Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer.

Antoine de Saint-Exupéry

jeudi 14 avril 2016

Je suis fatigué, et j'en ai marre, d'entendre des théories psychanalytiques. Si elles ne me renvoient pas à la vraie vie, elles ne me sont d'aucune utilité.

Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion

mercredi 13 avril 2016

Si je prends soin de l'autre en me négligeant moi-même, j'entretiens la négligence et non le soin.

Thomas d'Ansembourg, Etre heureux ce n'est pas nécessairement confortable

mardi 12 avril 2016

A ce dont l’esprit se contente, on peut mesurer la grandeur de sa perte.

Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Préface à "La phénoménologie de l'esprit"

lundi 11 avril 2016

En fait nous ne pouvons renoncer à rien, nous ne faisons que troquer une chose contre une autre ; ce qui paraît être un renoncement est en réalité une substitution ou subrogation.

Sigmund Freud, L'écrivain et l'imagination

vendredi 8 avril 2016

L'angoisse provient du danger qui menace l'organisme du fait de la pulsion de mort, et j'ai soutenu que c'était là la cause première de l'angoisse. La description par Freud de la lutte entre les pulsions de vie et de mort (qui mène à la déflexion d'une partie de la pulsion de mort vers l'extérieur et à la fusion des deux pulsions) nous orienterait vers la conclusion que l'angoisse a son origine dans la peur et dans la mort.

Melanie Klein, Sur la théorie de l'angoisse et de la culpabilité

jeudi 7 avril 2016

La névrose est caractérisée par le fait qu'elle donne à la réalité psychique le pas sur la réalité de fait, qu'elle réagit à l'action des idées avec le même sérieux avec lequel les êtres normaux réagissent devant les réalités.

Sigmund Freud, Totem et tabou

mercredi 6 avril 2016

Celui qui veut voir l'arc-en-ciel doit apprendre à aimer la pluie.

Paulo Coelho, Aleph

lundi 4 avril 2016

[...] et c'est pourquoi, comme disait Kant, on ne peut apprendre la philosophie : on ne peut apprendre qu'à philosopher.

André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique

vendredi 1 avril 2016

J'ai envie de gestes inutiles et surtout maladroits, j'aspire à des temps morts, à des échanges futiles, à des jeux sans règle. C'est dans l'indéterminé que je me retrouve.
 
J.-B. Pontalis, L'amour des commencements

jeudi 31 mars 2016

Il n'est plus possible que l'analyste conserve l'idée qu'il a pu se faire au cours de son premier apprentissage psychiatrique et selon laquelle il existe des maladies psychiatriques définies. En fait, au cours du travail analytique, il devient évident pour l'analyste que, dans la mesure où la psychiatrie est affaire de diagnostic, elle constitue une tentative considérable pour arriver à l'impossible, puisque non seulement le diagnostic d'un patient devient plus clair au fur et à mesure que l'analyse progresse, mais il se modifie également. Un hystérique pourra dévoiler une schizophrénie sous-jacente, tandis qu'une personne schizoïde s'avérera être le membre bien portant d'un groupement familial malade, et qu'un obsessionnel apparaîtra finalement comme un dépressif.

Donald W. Winnicott, Processus de maturation chez l'enfant

mardi 29 mars 2016

Ma faiblesse m'est chère. Je tiens à mon imperfection comme à ma raison d'être.

Anatole France, Le Jardin d’Epicure

vendredi 25 mars 2016

Les hommes ont une tendance universelle à concevoir tous les êtres à leur ressemblance et à transférer à tous les objets les qualités auxquelles ils sont habitués et familiarisés et dont ils ont une conscience intime.

David Hume, Histoire naturelle de la religion

jeudi 24 mars 2016

Je ne suis pas obligé de faire quelque chose en permanence.

Richard Carlson, 1000 affirmations pour booster votre moral

mercredi 23 mars 2016

De nombreuses expériences, par exemple celle de Nicolas Guéguen, un chercheur en sciences du comportement de l'université Bretagne-Sud, ont montré qu'on obtient toujours plus de quelqu'un quand on le laisse "libre de..." : le taux d'acceptation (et de paix des ménages) est multiplié par trois.

Gilles Azzopardi, la vérité sur les accords toltèques

mardi 22 mars 2016

La projection n’est pas uniquement un moyen de défense ; on l’observe également dans les cas où il n’est pas question de conflit. La projection au dehors de perceptions intérieures est un mécanisme primitif auquel sont soumises également nos perceptions sensorielles, et joue par conséquent un rôle capital dans notre mode de représentation du monde extérieur.

Sigmund Freud, Totem et tabou

lundi 21 mars 2016

Par moi-peau, nous désignons une figuration dont le moi de l'enfant se sert au cours des phases précoces de son développement pour se représenter lui-même comme moi à partir de son expérience de la surface du corps. Cela correspond au moment où le moi psychique se différencie du moi corporel sur le plan opératif et reste confondu avec lui sur le plan figuratif.

Didier Anzieu, Le moi-peau

vendredi 18 mars 2016

Laissez-moi vous révéler que l’expérience ne compte pour rien. […] L’heure de la fin des découvertes ne sonne jamais. Le monde m’est nouveau à mon réveil chaque matin et je ne cesserai d’éclore que pour cesser de vivre.

Allocution de Colette aux étudiants lors de la projection du Blé en herbe en 1954

jeudi 17 mars 2016

Je revendique le droit à l'ignorance.

Roland Barthes

mercredi 16 mars 2016

La résilience est un tricot qui noue une laine du développement avec une laine effective sociale... La résilience n'est pas une substance, c'est un maillage. Nous sommes contraints de nous tricoter avec nos rencontres dans nos milieux affectifs et sociaux.

Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur

lundi 14 mars 2016

Un guerrier de la lumière constate que certains moments se répètent.
Fréquemment, il se voit placé devant des problèmes et de situations auxquels il avait déjà été confronté. Alors il est déprimé. Il songe qu'il est incapable de progresser dans la vie, puisque les difficultés sont de retour.

"Je suis déjà passé par là, se plaint-il à son cœur.
- Il est vrai que tu as déjà vécu cela, répond son cœur. Mais tu ne l'as jamais dépassé."

Le guerrier comprend alors que la répétition des expériences a une unique finalité : lui enseigner ce qu'il n'a pas encore appris.

Paulo Coelho, Manuel du guerrier de la lumière

vendredi 11 mars 2016

Imaginez que tout le monde est "éclairé", sauf vous.

Cette stratégie va vous donner l'occasion de pratiquer une simulation qui vous paraîtra d'abord parfaitement inacceptable. Pourtant, si vous acceptez de jouer le jeu, vous découvrirez un exercice très utile à votre épanouissement personnel.

Imaginez que les personnes autour de vous - amies ou inconnues - soient des sages parfaits. Le monde est peuplé de bienheureux, d'êtres réalisés (appelez-les comme vous voulez) - sauf vous ! Et tous ont ont quelque chose à vous apprendre. Le pignouf dans sa camionnette garée en double file est là pour vous enseigner la patience, le punk à crête d'Iroquois vous rappelle qu'on ne doit jamais juger sur les apparences...

Votre travail consiste à découvrir la leçon que chacune de ces personnes essaie de vous transmettre. De cette façon, vous vous sentirez de moins en moins agacé par son comportement ou par ses défauts. Prenez l'habitude d'aborder la vie ainsi. Vous ne le regretterez pas. Au moment où vous devinez ce que telle ou telle personne veut vous inculquer, votre colère à son égard s'envole comme par enchantement. Supposons, par exemple, que vous soyez à la poste et que le préposé prenne un malin plaisir à dispenser ses services à la vitesse d'un escargot. Plutôt que de rouspéter, posez-là question : "Qu'essaie-t-il de m'enseigner ?" Peut-être vous demande-t-il de faire preuve de plus de compassion : avez-vous jamais mesuré combien il est difficile d'exercer un travail qui vous rebute ? À moins que ce fonctionnaire ne vous incite à mieux tenir la bride à vos passions : faire la queue n'est-il pas une excellente occasion de refréner votre impatience ?

Vous serez surpris de voir à quel point ce petit jeu peut devenir facile et amusant. Il suffit de modifier votre perception; passez de la colère hargneuse ("Pourquoi me font-ils subir ça ?") à la curiosité philosophique ("Qu'essaient-ils de m'apprendre ?"). Souvenez-vous : le monde autour de vous est peuplé de sages...

Richard Carlson, Ne vous noyez pas dans un verre d'eau

jeudi 10 mars 2016

La capacité d'être seul n'est pas automatiquement acquise, même si l'individu est parfois effectivement seul. En fait, elle implique que l'individu ait été capable préalablement d'élaborer un monde interne, de retrouver un état de non-intégration psychique (c'est-à-dire de laisser-aller, de détente, en rapport avec l'aire intermédiaire). La capacité d'être seul devient possible si l'objet extérieur (au départ la mère) est introjecté, re-présenté par l'enfant ; elle est précédée par le paradoxe de "l'expérience d'être seul en présence de quelqu'un".

Madeleine Davis et David Wallbridge, Winnicott : introduction à son oeuvre

mercredi 9 mars 2016

Le moment est maintenant venu d’étudier les forces mises en branle dans le traitement. Le moteur principal de ce dernier est la souffrance du patient d’où émane son désir de guérison. Différents facteurs peuvent concourir à affaiblir ces forces, des facteurs qui ne se révèlent qu’au cours des analyses. Le principal d’entre eux est ce que nous appelons le « bénéfice secondaire » de la maladie ; toutefois la force instinctuelle elle-même doit se maintenir jusqu’à la fin du traitement ; toute amélioration en provoque la décroissance. Mais cette force motrice est impuissante, à elle seule, à vaincre la maladie car deux choses lui manquent pour cela : la connaissance des voies à suivre pour aboutir au but désiré et l’insuffisance quantitative des énergies indispensables, à opposer aux résistances. Le traitement analytique remédie à ces deux déficiences. En utilisant les énergies toujours prêtes à être « transférées », il fournit les quantités d’affects nécessaires à la suppression des résistances et, en éclairant, au moment voulu, le malade, l’analyse indique à celui-ci la voie dans laquelle il doit engager ses énergies. Assez souvent le transfert suffit, à lui seul, à supprimer les symptômes morbides, mais cela temporairement et tant qu’il dure seulement. En pareil cas le traitement ne peut être qualifié de psychanalyse, il ne s’agit plus que de suggestion. Le nom de psychanalyse ne s’applique qu’aux procédés où l’intensité du transfert est utilisée contre les résistances. C’est alors seulement que l’état morbide ne peut plus exister, même lorsque le transfert est liquidé comme du reste sa fonction l’exige.

Un autre facteur joue également son rôle dans le traitement : l’intérêt intellectuel suscité chez le patient, sa compréhension. Toutefois ce facteur entre à peine en ligne de compte en regard des autres forces engagées dans la lutte, étant donné qu’il est continuellement menacé de succomber, sous l’influence des résistances, à des troubles du jugement. En somme, transfert et prise de connaissance (par l’explication), telles sont les sources d’énergies nouvelles dont le patient reste redevable à l’analyste. Toutefois le patient ne fait usage de ses nouvelles lumières que dans la mesure où l’y incite le transfert et c’est là la raison qui oblige l’analyste à attendre qu’un puissant transfert soit établi pour donner ses premiers éclaircissements et même, dirons-nous, que ce transfert ait cessé d’être perturbé par toutes les résistances qui s’opposent à lui, les unes après les autres.

Sigmund Freud, Le début du traitement

mardi 8 mars 2016

On a dû te dire qu’il fallait réussir dans la vie ; moi je te dis qu’il faut vivre, c’est la plus grande réussite du monde. On t’a dit : « Avec ce que tu sais, tu gagneras de l’argent ». Moi je te dis : « Avec ce que tu sais tu gagneras des joies ». C’est beaucoup mieux.

Jean Giono, Les vraies richesses

lundi 7 mars 2016

Pour dire les choses aussi simplement que possible, quelqu'un qui s'adresse à un psychanalyste le fait pour se déprendre de l'emprise de certaines représentations inconscientes sur son existence. Non pas parce qu'il ne serait pas d'accord avec ces représentations : bien au contraire parce qu'il y consent trop - à son insu -, et que ce consentement - sans qu'il le sache - lui rend la vie impossible. En d'autres termes, ses expériences de vie mettent en crise les repères qui le constituent inconsciemment. Il y a donc discordance, jusqu'à la déchirure parfois.

Sabine Prokhoris, entretien avec Nathalie Dray, Les Inrockuptibles n° 454, août 2004

vendredi 4 mars 2016

Freud n’a point conçu le psychisme inconscient comme le siège de la vérité ou le locus de l’âme humaine. Il a admis que les prétentions de l’inconscient à connaître et à constituer la totalité du sujet étaient aussi infondées que celles du sujet conscient et parlant. Il n’a pas idéalisé l’inconscient en y voyant, avec romantisme, un résidu de l’"homme naturel", pas plus qu’il n’en a fait le vilain de l’histoire… Conscience et inconscience sont conçues comme mutuellement dépendantes, chaque terme définissant, niant et conservant l’autre.

Thomas H. Ogden, Les Sujets de l'analyse

jeudi 3 mars 2016

La distorsion est un universel de modelage de l'expérience qui objective des processus de substitution et de modification des données perçues dans notre expérience.

Catherine Cudicio, Maîtriser l'art de la PNL

mercredi 2 mars 2016

Ne pouvant régler les événements, je me règle moi-même.

Montaigne, Les Essais

mardi 1 mars 2016

Toute ascension vers un endroit merveilleux se fait par un escalier en spirale.

Francis Bacon

lundi 29 février 2016

Clivage du Moi

Freud introduit ce concept en 1927 dans son article sur le fétichisme. Il en fait un mode de défense très particulier où le sujet se "scinde", en quelque sorte, par rapport à la réalité ou à la différence des sexes. Une partie du sujet tient compte de la réalité qu'une autre ne connaît pas. Octave Mannoni a magistralement illustré ce mécanisme par la formule "je sais bien, mais quand même".

Jean-Pierre Chartier, Introduction à la pensée freudienne

vendredi 26 février 2016

Un concept analytique [...], c'est [...] un outil mental permettant de saisir ce qui n'est pas visible, de désigner ce qui autrement resterait ignoré ou méconnu.

J.-B. Pontalis, Perdre de vue

jeudi 25 février 2016

Si la seule solution est la mort nous ne sommes pas sur la bonne voie. La bonne voie est celle qui mène à la vie au soleil. On ne peut avoir froid sans cesse.

Albert Camus, Les Justes

mercredi 24 février 2016

De ce rien, de cet embryon rudimentaire qui est la première idée d'un livre, faire sortir le punctum saliens, la vie de l'œuf, tirer un à un de sa tête les membres d'une phrase, les lignes des caractères, l'intrigue, le nœud, tout ce petit monde animé de vous-même et jailli de vos entrailles, qui est un roman, − quel travail !

Edmond et Jules de Goncourt, Journal des Goncourt, année 1862

mardi 23 février 2016

Vous regardez vos enfants grandir et vous êtes étonnée. Tout se déroule si lentement, et en même temps cela vous semble rapide comme l’éclair.

Donald W. Winnicott, Conseils aux parents

lundi 22 février 2016

Votre temps est limité. Ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonniers des dogmes, ce n’est rien d’autre que vivre selon les conclusions et les réflexions d’autres personnes. Ne laissez pas le brouhaha des opinions des autres étouffer votre voix intérieure. Et, par dessus tout, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition : d’une manière ou d’une autre, ils savent ce que vous voulez vraiment devenir. Tout le reste est secondaire. Soyez insatiables. Soyez fous.

Steve Jobs

vendredi 19 février 2016

Je patine vers l’endroit où le palet va être, et non vers là où il a été.

 Wayne Gretzky

jeudi 18 février 2016

La grandeur d'un métier est peut-être, avant tout, d'unir des hommes : il n'est qu'un luxe véritable, et c'est celui des relations humaines.

Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes

mercredi 17 février 2016

De quelle manière l'homme survit-il au choc qu'il y a de n'être pas tout ?

Georges Bataille

lundi 15 février 2016

L'homme isolé est un homme vaincu.

Alain, Propos

jeudi 4 février 2016

C’est au sortir de sa nuit que l’homme acquiert la connaissance de l’humain.

Pierre Fédida, Des bienfaits de la dépression

mercredi 3 février 2016

Chacun devrait dire ses routes, ses carrefours, ses bancs. Chacun devrait dresser le cadastre de ses campagnes perdues.

Gaston Bachelard, La Poétique de l’espace

lundi 1 février 2016

Comparaison n’est pas raison

La compréhension des choses semble difficilement accessible par l'information et le raisonnement, qui reste encore et pour beaucoup d’entre nous une démarche abstraite. Nous avons souvent besoin, pour réellement comprendre certaines choses, d’établir des points de relation avec notre vécu, avec la réalité perceptible (par nous).
Une autre manière d’arriver à « saisir la réalité » de choses perçues comme « abstraites » est la comparaison. Les textes de références de nos religions chrétiennes en sont l’illustration. Et plus précisément le Nouveau Testament use de « paraboles »…
Mais si cela peut nous aider, il ne faut pas confondre les choses mises en parallèles (c'est à dire « comparées »). Ces choses étant distinctes, elles sont forcément et à des degrés variables, différentes. Il ne faut pas confondre les « images » avec ce qu’elles sont sensées nous aider à comprendre. La véritable compréhension est en réalité le résultat du raisonnement, qui est l’activité de la Raison.

Mais et par ailleurs, le fait de comparer des éléments, ne signifie pas uniquement les décréter comme semblables ou parallèles; c’est aussi les examiner chacun pour voir par exemple ce qu’ils ont de semblable et de différent, chercher des relations entre eux. Et cela est une démarche qui fait partie du concept de raisonnement et de pensée.

Gilles Guérin, www.gillesguerin.com

vendredi 29 janvier 2016

C'est une folie d'haïr toutes les roses, parce que une épine vous a piqué,
D'abandonner tous les rêves, parce que l'un d'entre eux ne s'est pas réalisé,
De renoncer à toutes les tentatives parce qu'une a échoué.
C'est une folie de condamner toutes les amitiés, parce qu'une vous a trahi,
De ne croire plus en l'amour, juste parce qu'un d'entre eux a été infidèle,
De jeter toutes les chances d'être heureux juste, parce que quelque chose n'est pas allé dans la bonne direction.
Il y aura toujours une autre occasion, un autre ami, un autre amour, une force nouvelle.
Pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ.

Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince

jeudi 28 janvier 2016

Je définis par le terme de psychose un fonctionnement psychique marqué par les caractères suivants :

1. La mise en place par le Je, en fonction de la relation qui le lit au porte-parole, d’une relation de cause à effet, ou d’un ordre de causalité, ou d’une cause des origines, qui font appel à ce que j’ai défini de causalité délirante. Par ce qualificatif j’entends la construction par le Je d’une causalité non partagée et non partageable par le discours de l’ensemble. Cette « pensée délirante primaire » sur la cause pourra rester enkystée et constituer alors l’idée délirante primaire ou la potentialité psychotique, ou bien elle pourra donner lieu, lors du déclenchement de la psychose, à une systématisation, partielle ou totale, selon que nous considérons le versant schizophrénique ou le versant paranoïaque.

2. Une relation entre pulsion de vie et pulsion de mort, dans laquelle la première est toujours en danger d’être submergée par la seconde. Exister, penser, aimer, investir, sont toujours pour le psychotique le résultat d’un compromis qui ne peut se préserver qu’au prix de concessions fort importantes faites à Thanatos.

3. La particularité de la réponse apportée par le porte-parole aux acquis que l’enfant doit à sa sensorialité et à ses perceptions va agir sur la manière dont s’opèrera chez ce dernier l’étayage du pulsionnel sur le sensoriel. Au moment où devrait se faire une séparation entre ces deux vecteurs – séparation toujours partielle il vrai, mais qui n’en est pas moins essentielle pour le fonctionnement psychique – persistera toujours le risque que la sensorialité se retrouve totalement asservie au pulsionnel. La conséquence en sera que le perçu perd toute possibilité de préserver une liaison « objective » avec la chose perçue (facteur tout à fait déterminant dans la survenue du phénomène hallucinatoire).

4. La présence d’idées délirantes concernant ce qui est cause de la réalité de soi et du monde. Ces idées pourront cohabiter avec ce que j’appelle un discours rationalisateur, qui n’est que la reprise en écho d’une série de stéréotypes, d’images d’Épinal, présents dans le discours de l’entourage et dans le discours culturel : tant que cette cohabitation est possible, nous serons confrontés a l’équivalent d’un délire en secteur, quand cette cohabitation n’est plus possible, nous serons confrontés à une systématisation du délire.

5. Le renoncement de la part du sujet à croire et même à espérer qu’entre lui et les autres existent des convictions partagées concernant le registre causal. L’absence de cet espoir nous est prouvée par les deux manifestations auxquelles nous avons affaire avant que ne s’ébauche l’investissement d’une relation analytique :
- le mutisme et ses variantes;
- le monologue délirant ininterrompu qui démontre qu’aucune réponse n’est plus attendue.

Piera Aulagnier, Les mouvements d’ouverture dans l’analyse des psychoses

mercredi 27 janvier 2016

L'analyse oscille entre deux illusions : celle d'un discours intégralement transmissible, intégrable au discours lui-même, un dire transcendental [...] et celle d'un incommunicable, où l'indicible échappe à la nature du langage : le non-dit transcendental. Entre les deux : la représentation et l'affect, c'est à dire l'inconscient entre les mots et les choses.

André Green, Narcissisme de vie, narcissisme de mort

mardi 26 janvier 2016

Quel bonheur, quelle promesse de bonheur dans la différence sexuelle ? Quelle chance que les femmes ne soient pas faites comme nous, les hommes ! Etre emporté hors de soi certes peut rendre fou, de colère, de dépit, mais nous permet aussi d'être traversé par un désir insensé, de connaître l'amour fou - ou sage s'il en existe.

J.-B. Pontalis, Elles

lundi 25 janvier 2016

Un schéma est une disposition qui prend sa source dans l'enfance et influence toute notre vie. Il est issu de ce que nous ont fait subir notre famille ou nos jeunes amis. Nous avons été abandonnés, critiqués, surprotégés, victimes d'abus, du rejet de notre entourage ou de privations, toutes choses qui ont entraîné des traumatismes. Au bout d'un certain temps, le schéma s'intègre étroitement à notre personnalité. En renonçant à un schéma, nous renoncerions à à la sécurité de savoir qui nous sommes et de quoi le monde est fait. Ces certitudes, tôt acquises, familières et rassurantes, privent l'avenir de ses aspects aléatoires et incertains. Etrangement, elles nous aident à nous sentir en sécurité.

Aaron Beck, Cognitive therapy and the Emotional disorders

vendredi 22 janvier 2016

Ce que les spécialistes des TCC appellent des “troubles” (disorders) qu’il faut faire disparaître, sont pour les psychanalystes des symptômes qu’il faut d’abord interroger en tant que témoins du fonctionnement psychique et du jeu des représentations inconscientes de l’économie pulsionnelle.

Bernard Brusset in Psychanalystes, qui êtes-vous ? Sous la direction de Roger Perron

mercredi 20 janvier 2016

Dissonance cognitive [en psychothérapie]

Un concept fondamental de la compréhension du changement est la dissonance cognitive. Il y a dissonance cognitive quand le patient prend conscience que ses attitudes diffèrent de celles d'un thérapeute qu'il estime. Il a alors le choix entre modifier ses attitudes pour se rapprocher de la personne estimée, déprécier l'autre, ou encore rompre la relation. La tâche du thérapeute dans ce dilemme consiste à garder suffisamment de valeur et d'influence aux yeux du patient pour que, en cas de dissonance, celui-ci accepte de remettre sérieusement en question son propre système d'attitude, plutôt que de rompre prématurément la relation ou de négliger le point de vue du thérapeute. Ce processus est analogue à la "perlaboration" et repose sur la compétence à maintenir le patient en contact cognitif avec le conflit. La qualité du lien relationnel et de l'alliance thérapeutique, rendue possible (...) prendront toute leur importance à ce stade-là. Un style relationnel et la possibilité de confronter et de modeler les attitudes est à la base d'une expérience émotive correctrice.

Olivier Chambon et Michel Marie-Cardine, Les bases de la psychothérapie

mardi 19 janvier 2016

Nous n’aspirons pas à l’éternité, sinon à celle de l’instant. Nous ne souhaitons pas être immortels mais nous avons la capacité d’être atemporels pour peu que demeurent présents en nous tous les âges de la vie et que nous nous refusions – je renouvelle un vœu formulé tout au long de ce livre en doutant qu’il ait la moindre chance d’être exaucé – à découper le temps.
Comme souvent c’est un enfant qui pose la question toute simple – et pourtant elle suscite en moi un léger vertige : « Est-ce qu’aujourd’hui sera hier, demain ? »

J.-B. Pontalis, Avant

lundi 18 janvier 2016

L’homme obsessionnel

Entre raison et sentiments, son cœur oscille sans cesse, mais ses idées morbides l’empêchent d’aimer librement.

Ces contradictions font de lui un être compliqué, torturé qui masque ses sentiments d’amour et refoule ses pulsions sadiques. Le sceau des contraintes qui marque sa personnalité le condamne à les exprimer d’une façon particulière.

Dans le film « Pour le pire et pour le meilleur», toute l’ambivalence du personnage de Melvin Duvall, écrivain misanthrope et sexiste, réside dans son activité d’auteur de romans à l’eau de rose que vient contredire son tempérament de rustre. L’homme, qui nourrit une peur panique du contact humain au point de se laver les mains cent fois par jour, change lorsqu’il tombe amoureux d’une mère célibataire. Pour elle, il se met en quatre après lui avoir littéralement pourri la vie. Car, au fond, l’obsessionnel, capable des pires méchancetés, est comme n’importe qui, il rêve du grand amour … dont il a une peur bleue.

Sa vie affective s’en trouve négligée, voire totalement ignorée. Les vertiges de la passion, connaît pas. Point de chute éthylique pour l’obsessionnel qui préfère garder ses émotions à distance.
A la confusion des sentiments, il préfère la tranquillité de l’ordre, l’équilibre de la symétrie et la rigueur du rangement. Pour faire sortir le cloporte de sa tanière, il existe une solution : avoir des tas de problèmes et le faire savoir. Ce sera l’occasion pour lui de vous aider à les résoudre, non sans une certaine obséquiosité. Il adore se rendre utile. Et si ça ne suffit pas à l’attirer dans vos rets, débrouillez-vous pour le confronter à l’éventualité de votre propre mort. Dit comme ça, ça peut paraître un peu curieux, mais Freud nous enseigne que l’obsessionnel a besoin d’envisager la mort de l’autre pour le prendre en affection. Ça lui permet de gérer ses pulsions sadiques.

Son patient, « L’homme aux rats », participait avec beaucoup de piété aux deuils et restait à l’affût de la mort de personnes proches,  à tel point qu’on l’avait surnommé l’oiseau charognard. Mieux : il tuait des gens en imagination pour exprimer sa sympathie sincère aux parents du défunt.  Alors, si vous êtes mordue, troquez vos mascarades de femmes fatales qui le terrorisent contre des pauses de macchabées qui font démarrer son système limbique en trombe. Et si toutes ces manigances vous fatiguent,  laissez tomber. Tout comme l’hystérique, l’obsessionnel souffre d’un désir d’insatisfaction et n’est jamais à cours d’imagination pour tyranniser l’autre. C’est sa façon à lui d’être romanesque.

Emmanuelle Comtesse, www.emmanuellecomtesse.com

vendredi 15 janvier 2016

Nous avons en nous d’immenses étendues que nous n’arriverons jamais à talonner. Mais elles sont utiles à l’âpreté de nos climats, propices à notre éveil comme à nos perditions.

René Char, Les Matinaux

jeudi 14 janvier 2016

L'érotisme est l'une des bases de la connaissance de soi, aussi indispensable que la poésie.

Anaïs Nin, Etre une femme et autres essais

lundi 11 janvier 2016

On ne juge la valeur de certains moments que lorsqu'ils se font souvenir.

Iman Abdulmajid

vendredi 8 janvier 2016

L’éternité n’est guère plus longue que la vie.

René Char

jeudi 7 janvier 2016

Cerveau gauche, cerveau droit, un mythe neuronal

La localisation asymétrique de certaines fonctions cérébrales est une réalité connue depuis le 19e siècle. Mais l'idée d'attribuer à la dominance d'un hémisphère du cerveau la raison de dispositions intellectuelles ou caractérielles différentes est bien plus récente : on l'attribue à deux neurologues, Normal Geschwind et Albert Galaburda, qui publièrent en 1987 une hypothèse séduisante opposant le cerveau gauche "rationnel" au cerveau droit "intuitif" : selon que vous vous servez plus de l'un que de l'autre, vous serez donc comme ceci ou cela. En dépit du scepticisme de nombreux spécialistes, cette phrénologie moderne a connu, en raison de son dualisme simple, un grand succès médiatique, et reçu quelques appuis scientifiques (en France, Lucien Israël, Béatrice Millêtre). Hélas, le flop devait arriver : une étude publiée en 2013 montrait - imagerie cérébrale à l'appui - que tout le monde utilise ses deux hémisphères à peu près de la même façon.

Nicolas Journat, Magazine Sciences Humaines, "Numéro anniversaire 25 ans", n° 277, janvier 2016

mardi 5 janvier 2016

Aimer bien ses patients : condition nécessaire pour moi. Je vois bien ce qu'on pourrait me rétorquer : ne serait-ce pas pour être payé de retour, une façon de m'assurer que je suis aimé par eux ? N'empêche : je ne conçois pas comment je pourrais leur consacrer tant de temps, d'attention, vouer une si grande part de ma vie à écouter leurs plaintes, à faire mien, sans m'y confondre ce que Lagache appelait leur "monde personnel", si je ne pensais pas à ce qui les entrave - symptômes, inhibitions, répétition, narcissisme à vif -, que ce qui les rend captifs de leur névrose recouvre ce que je ne peux me représenter autrement que comme mouvement vers, même si la finalité de ce mouvement est de détruire - soi ou l'objet.
Un pari sur les forces de vie.
Serais-je plus médecin que je ne le crois ? Un médecin qui ne serait pas soumis à l'exigence de "guérir" mais porté par un besoin plus fort que celui qui ne vise qu'à rendre la vie vivable, supportable (ce qui implique une grande part de résignation). Faire en sorte que l'autre se sente, se veuille vivant. Je ne sais pas trop ce que j'entends par là. Peu m'importe.
La fameuse formule de Bichat : "La vie est l'ensemble des forces qui résistent à la mort." Juste mais un peu trop négative à mon goût. Alors, quoi ? L'"élan vital" de Bergson ? Un peu trop positif, cette fois. Freud, lui, a choisi un mot latin, libido, que n'ignoraient pas les Pères de l'Eglise : la libido peut se diriger vers les objets multiples, vers le savoir aussi bien que sur la vengeance, elle se déplace, elle ne tient pas en place, elle migre... Éros, plus civilisé et civilisateur, finalement, que libido, moins indomptable, moins sauvage, Éros qui vient aiguillonner, éveiller Psyché endormie. Éros est vif, joyeux. Libido, toxique, peut préférer la mort.

Aimer bien ses patients : conditions pour que le goût de vivre leur revienne et que les choses trouvent leur saveur, pour qu'à tout le moins ce qu'un peintre épris de couleurs appelait une "cordialité pour le réel" l'emporte sur l'hostilité, le rejet.
Aimer bien ses patients - pas trop, comme si ce trop était un mal, un amour destructeur pour soi comme pour l'autre. Les aimer bien, différent de, et même opposé à, vouloir leur bien. Ne rien exiger, mais se fier à ce qu'il y a de vivant en chacun.

J.-B. Pontalis, Fenêtres

lundi 4 janvier 2016

Dans la clinique, le récit du rêve n'occupe plus la position privilégiée qui lui a longtemps été réservée par rapport aux autres contenus du discours du patient, y compris la banale chronique des faits de la vie quotidienne. Mais ne nous trompons pas. S'il en est ainsi, c'est parce que, racontés dans le cadre de l'analyse, les événements de la réalité ou du passé sont interprétés comme s'il s'agissait de rêves faits en état de veille. Et c'est ainsi que le paradigme du rêve se voit attribuer un rôle encore plus central que dans la théorie classique.

Giuseppe Civitarese, Le rêve nécessaire

mercredi 23 décembre 2015

Je crois que l’espoir véritable, celui qui nous travaille en profondeur, est toujours lié à une réponse mise entre parenthèses. Je crois que c’est attendre beaucoup de son prochain que d’espérer qu’il saura enfin trouver sa dignité dans le déséquilibre de la question et non plus dans une réponse qui le fige et nous fige.

Edmond Jabès, Du désert au livre

lundi 21 décembre 2015

[...] nous pouvons, bien sommairement il est vrai, définir en ces termes les buts que poursuit cet acte de parole si particulier que l’on nomme interprétation :

1. Toute interprétation, par son contenu manifeste ou par les associations qu'elle induit, vise à poser, à faire découvrir, une nouvelle relation causale entre des « effets » (les symptômes, phénomènes définissables par ce caractère commun qu’ils partagent : soit cette « souffrance névrotique » dans laquelle Freud voyait, avec raison, la motivation de la demande d’analyse) effets et éprouvés qui font partie d’un connu ou d’un connaissable par le sujet, et une cause (le désir inconscient) qui, sans analyse, resterait inconnaissable, non nommable.
Ajoutons que cette interprétation vient se substituer à « un déjà interprété » par le Je. Interpréter ce qui est cause de lui, du monde, de ses désirs, de ses souffrances, le Je n’a jamais fait autre chose. On peut même ajouter que la demande d’analyse surgit au moment où ce « déjà interprété » (ou cette causalité névrotique) vient tout à coup faire question à l’interprétant, au moment où ses liaisons causales lui font retour sous la forme d’une question et d’une question qu’il ne peut, sans risques majeurs pour son fonctionnement psychique, laisser sans réponse, mettre au silence.

2. La relation causale que pose l’analyse entre ces « effets » qui viennent bousculer ce bel ordre syntaxique auquel le Je faisait jusque-là recours pour conjuguer ses différents temps des verbes être, avoir, aimer, bousculement et « basculement » dont le Je a une connaissance car ils s’inscrivent dans sa chair, dans sa sexualité, dans son discours, et une cause jusque-là à l’abri de tout dévoilement, de toute nomination, cette nouvelle liaison causale est la création, l’apport d’une nouvelle signification-relation causale que l’on doit à l’analyse.

3. Cette découverte d’une nouvelle causalité non seulement n’emprunte rien à la répétition, mais représente ce qui vient s’opposer, casser ces mouvements régrédients ou ces points de fixation qui obligeaient le sujet à répéter, retrouver, s’engouffrer, dans les mêmes impasses, dans les mêmes voies sans issue. Or si cette action est possible c’est que l’interprétation comporte un pouvoir de transformation sur l’affect dont elle « nomme » la cause. Modification de la relation du sujet à cet affect parce que modification de la relation du Je à cette partie de lui-même qui est effectivement en butte à l’action, à la pression qu’exercent des forces agissantes dans son propre Ça.

4. Cette modification se veut « orientée ». Il ne s’agit pas d’un « transformer » qui se ferait preuve du pouvoir narcissique du sujet supposé savoir, ou du tout pouvoir de ce « savoir » si souvent demandé parce que devenu pur emblème narcissique. Cet acte de parole, cette visée de transformation, se veut au service des « intérêts du moi » ou « du principe de réalité et de son exigence de vérité » (si on privilégie les formulations choisies par Freud) ou encore disons que l’interprétation espère aboutir à un remaniement des alliances, des intrications pulsionnelles. Elle propose une autre solution au conflit pulsionnel et au conflit identificatoire. (Ajoutons en corollaire que la présence de cette visée, faute de laquelle l’analyse n’est plus qu’un jeu de société, une escroquerie ou un bluff, implique que l’analyste n’est pas neutre face aux buts respectivement choisis par Éros et Thanatos. Dans le conflit qui oppose ces deux forces il a fait son choix, il faut espérer que la haine, le mépris, la dérision, n’y ont pas la première place).

5. L’analyse, comme l’interprétation, se donnent comme but une transformation orientée de l’économie libidinale et des repères identificatoires, une autre répartition des investissements objectaux et narcissiques du Je. Cette transformation trouve sa « voie royale » dans l’interprétation. Cette dernière concerne toujours le registre causal, comme je l’ai dit, elle est création d’une nouvelle relation de cause à effet, elle agit par là sur cet inconnaissable qu’était l’affect et ses représentations, celles dont Freud disait qu’elles ignorent la parole et ne connaissent que « le langage pictural » (Freud, L’interprétation des rêves).

Piera Aulagnier, Les mouvements d'ouverture dans l'analyse des psychoses

jeudi 17 décembre 2015

[...] il me paraît indispensable de rappeler que les buts de la psychanalyse ne se réduisent ni à la libération des désirs refoulés ni au décentrement du fonctionnement psychique par rapport à un Moi préconscient ou inconscient, calculateur et défensif, mais qu'ils comportent la diminution des idéaux narcissiques de toute-puissance, de domination et de séduction et une place plus grande, plus sûre, faite aux idéaux de bonheur partagé, de liberté, de justice, d'attention portée à autrui.

Didier Anzieu, Une peau pour les pensées. Entretiens avec Gilbert Tarrab

mercredi 16 décembre 2015

Ils ont appris à supporter une part de vérité.

James J. Putnam, On Freuds Psycho-Analytic Method and its Evolution cité par Sigmund Freud, Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique

mardi 15 décembre 2015

L’inconscient est pavé d’oxymores (à la fois – justement – des bonnes et des mauvaises intentions), au point que Freud ne fait pas de différence entre le oui et le non d’un patient, ou que le sacré et l’impur se confondent dans un même « tabou » du toucher. D’ailleurs la figuration par le renversement contraire est un moyen classique qu’emploie le rêve pour déguiser des représentations qui autrement réveilleraient le rêveur en sursaut.

Entretien avec Michel Gribinski sur le site des éditions Gallimard

lundi 14 décembre 2015

Le souvenir falsifié est le premier dont nous ayons connaissance ; le matériel des traces mnésiques à partir duquel il a été forgé nous est resté inconnu dans sa forme originelle.

Sigmund Freud, Sur les souvenirs-écrans

jeudi 10 décembre 2015

Entre mouvements et immobilité, bon vent et vents contraires, tempêtes et bonace, la traversée se poursuit, pour peu que l'embarcation et ses passagers tiennent le coup.

J.-B. Pontalis, Ce temps qui ne passe pas

lundi 7 décembre 2015

Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance.

Confucius

vendredi 4 décembre 2015

Où finit le corps sinon où l'autre corps à lui se fait sentir ?

Paul Claudel, La cantate à trois voix

jeudi 3 décembre 2015

Il ne faut pas penser à l'objectif à atteindre, il faut seulement penser à avancer. C'est ainsi, à force d'avancer, qu'on atteint ou qu'on double ses objectifs sans même s’en apercevoir.

Bernard Werber, La révolution des fourmis

mercredi 2 décembre 2015

Nous avons tous une identité multiple. Personne n'a envie d'être réduit à soi.

J.-B. Pontalis, Propos recueillis par Marine Landrot, Télérama, août 2009

mardi 1 décembre 2015

Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris.

Oscar Wilde

vendredi 27 novembre 2015

La psychanalyse, comme la société libérale, repose sur un contrat de confiance.

Raphaël Krivine interviewé par Robert Jules, La Tribune du 23 novembre 2015

jeudi 26 novembre 2015

Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre.

Jean-Paul Sartre, L'existentialisme est un humanisme

mercredi 25 novembre 2015

Ainsi la psychanalyse permet d’appréhender et de concevoir un appareil psychique dont le fonctionnement se base sur :
  • un appareil pulsionnel régi par ses liens entre le somatique et le psychique, en relation avec le principe de plaisir/déplaisir ou encore principe de plaisir/douleur ; le principe de réalité ; le principe de Nirvana ;
  • le processus de plaisir (satisfaction) / déplaisir (frustration) qui conduit à la représentation hallucinatoire du désir, à la représentation de chose, puis par le biais du travail psychique à la représentation de mot (processus primaire ; processus secondaire) ;
  • l’organisation d’un appareil psychique qui s’édifie sur la perception, la notation, les traces mnésiques, le jugement, l’action et la pensée ;
  • la dualité pulsionnelle (pulsion de vie / pulsion de mort ou de destruction) ;
  • deux topiques : inconscient/préconscient/conscient ; Ça/Moi/Sur-Moi ;
  • les échanges entre investissement de soi (narcissisme) / investissement d’objet ;
  • des mécanismes de défense : négation et refoulement, d’une part ; clivage ; déni ; projection ; idéalisation ; omnipotence, etc., d’autre part.

Thierry Bokanowski, La dimension de l'écoute psychanalytique dans la pratique psychiatrique

mardi 24 novembre 2015

L'individu est, et a toujours été membre d'un groupe, même si sa façon d'y appartenir consiste à se comporter comme s'il donnait réalité à l'idée qu'il n'appartient à aucun groupe.

Wilfred R. Bion, Recherches sur les petits groupes

lundi 23 novembre 2015

Règle du "comme si/comme ça"

Règle que s'impose Michel de M'Uzan lorsque l'analyste interprète les propos de son patient, rêves, souvenirs, lapsus, etc. Affirmatif, il proclame que les choses se sont faites comme ça, sachant que son comme ça n'est qu'un comme si, mais rien ne se passe si ce comme si n'est pas tenu pour un authentique comme ça.

Murielle Gagnebin, Glossaire des principales notions élaborées par Michel de M'Uzan in L'inquiétude permanente

vendredi 20 novembre 2015

Il faut choisir, se reposer ou être libre.

Thucydide

lundi 16 novembre 2015

Le fantasme n'est pas encore accepté, et il n'y a pas de haine, seulement du meurtre.

Donald W. Winnicott, Lettre à Michael Fordham du 24 juin 1965

jeudi 12 novembre 2015

Je n'ajouterai que la remarque suivante : dans la névrose obsessionnelle, les processus psychiques inconscients surgissent par moments dans la conscience sous leur forme la plus pure et sans la moindre déformation. Ce phénomène peut se produire aux stades les plus différents du processus de penser inconscient et les idées obsessionnelles au moment de leur surgissement se révèlent être pour la plupart des formations de longue date. C'est de là que provient ce phénomène très étonnant : le névrosé obsessionnel, quand on recherche avec son aide la première apparition d'une de ses idées obsessionnelles, est contraint au cours de l'analyse de reculer sans cesse cette première manifestation et trouve continuellement de nouveaux débuts à cette idée.

Sigmund Freud, L'homme aux rats : un cas de névrose obsessionnelle

mardi 10 novembre 2015

On peut dire que celui qui souffre de compulsions et d'interdictions se comporte comme s'il était sous l'empire d'une conscience de culpabilité dont au reste il ne sait rien, donc une conscience de culpabilité inconsciente, ainsi qu'on est obligé de s'exprimer en dépit de la répugnance à ces mots à aller ensemble. Cette conscience de culpabilité a sa source dans certains processus psychiques précoces, mais est constamment ravivée lors de la tentation, qui est renouvelée à chaque occasion récente ; d'autre part cette conscience de culpabilité fait surgir une angoisse d'attente toujours aux aguets, une angoisse consistant dans l'attente d'un malheur, et qui est liée à la perception interne de la tentation par le concept de la sanction. Au début de la formation du cérémonial le malade est encore conscient de l’obligation où il est de faire ceci ou cela s'il veut éviter qu'un malheur arrive, et généralement ce genre de malheur auquel il faut s'attendre est encore nommé à sa conscience. Quant à la connexion entre l'occasion qui fait apparaître l'angoisse d'attente et le contenu de la menace, elle est toujours démontrable, mais déjà voilée pour le malade. Le cérémonial commence donc par être une action de défense ou d'assurance, autrement dit une mesure de protection.

Sigmund Freud, Actions compulsionnelles et exercices religieux

lundi 9 novembre 2015

Choix

C'est un acte de la volonté, qui se porte sur tel objet plutôt que sur tel autre. Ce choix est-il libre ? Oui, en tant qu'il dépend de nous. Non, en tant, précisément, qu'il en dépend. Tout choix suppose un sujet qui choisit, et qu'on ne choisit pas. Essayez, pour voir, d'être quelqu'un d'autre... Ainsi aucun choix n'est absolument libre ; s'il l'était, on ne pourrait plus choisir.

André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique

vendredi 6 novembre 2015

Si Proust dit vrai, si le bonheur est une absence de fièvre, alors je ne connaîtrai jamais le bonheur. Car je suis en proie à une fièvre de savoir, d'expérience et de création.

Anaïs Nin, Journal : 1931-1934

jeudi 5 novembre 2015

La vérité est extrêmement rare sur cette terre. Il y a même raison de penser qu’elle soit tout à fait absente.

René Girard, Je vois Satan tomber comme l'éclair

mercredi 4 novembre 2015

Forsan et haec olim meminisse juvabit.

Trad. : Peut-être sera-t-il un jour agréable de se souvenir même de ces choses.

Virgile, Enéide, I, 203

mardi 3 novembre 2015

Enaction

Forme de communication inconsciente et de suggestion bilatérale, par lesquelles patient et analyste agissent l'un sur l'autre, verbalement et non verbalement, avant toute prise de conscience.

Qu'est-ce qui guérit dans la psychothérapie ? Sous la direction de Pierre Fédida

lundi 2 novembre 2015

Pour Winnicott la guérison résulte de l'élaboration du sentiment de passivité (et parfois même de chaos) produit par la découverte en soi-même d'une zone de non-intégration primitive.

François Richard, La rencontre analytique

vendredi 30 octobre 2015

Aujourd'hui, sur demain tu ne peux avoir prise.
Penser au lendemain, c'est être d'humeur grise.
Ne perds pas cet instant, si ton coeur n'est pas noir,
car nul ne sait comment nos demains se déguisent.

Omar Khayyâm, Quatrains

jeudi 29 octobre 2015

La mélancolie est un crépuscule. La souffrance s'y fond dans une sombre joie. La mélancolie, c'est le bonheur d'être triste.

Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer

mercredi 28 octobre 2015

Post hoc, ergo propter hoc (latin pour à la suite de cela, donc à cause de cela) est un sophisme qui consiste à prendre pour la cause ce qui n'est qu'un antécédent, c'est prétendre que si un évènement suit un autre alors le premier doit être la cause du second. La locution est souvent simplifiée en post hoc comme dans « raisonnement post hoc ».

Ce sophisme est une erreur particulièrement attirante parce que la séquence temporelle apparaît inhérente à la causalité. L'erreur est de conclure en se basant seulement sur l'ordre des événements, plutôt que de tenir compte d'autres facteurs qui pourraient exclure la relation. Les idées reçues, les croyances, les superstitions et la pensée magique résultent souvent de cette erreur. 

Locution latine (source wikipedia.org)

mardi 27 octobre 2015

Regretter un peu moins, espérer un peu moins, aimer un peu plus.

André Comte-Sponville

lundi 26 octobre 2015

"J'ai détesté ce film.
- Pourtant le public l'a adoré !
- Il est bien le seul !"

Mot d'esprit de Jean Cocteau

vendredi 23 octobre 2015

Parmi les patients que j’ai suivi qui étaient mortellement atteints, à brève échéance, j’ai distingué deux catégories : il y a d’une part ceux qui ne veulent pas mourir, et d’autre part ceux qui veulent continuer à vivre.

Entretien avec Michel de M'Uzan par Dominique Cupa, Le Carnet/Psy n° 127, 2008

jeudi 22 octobre 2015

Le changement est toujours agréable.

Euripide, Oreste

mercredi 21 octobre 2015

J'ai suggéré que pour élucider les tensions du groupe il était aidant de supposer l'existence d'une mentalité groupale. J'utilise ce terme pour décrire ce que je crois être l'expression unanime du choix du groupe, auxquels les individus contribuent de façon anonyme. Je pense que ce phénomène, dans la vie mentale du groupe, pose des difficultés à l'individu dans la poursuite de ses aspirations. [...] La culture groupale, un terme que j'utilise pour décrire les aspects du comportement de groupe qui semblent provenir du conflit entre la mentalité groupale et les désirs des individus.

Wilfred R. Bion, Recherches sur les petits groupes

mardi 20 octobre 2015

Nous connaissons le stade au cours duquel règne, chez l'enfant, la conception que les autres connaissent ses pensées. Les parents savent tout, même ce qu'il y a de plus secret. [...] La lutte pour le droit de posséder des secrets à l'insu des parents est un des facteurs les plus puissants de la formation du moi.

Victor Tausk, De la genèse de l'appareil à influencer au cours de la schizophrénie

lundi 19 octobre 2015

Les problèmes ne doivent pas dicter nos actions, nous devons nous en sortir.

Quels sont vos conseils pour les résoudre ?

Il convient de prendre pleinement possession de son corps. Pour ce faire, il faut comprendre que l'on ne doit pas avoir peur de souffrir. Cette peur nous renferme sur nous-mêmes, elle nous immobilise.

Entretien avec Sadhguru, www.lepoint.fr

vendredi 16 octobre 2015

On ne demande pas au patient de dire ce qu’il ne veut pas dire, contrairement à une certaine image qui confond la psychanalyse et le confessionnal. Ce n’est pas ça du tout. Lorsqu’un patient dit : “Je ne sais pas ce que je vais vous dire”, l’analyse alors peut commencer.

Entretien avec Jacques André, inrocks.com, 22 septembre 2015

jeudi 15 octobre 2015

Une génération d'analystes est apparemment persuadée, dans sa plus grande part, qu'elle n'a rien à apprendre du passé - paradoxe amusant dans ce domaine - mais que c'est le présent qui a des leçons à donner au passé.

Marie Moscovici, L'ombre de l'objet : sur l'inactualité de la psychanalyse

mercredi 14 octobre 2015

Nous savons que nous sommes mortels et pourtant nous ne renonçons pas à vivre. Il ne faut donc pas renoncer à penser, bien que nous sachions que nous n'atteindrons jamais la vérité.

Edgar Morin

mardi 13 octobre 2015

Il existe un autre besoin psychique commun aux névrosés obsessionnels qui a une certaine parenté avec celui que nous venons d'évoquer et dont l'étude nous conduit dans les profondeurs de la recherche sur les pulsions : le besoin d'incertitude dans la vie ou le besoin du doute.

Sigmund Freud, L'homme aux rats : un cas de névrose obsessionnelle

lundi 12 octobre 2015

Un pauvre chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu’il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu’on lui proposait une fortune pour l’animal, le vieillard répondait :
- « Ce cheval est beaucoup plus qu’un animal pour moi, c’est un ami, je ne peux pas le vendre. »

Un jour, le cheval disparut. Les voisins rassemblés devant l’étable vide donnèrent leur opinion :

- « Pauvre idiot, il était prévisible qu’on te volerait cette bête. Pourquoi ne l’as-tu pas vendue ? Quel Malheur ! »

Le paysan se montra plus circonspect :

- « N’exagérons rien dit-il. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l’étable. C’est un fait. Tout le reste n’est qu’une appréciation de votre part. Comment savoir si c’est un bonheur ou un malheur ? Nous ne connaissons qu’un fragment de l’histoire. Qui sait ce qu’il adviendra ? »

Les gens se moquèrent du vieil homme. Ils le considéraient depuis longtemps comme un simple d’esprit. Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. Il n’avait pas été volé, il s’était tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade. Les villageois s’attroupèrent de nouveau :

- « Tu avais raison, ce n’était pas un malheur mais une bénédiction. »

- « Je n’irais pas jusque là, fit le paysan. Contentons-nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Ce n’est qu’un épisode. Peut-on connaître le contenu d’un livre en ne lisant qu’une phrase ? »

Les villageois se dispersèrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel, qui pouvait le nier ?

Le fils du paysan entreprit le dressage des chevaux sauvages. L’un d’eux le jeta à terre et le piétina. Les villageois vinrent une fois de plus donner leur avis :

- Pauvre ami ! Tu avais raison, ces chevaux sauvages ne t’ont pas porté chance. Voici que ton fils unique est estropié. Qui donc t’aidera dans tes vieux jours ? Tu es vraiment à plaindre. »

- « Voyons, rétorqua le paysan, n’allez pas si vite. Mon fils a perdu l’usage de ses jambes, c’est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté ? La vie se présente par petits bouts, nul ne peut prédire l’avenir. »

Quelque temps plus tard, la guerre éclata et tous les jeunes gens du village furent enrôlés dans l’armée, sauf l’invalide.

- « Vieil homme, se lamentèrent les villageois, tu avais raison, ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de toi tandis que nos fils vont se faire tuer.  »

« Je vous en prie, » répondit le paysan, « ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l’armée, le mien reste à la maison, c’est tout ce que nous puissions dire. Dieu seul sait si c’est un bien ou un mal. »

Sagesse chinoise

mercredi 7 octobre 2015

«"J'ai fait cela", dit ma mémoire, "je n'ai pas pu faire cela" - dit ma fierté qui reste inflexible. Finalement - la mémoire cède.»

Friedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal

mardi 6 octobre 2015

Tout le monde savait que c'était impossible. Il est arrivé un jour un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait.

Marcel Pagnol

lundi 5 octobre 2015

Je voudrais dire que je ne crois pas que nos succès thérapeutiques puissent concurrencer ceux de Lourdes. Il y a tellement plus de gens qui croient aux miracles de la Sainte Vierge qu'à l'existence de l'inconscient.

Sigmund Freud, Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse

vendredi 2 octobre 2015

On ne naît pas homme, on le devient.

Philippe Sollers, Portraits de femmes

jeudi 1 octobre 2015

L'évaluation de l'organisation psychique ne peut s'effectuer qu'au travers d'un instrument qui lui est quasi homologue : une autre psyché. La méthode psychanalytique évolue donc dans un champ extrêmement complexe, dont les paramètres peuvent se laisser définir, mais dont le fonctionnement est constamment en mouvement.

Florence Guignard, Quelle psychanalyse pour le XXIe siècle ?

mercredi 30 septembre 2015

C'est chose tendre que la vie, et aisée à troubler.

Montaigne, Les Essais, III, 9

mardi 29 septembre 2015

L'acceptation de la réalité est une tâche sans fin, et que nul être humain ne parvient à se libérer de la tension suscitée par la réalité du dedans et la réalité du dehors ; nous supposons ainsi que cette tension peut être soulagée par l'existence d'une aire intermédiaire d'expérience, qui n'est pas contestée (art, religion, etc.).

Donald W. Winnicott, Objets transitionnels et phénomènes transitionnels

lundi 28 septembre 2015

Quitter la dictature de l'après.

Alexandre Jollien, Vivre sans pourquoi

vendredi 25 septembre 2015

L'homme est comme les saisons d'une âme, et l'âme est féminine.

Edmond Jabès

jeudi 24 septembre 2015

Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d'espoir.

Marc Chagall

mercredi 23 septembre 2015

Le succès thérapeutique n'est cependant pas la première chose que nous visons, nous voulons mettre le patient en position de saisir consciemment ses mouvements de désirs inconscients. Nous atteignons cet objectif quand, sur la base des indications qu'il nous donne et à l'aide de notre art de l'interprétation, nous portons à sa connaissance avec nos mots son complexe inconscient. Le fragment de similitude entre ce que le patient a entendu de nous et ce qu'il cherche - qui fait son chemin jusqu'à la conscience malgré toutes les résistances - le met en position de trouver l'inconscient. Le médecin le devance un peu dans la compréhension de ces choses, le patient le suit par ses propres voies jusqu'à ce qu'ils se rencontrent au but défini. Les novices en psychanalyse confondent couramment ces deux moments et considèrent celui où un complexe inconscient de patient leur devient connu comme étant également le moment où le patient en prend conscience. Ils espèrent trop quand ils veulent soigner le malade en lui divulguant cette connaissance, alors qu'il ne peut utiliser la connaissance qui lui a été communiquée que pour découvrir à l'aide de celle-ci le complexe inconscient là où il est ancré dans l'inconscient.

Sigmund Freud, Le petit Hans

mardi 22 septembre 2015

Il n'y aura jamais assez d'heures pour venir à bout de la mémoire.

Edmond Jabès

lundi 21 septembre 2015

Dans ma jeunesse, je n'ai pas été jeune, et maintenant, alors que l'âge mûr commence, je n'arrive pas à vieillir.

Sigmund Freud, Lettre à Martha Bernays du 2 février 1886

vendredi 18 septembre 2015

Alors que sommes-nous vraiment ? La réponse est fort simple : nous sommes ce qui, en nous, ne vieillit jamais. La capacité d'aimer, de contempler, de savourer, de donner, de créer, d'apprendre, de transmettre...

Serge Marquis, On est foutu, on pense trop

jeudi 17 septembre 2015

L'avantage d'être intelligent, c'est que l'on peut toujours faire l'imbécile, alors que l'inverse est totalement impossible.

Albert Einstein

mercredi 16 septembre 2015

Il faut découvrir en nous ce qui ne vieillit jamais.

Marie de Hennezel, La chaleur du coeur empêche nos corps de rouiller

lundi 14 septembre 2015

Un développement sain requiert, de façon essentielle, une certaine concentration, un doute concernant le self, le besoin de périodes de recueillement en soi-même, et une disposition à des phases provisoires de désespoir.

Donald W. Winnicott, La nature humaine

vendredi 11 septembre 2015

J'ai proposé que l'analyse transitionnelle soit l'exercice d'une pratique psychanalytique établissant les conditions nécessaires au travail de la pensée dans l'élaboration du vécu de l'expérience de rupture entre deux états.

René Kaës, Crise, rupture et dépassement

jeudi 10 septembre 2015

Chaque névrose repose sur les bases suivantes :

1° Le conflit est inconscient et répétitif.
2° Le résultat final du conflit infantile dans la névrose est toujours oral-masochique.
3° Chaque névrose représente une tentative de refuge contre le danger oral.
4° Chaque symptôme névrotique a une structure à trois couches : seule la défense secondaire contre le désir refoulé est visible.
5° Toute agressivité névrotique n'est qu'une pseudo-agressivité.
6° C'est la différenciation entre l'identification inconsciente de base et celles qui sont trompeuses qui donne la caractéristique de la névrose.
7° Dans chaque névrose la peur est prédominante.
8° Chaque névrose est réglée par le mécanisme de l'acceptation de la culpabilité pour « un crime moindre ».
9° La névrose est une maladie progressive, et non une maladie pouvant se fixer.

Edmund Bergler, La névrose de base

mardi 8 septembre 2015

Is fecit cui prodest.

Le criminel est celui à qui le crime profite.

Citation latine

lundi 7 septembre 2015

"On vous accuse d'être narcissique et égocentrique.
- Pas du tout. Si je devais m'identifier à une figure mythologique, ça ne serait pas Narcisse.
- Laquelle serait-ce ?
- Zeus !"

Woody Allen, Stardust Memories

vendredi 4 septembre 2015

Ce qui a été étouffé dans l'enfance devient généralement un cri à l'adolescence.

Luis Kancyper, Volviendo a pensar con Willy y Madeleine Baranger

jeudi 3 septembre 2015

Les mathématiques jouissent de la plus haute réputation pour faire diversion à la sexualité ; déjà J.-J. Rousseau avait dû recevoir d'une dame qui n'était pas satisfaite de lui ce conseil : Lascia le donne et studia le matematiche. Et c'est ainsi que notre fuyard se jeta avec une ardeur toute particulière dans les mathématiques et la géométrie du programme scolaire, jusqu'au jour où sa faculté de compréhension se trouve soudain paralysée devant quelques innocents exercices. Il fut encore possible d'établir l'énoncé de deux de ces problèmes : "Deux corps se heurtent, l'un à la vitesse de...", etc. Et : "Inscrire dans un cylindre dont la surface a un diamètre m un cône...", etc. Devant ces allusions à la vie sexuelle, certes peu évidentes pour tout autre, il se sentit trahi par les mathématiques aussi, et prit également la fuite devant elles.

Sigmund Freud, Le délire et les rêves dans la Gradiva de Jensen

mercredi 2 septembre 2015

Nous aurons beau nous écrier : “plus jamais ça !” Les faits ne cesseront de nous démentir, de montrer la vanité de nos cris. Les faits sont toujours les plus forts. La violence est souveraine. Partout, dehors, visible, étalée, au grand jour. Partout, dedans, cachée, tapie dans l'ombre d'où elle est prête à surgir. La passion meurtrière, qu'elle soit collective ou individuelle, la rage de détruire, l'amour de la haine ne connaissent pas de limites.

J.-B. Pontalis, Un jour, le crime

mardi 1 septembre 2015

L'oiseau matinal attrape le ver mais la deuxième souris a droit au fromage.

Proverbe anglais

lundi 31 août 2015

Le travail du rêve ne révèle pas d’autres activité que les quatre que nous venons de mentionner. Si nous nous tenons à notre définition qui désigne par « travail du rêve » le passage des pensées du rêve dans le contenu du rêve, nous devons dire que le travail du rêve n’est pas créateur, qu’il ne développe pas de fantaisie qui lui soit particulière ; il ne porte pas de jugement, n’apporte pas de conclusion, il ne fait absolument rien d’autre que condenser le matériel, le déplacer, le remanier dans le sens de la visualisation, à quoi s’ajoute enfin le petit apport variable d’un traitement interprétatif.

Sigmund Freud, Sur le rêve

vendredi 28 août 2015

Tout homme a besoin de ce que sont les autres pour savoir qui il est.

Jean-Claude Lavie, Qui je... ?

jeudi 27 août 2015

Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.

Simone de Beauvoir, Les mandarins

mercredi 26 août 2015

Je revendique pour tout un chacun non le refuge dans l'ininterprétable mais un territoire, aux frontières mouvantes, de l'ininterprété.

J.-B. Pontalis, L'amour des commencements

mardi 25 août 2015

Il m’est facile d’attirer l’attention des étudiants sur 9 caractéristiques et fonctions de l’objet que j’ai tirées des propositions de René Roussillon, soit :

  1. la consistance,
  2. l’indestructibilité,
  3. la transformation de la quantité en qualité,
  4. la grande sensibilité,
  5. la transformabilité,
  6. la disponibilité conditionnelle et inconditionnelle,
  7. la capacité d’être vivant,
  8. la capacité d’être fidèle - auxquelles j’ajoute
  9. la capacité d’être objet pour symboliser.

Louis Brunet, À propos de quelques apports de René Roussillon vus de Montréal, www.carnetpsy.com

lundi 24 août 2015

Le psy est papivore. Livres et revues sont souvent chez lui l'objet d'un culte qui confine parfois au fétichisme. Les biographes et les historiens ne s'y trompent pas : suivre la trace des publications essentielles qui ont marqué une vie, une époque est toujours une piste féconde. Dans une psychopathologie du quotidien plus banale, combien d'entre nous peinent à l'occasion de chaque départ en vacances à porter le poids de leur névrose bibliophilique. Et que dire des agissements de certains dans les librairies spécialisées ou, pire encore, lors des pauses des congrès : ces comportements ne flirtent-t-ils pas avec le tableau de l'achat compulsif ? Mais le plus pathétique pour illustrer l'ampleur de cette dépendance, c'est sans doute le spectacle de l'un des nôtres métamorphosé en ermite au fin fond d'une retraite dorée dédiée à l'écriture du grand oeuvre. réalisant subitement qu'il lui manque justement LE livre absolument nécessaire ici et maintenant.

Sylvain Missonnier, Le Carnet/Psy n° 126, 2008

vendredi 31 juillet 2015

« Un psychanalyste apathique, c’est un psy qui somnole ?
– Non, c’est quelqu’un qui ne se laisse pas prendre par le pathos.
– Il est indifférent – bravo !
– Il est engagé, au contraire, mais lui ne se laisse pas faire par les bons sentiments.
– Qui se laisse faire ?
– Les psychanalystes empathiques. Ce que ne sont pas les apathiques.
– Je vois. C’est mal, d’être empathique.
– Quand cela permet d’en finir avec toute visée scientifique. L’inconvenance et le mordant de la découverte freudienne sont menacés par une conception anglo-saxonne molle du postmoderne.
– C’est grave d’être un patient postmoderne ?
– Cela veut dire que l’on a un psychanalyste postmoderne. Il s’occupera de votre identité ; il s’occupera des traumas de votre « environnement précoce » (langue de bois pour parler de l’enfance) ; il s’occupera de votre unité. Mais que fera-t-il du scandale psychique qui vous fait vivre, et va du sexuel à la création ? »

Laurence Kahn, Le Psychanalyste apathique et le patient postmoderne

jeudi 30 juillet 2015

Les plus grandes difficultés résident là où nous ne les cherchons pas.

Johann Wolfgang von Goethe

mercredi 29 juillet 2015

Une lettre à l'enfant que j'étais

On a tous un rendez-vous
Un destin à l’identique
Un soleil entre chien et loups
Pour nous donner la réplique

Au bout d’une ligne de fuite
Ou plus rien ne sert de mentir
Avant que la nuit ne s’invite
Ce soir j’ai envie d’écrire

Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou simplement je lui dirais
Sache reconnaitre l’amour à temps
Tu ne le croiseras pas souvent

Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou noir sur blanc je lui dirais
Choisis tes rêves avec précaution
Tu sais ils se réaliseront

La nuit se déchire à Paris
Le quartier de la trinité renait lentement à la vie
Efface les ombres de passé
Ici le ciel s’obscurcit
En conclusion pour tout dire
Sans faut semblant, sans raccourcis
Ce soir j’ai envie d’écrire

Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou simplement je lui dirais
Sache reconnaitre l’amour à temps
Tu ne le croiseras pas souvent

Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou noir sur blanc je lui dirais
Dans tout ce que tu feras sois vrai
Reste fidèle à qui tu es

Ceci est ton histoire
Ceci est notre histoire
Libre à toi de la croire

Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou simplement je lui dirais
Ne négocie pas ta dignité
Tu ne pourras la racheter

Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou noir sur blanc je lui dirais
Dans tout ce que tu feras sois vrai
Reste fidèle à qui tu es

Johnny Hallyday, paroles de Pierre Jouishomme, Francis White et Maxime Nucci (Yodelice), album "Rester vivant"

mardi 28 juillet 2015

Les quatre vertus cardinales selon Saint Thomas d'Aquin :

- prudentia : avoir le sens de ce qui est possible

- justitia : avoir le sens de ce qui est bon

- fortitudo : avoir le sens du tout

- temperentia : avoir le sens des limites

Saint Thomas d'Aquin

lundi 27 juillet 2015

Aujourd'hui personne ne peut être un analyste classique.

André Green, Comprendre la dissidence et la controverse dans l'histoire de la psychanalyse

mercredi 22 juillet 2015

Ce qu'il y a de plus élevé et ce qu'il y a de plus bas sont toujours intimement liés l'un à l'autre dans la sexualité.

Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle

mardi 21 juillet 2015

Il est bien connu que ce que nous nommons le hasard dans le monde extérieur se ramène à des lois ; ce que nous nommons l'arbitraire dans la vie psychique repose sur des lois, même si pour l'instant nous ne les pressentons qu'obscurément.

Sigmund Freud, Le délire et les rêves dans la Gradiva de W. Jensen

jeudi 16 juillet 2015

J'entends par "Moi" un complexe de représentations qui forme, pour moi-même, le centre de mon champ de conscience et me paraît posséder un haut degré de continuité et d'identité avec lui-même. C'est pourquoi je parle aussi de complexe du Moi.

Carl Gustav Jung, Les types psychologiques

mercredi 15 juillet 2015

Tout comme le soin en général, mais de manière plus singulière et exemplaire encore à nos yeux, le soin psychanalytique n’est pas seulement soin de l’autre ou (de la part de celui qui s’y prête) soin de soi, en un sens que l’on suppose étroitement « psychologique ». Il est soin de toutes les dimensions relationnelles de soi et d’autrui, il est aussi soin des principes moraux et soin du monde, naturel et culturel, qui, comme l’a montré Winnicott, ne précède pas les relations psychiques entre les hommes, mais au contraire, en surgit.

Frédéric Worms, Ce que l'éthique apprend de la psychanalyse

lundi 13 juillet 2015

Dans la vie, il y a les clés et les bouchons. Tu jettes une clé et un bouchon dans un seau d'eau. Il n'y a pas d'exemple qu'une clé soit remontée à la surface. Il n'y a pas d'exemple qu'un bouchon soit resté au fond.

Marcel Pagnol

vendredi 10 juillet 2015

Indestructible

Dans les antichambres obscures
On se retourne vers l'enfance
Pour y traquer les blessures
Les raisons de nos souffrances

On devine derrière le mur
La beauté d'un ciel immense
Le pardon d'après l'offense
Et la vie paraît moins dure

Indestructible, on est indestructible
Indestructible, tout nous paraît possible

On déambule en silence
Dans les couloirs de la peur
On se joue l'indifférence
Dans les rues de la douleur

On continue notre errance
Entre le bien et le mal
Entre l'eau pure et l'eau sale
Mais toujours avec élégance

Indestructible, on est indestructible
Indestructible, une âme inamovible

Une symphonie de malheur
Un opéra de lassitude
J'voudrais partir avant l'heure mais l'attitude
Ca m'fait bien trop peur
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, un parfait cœur de cible

Une existence à rêver
D'une éternité d'avance
Puis la mort à tutoyer
Comme une vieille connaissance

Indestructible, on est indestructible
Indestructible, mais beaucoup trop sensible
Indestructible, une âme inamovible
Indestructible, un parfait cœur de cible
Indestructible, tout nous paraît possible
Indestructible, tout nous paraît possible

Véronique Sanson, Paroles de Bernard Swell, Album "Indestructible"

mercredi 8 juillet 2015

La séquence est simple ; le patient était malade. On le soigne. Il va mieux. Son moi se renforce. Alors il s’attriste. Nous pouvons l’accompagner ; l’écouter ; lui prêter un mouchoir ; mais non pas le faire taire.

Paul-Claude Racamier, Le génie des origines

mardi 7 juillet 2015

Tout traitement psychanalytique est une tentative pour libérer de l'amour refoulé qui avait trouvé dans un symptôme une piètre issue de compromis.

Sigmund Freud, Le délire et les rêves dans la Gradiva de W. Jensen

lundi 6 juillet 2015

Vouloir guérir les hommes qui souffrent, apaiser leur douleur, non les réparer mais les consoler, c’est participer à une illusion créatrice qui permet de les maintenir debout. Être psychanalyste, c’est aussi accepter de restaurer la dignité humaine, en témoignant des blessures, en refusant l’indifférence et l’inaction.

Marie Rose Moro, La consolation. Mots pour maux

mercredi 24 juin 2015

Chacun doit trouver sa solution.

Woody Allen, Maris et femmes

lundi 22 juin 2015

La vie telle qu’elle nous est imposée est trop dure pour nous, elle nous apporte trop de douleurs, de déceptions, de tâches insolubles. Pour la supporter nous ne pouvons pas nous passer de sédatifs.

Sigmund Freud, Malaise dans la culture

jeudi 18 juin 2015

On dit beaucoup que le pacte psychanalytique entre l’analyste et le patient est un contrat léonin — c'est-à-dire inégal entre les deux parties. C'est vrai.

Interview avec André Green, Le magazine littéraire, 1992

mercredi 17 juin 2015

Ce qui nous fait souffrir c'est le manque de contact avec les différents niveaux de nous-mêmes.

René Roussillon, Le travail technique, conférence présentée à l'hôpital Jean-Talon, Québec, avril 1994

mardi 16 juin 2015

Seules les traces font rêver.

René Char, La parole en archipel

lundi 15 juin 2015

Nous avons vu plus haut, par exemple, que le transfert ne peut être simplement pensé comme transfert paternel ou maternel mais qu'il est les deux à la fois et qu'il concerne en fait le mode de relation des deux personnages de l'histoire infantile du sujet, qu'il est transfert d'un mode relationnel, et en plus évalué à l'aulne de sa place dans le processus de symbolisation et de subjectivation.

René Roussillon, Manuel de pratique clinique

vendredi 12 juin 2015

Le nourrisson traduit son état d'être vivant et créatif à travers le geste spontané qui prend sa source dans les pulsions de vie. La mère suffisamment bonne s'adapte au geste spontané pour favoriser la santé psychique et les processus de maturation.

Madeleine Davis et David Wallbridge, Winnicott : introduction à son oeuvre

mercredi 10 juin 2015

Il faut peut-être voir une conséquence de mes recherches psychanalytiques dans le fait que je suis devenu presque incapable de mentir.

Sigmund Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne

mardi 9 juin 2015

On parle en psychanalyse de conflit lorsque, dans le sujet, s'opposent des exigences internes contraires. Le conflit peut être manifeste (entre un désir et une exigence morale par exemple, ou entre deux sentiments contradictoires) ou latent, ce dernier pouvant s'exprimer de façon déformée dans le conflit manifeste et se traduire notamment par la formation de symptômes, des désordres de la conduite, des troubles du caractère, etc. La psychanalyse considère le conflit comme constitutif de l'être humain et ceci dans diverses perspectives : conflit entre le désir et la défense, conflit entre les différents systèmes ou instances, conflits entre les pulsions, conflit œdipien enfin où non seulement se confrontent des désirs contraires, mais où ceux-ci s'affrontent à l'interdit.

Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse

lundi 8 juin 2015

Nous sommes habitués à ce que tout besoin pratique se crée l’idéologie qui lui correspond.

Sigmund Freud, La question de l'analyse profane

mardi 2 juin 2015

La recherche psychanalytique s'oppose avec la plus grande fermeté à la tentative de séparer les homosexuels en tant que groupe spécifique des autres êtres humains.

Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle

lundi 1 juin 2015

La rencontre de la réussite passe souvent par la réussite d'une rencontre.

Anonyme

mercredi 20 mai 2015

Créer une œuvre, c'est reconstituer en soi, à l'occasion de la création, l'objet aimé, détruit, perdu.

Didier Anzieu, Julien Gracq. Les figures de la position dépressive et le procès de la symbolisation

mardi 19 mai 2015

Idéal du Moi

Terme employé par Freud dans le cadre de sa deuxième théorie de l'appareil psychique : instance de la personnalité résultant de la convergence du narcissisme (idéalisation du moi) et des identifications aux parents, à leurs substituts et aux idéaux collectifs. En tant qu'instance différenciée, l'idéal du moi constitue un modèle auquel le sujet cherche à se conformer.

Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse

lundi 18 mai 2015

Das menschliche Leben zerfällt in zwei Hälften, in der ersten wünscht man sich die zweite herbei, und in der zweiten wünscht man sich die erste zurück.

La vie humaine se divise en deux moitiés : dans la première, on souhaite que la seconde vienne ; et dans la seconde, on souhaite que la première revienne.

Kuno Fischer

vendredi 15 mai 2015

Que puis-je savoir ?
Que dois-je faire ?
Que m'est-il permis d'espérer ?

Emmanuel Kant, Critique de la raison pure

jeudi 14 mai 2015

« Les faits psychiques ont un sens » écrivait Freud dans un de ses plus anciens ouvrages. Cela voulait dire qu'aucune conduite n'est, dans l'homme, le simple résultat de quelque mécanisme corporel, qu'il n'y a pas, dans le comportement, un centre spirituel et une périphérie d'automatisme, et que tous nos gestes participent à leur manière à cette unique activité d'explicitation et de signification qui est nous-mêmes. Au moins autant qu'à réduire les superstructures à des infrastructures instinctives, Freud s'efforce à montrer qu'il n'y a pas d'« inférieur » ni de « bas » dans la vie humaine. On ne saurait donc être plus loin d'une explication « par le bas ». Au moins autant qu'il explique la conduite par une fatalité héritée de l'enfance, Freud montre dans l'enfance une vie adulte prématurée, et par exemple dans les conduites sphinctériennes de l'enfant un premier choix de ses rapports de générosité ou d'avarice avec autrui. Au moins autant qu'il explique le psychologique par le corps, il montre la signification psychologique du corps, sa logique secrète ou latente. [...] Avec la psychanalyse, l'esprit passe dans le corps comme inversement le corps passe dans l'esprit.

Maurice Merleau-Ponty, Signes

mercredi 13 mai 2015

Le transfert est une image d'Épinal où le psychanalyste cherche des personnages cachés.

Didier Anzieu, Mon A.B.C.daire

mardi 12 mai 2015

Ce qui ressort en effet à l'évidence de son [Winnicott] livre Jeu et réalité, ce qui ne cesse de s'y dire, sous une forme qui prend parfois le risque de la naïveté, c'est qu'il ne suffit pas de ne pas souffrir de symptômes, d'avoir des relations sexuelles satisfaisantes, de rêver la nuit et d'être actif le jour pour se sentir être et vivre.

J.-B. Pontalis, Perdre de vue

lundi 11 mai 2015

Nous savons depuis longtemps que nous devons nous attendre également aux mêmes complexes et aux même conflits chez tous les gens sains et normaux. Nous nous sommes même habitués à supposer chez tout homme civilisé une certaine dose de refoulement des motions perverses, d'érotisme anal, homosexualité et autres, ainsi qu'une part de complexe paternel et maternel, et d'autres complexes encore, tout comme l'analyse élémentaire d'un corps organique nous pouvons déceler en toute certitude les éléments : carbone, oxygène, hydrogène, azote et un peu de soufre. Ce qui distingue les uns des autres les corps organiques, c'est la proportion quantitative de ces éléments et la constitution des liaisons qu'ils établissent entre eux. Ce dont il s'agit chez les normaux et les névrosés, ce n'est donc pas l'existence de ces complexes et conflits, mais la question de savoir si ceux-ci sont devenus pathogènes, et en ce cas quels mécanismes ils ont mis en oeuvre.

Sigmund Freud, Résultats, idées, problèmes T. I

mardi 5 mai 2015

Peut-être est-ce le néant qui est le vrai et tout notre rêve est-il inexistant, mais alors nous sentons qu’il faudra que ces phrases musicales, ces notions qui existent par rapport à lui, ne soient rien non plus. Nous périrons, mais nous avons pour otages ces captives divines qui suivront notre chance. Et la mort avec elles a quelque chose de moins amer, de moins inglorieux, peut-être de moins probable.

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu

lundi 4 mai 2015

Il faut habiter longtemps ce que conte le conteur avant d'y entendre vraiment quelque chose. Ne vous souciez pas d'interprétation. Celui qui cherche à expliquer le conte avec ses idées, c'est le dernier des cuistres, le saboteur de la relation humaine.

Maurice Bellet, L'écoute