Nous aurons beau nous écrier : “plus jamais ça !” Les faits ne cesseront de nous démentir, de montrer la vanité de nos cris. Les faits sont toujours les plus forts. La violence est souveraine. Partout, dehors, visible, étalée, au grand jour. Partout, dedans, cachée, tapie dans l'ombre d'où elle est prête à surgir. La passion meurtrière, qu'elle soit collective ou individuelle, la rage de détruire, l'amour de la haine ne connaissent pas de limites.
J.-B. Pontalis, Un jour, le crime
mardi 1 septembre 2015
lundi 31 août 2015
Le travail du rêve ne révèle pas d’autres activité que les quatre que nous venons de mentionner. Si nous nous tenons à notre définition qui désigne par « travail du rêve » le passage des pensées du rêve dans le contenu du rêve, nous devons dire que le travail du rêve n’est pas créateur, qu’il ne développe pas de fantaisie qui lui soit particulière ; il ne porte pas de jugement, n’apporte pas de conclusion, il ne fait absolument rien d’autre que condenser le matériel, le déplacer, le remanier dans le sens de la visualisation, à quoi s’ajoute enfin le petit apport variable d’un traitement interprétatif.
Sigmund Freud, Sur le rêve
vendredi 28 août 2015
mercredi 26 août 2015
mardi 25 août 2015
Il m’est facile d’attirer l’attention des étudiants sur 9 caractéristiques et fonctions de l’objet que j’ai tirées des propositions de René Roussillon, soit :
Louis Brunet, À propos de quelques apports de René Roussillon vus de Montréal, www.carnetpsy.com
- la consistance,
- l’indestructibilité,
- la transformation de la quantité en qualité,
- la grande sensibilité,
- la transformabilité,
- la disponibilité conditionnelle et inconditionnelle,
- la capacité d’être vivant,
- la capacité d’être fidèle - auxquelles j’ajoute
- la capacité d’être objet pour symboliser.
Louis Brunet, À propos de quelques apports de René Roussillon vus de Montréal, www.carnetpsy.com
lundi 24 août 2015
Le psy est papivore. Livres et revues sont souvent chez lui l'objet d'un culte qui confine parfois au fétichisme. Les biographes et les historiens ne s'y trompent pas : suivre la trace des publications essentielles qui ont marqué une vie, une époque est toujours une piste féconde. Dans une psychopathologie du quotidien plus banale, combien d'entre nous peinent à l'occasion de chaque départ en vacances à porter le poids de leur névrose bibliophilique. Et que dire des agissements de certains dans les librairies spécialisées ou, pire encore, lors des pauses des congrès : ces comportements ne flirtent-t-ils pas avec le tableau de l'achat compulsif ? Mais le plus pathétique pour illustrer l'ampleur de cette dépendance, c'est sans doute le spectacle de l'un des nôtres métamorphosé en ermite au fin fond d'une retraite dorée dédiée à l'écriture du grand oeuvre. réalisant subitement qu'il lui manque justement LE livre absolument nécessaire ici et maintenant.
Sylvain Missonnier, Le Carnet/Psy n° 126, 2008
Sylvain Missonnier, Le Carnet/Psy n° 126, 2008
vendredi 31 juillet 2015
« Un psychanalyste apathique, c’est un psy qui somnole ?
– Non, c’est quelqu’un qui ne se laisse pas prendre par le pathos.
– Il est indifférent – bravo !
– Il est engagé, au contraire, mais lui ne se laisse pas faire par les bons sentiments.
– Qui se laisse faire ?
– Les psychanalystes empathiques. Ce que ne sont pas les apathiques.
– Je vois. C’est mal, d’être empathique.
– Quand cela permet d’en finir avec toute visée scientifique. L’inconvenance et le mordant de la découverte freudienne sont menacés par une conception anglo-saxonne molle du postmoderne.
– C’est grave d’être un patient postmoderne ?
– Cela veut dire que l’on a un psychanalyste postmoderne. Il s’occupera de votre identité ; il s’occupera des traumas de votre « environnement précoce » (langue de bois pour parler de l’enfance) ; il s’occupera de votre unité. Mais que fera-t-il du scandale psychique qui vous fait vivre, et va du sexuel à la création ? »
Laurence Kahn, Le Psychanalyste apathique et le patient postmoderne
– Non, c’est quelqu’un qui ne se laisse pas prendre par le pathos.
– Il est indifférent – bravo !
– Il est engagé, au contraire, mais lui ne se laisse pas faire par les bons sentiments.
– Qui se laisse faire ?
– Les psychanalystes empathiques. Ce que ne sont pas les apathiques.
– Je vois. C’est mal, d’être empathique.
– Quand cela permet d’en finir avec toute visée scientifique. L’inconvenance et le mordant de la découverte freudienne sont menacés par une conception anglo-saxonne molle du postmoderne.
– C’est grave d’être un patient postmoderne ?
– Cela veut dire que l’on a un psychanalyste postmoderne. Il s’occupera de votre identité ; il s’occupera des traumas de votre « environnement précoce » (langue de bois pour parler de l’enfance) ; il s’occupera de votre unité. Mais que fera-t-il du scandale psychique qui vous fait vivre, et va du sexuel à la création ? »
Laurence Kahn, Le Psychanalyste apathique et le patient postmoderne
jeudi 30 juillet 2015
mercredi 29 juillet 2015
Une lettre à l'enfant que j'étais
On a tous un rendez-vous
Un destin à l’identique
Un soleil entre chien et loups
Pour nous donner la réplique
Au bout d’une ligne de fuite
Ou plus rien ne sert de mentir
Avant que la nuit ne s’invite
Ce soir j’ai envie d’écrire
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou simplement je lui dirais
Sache reconnaitre l’amour à temps
Tu ne le croiseras pas souvent
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou noir sur blanc je lui dirais
Choisis tes rêves avec précaution
Tu sais ils se réaliseront
La nuit se déchire à Paris
Le quartier de la trinité renait lentement à la vie
Efface les ombres de passé
Ici le ciel s’obscurcit
En conclusion pour tout dire
Sans faut semblant, sans raccourcis
Ce soir j’ai envie d’écrire
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou simplement je lui dirais
Sache reconnaitre l’amour à temps
Tu ne le croiseras pas souvent
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou noir sur blanc je lui dirais
Dans tout ce que tu feras sois vrai
Reste fidèle à qui tu es
Ceci est ton histoire
Ceci est notre histoire
Libre à toi de la croire
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou simplement je lui dirais
Ne négocie pas ta dignité
Tu ne pourras la racheter
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou noir sur blanc je lui dirais
Dans tout ce que tu feras sois vrai
Reste fidèle à qui tu es
Johnny Hallyday, paroles de Pierre Jouishomme, Francis White et Maxime Nucci (Yodelice), album "Rester vivant"
On a tous un rendez-vous
Un destin à l’identique
Un soleil entre chien et loups
Pour nous donner la réplique
Au bout d’une ligne de fuite
Ou plus rien ne sert de mentir
Avant que la nuit ne s’invite
Ce soir j’ai envie d’écrire
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou simplement je lui dirais
Sache reconnaitre l’amour à temps
Tu ne le croiseras pas souvent
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou noir sur blanc je lui dirais
Choisis tes rêves avec précaution
Tu sais ils se réaliseront
La nuit se déchire à Paris
Le quartier de la trinité renait lentement à la vie
Efface les ombres de passé
Ici le ciel s’obscurcit
En conclusion pour tout dire
Sans faut semblant, sans raccourcis
Ce soir j’ai envie d’écrire
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou simplement je lui dirais
Sache reconnaitre l’amour à temps
Tu ne le croiseras pas souvent
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou noir sur blanc je lui dirais
Dans tout ce que tu feras sois vrai
Reste fidèle à qui tu es
Ceci est ton histoire
Ceci est notre histoire
Libre à toi de la croire
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou simplement je lui dirais
Ne négocie pas ta dignité
Tu ne pourras la racheter
Une lettre à l’enfant que j’étais
Ou noir sur blanc je lui dirais
Dans tout ce que tu feras sois vrai
Reste fidèle à qui tu es
Johnny Hallyday, paroles de Pierre Jouishomme, Francis White et Maxime Nucci (Yodelice), album "Rester vivant"
mardi 28 juillet 2015
lundi 27 juillet 2015
mercredi 22 juillet 2015
mardi 21 juillet 2015
Il est bien connu que ce que nous nommons le hasard dans le monde extérieur se ramène à des lois ; ce que nous nommons l'arbitraire dans la vie psychique repose sur des lois, même si pour l'instant nous ne les pressentons qu'obscurément.
Sigmund Freud, Le délire et les rêves dans la Gradiva de W. Jensen
Sigmund Freud, Le délire et les rêves dans la Gradiva de W. Jensen
jeudi 16 juillet 2015
mercredi 15 juillet 2015
Tout comme le soin en général, mais de manière plus singulière et exemplaire encore à nos yeux, le soin psychanalytique n’est pas seulement soin de l’autre ou (de la part de celui qui s’y prête) soin de soi, en un sens que l’on suppose étroitement « psychologique ». Il est soin de toutes les dimensions relationnelles de soi et d’autrui, il est aussi soin des principes moraux et soin du monde, naturel et culturel, qui, comme l’a montré Winnicott, ne précède pas les relations psychiques entre les hommes, mais au contraire, en surgit.
Frédéric Worms, Ce que l'éthique apprend de la psychanalyse
Frédéric Worms, Ce que l'éthique apprend de la psychanalyse
lundi 13 juillet 2015
vendredi 10 juillet 2015
Indestructible
Dans les antichambres obscures
On se retourne vers l'enfance
Pour y traquer les blessures
Les raisons de nos souffrances
On devine derrière le mur
La beauté d'un ciel immense
Le pardon d'après l'offense
Et la vie paraît moins dure
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, tout nous paraît possible
On déambule en silence
Dans les couloirs de la peur
On se joue l'indifférence
Dans les rues de la douleur
On continue notre errance
Entre le bien et le mal
Entre l'eau pure et l'eau sale
Mais toujours avec élégance
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, une âme inamovible
Une symphonie de malheur
Un opéra de lassitude
J'voudrais partir avant l'heure mais l'attitude
Ca m'fait bien trop peur
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, un parfait cœur de cible
Une existence à rêver
D'une éternité d'avance
Puis la mort à tutoyer
Comme une vieille connaissance
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, mais beaucoup trop sensible
Indestructible, une âme inamovible
Indestructible, un parfait cœur de cible
Indestructible, tout nous paraît possible
Indestructible, tout nous paraît possible
Dans les antichambres obscures
On se retourne vers l'enfance
Pour y traquer les blessures
Les raisons de nos souffrances
On devine derrière le mur
La beauté d'un ciel immense
Le pardon d'après l'offense
Et la vie paraît moins dure
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, tout nous paraît possible
On déambule en silence
Dans les couloirs de la peur
On se joue l'indifférence
Dans les rues de la douleur
On continue notre errance
Entre le bien et le mal
Entre l'eau pure et l'eau sale
Mais toujours avec élégance
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, une âme inamovible
Une symphonie de malheur
Un opéra de lassitude
J'voudrais partir avant l'heure mais l'attitude
Ca m'fait bien trop peur
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, un parfait cœur de cible
Une existence à rêver
D'une éternité d'avance
Puis la mort à tutoyer
Comme une vieille connaissance
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, mais beaucoup trop sensible
Indestructible, une âme inamovible
Indestructible, un parfait cœur de cible
Indestructible, tout nous paraît possible
Indestructible, tout nous paraît possible
Véronique Sanson, Paroles de Bernard Swell, Album "Indestructible"
mercredi 8 juillet 2015
mardi 7 juillet 2015
lundi 6 juillet 2015
Vouloir guérir les hommes qui souffrent, apaiser leur douleur, non les réparer mais les consoler, c’est participer à une illusion créatrice qui permet de les maintenir debout. Être psychanalyste, c’est aussi accepter de restaurer la dignité humaine, en témoignant des blessures, en refusant l’indifférence et l’inaction.
Marie Rose Moro, La consolation. Mots pour maux
Marie Rose Moro, La consolation. Mots pour maux
lundi 22 juin 2015
jeudi 18 juin 2015
mercredi 17 juin 2015
lundi 15 juin 2015
Nous avons vu plus haut, par exemple, que le transfert ne peut être simplement pensé comme transfert paternel ou maternel mais qu'il est les deux à la fois et qu'il concerne en fait le mode de relation des deux personnages de l'histoire infantile du sujet, qu'il est transfert d'un mode relationnel, et en plus évalué à l'aulne de sa place dans le processus de symbolisation et de subjectivation.
René Roussillon, Manuel de pratique clinique
René Roussillon, Manuel de pratique clinique
vendredi 12 juin 2015
Le nourrisson traduit son état d'être vivant et créatif à travers le geste spontané qui prend sa source dans les pulsions de vie. La mère suffisamment bonne s'adapte au geste spontané pour favoriser la santé psychique et les processus de maturation.
Madeleine Davis et David Wallbridge, Winnicott : introduction à son oeuvre
Madeleine Davis et David Wallbridge, Winnicott : introduction à son oeuvre
mercredi 10 juin 2015
mardi 9 juin 2015
On parle en psychanalyse de conflit lorsque, dans le sujet, s'opposent des exigences internes contraires. Le conflit peut être manifeste (entre un désir et une exigence morale par exemple, ou entre deux sentiments contradictoires) ou latent, ce dernier pouvant s'exprimer de façon déformée dans le conflit manifeste et se traduire notamment par la formation de symptômes, des désordres de la conduite, des troubles du caractère, etc. La psychanalyse considère le conflit comme constitutif de l'être humain et ceci dans diverses perspectives : conflit entre le désir et la défense, conflit entre les différents systèmes ou instances, conflits entre les pulsions, conflit œdipien enfin où non seulement se confrontent des désirs contraires, mais où ceux-ci s'affrontent à l'interdit.
Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse
Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse
lundi 8 juin 2015
mardi 2 juin 2015
lundi 1 juin 2015
mercredi 20 mai 2015
mardi 19 mai 2015
Idéal du Moi
Terme employé par Freud dans le cadre de sa deuxième théorie de l'appareil psychique : instance de la personnalité résultant de la convergence du narcissisme (idéalisation du moi) et des identifications aux parents, à leurs substituts et aux idéaux collectifs. En tant qu'instance différenciée, l'idéal du moi constitue un modèle auquel le sujet cherche à se conformer.
Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse
Terme employé par Freud dans le cadre de sa deuxième théorie de l'appareil psychique : instance de la personnalité résultant de la convergence du narcissisme (idéalisation du moi) et des identifications aux parents, à leurs substituts et aux idéaux collectifs. En tant qu'instance différenciée, l'idéal du moi constitue un modèle auquel le sujet cherche à se conformer.
Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse
lundi 18 mai 2015
Das menschliche Leben zerfällt in zwei Hälften, in der ersten wünscht man sich die zweite herbei, und in der zweiten wünscht man sich die erste zurück.
La vie humaine se divise en deux moitiés : dans la première, on souhaite que la seconde vienne ; et dans la seconde, on souhaite que la première revienne.
Kuno Fischer
La vie humaine se divise en deux moitiés : dans la première, on souhaite que la seconde vienne ; et dans la seconde, on souhaite que la première revienne.
Kuno Fischer
vendredi 15 mai 2015
jeudi 14 mai 2015
« Les faits psychiques ont un sens » écrivait Freud dans un de ses plus anciens ouvrages. Cela voulait dire qu'aucune conduite n'est, dans l'homme, le simple résultat de quelque mécanisme corporel, qu'il n'y a pas, dans le comportement, un centre spirituel et une périphérie d'automatisme, et que tous nos gestes participent à leur manière à cette unique activité d'explicitation et de signification qui est nous-mêmes. Au moins autant qu'à réduire les superstructures à des infrastructures instinctives, Freud s'efforce à montrer qu'il n'y a pas d'« inférieur » ni de « bas » dans la vie humaine. On ne saurait donc être plus loin d'une explication « par le bas ». Au moins autant qu'il explique la conduite par une fatalité héritée de l'enfance, Freud montre dans l'enfance une vie adulte prématurée, et par exemple dans les conduites sphinctériennes de l'enfant un premier choix de ses rapports de générosité ou d'avarice avec autrui. Au moins autant qu'il explique le psychologique par le corps, il montre la signification psychologique du corps, sa logique secrète ou latente. [...] Avec la psychanalyse, l'esprit passe dans le corps comme inversement le corps passe dans l'esprit.
Maurice Merleau-Ponty, Signes
Maurice Merleau-Ponty, Signes
mercredi 13 mai 2015
mardi 12 mai 2015
Ce qui ressort en effet à l'évidence de son [Winnicott] livre Jeu et réalité, ce qui ne cesse de s'y dire, sous une forme qui prend parfois le risque de la naïveté, c'est qu'il ne suffit pas de ne pas souffrir de symptômes, d'avoir des relations sexuelles satisfaisantes, de rêver la nuit et d'être actif le jour pour se sentir être et vivre.
J.-B. Pontalis, Perdre de vue
J.-B. Pontalis, Perdre de vue
lundi 11 mai 2015
Nous savons depuis longtemps que nous devons nous attendre également aux mêmes complexes et aux même conflits chez tous les gens sains et normaux. Nous nous sommes même habitués à supposer chez tout homme civilisé une certaine dose de refoulement des motions perverses, d'érotisme anal, homosexualité et autres, ainsi qu'une part de complexe paternel et maternel, et d'autres complexes encore, tout comme l'analyse élémentaire d'un corps organique nous pouvons déceler en toute certitude les éléments : carbone, oxygène, hydrogène, azote et un peu de soufre. Ce qui distingue les uns des autres les corps organiques, c'est la proportion quantitative de ces éléments et la constitution des liaisons qu'ils établissent entre eux. Ce dont il s'agit chez les normaux et les névrosés, ce n'est donc pas l'existence de ces complexes et conflits, mais la question de savoir si ceux-ci sont devenus pathogènes, et en ce cas quels mécanismes ils ont mis en oeuvre.
Sigmund Freud, Résultats, idées, problèmes T. I
Sigmund Freud, Résultats, idées, problèmes T. I
mardi 5 mai 2015
Peut-être est-ce le néant qui est le vrai et tout notre rêve est-il inexistant, mais alors nous sentons qu’il faudra que ces phrases musicales, ces notions qui existent par rapport à lui, ne soient rien non plus. Nous périrons, mais nous avons pour otages ces captives divines qui suivront notre chance. Et la mort avec elles a quelque chose de moins amer, de moins inglorieux, peut-être de moins probable.
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu
lundi 4 mai 2015
mercredi 29 avril 2015
lundi 27 avril 2015
mardi 21 avril 2015
Inflation
Expansion de la personnalité au-delà de ses propres limites par identification avec un archétype ou avec la personna et dans les cas pathologiques, avec une personnalité historique ou religieuse. L'inflation a pour image la grenouille qui veut devenir boeuf. Un sens exagéré de l'importance personnelle se développe ; il est ordinairement compensé par un sentiment d'infériorité.
Carl Gustav Jung, Ma vie, souvenirs, rêves, pensées
Expansion de la personnalité au-delà de ses propres limites par identification avec un archétype ou avec la personna et dans les cas pathologiques, avec une personnalité historique ou religieuse. L'inflation a pour image la grenouille qui veut devenir boeuf. Un sens exagéré de l'importance personnelle se développe ; il est ordinairement compensé par un sentiment d'infériorité.
Carl Gustav Jung, Ma vie, souvenirs, rêves, pensées
lundi 20 avril 2015
lundi 13 avril 2015
L'expérience nous a appris que les processus psychiques inconscients sont en soi "intemporels". Cela signifie d'abord qu'ils ne sont pas ordonnés temporellement, que le temps ne les modifie en rien et que la représentation du temps ne peut leur être appliquée. Ce sont là des caractères négatifs dont on ne peut se faire une idée claire que par comparaison avec les processus psychiques conscients. C'est bien plutôt du mode de travail du système Pc-Cs que notre représentation abstraite du temps semble entièrement dériver : elle correspondrait à une autoperception de ce mode de travail. Dans ce mode de fonctionnement du système (Pc-Cs) on pourrait trouver un autre mode de pare-excitations.
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
vendredi 3 avril 2015
jeudi 2 avril 2015
mercredi 1 avril 2015
mardi 31 mars 2015
lundi 30 mars 2015
vendredi 27 mars 2015
jeudi 26 mars 2015
mardi 24 mars 2015
Il n'est plus aussi sûr aujourd'hui que l'anatomie soit, ou soit à elle seule, le destin : il y a bien une réalité sexuelle qui conditionne une certaine destinée, sexuelle, mais si forte et si décisive est l'influence de la réalité psychique, en l'occurrence, que du jeu s'introduit parfois au point de transformer le comportement sexuel, le vécu de la sexualité, voire l'identité sexuelle elle-même.
Christian David, La bisexualité psychique
Christian David, La bisexualité psychique
lundi 23 mars 2015
vendredi 20 mars 2015
jeudi 19 mars 2015
Le travail analytique est, par lui-même, non pas la remémoration de quelque chose, mais un travail de la mémoire réactualisée, mémoire que j'ai appelée dans certains cas mémoire amnésique. Le patient répète, il ne sait pas qu'il répète quelque chose, ou, s'il le voit, il ne voit pas à quoi cela peut se référer de son histoire passée, etc. Alors qu'est-ce qu'il se remémore ? La question ne se pose plus dans ces termes. [...] Aujourd'hui on souligne que quelque chose se réactualise. Je ne crois pas qu'il y ait de remémoration pure, car, quand quelque chose revient du fond, ce qui remonte à la surface n'est jamais ce qui a été envoyé primitivement par le fond.
André Green, Associations (presque) libres d'un psychanalyste. Entretiens avec Maurice Corcos
André Green, Associations (presque) libres d'un psychanalyste. Entretiens avec Maurice Corcos
mercredi 18 mars 2015
L'homme n'a pas le pouvoir de rester érigé. Il est voué à l'alternance incompréhensible et involontaire de la potentia et de l'impotentia. Il est tour à tour pénis et phallos (mentula et fascinus). C'est pourquoi le pouvoir est le problème masculin par excellence parce que c'est sa fragilité caractéristique et l'anxiété qui préoccupe toutes ses heures.
Pascal Quignard, Le Sexe et l'Effroi
Pascal Quignard, Le Sexe et l'Effroi
mardi 17 mars 2015
lundi 16 mars 2015
vendredi 13 mars 2015
mardi 10 mars 2015
lundi 9 mars 2015
vendredi 6 mars 2015
(le matin)
A partir d'aujourd'hui chaque soir je passerai en revue la journée écoulée et je ferai un bilan très lucide sur ce que j'ai fait de bien et de pas bien.
(le soir)
Aujourd'hui j'ai fait quelque chose de vachement bien : j'ai décidé de faire un bilan très lucide de mes actions quotidiennes.
Philippe Geluck, Le quatrième chat
A partir d'aujourd'hui chaque soir je passerai en revue la journée écoulée et je ferai un bilan très lucide sur ce que j'ai fait de bien et de pas bien.
(le soir)
Aujourd'hui j'ai fait quelque chose de vachement bien : j'ai décidé de faire un bilan très lucide de mes actions quotidiennes.
Philippe Geluck, Le quatrième chat
mercredi 4 mars 2015
mardi 3 mars 2015
vendredi 27 février 2015
A trop insister sur la capacité empathique de l'analyste à l'égard de son patient et notamment en vue d'engager le traitement, on négligerait volontiers ce qui revient ici à l'angoisse et à l'hostile comme nécessaire capacité d'étrangement du patient pour que l'analyse ait lieu.
Pierre Fédida, Le site de l'étranger
Pierre Fédida, Le site de l'étranger
jeudi 26 février 2015
mercredi 25 février 2015
lundi 23 février 2015
vendredi 20 février 2015
Deux philosophes chinois réfléchissent près d'un bassin où nagent des poissons rouges. L'un dit :
- Comme ils sont heureux, ces poissons dans leur bassin ! Ils sont sereins.
Et l'autre :
- Comment pouvez-vous dire cela, vous n'êtes pas poisson !
- Et comment savez-vous que je ne suis pas poisson ? Vous n'êtes pas moi !
Sagesse chinoise
- Comme ils sont heureux, ces poissons dans leur bassin ! Ils sont sereins.
Et l'autre :
- Comment pouvez-vous dire cela, vous n'êtes pas poisson !
- Et comment savez-vous que je ne suis pas poisson ? Vous n'êtes pas moi !
Sagesse chinoise
jeudi 19 février 2015
mercredi 18 février 2015
lundi 16 février 2015
J'ai très souvent entendu mes malades m'objecter, quand je leur promettais un secours ou une amélioration par le procédé cathartique : "Mais vous dites vous-même que mon mal est en rapport avec les circonstances de ma vie, avec mon destin. Alors comment pourrez-vous m'aider ?" J'ai alors donné la réponse suivante : "Certes, il est hors de doute qu'il serait plus facile au destin qu'à moi même de vous débarrasser de vos maux, mais vous pourrez vous convaincre d'une chose, c'est que vous trouverez grand avantage, en cas de réussite, à transformer votre misère hystérique en malheur banal. Avec un psychisme redevenu sain vous serez capable de lutter contre ce dernier.
Sigmund Freud et Josef Breuer, Etudes sur l'hystérie
Sigmund Freud et Josef Breuer, Etudes sur l'hystérie
vendredi 13 février 2015
jeudi 12 février 2015
Le surmoi ne prononce pas d'injonctions, il ne dit pas: "Tu dois", mais : "Tu aurais dû" ou : "Tu n'aurais pas dû" (il vous tutoie toujours celui-là, ce détestable ennemi intime qui prétend être votre ami, vouloir votre bien). Il vient constater la faute après qu'elle a été commise. L'effort de l'obsessionnel pour faire que la faute, fût-ce la plus infime, n'ait pas été commise, pour que ça ne soit pas arrivé (l'annulation rétroactive), vise à contrecarrer la voix du surmoi. Elle ne parvient qu'à la renforcer, à en accentuer la férocité, une férocité parfois doucereuse.
J.-B. Pontalis, En marge des jours
J.-B. Pontalis, En marge des jours
mercredi 11 février 2015
mardi 10 février 2015
lundi 9 février 2015
vendredi 6 février 2015
L'état dans lequel le moi garde la libido auprès de lui-même, nous l'appelons narcissisme, en souvenir de la légende grecque de l'adolescent Narcisse, resté amoureux de sa propre image en miroir.
Nous attribuons donc à l'individu un progrès qui le fait passer du narcissisme à l'amour d'objet. Mais nous ne croyons pas que la libido du moi soit jamais transférée aux objets dans sa totalité. Une certaine quantité de libido demeure toujours auprès du moi, une certaine dose de narcissisme se perpétue en dépit d'un amour d'objet hautement développé. Le moi est un grand réservoir à partir duquel la libido destinée aux objets se répand, et vers lequel elle reflue à partir des objets. La libido d'objet a commencé par être libido du moi et elle peut se transmuer à nouveau en libido du moi. Il est essentiel à la plénitude de la santé d'un individu que sa libido ne perde pas la plénitude de sa mobilité. Pour concrétiser ce rapport, pensons à un animalcule protoplasmique dont la substance liquide consistante émet des pseudopodes, des excroissances dans lesquelles la substance corporelle se prolonge, mais qui peuvent être résorbées à tout moment, de sorte que la forme de la petite masse protoplasmique se reconstitue.
Sigmund Freud, Une difficulté de la psychanalyse
Nous attribuons donc à l'individu un progrès qui le fait passer du narcissisme à l'amour d'objet. Mais nous ne croyons pas que la libido du moi soit jamais transférée aux objets dans sa totalité. Une certaine quantité de libido demeure toujours auprès du moi, une certaine dose de narcissisme se perpétue en dépit d'un amour d'objet hautement développé. Le moi est un grand réservoir à partir duquel la libido destinée aux objets se répand, et vers lequel elle reflue à partir des objets. La libido d'objet a commencé par être libido du moi et elle peut se transmuer à nouveau en libido du moi. Il est essentiel à la plénitude de la santé d'un individu que sa libido ne perde pas la plénitude de sa mobilité. Pour concrétiser ce rapport, pensons à un animalcule protoplasmique dont la substance liquide consistante émet des pseudopodes, des excroissances dans lesquelles la substance corporelle se prolonge, mais qui peuvent être résorbées à tout moment, de sorte que la forme de la petite masse protoplasmique se reconstitue.
Sigmund Freud, Une difficulté de la psychanalyse
mercredi 4 février 2015
mardi 3 février 2015
lundi 2 février 2015
Faux, le lieu commun affirmant qu'avoir pour analyste un homme ou une femme n'importe guère, n'a pas d'incidence sur le mode de transfert. Un homme en analyse avec un homme, une femme avec une femme, cela fait inévitablement surgir la question de l'homosexualité, cela la rend présente. R. allongé sur le divan, l'analyste homme derrière lui : passivité identifiée à la soumission homosexuelle. Il se pourrait que la relation de séduction réciproque mère-enfant soit transposée dans la relation père-fils, la première ayant une fonction prototypique au point que je ne puisse me représenter tout autre lien affectif que sur le modèle de celle-ci.
Un femme avec une analyste femme (par définition je n'en ai pas l'expérience directe, mais j'en ai quelque idée par les supervisions). Le lien si puissant entre mère et fille, si passionnel où amour et haine sont inextricablement mêlés, un lieu où je vois la matrice de toute passion, est nécessairement ravivé. La même femme en analyse avec un homme va chercher à se dégager de cette relation d'emprise mutuelle. Et alors il arrive que l'analyste, plutôt que de tenir l’emploi d'une figure paternelle (ce qu'il est convenu d'appeler la fonction du tiers) "fasse la mère", mais une mère qui se voudrait toute de bienveillante tendresse, non dangereuse, quasiment asexuée.
Difficulté pour l'analyste : avoir en même temps sa propre identité sexuelle, affirmée et une identité psychanalytique flottante, vacillante au point de pouvoir dire, ou à tout le moins laisser entendre, à son patient : "Qu'est-ce qui vous garantit que je suis un homme ?" (ou une femme).
J.-B. Pontalis, En marge des jours
Un femme avec une analyste femme (par définition je n'en ai pas l'expérience directe, mais j'en ai quelque idée par les supervisions). Le lien si puissant entre mère et fille, si passionnel où amour et haine sont inextricablement mêlés, un lieu où je vois la matrice de toute passion, est nécessairement ravivé. La même femme en analyse avec un homme va chercher à se dégager de cette relation d'emprise mutuelle. Et alors il arrive que l'analyste, plutôt que de tenir l’emploi d'une figure paternelle (ce qu'il est convenu d'appeler la fonction du tiers) "fasse la mère", mais une mère qui se voudrait toute de bienveillante tendresse, non dangereuse, quasiment asexuée.
Difficulté pour l'analyste : avoir en même temps sa propre identité sexuelle, affirmée et une identité psychanalytique flottante, vacillante au point de pouvoir dire, ou à tout le moins laisser entendre, à son patient : "Qu'est-ce qui vous garantit que je suis un homme ?" (ou une femme).
J.-B. Pontalis, En marge des jours
vendredi 30 janvier 2015
Au fond de chaque rêve, de chaque fantasme, de chaque idée, de chaque souvenir, de chaque transfert, il y a une butée du réel, une réalité qui fonctionne comme limite, étant entendu que chacune des fonctions psychiques qui viennent d'être énumérées : rêve, fantasme, souvenir, etc., constitue en elle-même une réalité psychique à l'intérieur de laquelle la réalité limite fonctionne comme opposant et dialogue avec le subjectif.
Michel Neyraut, Le transfert
Michel Neyraut, Le transfert
jeudi 29 janvier 2015
La réalisation du désir n’est pas affaire de réalités objectives. Elle dépend de notre pouvoir de nous satisfaire et de notre droit à la satisfaction, c’est-à-dire de la liberté de mettre en œuvre les actes relationnels de notre corps. Les réalités objectives invoquées comme objets de manque et de convoitise — généralement inaccessibles — sont autant de pièges tendus à la cure pour masquer (donc pour maintenir) les inhibitions afférentes à ces actes, pièges qui — combien souvent ! — retiendront le désir prisonnier à vie.
Maria Torok, La signification de l'"envie du pénis" chez la femme
Maria Torok, La signification de l'"envie du pénis" chez la femme
mercredi 28 janvier 2015
Un vieux sage chinois raconte qu'un jour il perdit ses perles. Il envoya ses yeux à la recherche de ses perles, mais ses yeux ne les trouvèrent pas. Ensuite il envoya ses oreilles à la recherche des perles, mais ses oreilles ne les trouvèrent pas. Alors il envoya ses mains à la recherche des perles, mais ses mains ne les trouvèrent pas. Ainsi il envoya tous ses sens à la recherche des perles, mais aucun ne les trouva. Finalement il envoya la non-recherche à la recherche de ses perles. Et sa non-recherche les trouva.
Parabole
Parabole
mardi 27 janvier 2015
lundi 26 janvier 2015
vendredi 23 janvier 2015
jeudi 22 janvier 2015
J'avais d'ailleurs eu l'occasion de constater, ces jours derniers, combien elle se montrait dure envers elle-même et prête à se reprocher amèrement ses plus petites négligences [...]. Je lui répète [...] une paraphrase du vieil adage minima non curat praetor, et lui dit qu'entre le bien et le mal se trouve tout un groupe de petites choses indifférentes que personne ne doit se reprocher.
Sigmund Freud, Etudes sur l'hystérie
Sigmund Freud, Etudes sur l'hystérie
mardi 20 janvier 2015
lundi 19 janvier 2015
Je ne me casse pas beaucoup la tête au sujet du bien et mal, mais en moyenne, je n'ai découvert que fort peu de "bien" chez les hommes. D'après ce que j'en sais, ils ne sont pour la plupart que de la racaille, qu'ils se réclament de l'éthique de telle ou telle doctrine ou d'aucune.
Sigmund Freud, Lettre au pasteur Pfister du 9 octobre 1918
Sigmund Freud, Lettre au pasteur Pfister du 9 octobre 1918
vendredi 16 janvier 2015
jeudi 15 janvier 2015
mercredi 14 janvier 2015
Sublimation
Processus postulé par Freud pour rendre compte d'activités humaines apparemment sans rapport avec la sexualité, mais qui trouveraient leur ressort dans la force de la pulsion sexuelle. Freud a décrit comme activités de sublimation principalement l'activité artistique et l'investigation intellectuelle. La pulsion est dite sublimée dans la mesure où elle est dérivée vers un nouveau but non sexuel et où elle vise des objets socialement valorisés.
Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse
Processus postulé par Freud pour rendre compte d'activités humaines apparemment sans rapport avec la sexualité, mais qui trouveraient leur ressort dans la force de la pulsion sexuelle. Freud a décrit comme activités de sublimation principalement l'activité artistique et l'investigation intellectuelle. La pulsion est dite sublimée dans la mesure où elle est dérivée vers un nouveau but non sexuel et où elle vise des objets socialement valorisés.
Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse
mardi 13 janvier 2015
Objet flottant
Concept dérivé de la nouvelle systémique [constructivisme]. La thérapie est dans ce contexte théorique un processus de perturbations réciproques prenant place entre deux systèmes autoréférentiels. L'effet attendu de ce processus déstabilisant est une transformation parallèle de deux systèmes par une activité créatrice commune qui est la "co-création" de concepts et de modèles nouveaux utiles aux deux systèmes dans leur interaction. Les sculpturations, les tâches de changement, les métaphores, les contes systémiques qui apparaissent successivement au fil des rencontres sont les preuves concrètes de cette activité co-créatrice. Nous les appellons objets flottants de la thérapie. Ils n'appartiennent, en effet à proprement parler, ni au système traitant ni au système traité, mais ils resteront comme des traces repérables du processus évolutif que ces systèmes auront parcouru ensemble.
Philippe Caillé, Un et un font trois
Concept dérivé de la nouvelle systémique [constructivisme]. La thérapie est dans ce contexte théorique un processus de perturbations réciproques prenant place entre deux systèmes autoréférentiels. L'effet attendu de ce processus déstabilisant est une transformation parallèle de deux systèmes par une activité créatrice commune qui est la "co-création" de concepts et de modèles nouveaux utiles aux deux systèmes dans leur interaction. Les sculpturations, les tâches de changement, les métaphores, les contes systémiques qui apparaissent successivement au fil des rencontres sont les preuves concrètes de cette activité co-créatrice. Nous les appellons objets flottants de la thérapie. Ils n'appartiennent, en effet à proprement parler, ni au système traitant ni au système traité, mais ils resteront comme des traces repérables du processus évolutif que ces systèmes auront parcouru ensemble.
Philippe Caillé, Un et un font trois
lundi 12 janvier 2015
vendredi 9 janvier 2015
jeudi 8 janvier 2015
Celui qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre constate que les mortels ne peuvent cacher aucun secret. Celui dont les lèvres se taisent bavarde avec le bout des doigts ; il se trahit par tous les pores. C’est pourquoi la tâche de rendre conscientes les parties les plus dissimulées de l’âme est parfaitement réalisable.
Sigmund Freud, Dora : fragment d'une analyse d'hystérie
Sigmund Freud, Dora : fragment d'une analyse d'hystérie
mercredi 7 janvier 2015
Le terme objet est employé ici dans le sens d'objet du désir, que lui a donné la psychanalyse. Il faut donc le prendre quasi grammaticalement comme l'objet d'une action émanée d'un sujet et non comme une chose ou un fait objectif. En ce sens, une personne est aussi un objet (d'amour ou de haine). La psychanalyse distingue l'objet externe, dans sa réalité commune mais aussi comme cible de projections personnelles qui peuvent le transformer, et l'objet interne, qui est une représentation en soi des objets externes. Ces objets internes, encore appelés "imagos", peuvent êtres figurés comme des personnes totales ou limitées à un objet partiel, une partie ou une fonction de l'objet total, symbolisée, par exemple, par un organe ou un produit : le sein, les fèces, le pénis. Ils peuvent encore être utilisés pour représenter une instance psychique, le surmoi ou l'idéal du moi, avec laquelle le moi entre en relation.
Jacques Hochmann, Une histoire de l'empathie
Jacques Hochmann, Une histoire de l'empathie
mardi 6 janvier 2015
Que sont ces transferts ? Ce sont de nouvelles éditions, des copies des tendances et des fantasmes qui doivent être éveillés et rendus conscients par les progrès de l'analyse, et dont le trait caractéristique est de remplacer une personne antérieurement connue par la personne du médecin. Autrement dit, un nombre considérable d'états psychiques antérieurs revivent, non pas comme états passés, mais comme rapports actuels avec la personne du médecin. Il y a des transferts qui ne diffèrent en rien de leur modèle quant à leur contenu, à l'exception de la personne remplacée. Ce sont donc, en se servant de la même métaphore, de simples rééditions stéréotypées, des réimpressions. D'autres transferts sont faits avec plus d'art, ils ont subi une atténuation de leur contenu, une sublimation, comme je dis, et sont même capables de devenir conscients en s'étayant sur une particularité réelle, habilement utilisée, de la personne du médecin ou des circonstances qui l'entourent. Ce sont alors des éditions revues et corrigées, et non plus des réimpressions.
Sigmund Freud, Dora : fragment d'une analyse d'hystérie
Sigmund Freud, Dora : fragment d'une analyse d'hystérie
mercredi 24 décembre 2014
Ce que nous faisons en analyse, c'est, à mon avis, donner à ceux qui viennent nous voir la possibilité d'accroître leur sentiment de liberté. De quelle manière ? En libérant les forces présentes en eux-mêmes, afin qu'il profitent de la vie non comme des gens terrorisés cherchant la sécurité à tout prix, ni comme des pécheurs repentis, mais comme des êtres humains qui sont inhibés par quelque chose qui les fait aller de l'avant, en quête de ce qu'ils valorisent. L'analyse devrait développer leur capacité à investir quelque chose. Nous n'avons pas à leur dire quoi, ils le découvriront... En d'autres mots, l'analyse devrait améliorer ce que le patient a déjà, ou lui donner la possibilité de découvrir que la vie vaut la peine d'être vécue.
(traduction Ana de Staal)
André Green, entretien avec Lesley Cadwell, New Formations n° 26, 1995
(traduction Ana de Staal)
André Green, entretien avec Lesley Cadwell, New Formations n° 26, 1995
mardi 23 décembre 2014
Le symptôme arrive tout d’abord dans la vie mentale du patient comme un hôte indésirable ; il n’a aucune raison de l’accueillir. Et c’est bien pour cela qu’avec le temps il peut s’évanouir si aisément, comme de son propre gré. Au départ, il n’est d’aucune utilité pour la gestion interne du mental mais souvent il parvient secondairement à s’en trouver une : l’un ou l’autre flux mental, ou quoi que ce soit, trouve expédient de s’en servir. De cette manière, le symptôme obtient une fonction secondaire et, pour ainsi dire, s’inscruste dans la vie mentale du patient.
Sigmund Freud, Fragment d'une analyse d'hystérie, Dora
Sigmund Freud, Fragment d'une analyse d'hystérie, Dora
lundi 22 décembre 2014
La Croix : Depuis vingt ans d’exercice, qu’est-ce qui vous marque le plus ?
L’attachement des patients à leur souffrance. Certes, ils demandent de l’aide et veulent être libérés au plus vite de leurs symptômes. Mais si, par magie, cela pouvait être le cas, ils s’effondreraient aussitôt, car la plupart sont attachés à leurs souffrances et aux mécanismes de défense qu’ils ont mis en place pour s’épargner une angoisse bien pire. D’où les résistances inconscientes qu’ils opposent au travail analytique par crainte du vide.
Anne-Marie Saunal, La Croix du 12 septembre 2013
L’attachement des patients à leur souffrance. Certes, ils demandent de l’aide et veulent être libérés au plus vite de leurs symptômes. Mais si, par magie, cela pouvait être le cas, ils s’effondreraient aussitôt, car la plupart sont attachés à leurs souffrances et aux mécanismes de défense qu’ils ont mis en place pour s’épargner une angoisse bien pire. D’où les résistances inconscientes qu’ils opposent au travail analytique par crainte du vide.
Anne-Marie Saunal, La Croix du 12 septembre 2013
vendredi 19 décembre 2014
jeudi 18 décembre 2014
Ennuyer (boring) et ennui (boredom) chez Winnicott
L'hypothèse que je vais développer ici c'est que "boring" - ennuyer, engendrer l'ennui - a la qualité de la tendance antisociale ce qui sous-entend une demande et un espoir, alors que "boredom" - l'ennui - est une humeur organisée et défensive et une structure psychique.
Masud R. Khan, préface à Fragment d'une analyse
L'hypothèse que je vais développer ici c'est que "boring" - ennuyer, engendrer l'ennui - a la qualité de la tendance antisociale ce qui sous-entend une demande et un espoir, alors que "boredom" - l'ennui - est une humeur organisée et défensive et une structure psychique.
Masud R. Khan, préface à Fragment d'une analyse
mercredi 17 décembre 2014
mardi 16 décembre 2014
lundi 15 décembre 2014
vendredi 12 décembre 2014
jeudi 11 décembre 2014
mercredi 10 décembre 2014
Quand on aime, l’amour est trop grand pour pouvoir être contenu tout entier en nous ; il irradie vers la personne aimée, rencontre en elle une surface qui l’arrête, le force à revenir vers son point de départ ; et c’est ce choc en retour de notre propre tendresse que nous appelons les sentiments de l’autre et qui nous charme plus qu’à l’aller, parce que nous ne connaissons pas qu’elle vient de nous.
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu
mardi 9 décembre 2014
Les cas qui sont consacrés dès le départ à des objectifs scientifiques et qui sont traités en conséquence s'en ressentent dans leurs résultats ; alors que les cures les plus efficaces sont celles où l'on procède, pour ainsi dire, sans aucun objectif en vue, où l'on se laisse surprendre quand ils prennent une tournure nouvelle et que l'on aborde l'esprit ouvert, libre de tout présupposé.
Sigmund Freud, Conseils aux médecins sur le traitement psychanalytique
Sigmund Freud, Conseils aux médecins sur le traitement psychanalytique
vendredi 5 décembre 2014
Les pulsions
C'est une structure à la limite entre psyché et soma qui implique une mesure du travail de la psyché du fait de ses connexions au corps ;
C'est une excitation permanente qui peut seulement s'arrêter par gratification ;
La pulsion est liée à l'expérience de base plaisir - déplaisir, et organise le désir, les souhaits, les fantasmes ;
Le plus souvent, la pulsion a besoin d'un objet pour sa satisfaction ;
Elle représente l'expérience (la pulsion est représentative) de l'excitation corporelle et s'exprime par des représentations : principalement la représentation de chose ou d'objet et la représentation de mot. Les deux sont combinées dans le concept de représentant.
André Green, Jouer avec Winnicott
C'est une structure à la limite entre psyché et soma qui implique une mesure du travail de la psyché du fait de ses connexions au corps ;
C'est une excitation permanente qui peut seulement s'arrêter par gratification ;
La pulsion est liée à l'expérience de base plaisir - déplaisir, et organise le désir, les souhaits, les fantasmes ;
Le plus souvent, la pulsion a besoin d'un objet pour sa satisfaction ;
Elle représente l'expérience (la pulsion est représentative) de l'excitation corporelle et s'exprime par des représentations : principalement la représentation de chose ou d'objet et la représentation de mot. Les deux sont combinées dans le concept de représentant.
André Green, Jouer avec Winnicott
mercredi 3 décembre 2014
mardi 2 décembre 2014
Hypertélie
De hyper, trop et de télie, le but = le dépassement du but recherché.
Un exemple classique en est le développement excessif des défenses des mammouths (recourbées vers l'intérieur) qui ont fini par leur perforer la mâchoire au lieu de les protéger.
Serge Ginger, Psychothérapie : état des lieux in L'art d'aider (II), Revue de la psychologie de la motivation, n° 35, juin 2003
De hyper, trop et de télie, le but = le dépassement du but recherché.
Un exemple classique en est le développement excessif des défenses des mammouths (recourbées vers l'intérieur) qui ont fini par leur perforer la mâchoire au lieu de les protéger.
Serge Ginger, Psychothérapie : état des lieux in L'art d'aider (II), Revue de la psychologie de la motivation, n° 35, juin 2003
lundi 1 décembre 2014
jeudi 27 novembre 2014
La conscience et l'inconscient ne se synthétisent pas en un tout quand l'un est opprimé et endommagé par l'autre. Si tant est qu'ils doivent mutuellement se combattre, que ce soit au moins en un combat loyal, avec les mêmes droits de part et d'autre, tous deux étant des aspects de la vie. La conscience devrait protéger sa raison et ses possibilités d'autodéfense, et la vie chaotique de l'inconscient devrait aussi avoir la possibilité de suivre sa propre pente dans les limites où cela nous est supportable. Cela signifierait simultanément la lutte loyale et la collaboration sincère. C'est là du moins ce que devrait manifestement être la vie humaine, le vieux jeu de l'enclume et du marteau. Le fer battu entre les deux est soudé en une unité indestructible, je veux dire en un "individu". Tel est à peu près ce que j'appelle le "processus d'individuation".
Carl Gustav Jung, La Guérison psychologique
Carl Gustav Jung, La Guérison psychologique
mercredi 26 novembre 2014
Axiomatique de la communication
Paul Watzlawick, Janet Helmick-Beavin et Don D. Jackson, Une logique de la communication
- On ne peut pas ne pas communiquer.
- Toute communication présente deux aspects: le contenu et la relation, tels que le second englobe le premier et par la suite est une métacommunication.
- La nature d'une relation dépend de la ponctuation des séquences de communication entre les partenaires.
- Les être humains usent de deux modes de communication : digital et analogique. Le langage digital possède une syntaxe logique très complexe et très commode, mais manque d'une sémantique appropriée à la relation. Par contre, le langage analogique possède bien la sémantique, mais non la syntaxe appropriée à une définition non-équivoque de la nature des relations.
- Tout échange de communication est symétrique ou complémentaire, selon qu'il se fonde sur l'égalité ou la différence.
Paul Watzlawick, Janet Helmick-Beavin et Don D. Jackson, Une logique de la communication
mardi 25 novembre 2014
Système réticulé activateur
C'est le mécanisme de sélection de votre esprit. N'oubliez pas que votre esprit conscient ne peut se concentrer que sur un faible nombre de chose à la fois, de sorte que votre cerveau dépense beaucoup d'énergie pour déterminer à quoi il n'accordera pas son attention. Il y a d'innombrables stimuli qui nous bombardent en ce moment même, mais notre cerveau les élimine presque tous et ne se concentre que sur ce qu'il croit être important. Par conséquent, votre système réticulé activateur est directement responsable de la part de réalité qui compose votre expérience consciente.
Anthony Robbins, L'éveil de votre puissance intérieure
C'est le mécanisme de sélection de votre esprit. N'oubliez pas que votre esprit conscient ne peut se concentrer que sur un faible nombre de chose à la fois, de sorte que votre cerveau dépense beaucoup d'énergie pour déterminer à quoi il n'accordera pas son attention. Il y a d'innombrables stimuli qui nous bombardent en ce moment même, mais notre cerveau les élimine presque tous et ne se concentre que sur ce qu'il croit être important. Par conséquent, votre système réticulé activateur est directement responsable de la part de réalité qui compose votre expérience consciente.
Anthony Robbins, L'éveil de votre puissance intérieure
lundi 24 novembre 2014
Les cinq modes d'action de l'analyse classique
- suggestion ;
- abréaction ;
- manipulation ;
- exposition à de nouvelles expériences, "expériences émotionnelles correctives" (Alexander) et "apprendre par l'expérience" (Bion) ;
- insight par clarification, éventuellement aidée par l'interprétation.
vendredi 21 novembre 2014
Synchronicité
Terme forgé par Jung pour exprimer une coïncidence significative ou une correspondance :
a) entre une évènement psychique et un évènement physique qui ne sont pas causalement reliés l'un à l'autre. De tels phénomènes synchronistiques se produisent, par exemple, quand des phénomènes intérieurs (rêves, visions, prémonitions) semblent avoir une correspondance dans la réalité extérieure : l'image intérieure ou la prémonition s'est montrée "vraie".
b) entre des rêves, des idées analogues ou identiques se présentant simultanément à différents endroits. Ni les unes ni les autres de ces manifestations ne peuvent s'expliquer par la causalité. Elles semblent plutôt être en relation avec des processus archétypiques de l'inconscient.
Carl Gustav Jung, Ma vie, souvenirs, rêves et pensées
Terme forgé par Jung pour exprimer une coïncidence significative ou une correspondance :
a) entre une évènement psychique et un évènement physique qui ne sont pas causalement reliés l'un à l'autre. De tels phénomènes synchronistiques se produisent, par exemple, quand des phénomènes intérieurs (rêves, visions, prémonitions) semblent avoir une correspondance dans la réalité extérieure : l'image intérieure ou la prémonition s'est montrée "vraie".
b) entre des rêves, des idées analogues ou identiques se présentant simultanément à différents endroits. Ni les unes ni les autres de ces manifestations ne peuvent s'expliquer par la causalité. Elles semblent plutôt être en relation avec des processus archétypiques de l'inconscient.
Carl Gustav Jung, Ma vie, souvenirs, rêves et pensées
lundi 17 novembre 2014
La confidentialité, selon moi, est beaucoup plus que la discrétion. Cela correspond au fait que le patient confie et se réapproprie quelque chose qu'il nous a confié. La mise au grand jour de cela peut être un acte relativement grave de dépossession. En ce sens, la confidentialité n'est pas le simple équivalent du secret professionnel auquel est soumis tout médecin. Car l'outil de travail du médecin n'est pas son appareil psychique et l'objet du soin n'est pas l'appareil psychique de l'autre. Le terme de dépossession correspond précisément à l'effet que peut produire le fait de rendre public ce qui est le plus privé comme si c'était la propriété de l'analyste.
Laurence Kahn, Fiction et vérité freudiennes, entretiens avec Michel Enaudeau
Laurence Kahn, Fiction et vérité freudiennes, entretiens avec Michel Enaudeau
jeudi 6 novembre 2014
mercredi 5 novembre 2014
Une psychanalyse qui est étroitement reliée aux réalités de la vie quotidienne, qui pénètre dans les profondeurs de la souffrance des êtres humains, n’a rien à craindre pour l’avenir et s’épanouira. […] Toutefois, la psychanalyse ne retiendra l’attention du public que dans la mesure où elle parle vraiment de la condition humaine, et dans la mesure où les gens se rendent compte que le psychanalyste ne doit pas être juste un professionnel avec une théorie – un psychotechnicien –, mais un être humain avec une expérience croissante dans la compréhension, capable d’aider les autres dans leurs luttes pour devenir des personnes réelles vivant avec leurs semblables des vies ayant du sens.
(traduction Christian Raguet)
Harry Guntrip, The promise of psychoanalysis
(traduction Christian Raguet)
Harry Guntrip, The promise of psychoanalysis
lundi 3 novembre 2014
La psychanalyse est donc bien plus qu’un procédé technique – c’est une façon de vivre éclairée par des valeurs sur ce qui constitue une bonne vie. Parmi celles-ci, je mettrais l’accent sur une passion pour la vérité d’une relation authentique, combinée à de la compassion et du respect envers les autres, ce qui, pour moi, s’exprime le mieux dans la valeur centrale d’être humain : une qualité caractérisée par la courtoisie, la bonté et la considération, ainsi que la compassion et la bienveillance.
Warren Colman, Réflexions sur le savoir et l'expérience
Warren Colman, Réflexions sur le savoir et l'expérience
vendredi 31 octobre 2014
Freud ne renonce jamais au terme de guérison, jamais. Et ce, pour une raison extrêmement simple, c'est que l'on peut avancer, se fourvoyer, la guérison - pas la suppression du symptôme - mais la guérison... l'horizon de la guérison est ce qui seul permet d'apprécier la rencontre avec un fragment de vérité de la réalité psychique du patient. C'est quelque chose à quoi Freud ne cesse de se référer. Les analystes ne sont pas du tout intéressés à parler de guérison en tant que guérison du symptôme, parce que la productivité de la cure réside aussi dans la productivité de nouveaux symptômes. Cela suppose que l'analyste ne cherche pas à apaiser ou à faire disparaître le symptôme, à calmer le trouble puisque celui-ci est le territoire même de l'analyse. Les symptômes, anciens ou nouveaux, s'avancent eux aussi, fragment par fragment, sur le devant de la scène psychique - ce sont les termes de Freud à propos de la maladie s'avançant, morceau par morceau, dans le champ de la cure - et c'est fragment par fragment qu'ils vont être déliés.
Laurence Kahn, Fiction et vérité freudiennes, entretiens avec Michel Enaudeau
Laurence Kahn, Fiction et vérité freudiennes, entretiens avec Michel Enaudeau
mercredi 29 octobre 2014
Redéfinitions
Désignent les façons de méconnaître la réalité en répondant à côté, en pinaillant, en se mettant en rivalité artificielle, en jouant des rôles de persécuteur, sauveur, victime, en généralisant ou en rêvant de vouloir tout changer (grandiosité).
Dominique Chalvin, Les nouveaux outils de l'analyse transactionnelle.
Désignent les façons de méconnaître la réalité en répondant à côté, en pinaillant, en se mettant en rivalité artificielle, en jouant des rôles de persécuteur, sauveur, victime, en généralisant ou en rêvant de vouloir tout changer (grandiosité).
Dominique Chalvin, Les nouveaux outils de l'analyse transactionnelle.
jeudi 16 octobre 2014
Le terme puer aeternus ou "enfant éternel" sert souvent, en psychologie, à décrire une certaine forme de névrose chez l'homme, dont la principale caractéristique est un blocage dans l'âge adolescent par suite d'une relation trop forte à la mère. Selon l'exposé de Carl Gustav Jung dans son article sur la signification de l'archétype de la mère, les éléments marquants en sont l'homosexualité et le donjuanisme ainsi que, d'une manière générale, un lien affectif très ténu avec les femmes du même âge. On est, par ailleurs, en présence de tous les autres traits typiques de l'adolescence, à savoir la tendance à mener une vie provisoire tout en s'adonnant à des fantasmes qui dépeignent la vie créatrice sous sa "couleur" véritable.
Marie-Louise Von Franz, L'expérience du praticien
Marie-Louise Von Franz, L'expérience du praticien
lundi 13 octobre 2014
Un scénario de vie est composé des éléments suivants :
* les injonctions. Il y en a 12 dont N'existe pas, Ne sois pas un enfant, Ne grandis pas, Ne sois pas intime... ;
* les prescriptions ou mini-scénarios : Sois Fort, Sois Parfait, Fais Effort, Fais Plaisir, Dépêche-Toi ;
* le programme qui indique comment mettre en place les injonctions et les prescriptions. Le programme est montré par le parent du même sexe ;
* la décision prise par l'enfant pour satisfaire désirs et envies propres et intégrer les contraintes senties.
Il y a plusieurs types de scénarios :
- gagnant, non-gagnant ou perdant ;
- jamais, toujours, jusqu'à ce que, après, sans cesse ou sans but ;
- sans joie, sans amour ou sans plaisir.
On désigne par "harmatique" un scénario avec une fin tragique.
Gérard Chandezon & Antoine Lancestre, L'analyse transactionnelle
* les injonctions. Il y en a 12 dont N'existe pas, Ne sois pas un enfant, Ne grandis pas, Ne sois pas intime... ;
* les prescriptions ou mini-scénarios : Sois Fort, Sois Parfait, Fais Effort, Fais Plaisir, Dépêche-Toi ;
* le programme qui indique comment mettre en place les injonctions et les prescriptions. Le programme est montré par le parent du même sexe ;
* la décision prise par l'enfant pour satisfaire désirs et envies propres et intégrer les contraintes senties.
Il y a plusieurs types de scénarios :
- gagnant, non-gagnant ou perdant ;
- jamais, toujours, jusqu'à ce que, après, sans cesse ou sans but ;
- sans joie, sans amour ou sans plaisir.
On désigne par "harmatique" un scénario avec une fin tragique.
Gérard Chandezon & Antoine Lancestre, L'analyse transactionnelle
mercredi 8 octobre 2014
Une nouvelle expression infiltre depuis quelque années le langage psychanalytique. Elle est horrible, et elle est partout : c'est le "transféro-contretransférentiel". Elle est horrible pas seulement pour l'oreille, mais en quelque sorte pour l’œil : on dirait des Japonais qui, se faisant la courbette, seraient comme pris dans un même lumbago.
L'expression est également affreuse pour la joie de penser : elle est particulièrement réductrice du terrain intermédiaire, de la langue intermédiaire, de ses ratés, de ses blancs, que l'analyse et le patient sont en train d'inventer pour atteindre ce qui n'avait pas eu de lieu psychique et qui va arriver dans l'analyse pour la première fois, comme une nouveauté absolue. Au lieu de cela, le contre-transfert, dans le bloc où on le tient collé au transfert, est devenu, comme le disait Pierre Fédida, une technique de la communication intersubjective. Pour ainsi dire, une hygiène relationnelle. De véritables politiques institutionnelles se constituent là-dessus, et on est loin de ce que Freud entendait sous le mot, lorsqu'il l'a inventé et qu'il s'agissait de l'envie de l'analyste de répondre à la passion amoureuse de quelqu'un qui ne va pas bien. Mais il n'y a pas de position hygiénique dans l'analyse : il y a des moments de la cure où l'analyste voudrait combler les lacunes de sa propre mémoire grâce au transfert du patient, et d'autres moments où il est sur la défensive : dans les deux cas, il empêche de reconnaître le "monde à part" d'où émane le transfert.
Michel Gribinski et Josef Ludin, Dialogue sur la nature du transfert
L'expression est également affreuse pour la joie de penser : elle est particulièrement réductrice du terrain intermédiaire, de la langue intermédiaire, de ses ratés, de ses blancs, que l'analyse et le patient sont en train d'inventer pour atteindre ce qui n'avait pas eu de lieu psychique et qui va arriver dans l'analyse pour la première fois, comme une nouveauté absolue. Au lieu de cela, le contre-transfert, dans le bloc où on le tient collé au transfert, est devenu, comme le disait Pierre Fédida, une technique de la communication intersubjective. Pour ainsi dire, une hygiène relationnelle. De véritables politiques institutionnelles se constituent là-dessus, et on est loin de ce que Freud entendait sous le mot, lorsqu'il l'a inventé et qu'il s'agissait de l'envie de l'analyste de répondre à la passion amoureuse de quelqu'un qui ne va pas bien. Mais il n'y a pas de position hygiénique dans l'analyse : il y a des moments de la cure où l'analyste voudrait combler les lacunes de sa propre mémoire grâce au transfert du patient, et d'autres moments où il est sur la défensive : dans les deux cas, il empêche de reconnaître le "monde à part" d'où émane le transfert.
Michel Gribinski et Josef Ludin, Dialogue sur la nature du transfert
mardi 7 octobre 2014
La réflexion [d'aujourd'hui] s'applique moins à l'analyse des patients névrosés qu'à un travail pratiqué avec des patients schizoïdes, états-limites et narcissiques (les individus qui soit ne peuvent pas parler, soit sont si méfiants qu'ils n'osent pas le faire) ; il nous faut attacher une importance différente aux diverses règles qui régissent la pratique de la psychanalyse.
Christopher Bollas, Les forces de la destinée
Christopher Bollas, Les forces de la destinée
lundi 6 octobre 2014
Ce mot "transfert" nous est utile lorsque nous voulons parler de psychanalyse, mais, dans l'analyse, nous devons pouvoir voir, sentir ou deviner la chose elle-même. J'ignore ce qui est lié à quoi et je me concentre sur cette "chose entre" : ce lien est le "transfert".
Wilfred R. Bion, Entretiens psychanalytiques
Wilfred R. Bion, Entretiens psychanalytiques
vendredi 3 octobre 2014
jeudi 2 octobre 2014
N'oublions pas que le tout premier meurtre de l'humanité, Caïn tuant Abel, est un fratricide… À mon sens, il y a d'ailleurs plus de société fratricides que de sociétés parricides. À l'opposé existe la notion de fraternité…
J'en arrive à penser, avec Flaubert : « La fraternité, une des plus belles inventions de l'hypocrisie sociale »… En revanche je crois en la fraternisation, à ces moments forts où l'on se reconnaît comme de vrais frères, comme ces trêves de Noël entre adversaires dans les tranchées de la guerre de Quatorze. Mais ça ne dure pas.
J'en arrive à penser, avec Flaubert : « La fraternité, une des plus belles inventions de l'hypocrisie sociale »… En revanche je crois en la fraternisation, à ces moments forts où l'on se reconnaît comme de vrais frères, comme ces trêves de Noël entre adversaires dans les tranchées de la guerre de Quatorze. Mais ça ne dure pas.
Entretien avec J.-B. Pontalis sur le site gallimard.fr
mercredi 1 octobre 2014
lundi 29 septembre 2014
vendredi 26 septembre 2014
jeudi 25 septembre 2014
Ce que je veux montrer ici, c'est qu'au début - heureusement pour nous - Freud s'est intéressé non pas au besoin du malade de régresser dans l'analyse, mais à ce qui se passe dans la régression analytique, lorsque la régression n'est pas nécessaire ; lorsqu'il est possible de considérer comme acquis dans l'anamnèse du malade le travail de la mère et l'adaptation primitive du milieu.
Donald W. Winnicott, Les aspects métapsychologiques et cliniques de la régression au sein de la situation analytique
Donald W. Winnicott, Les aspects métapsychologiques et cliniques de la régression au sein de la situation analytique
mercredi 24 septembre 2014
mardi 23 septembre 2014
lundi 22 septembre 2014
jeudi 18 septembre 2014
Le transfert, pour le profane, c'est quoi ? C'est généralement le fait que le patient assimile (par "mésalliance") son père, sa mère à la personne de l'analyste, revit l'amour ou le non-amour qu'il a reçu de ses parents ou leur a donné. Comme toute idée reçue, cette idée n'est pas fausse. D'ailleurs, bien des analystes la reprennent telle quelle à leur compte. Mais elle cache ce qu'il y a d'étrange et d'étranger dans le transfert, sa "folie", en analyse.
Michel Gribinski et Josef Ludin, Dialogue sur la nature du transfert
Michel Gribinski et Josef Ludin, Dialogue sur la nature du transfert
mercredi 17 septembre 2014
mardi 16 septembre 2014
lundi 15 septembre 2014
Les énoncés de base du modèle de l'appareil psychique groupal :
1. Il n'y a pas seulement collection d'individus, mais groupe, avec des phénomènes spécifiques, lorsque s'est opérée entre les individus constituant ce groupe une construction psychique commune et partagée. L'appareil psychique groupal est le moyen de cette construction et il est le résultat d'un certain arrangement combinatoire des psychés ;
2. L'appareil psychique groupal accomplit un travail spécifique ; il lie, assemble, accorde entre elles et conflictualise des parts de de la psyché individuelle mobilisées pour construire le groupe ;
3. L'appareil psychique groupal n'est pas l'extrapolation de l'appareil psychique individuel, il est une structure indépendante des psychés qu'il assemble selon ses lois propres, il possède sa propre organisation et son propre fonctionnement. Les processus qui gouvernent la réalité psychique commune et partagée sont tributaires d'une logique différente de celle qui gouverne l'individu ;
4. C'est un tel appareillage qui constitue la réalité psychique de et dans le groupe. Celle-ci s'organise selon des modalités ou le "commun" et le "partage" prévalent sur le "privé" et le "différent" ;
5. L'appareil psychique individuel se forme, pour une part, dans cet appareillage, il en procède et s'y transforme, il s'en différencie et, dans certaines conditions, il acquiert son autonomie propre.
René Kaës, Un singulier pluriel
jeudi 11 septembre 2014
mercredi 10 septembre 2014
mardi 9 septembre 2014
Je rêve... d'une pensée de jour qui serait rêvante, non pas rêveuse mais rêvante... La pensée rêvante que j'appelle de mes vœux puiserait dans le rêve la force d'être irréfléchie, inconvenante, de s'avancer à ses risques et périls, comme un somnambule. Le langage peut-il être à la mesure de son exigence ? J'en doute : il est soumis à trop de contraintes, syntaxiques, logiques ; il veut être compris.
J.-B. Pontalis, Fenêtres
J.-B. Pontalis, Fenêtres
lundi 8 septembre 2014
La reconstruction de l'histoire, de la préhistoire, est fondamentale, mais la manière dont celle-ci s'effectue n'en n'est pas moins fondamentale. L'histoire, l'historicité, l'historisation, se transmettent dans un jeu signifiant avec la réalité historique, leur vérité dépend aussi bien de la réalité qu'elles cernent que du jeu qu'elles introduisent et grâce auquel ce à quoi la réalité historique a confronté le sujet trouve à se représenter et à se subjectiviser.
René Roussillon, Agonie, clivage et symbolisation
René Roussillon, Agonie, clivage et symbolisation
jeudi 4 septembre 2014
Le dispositif dans lequel évoluent l'analyste et l'analysant est un dispositif toujours potentiellement soumis à des effets de débordement par les enjeux intersubjectifs dans lesquels l'un et l'autre sont, à leur insu, en rapport profond.
Le transfert et le contre-transfert ne consistent pas seulement dans les termes d'opérations de délestage ou de charge des investissements dans la psyché d'un autre, d'une extension topique qui au-dehors serait le réceptacle de l’irreprésentable du dedans, la délégation de traitement des représentations non refoulées à un autre. A cette perspective il conviendrait sans doute de substituer la problématique d'une résonance et d'une interférence des topiques, avec des espaces communs et des dispositifs intersubjectifs de gestion des économies et des dynamiques psychiques.
René Kaës, Un singulier pluriel
Le transfert et le contre-transfert ne consistent pas seulement dans les termes d'opérations de délestage ou de charge des investissements dans la psyché d'un autre, d'une extension topique qui au-dehors serait le réceptacle de l’irreprésentable du dedans, la délégation de traitement des représentations non refoulées à un autre. A cette perspective il conviendrait sans doute de substituer la problématique d'une résonance et d'une interférence des topiques, avec des espaces communs et des dispositifs intersubjectifs de gestion des économies et des dynamiques psychiques.
René Kaës, Un singulier pluriel
mardi 2 septembre 2014
lundi 1 septembre 2014
L'analyse n'opère que par la voie du langage et ne peut que passer par le filtre des mots, même quand on veut réserver la place des facteurs non verbaux (ou préverbaux) qui ne prennent sens que par rapport aux précédents. Et pourtant, ce que vise l'analyse est une réalité psychique dont la nature est étrangère au langage, qui cependant sera modifiée par l'interprétation qui, elle aussi, est "une suite de mots".
André Green, La déliaison
André Green, La déliaison
vendredi 29 août 2014
jeudi 28 août 2014
mercredi 27 août 2014
mardi 26 août 2014
lundi 25 août 2014
vendredi 22 août 2014
J'ai recours à la notion de métacadre, ou cadre du cadre, pour rendre compte du fait que tout cadre est lui-même cadré par un cadre qui le contient, le soutient, l'empiète ou l'entrave. Cette notion est fort utile pour comprendre les rapports entre le cadre psychanalytique de la cure, le cadre psychanalytique de la supervision et le cadre psychanalytique de l'institution psychanalytique.
René Kaës, Un singulier pluriel
René Kaës, Un singulier pluriel
jeudi 21 août 2014
J'ai distingué six fonctions du cadre.
- La première est la fonction contenante décrite par Bleger lorsqu'il dit que le cadre est "récepteur de la symbiose", contient la "partie psychotique de la personnalité". A l'intérieur de cette première fonction, nous pouvons distinguer la contenance comme réceptacle ou comme contrainte, le dépôt, soit pure et simple consignation, soit lieu où l'on entrepose certains objets pour les conserver ou mettre à l'abri, et la crypte, qui reçoit le caché et l’archaïque.
- La deuxième fonction, de limitation, assure la distinction entre le "moi" et le "non-moi". Le cadre est le garant des limites du sujet, de son espace corporel et psychique.
- La troisième fonction du cadre est transitionnelle : frontière entre le moi et le non-moi, le cadre articule le dedans et le dehors, le cadre participe de cet espace qu'a conceptualisé Winnicott, où règnent la paradoxalité et l'indécidabilité. Trouvé-créé, le cadre n'est ni subjectivement conçu, ni objectivement perçu. Un des problèmes conséquents est celui du maintien de la dimension contractuelle du cadre confronté avec celui de son adéquation et de son aménagement. Ce problème définit en partie le contenu de ce que j'ai nommé analyse transitionnelle.
- Le cadre accomplit une quatrième fonction d'adossement et d'étayage, sur le modèle de l'appui sur l'objet d’arrière-plan ; les travaux de J. Grostein, J. Sandler et G. Haag ont mis en évidence le rôle de cet objet dans la formation du sentiment de sécurité et d'identité.
- La cinquième fonction est celle du "conteneur" : elle correspond à la fonction de figuration et de transformation des représentations d'objets et des affects en représentation de mots qui sont rendues possibles par le cadre.
- Lorsque ces cinq conditions sont remplies, le cadre peut exercer une sixième fonction, symbolisante, condition majeure de la formation de la pensée.
René Kaës, Un singulier pluriel
- La première est la fonction contenante décrite par Bleger lorsqu'il dit que le cadre est "récepteur de la symbiose", contient la "partie psychotique de la personnalité". A l'intérieur de cette première fonction, nous pouvons distinguer la contenance comme réceptacle ou comme contrainte, le dépôt, soit pure et simple consignation, soit lieu où l'on entrepose certains objets pour les conserver ou mettre à l'abri, et la crypte, qui reçoit le caché et l’archaïque.
- La deuxième fonction, de limitation, assure la distinction entre le "moi" et le "non-moi". Le cadre est le garant des limites du sujet, de son espace corporel et psychique.
- La troisième fonction du cadre est transitionnelle : frontière entre le moi et le non-moi, le cadre articule le dedans et le dehors, le cadre participe de cet espace qu'a conceptualisé Winnicott, où règnent la paradoxalité et l'indécidabilité. Trouvé-créé, le cadre n'est ni subjectivement conçu, ni objectivement perçu. Un des problèmes conséquents est celui du maintien de la dimension contractuelle du cadre confronté avec celui de son adéquation et de son aménagement. Ce problème définit en partie le contenu de ce que j'ai nommé analyse transitionnelle.
- Le cadre accomplit une quatrième fonction d'adossement et d'étayage, sur le modèle de l'appui sur l'objet d’arrière-plan ; les travaux de J. Grostein, J. Sandler et G. Haag ont mis en évidence le rôle de cet objet dans la formation du sentiment de sécurité et d'identité.
- La cinquième fonction est celle du "conteneur" : elle correspond à la fonction de figuration et de transformation des représentations d'objets et des affects en représentation de mots qui sont rendues possibles par le cadre.
- Lorsque ces cinq conditions sont remplies, le cadre peut exercer une sixième fonction, symbolisante, condition majeure de la formation de la pensée.
René Kaës, Un singulier pluriel
mercredi 20 août 2014
Il ne suffit pas de déceler les processus inconscients qui opèrent au sein d'un groupe, quelle que soit l'ingéniosité dont on sache alors faire preuve : tant qu'on place hors du champ de l'analyse l'image même du groupe, avec les fantasmes et les valeurs qu'elle porte, on élude en fait toute question sur la fonction inconsciente du groupe.
J.-B. Pontalis, Le petit groupe comme objet
J.-B. Pontalis, Le petit groupe comme objet
lundi 18 août 2014
Ce que Freud a pensé du rêve ne décrit pas toutes les expériences oniriques dont peut rendre compte la psychanalyse. Le rêve n'est plus envisagé aujourd'hui seulement comme réalisation hallucinatoire d'un désir et comme voie royale d'accès à l'inconscient. Si nous continuons à comprendre le rêve à l'intérieur de l'espace de la réalité intrapsychique où il est nécessairement produit par un rêveur singulier, l'étude de ses conditions internes, de ses processus, de ses contenus et de son sens montre que le rêve est aussi une expérience créatrice, réparatrice, transformatrice.
René Kaës, Un singulier pluriel
René Kaës, Un singulier pluriel
mercredi 16 juillet 2014
mardi 15 juillet 2014
mercredi 9 juillet 2014
mardi 8 juillet 2014
lundi 7 juillet 2014
Non seulement la gamme de patients est très étendue, mais aussi la gamme de fonctionnements chez n'importe quel patient, celui-ci pouvant au fil des semaines ou des mois, voire au cours d'une seule séance, se révéler tour à tour ou simultanément névrosé, psychotique et "normal", se situer psychiquement sur plusieurs niveaux, tantôt glissant imperceptiblement d'un niveau à l'autre, tantôt passant brusquement de l'un à l'autre selon qu'une interprétation adéquate, ou qu'un événement quelconque en lui, ou venant empiéter de l'extérieur, soulage l'angoisse présente, fait céder une défense ou met au jour une nouvelle couche de matériel ainsi que l'angoisse qui lui est inhérente.
Margaret I. Little, Le transfert dans les états limites in Des états limites. L'alliance thérapeutique
Margaret I. Little, Le transfert dans les états limites in Des états limites. L'alliance thérapeutique
mardi 1 juillet 2014
lundi 30 juin 2014
mercredi 25 juin 2014
Chacun s’accroche à ce qu’il croit être, bien qu’en fait il ne cesse de devenir, à la fois à distance et à proximité de son propre inconscient. Mais la passion narcissique, si répandue soit-elle chez les adultes (sous des formes naïves ou rationalisées), n’est évidemment pas étrangère à l’infantile inconscient, source de toute croyance en la pérennité de soi. Ce narcissisme secondaire, “retiré aux objets” perdus ou abandonnés, est le dernier témoin des amours et des haines enfantines, dont la trace est la trame du refoulé oublié.
Maurice Dayan, Dire et devenir
Maurice Dayan, Dire et devenir
mardi 24 juin 2014
mercredi 18 juin 2014
mardi 17 juin 2014
Nous ne nous sommes jamais targués, vous le savez, de posséder des connaissances et un pouvoir achevés, complets ; comme jadis, nous sommes toujours disposés à admettre les imperfections de nos vues, à y intégrer des nouvelles notions et à modifier notre technique afin de la perfectionner.
Sigmund Freud, Les voies nouvelles de la thérapeutique psychanalytique
Sigmund Freud, Les voies nouvelles de la thérapeutique psychanalytique
jeudi 12 juin 2014
mercredi 11 juin 2014
Et la statistique ? Est-ce une science ? On peut l'utiliser pour prouver que la réponse à une certaine question est la bonne ; mais c'est la question de qui ? Et de qui est la réponse ? ... La statistique ne pourrait pas rendre compte de ces changements-là (ceux d'un patient évoluant dans son analyse).
Donald W. Winnicott, Psychanalyse et science, amies ou simples relations ? in Conversations ordinaires
Donald W. Winnicott, Psychanalyse et science, amies ou simples relations ? in Conversations ordinaires
jeudi 5 juin 2014
mardi 3 juin 2014
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