mardi 26 mai 2020

La dépression [n'est] pas le mal de "ceux qui manquent de volonté".

Céline Curiol, Un quinze août à Paris

lundi 25 mai 2020

Aimer, c’est trouver sa richesse hors de soi.

Alain, Eléments de philosophie

vendredi 22 mai 2020

Savoir se contenter de ce que l'on a, c'est être riche.

Lao-tseu, Tao Te King

mercredi 20 mai 2020

Le courage est un muscle comme les autres : il faut l'exercer de temps en temps pour ne pas en perdre l'usage.

Anne Dandurand, Un cœur qui craque

mardi 19 mai 2020

L'avenir n'est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n'as pas à le prévoir, mais à le permettre.

Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle

lundi 18 mai 2020

La vie est courte, mais on s'ennuie quand même.

Jules Renard, Journal, 24 mai 1902

vendredi 15 mai 2020

Le bonheur est souvent la seule chose qu'on puisse donner sans l'avoir et c'est en le donnant qu'on l'acquiert.

Voltaire

jeudi 14 mai 2020

Une pas assez constante pensée de la mort n’a donné pas assez de prix au plus petit instant de ta vie.

André Gide, Les Nourritures terrestres

mercredi 13 mai 2020

La liberté est un muscle comme les autres.

Olivier Dubois

mardi 12 mai 2020

Un non venu de ses convictions les plus profondes est meilleur et plus grand qu'un oui dit seulement pour faire plaisir, ou pire, pour s'éviter des ennuis.

Gandhi

lundi 11 mai 2020

Risque-toi sur la branche, c'est là qu'est le fruit.

Vieux proverbe

jeudi 7 mai 2020

On peut aussi bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin.

Johann Wolfgang von Goethe, Maximes et réflexions

mercredi 6 mai 2020

Choisir, c'est se priver du reste.

André Gide

mardi 5 mai 2020

Que se passerait-il si nous étions assez fous et sages de danser nos vies au lieu de simplement les construire ?

Roger Garaudy, Danser sa vie

lundi 4 mai 2020

En ce qui concerne les délires quelques analyses nous ont appris que la folie y est employée comme une pièce qu’on colle là où initialement s’était produite une faille dans la relation du moi au monde extérieur. Si la solution du conflit avec le monde extérieur ne nous apparaît pas encore avec plus de netteté qu’elle ne le fait maintenant, c’est que dans le tableau clinique de la psychose les manifestations du processus pathogène sont souvent recouvertes par celles d’une tentative de guérison ou de reconstruction.

Sigmund Freud, Névrose, psychose et perversion

jeudi 30 avril 2020

C'est à l'endroit où l'eau est la plus profonde qu'elle est le plus calme.

William Shakespeare, Henri VI

mercredi 29 avril 2020

Travail du rêve, travail du deuil, travail de la création ont en commun qu'ils constituent des phases de crise pour l'appareil psychique, et comme dans toute crise il y a un bouleversement intérieur, une mise en question des structures acquises, une régression à des sources inemployées et c'est la fabrication hâtive d'un nouvel équilibre, le dépassement créateur.

Didier Anzieu, Le Corps de l'œuvre. Essais psychanalytiques sur le travail créateur

mardi 28 avril 2020

Dire comme Winnicott, même avec humour, qu'on peut être aussi créatif en faisant cuire des œufs sur le plat que Schumann composant une sonate, vous ne trouvez pas ça un peu abusif ? Si j'exprime une émotion, je ne crée rien pour autant. Je crains que Winnicott ne soit là un peu dupe de son amour pour l'enfant (et la mère). Cela dit - et là encore je récuse le concept mais reconnais la chose -, en parlant de créativité Winnicott nous rappelle que le monde de nos perceptions est lettre morte tant qu'il n'est pas animé par un regard.

J.-B. Pontalis, Paradoxes de l'effet Winnicott

lundi 27 avril 2020

Ce qui me bouleverse, ce n'est pas que tu m'aies menti, c'est que désormais, je ne pourrai plus te croire.

Friedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal

vendredi 24 avril 2020

La solitude n'est pas guérie par la compagnie humaine. Elle est guérie par le contact avec la réalité.

Anthony De Mello, Quand la conscience s'éveille

jeudi 23 avril 2020

Mieux on remplit sa vie, moins on craint de la perdre.

Alain, Propos sur le bonheur

mercredi 22 avril 2020

Ne cherchez pas à suivre les pas des maîtres, cherchez ce qu'ils ont cherché.

Matsuo Bashô

mardi 21 avril 2020

La vie a beaucoup plus d'imagination que nous.

François Truffaut, Les Films de ma vie

lundi 20 avril 2020

À tous la vie donne tout, mais la plupart l'ignorent.

Jorge Luis Borges, Le Livre de sable

vendredi 17 avril 2020

Ce n'est pas la même chose de parler du taureau et d'être dans l'arène.

Proverbe espagnol

jeudi 16 avril 2020

Je suis toujours étonné de voir le peu de liberté que chacun s'autorise, cette manière de coller sa respiration à la vitre des conventions, et la buée que cela donne, l'empêchement de vivre, d'aimer.

Christian Bobin, La plus que vive

mercredi 15 avril 2020

La danse n'est pas un miroir de la vie, elle est une participation à la vie, une libération de la vie par le mouvement. L'art n'est pas fait pour être compris, c'est-à-dire réduit à des conceptions et à des mots, mais pour être vécu.

Roger Garaudy, Danser sa vie

mardi 14 avril 2020

On ne supporte pas toujours bien les larmes qu'on fait verser.

Marcel Proust, À la recherche du temps perdu

vendredi 10 avril 2020

L'éprouvé de la solitude s'incurve, pour conclure, en un sentiment omniprésent d'esseulement qui se révèle être presque une connaissance lucide de notre condition d'êtres séparés, rejetés d'un paradis qui était pourtant un enfer, mais que notre surmoi ne cesse d'idéaliser pour mieux nous convaincre que nous sommes en dette de l'impossible.

Julia Kristeva, Le génie féminin, II. Melanie Klein

jeudi 9 avril 2020

Ce qui nous fait vivre ou mourir, c'est de sentir... ou ne pas sentir autour de nous, l'âme des autres.

Maurice Zundel, Recherche du Dieu inconnu

mercredi 8 avril 2020

Chi trova un amico, trova un tesoro.

Qui trouve un ami, trouve un trésor.

Proverbe italien

mardi 7 avril 2020

Le temps est le plus sage de tous les conseillers.

Périclès in Vies parallèles des hommes illustres de Plutarque

lundi 6 avril 2020

Nous rions, nous trinquons. En nous défilent les blessés,
Les meurtris ; nous leur devons mémoire et vie. Car vivre,
C’est savoir que tout instant de vie est rayon d’or
Sur une mer de ténèbres, c’est savoir dire merci.

François Cheng, Enfin le royaume

vendredi 3 avril 2020

L'esprit et le corps sont une seule et même chose, qui est conçue tantôt sous l'attribut de la pensée, tantôt sous l'attribut de l'étendue.

Baruch Spinoza, Éthique, III (« Des affects »), prop. 2

jeudi 2 avril 2020

Vous qui pénétrez dans mon cœur, ne faites pas attention au désordre.

Jean Rochefort, Nous irons tous au paradis

mercredi 1 avril 2020

La psychanalyse n'est pas le prolongement de la confession, elle en est plutôt le contre-pied : se confesser c'est dire ce que l'on ne sait que trop et que l'on voudrait garder caché, enfouir au plus profond. Parler en analyse c'est prendre le risque de dire ce que l'on ne sait pas et qui, paradoxalement, est le plus profond de soi-même, si ce n'est que « soi-même » l'ignore.

Jacques André, Paroles d'hommes

mardi 31 mars 2020

Nous passons et perdons bien trop souvent notre vie à marcher dans l'ombre de notre Soi ultime en déshérence.

James S. Grotstein, Un rayon d'intense obscurité

lundi 30 mars 2020

La gratitude est un second plaisir, qui en prolonge un premier : comme un écho de joie à la joie éprouvée, comme un bonheur en plus pour un plus de bonheur.

André Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus

vendredi 27 mars 2020

Mon plus grand luxe est de n’avoir à me justifier auprès de personne.

Karl Lagerfeld

jeudi 26 mars 2020

La psychanalyse navigue entre deux écueils, le premier d'élever l'Inconscient au niveau d'une transcendance ignorante des variations culturelles et temporelles ; le second de ramener la réalité psychique au simple enregistrement du monde environnant. D'un côté un universalisme abstrait qui se condamne à dénier les différences culturelles et les bouleversements historiques ; de l'autre un empirisme éparpillé, devenu aveugle aux constantes.

Jacques André, Paroles d'hommes

mercredi 25 mars 2020

Inquiète est la tête qui porte une couronne !

William Shakespeare, Henri IV

mardi 24 mars 2020

Il y a toujours un tiers qui s’occupe d’interpréter le corps : c’est le temps.

Gilles Barbier

lundi 23 mars 2020

Le bout du tunnel n'est pas loin, pour le voir il suffit de se retourner.

Patrick Sébastien, J'ai déplacé l'éléphant

vendredi 20 mars 2020

Vous juger par vos échecs c'est jeter le blâme sur les saisons pour leur inconsistance.

Khalil Gibran, Le Prophète

jeudi 19 mars 2020

La bêtise insiste toujours, on s'en apercevrait si l'on ne pensait pas toujours à soi.

Albert Camus, La peste

mercredi 18 mars 2020

La passivité opposée à l'activité, voilà le champ restreint de nos réflexions.

Maurice Blanchot, L'écriture du désastre

mardi 17 mars 2020

Jamais nous ne sommes davantage privés de protection contre la souffrance que lorsque nous aimons, jamais nous ne sommes davantage dans le malheur et la détresse que lorsque nous avons perdu l'objet aimé ou son amour.

Sigmund Freud, Le malaise dans la culture

lundi 16 mars 2020

Si tu vois tout en gris, déplace l'éléphant.

Proverbe indien

vendredi 13 mars 2020

Il existe une autre catégorie de malades psychiques, en apparence très proches des psychotiques, je veux parler de l'immense foule des névrosés gravement atteints. Les causes aussi bien que les mécanismes pathogéniques de leur maladie doivent être identiques ou tout au moins très semblables à ceux des psychotiques. Mais leur moi, malgré tout, s'est révélé plus résistant, moins désorganisé. En dépit de leurs troubles et des dommages qui en résultent, un grand nombre de ces malades restent encore dans la vie réelle et se montrent parfois disposés à accepter notre aide. C'est leur cas qui doit nous intéresser et nous verrons jusqu'à quel point et par quelles voies nous pourrons les "guérir".

Sigmund Freud, Abrégé de psychanalyse

jeudi 12 mars 2020

Ecouter et entendre comme on écoute dans la psychanalyse c'est faire en quelque sorte du rêve le "prisme" des mots qui en recueille la vitalité et qui en diffracte les figures.

Pierre Fédida, Le site de l'étranger

mercredi 11 mars 2020

En dehors de l'enfance et de l'oubli, il n'y a que la grâce qui puisse vous consoler d'exister.

Eugène Ionesco, Journal en miettes

mardi 10 mars 2020

La pensée du suicide est une puissante consolation. Elle aide à bien passer plus d'une mauvaise nuit.

Friedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal

lundi 9 mars 2020

La solitude, comme je l'entends, ne signifie pas condition misérable mais plutôt royauté secrète, incommunicabilité profonde mais connaissance plus ou moins obscure d'une inattaquable singularité.

Jean Genet, L’atelier d’Alberto Giacometti

vendredi 6 mars 2020

Ce qui fait la force d'un homme, c'est sa douceur.

Simonetta Greggio, La douceur des hommes

jeudi 5 mars 2020

Que de gens ont voulu se suicider, et se sont contentés de déchirer leur photographie !

Jules Renard, Journal, 29 décembre 1889

mercredi 4 mars 2020

Françoise Héritier appelle « inceste du deuxième type » un rapport sexuel indirect qui réunit deux consanguins par l'intermédiaire d'un partenaire commun, à l'exemple d'une fille qui, couchant avec son beau-père, « touche» sexuellement sa propre mère.

Jacques André, Psychanalyse, vie quotidienne

mardi 3 mars 2020

La théorie du refoulement est la pierre d'angle sur laquelle repose tout l'édifice de la psychanalyse et même la pièce la plus essentielle de celui-ci…

Sigmund Freud, Pour une histoire du mouvement psychanalytique

lundi 2 mars 2020

Je ne sais pas ce qui est beau mais je sais ce que j'aime et je trouve ça amplement suffisant.

Boris Vian

vendredi 28 février 2020

Quels que soient l'individu et l'époque, l'inconscient est cette part inconciliable de la vie psychique qui heurte les exigences du moi et dont celui-ci se débarrasse par refoulement, déni ou clivage.

Jacques André, L'inconscient est politiquement incorrect

jeudi 27 février 2020

Pourquoi l'homme ne peut-il pas accepter l'amour physique de l'homme, même lorsqu'il se sent très fortement lié à lui sur le plan psychique ?

Lettre de Sigmund Freud à Stephan Zweig, 4 septembre 1926

mercredi 26 février 2020

Il n'y a pas de marche qui, un jour, ne finit pas.

Ahmadou Kourouma, En attendant le vote des bêtes sauvages

mardi 25 février 2020

J'ai trouvé mon ikigai !

[Ikigai (生き甲斐) est l'équivalent japonais de la "joie de vivre" et de la "raison d'être"]

William Réjault, C'est l'histoire d'un zèbre

lundi 24 février 2020

Penser au lendemain, se fixer un but, avoir des préférences, tout cela suppose la croyance à la liberté, même si l'on assure parfois ne pas la ressentir.

Albert Camus, Le mythe de Sisyphe

vendredi 21 février 2020

Guérir, c'est se donner de nouvelles normes de vie, parfois supérieures aux anciennes.

Georges Canguilhem, Le Normal et le pathologique

lundi 17 février 2020

Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature.

Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs

vendredi 14 février 2020

Si tu regardes longtemps dans l'abîme, l'abîme regarde aussi en toi.

Friedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal

jeudi 13 février 2020

La plus haute forme de la sagesse est la bonté.

Proverbe yiddish

mercredi 12 février 2020

Langage de l’Infantile

Dans l’écoute assistée des cures analytiques d’enfants, j’ai maintes occasions de réfléchir à la difficulté, pour l’adulte, de retrouver un contact authentique avec le langage de l’enfant pour se laisser guider par lui vers le travail de communication de l’analyse. Le langage spontané de l’enfant est plus infiltré par les processus primaires que ne l’est le langage habituel de l’adulte ; il s’entre-tisse davantage avec le jeu et l’action dans la vie quotidienne et, a fortiori, dans l’analyse, ce qui contribue à le maintenir en contact étroit avec les composantes fantasmatiques et représentatives du processus de pensée. Or comme je l’ai développé dans le premier chapitre de cet ouvrage, il ne faut pas sous-estimer la valeur d’excitation sexuelle que constitue, pour l’adulte, le langage enfantin.
Face à une telle séduction, l’adulte n’aura pas toujours le choix des moyens pour se défendre : sa névrose guidera ses réactions contre-transférentielles, qu’il lui sera plus facile encore de rationaliser que dans une cure d’adulte, en projetant sur l’enfant sa propre ignorance maladroite.
Par exemple, Freud prend la peine d’intégrer dans son récit de la cure le récit du père de Hans quant à l’admiration exprimée par le petit garçon devant la blancheur du torse paternel. Cependant, personne ne semble repérer, derrière cette admiration narcissisante pour le père, le désarroi éprouvé par l’enfant à propos de la perte du sein maternel désormais consacré à sa petite sœur, et la tentative évidente de déplacement sur le père d’un investissement du premier objet maternel. On constate là l’effet de refoulement à l’œuvre dans le contre-transfert : l’analyste rapporte un matériel dont il ignore qu’il ignore le sens – en l’occurrence, la valence maternelle homosexuelle du transfert.

Florence Guignard, Au vif de l'infantile, aujourd'hui

mardi 11 février 2020

Il y a des trains sans première classe, mais il n'y a pas de tunnel sans bout.

Patrick Sébastien, Le bonheur n'est pas interdit

lundi 10 février 2020

À travers le renoncement, la vie commence.

Amelia Barr

jeudi 30 janvier 2020

U fuiri è vriogna ma è sarvamentu 'i vita.

Fuir est honteux mais parfois ça sauve une vie.

Proverbe sicilien

mercredi 29 janvier 2020

Ce qu'on est contribue plus à notre bonheur que ce qu'on a.

Arthur Schopenhauer

mardi 28 janvier 2020

La différenciation constitue l'essence même et la condition sine qua non du conscient.

Carl Gustav Jung, Dialectique du Moi et de l'inconscient

lundi 27 janvier 2020

C'est le fonds qui manque le moins.

Jean de la Fontaine, Le laboureur et ses enfants

vendredi 24 janvier 2020

On m’a rapporté qu’un jour Malraux interrogea un vieux prêtre, pour savoir ce qu’il retenait de toute une vie de confesseur, quelle leçon il tirait de cette longue familiarité avec le secret des âmes… Le vieux prêtre lui répondit : « Je vous dirai deux choses : la première, c’est que les gens sont beaucoup plus malheureux qu’on ne le croit ; la seconde, c’est qu’il n’y a pas de grandes personnes. » C’est beau, non ? Le secret, c’est qu’il n’y a pas de secret. Nous sommes ces petits enfants égoïstes et malheureux, pleins de peur et de colère…

André Comte-Sponville, L'amour, la solitude

jeudi 23 janvier 2020

Je n'ai jamais rencontré d'homme si ignorant qu'il n'eût quelque chose à m'apprendre.

Galilée

mercredi 22 janvier 2020

Quand une personne qui se croit importante se présente devant vous, demandez-lui d'abord où est sa douleur.

Léon Bloy

mardi 21 janvier 2020

Tout s'apprend, même tomber.

Guillaume Il

lundi 20 janvier 2020

Il faut savoir accueillir ta douleur, car tu apprendras d'elle.

Ovide

vendredi 10 janvier 2020

Il y a plus de raison dans ton corps que dans ta meilleure sagesse.

Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra

jeudi 9 janvier 2020

Car j'ai beaucoup pensé au suicide entre 1975 et 1980. Mais j'ai fini par croire qu'il ne faut pas mourir de désespoir. Au contraire. Il faut en vivre. Comme un stoïcien. Ou même comme un chrétien (...) Il faut vivre à tout prix. Et se nourrir de désespoir plutôt que de vouloir toujours en mourir.

Alberto Moravia, à propos de son roman "1934"

mercredi 8 janvier 2020

Nous nous entêtons à affirmer que le temps n'est rien s'il ne s'y passe rien.

Gaston Bachelard, L'Intuition de l'instant

mardi 7 janvier 2020

Il y a un seul plaisir, celui d'être vivant, tout le reste est misère.

Cesare Pavese, Le Métier de vivre

lundi 6 janvier 2020

S'il pouvait penser, le cœur s'arrêterait.

Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquillité

mardi 24 décembre 2019

Pour des raisons psychologiques, culturelles, mais aussi pour des raisons liées aux effets de la dépression, on a souvent tendance à penser qu'il serait préférable de "s'en sortir par soi-même", que se faire soigner serait une "facilité", qu'il s'agirait d'une victoire de plus sur la dépression.

Ministère de la santé, Guide

lundi 23 décembre 2019

Je rappellerai un échange auquel j’avais participé il y a quelques années avec J.-B. Pontalis où celui-ci avait vivement défendu l’idée que le cœur de la psychanalyse était cette recherche de liberté, avant d’être recherche de vérité.

Patrick Merot, Croire en la liberté. Freud et Spinoza

vendredi 20 décembre 2019

L’inconscient, c’est l’infantile en nous.

Sigmund Freud, Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle (L’Homme aux rats)

jeudi 19 décembre 2019

Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve.

Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince

mercredi 18 décembre 2019

Luca Nicoli — L’un de mes patients, élève d’une école de psychothérapie, explique à son enseignant qu’il a choisi de faire sa thérapie obligatoire avec un analyste qui utilise le divan et la réaction de son enseignant l’a glacé : « Mais le divan est démodé ! » La première question que je vous pose est presque rhétorique : le divan est-il démodé ?

Antonino Ferro — Moi, j’aurais envie de dire : essayons et nous verrons ! Si je devais donner une indication à l’un de mes petits-fils, je lui dirais que l’analyse ne dépend pas du lieu où l’on se place, mais de la manière dont deux personnes fonctionnement psychiquement ensemble. Tout comme le fait de s’allonger sur le divan ne confère pas le statut d’« analyse », le fait de ne pas s’allonger sur un divan ne lui ôte pas non plus. J’ai eu des patients dans les positions les plus étranges : il y a par exemple l’histoire de cette patiente qui ne voulait absolument pas s’allonger sur le divan et avec laquelle nous avons fait tout de même une longue période d’analyse. Nous nous voyions quatre fois par semaine en face-à-face, car elle se sentait trop persécutée à l’idée de ne pas contrôler la situation, mes réactions, les émotions que je pouvais avoir. Après un certain temps je lui ai dit : « Écoutez, moi, je me fatigue à rester ainsi, 50 minutes figé à nous regarder, si ça ne vous dérange pas, je me tourne… » Alors je me suis tourné dans mon fauteuil – qui a des roulettes – et, à partir de là, la patiente arrivait, s’asseyait et je lui tournais le dos. Cela a marché quelques mois, puis elle a évoqué le fait qu’il lui fallait déménager, qu’il était temps de changer, qu’elle voulait avoir une maison plus confortable, etc. Il me semblait évident qu’elle parlait d’un déménagement à faire dans notre analyse. Lorsque vint le jour convenu pour notre « déménagement », moi je m’attendais évidemment qu’elle prenne place sur le divan et que je puisse occuper mon fauteuil d’analyste, mais non : en arrivant, elle prit place sur mon fauteuil !... Et là j’aurais pu faire mille choses, donner sept mille interprétations en tous genres… Or, sans hésiter une seconde, je me suis allongé sur le divan, et nous nous sommes embarqués pour d’autres longs mois de travail analytique, moi sur le divan, elle derrière, dans mon fauteuil. Je signalais maintes fois à la patiente qu’elle ne savait pas ce qu’elle perdait, car c’était bien plus confortable de rester allongé sur le divan. Jusqu’au jour où elle fit un rêve dans lequel sa secrétaire occupait arbitrairement la place qui était la sienne. Quelques semaines après, elle me parlait à nouveau de déménagement et finalement celui-là fut le bon ; j’ai enfin occupé mon fauteuil d’analyste et la patiente s’est allongée sur le divan. Ce manège nous avait pris deux ans, mais cela ne nous a pas empêchés de faire un véritable travail d’analyse, une analyse tout à fait normale. L’important, c’est de savoir jouer.

Antonino Ferro, Pensées d'un psychanalyste irrévérencieux

mardi 17 décembre 2019

Toute véritable transformation sera précédée d’un grand moment d’inconfort, c’est là le signe que vous êtes sur le bon chemin.

Ajahn Chah

lundi 16 décembre 2019

Pour vivre, il faut toujours trahir des fantômes.

Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant

vendredi 13 décembre 2019

Pourquoi dire : J’ai rêvé - quand il faudrait dire : il a été rêvé ?

Paul Valéry, Cahiers

jeudi 12 décembre 2019

Le symptôme psychosomatique est bête.

Michel de M'Uzan, intervention suite à l'exposé d'Angel Garma, L'intégration psychosomatique dans le traitement psychanalytique des maladies organiques

mercredi 11 décembre 2019

Nul vainqueur ne croit au hasard.

Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir

mardi 10 décembre 2019

Différence entre l’esprit de géométrie et l’esprit de finesse.

En l’un les principes sont palpables mais éloignés de l’usage commun, de sorte qu’on a peine à tourner la tête de ce côté‑là, manque d’habitude. Mais pour peu qu’on l’y tourne, on voit les principes à plein, et il faudrait avoir tout à fait l’esprit faux pour mal raisonner sur des principes si gros qu’il est presque impossible qu’ils échappent.

Mais dans l’esprit de finesse les principes sont dans l’usage commun et devant les yeux de tout le monde. On n’a que faire de tourner la tête ni de se faire violence, il n’est question que d’avoir bonne vue. Mais il faut l’avoir bonne, car les principes sont si déliés et en si grand nombre, qu’il est presque impossible qu’il n’en échappe. Or l’omission d’un principe mène à l’erreur. Ainsi il faut avoir la vue bien nette pour voir tous les principes, et ensuite l’esprit juste pour ne pas raisonner faussement sur des principes connus.

Tous les géomètres seraient donc fins s’ils avaient la vue bonne, car ils ne raisonnent pas faux sur les principes qu’ils connaissent. Et les esprits fins seraient géomètres s’ils pouvaient plier leur vue vers les principes inaccoutumés de géométrie.

Ce qui fait donc que de certains esprits fins ne sont pas géomètres, c’est qu’ils ne peuvent du tout se tourner vers les principes de géométrie. Mais ce qui fait que des géomètres ne sont pas fins, c’est qu’ils ne voient pas ce qui est devant eux et qu’étant accoutumés aux principes nets et grossiers de géométrie, et à ne raisonner qu’après avoir bien vu et manié leurs principes, ils se perdent dans les choses de finesse où les principes ne se laissent pas ainsi manier. On les voit à peine, on les sent plutôt qu’on ne les voit, on a des peines infinies à les faire sentir à ceux qui ne les sentent pas d’eux‑mêmes. Ce sont choses tellement délicates, et si nombreuses, qu’il faut un sens bien délicat et bien net pour les sentir et juger droit et juste selon ce sentiment, sans pouvoir le plus souvent le démontrer par ordre comme en géométrie, parce qu’on n’en possède pas ainsi les principes, et que ce serait une chose infinie de l’entreprendre. Il faut tout d’un coup voir la chose d’un seul regard, et non pas par progrès de raisonnement, au moins jusqu’à un certain degré. Et ainsi il est rare que les géomètres soient fins et que les fins soient géomètres, à cause que les géomètres veulent traiter géométriquement ces choses fines et se rendent ridicules, voulant commencer par les définitions et ensuite par les principes, ce qui n’est pas la manière d’agir en cette sorte de raisonnement. Ce n’est pas que l’esprit ne le fasse mais il le fait tacitement, naturellement et sans art, car l’expression en passe tous les hommes, et le sentiment n’en appartient qu’à peu d’hommes.

Et les esprits fins au contraire, ayant ainsi accoutumé à juger d’une seule vue, sont si étonnés quand on leur présente des propositions où ils ne comprennent rien, et où pour entrer il faut passer par des définitions et des principes si stériles, qu’ils n’ont point accoutumé de voir ainsi en détail, qu’ils s’en rebutent et s’en dégoûtent.

Mais les esprits faux ne sont jamais ni fins ni géomètres.

Les géomètres qui ne sont que géomètres ont donc l’esprit droit, mais pourvu qu’on leur explique bien toutes choses par définitions et principes ; autrement ils sont faux et insupportables, car ils ne sont droits que sur les principes bien éclaircis.

Et les fins qui ne sont que fins ne peuvent avoir la patience de descendre jusque dans les premiers principes des choses spéculatives et d’imagination qu’ils n’ont jamais vues dans le monde, et tout à fait hors d’usage.

Blaise Pascal, Pensées

lundi 9 décembre 2019

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.

Georges Brassens, Le pluriel

vendredi 6 décembre 2019

Quand je me protège ainsi, tout prêt à me convaincre que les autres sont des patients accrochés à leur maladie et que moi, bien calé dans mon fauteuil, j'ai cessé depuis belle lurette d'être un patient, je ne suis plus un analyste. J'ai oublié que ces hommes, ces femmes me soignent à leur manière. Me soignent en ouvrant des brèches dans ma "normalité". L'analyse est peut-être, avec l'amour, la seule expérience qui vous emporte "hors de soi".

J.-B. Pontalis, Fenêtres

jeudi 5 décembre 2019

Peut-être serait-ce cet autre regard porté sur soi et sur son histoire, l'analyse une fois achevée, qui en constituerait l'acquis le plus précieux et le plus efficient...

Raymond Cahn, Processus psychiques temporels et changements

mercredi 4 décembre 2019

Le physicalisme réductionniste sauve le mental, mais seulement comme une partie du monde physique.

Jaegwon Kim, L'esprit dans un monde physique

mardi 3 décembre 2019

Un pas à la fois me suffit.

Gandhi

lundi 2 décembre 2019

Alors juste un conseil, une dernière phrase,
Ce que tu dois offrir à celui que tu croises :
Une épaule pour rire, une autre pour pleurer
Et quand survient le pire, les deux pour le porter.

Patrick Sébastien, Et si on était bienveillant

vendredi 29 novembre 2019

Je critique la manière dont les sociétés contemporaines envisagent la tristesse à la manière d'un objet de management. On n'a jamais autant parlé de fragilité, de vulnérabilité, mais on ne nous a par ailleurs jamais autant enjoints d'être actifs, réconciliés avec la vie, productifs. L'injonction au « travail de deuil » est révélatrice : comme s'il fallait conjurer la perte par une activité de tous les instants. Parce qu'elle reconnaît la perte, la consolation, c'est l'antirésilience. Elle s'oppose à l'idée selon laquelle n'importe quel trauma pourrait être dépassé par le retour de l'organisme à ses propriétés initiales. L'impératif de la résilience est une restauration du passé, comme si rien n'avait changé après le deuil ou le chagrin. Comme si le choc de la perte n'était pas un événement qui transforme le sujet... L'inconsolé, lui, est constitué par sa perte ; il reconnaît que quelque chose a disparu et que cette chose lui manque. Il a conscience qu'il ne retrouvera pas l'ordre ancien et qu'il ne doit pas chercher à le retrouver. C'est parce que nous acceptons d'être constitués par nos pertes passées que nous pouvons nous ouvrir à l'avenir.

Michaël Fœssel, entretien avec Juliette Cerf pour Télérama, "L'homme ? Un être à consoler sans modération"

jeudi 28 novembre 2019

C'est ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche.

Pierre Soulages

mercredi 27 novembre 2019

Toute vérité est une route tracée à travers la réalité.

Henri Bergson, La Pensée et le mouvant

mardi 26 novembre 2019

Le respect du cadre n'oblige pas l'analyste à une rigidité opératoire purement répétitive supposant des détails techniques réglés une fois pour toutes ; le cadre découle des principes de la Règle fondamentale ; il exige la réserve et l'indépendance de l'analyste, sa neutralité attentive (davantage que "bienveillante").

Jean Bergeret, Aux trois registres de la psychanalyse

lundi 25 novembre 2019

Dans son extraordinaire essai On Not Being Able To Paint paru en 1957, Marion Milner, analysant les obstacles psychiques qui entravent sa propre créativité artistique, parvient à une conclusion qui me touche chaque fois que je la relis. D'après la psychanalyste britannique, un excès de logique formelle dans l'appréhension de l'environnement social, qu'il intervienne momentanément ou tout au long de la vie d'une personne, s'oppose à à l'évolution et à l'adaptation que permet, à l'inverse, une pensée "réflective" (reflective thinking). Comprendre : une pensée qui autorise la rêverie telle qu'elle se manifeste notamment au travers de l'activité artistique. Grâce à cette forme de pensée flottante, qui permet de s'extraire de la distinction entre ce qui est moi et ce qui ne l'est pas (the "me" and the "not-me"), ce qui m'est propre ou ne l'est pas, pourra être trouvé un passage vers une nouvelle représentation symbolique du vécu.

Céline Curiol, Un quinze août à Paris, histoire d'une dépression

vendredi 22 novembre 2019

Ne le dites à nul autre qu'au sage,
Car la foule est prompte à l'insulte.
Je veux louer le vivant
Qui aspire à mourir dans la flamme.

Dans la fraîcheur des nuits d'amour,
Où tu reçus la vie, où tu la donnas,
Te saisit un sentiment étrange
Quand luit le flambeau silencieux.

Tu ne restes plus enfermé
Dans l'ombre ténébreuse
Et un désir nouveau t'entraîne
Vers un plus haut hyménée.

Nulle distance ne te rebute,
Tu accours en volant, fasciné
Et enfin, amant de la lumière,
Te voilà, ô papillon consumé.

Et tant que tu n'as pas compris
Ce : « Meurs et deviens »
Tu n'es qu'un hôte obscur
Sur la terre ténébreuse.

Johann Wolfgang von Goethe, Divan occidental-oriental, Nostalgie bienheureuse

jeudi 21 novembre 2019

A l'intérieur de tout homme gros est enfermé un homme mince qui fait des signes désespérés pour qu'on le laisse sortir.

Cyril Connolly

mercredi 20 novembre 2019

Tout travail analytique (exception faite de celui effectué par l'analyste en l'absence de l'analysant) ne peut advenir que lorsqu'il est contenu par un cadre, une enceinte, c'est-à-dire par la situation thérapeutique elle-même.

Jean-Pierre Bienvenu, A propos d'un concept de travail psychanalytique

mardi 19 novembre 2019

Mais alors, si ce monde n'a aucun sens, qu'est-ce qui nous empêche de lui en inventer un ?

Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles

lundi 18 novembre 2019

Ce que les hommes veulent en fait, ce n'est pas la connaissance, c'est la certitude.

Bertrand Russell

vendredi 15 novembre 2019

Les théologies, les philosophies, les histoires des tribus et des nations, les sciences mêmes sont soumises à l'universelle nécessité de se trouver ou de s'inventer des frontières sûres et connues, soustraites à la discussion et leur servant de cadre. Credo, personnages éponymes ou totémiques "in illo tempore", hypothèses de base ou axiomes, il y a toujours quelque part une surface ou un point réfléchissant qui fonde ce que nous appelons précisément la réflexion théorique.

Jean Guillaumin, Entre blessure et cicatrice, le destin du négatif dans la psychanalyse

jeudi 14 novembre 2019

J'en suis venu à la conclusion que l'organisme, tel qu'il est représenté à l'intérieur de son propre cerveau, est un précurseur biologiquement vraisemblable de ce qui finit par devenir le mystérieux sentiment de soi. Les racines profondes du Soi, y compris du Soi élaboré qui recouvre l'identité et la personnalité, doivent se trouver dans l'ensemble des dispositifs du cerveau qui, de façon continue et non-consciente, maintiennent l'état du corps dans les limites étroites et la relative stabilité nécessaire à la survie.

Antonio Damasio, Le sentiment même de soi

mercredi 13 novembre 2019

34. Ne vous inquiétez pas du temps que vous perdez à désespérer. Le temps que vous aurez ensuite vient de doubler de valeur.

Matt Haig, Rester en vie

mardi 12 novembre 2019

Nous sommes merveilleusement corporels.

Montaigne, Les Essais

vendredi 8 novembre 2019

Plus le groupe est perturbé, plus les fantasmes et les mécanismes primitifs sont visibles ; plus il est stable, plus il correspond à la description freudienne du groupe comme une répétition des groupes familiaux et des mécanismes de névrose.

Wilfred R. Bion, Recherches sur les petits groupes

jeudi 7 novembre 2019

C'est à l'intelligence d'achever l'œuvre de l'intuition.

Romain Rolland

mercredi 6 novembre 2019

Ut aliquid fieri videatur.

Donner l'impression que quelque chose se fait.

Locution latine

mardi 5 novembre 2019

L'œil écoute.

Paul Claudel

lundi 4 novembre 2019

Pour savoir qui tu es, écoute ton silence.

Proverbe japonais

mercredi 30 octobre 2019

Comment percevez-vous la psychanalyse ?

Une approche scientifique et rigoureuse de la vie psychique humaine. Freud a de suite décelé une seconde conscience, l'inconscient, chez l'être humain. On en connaît les effets : nos rêves, nos lapsus, nos pulsions, etc. Le psychanalyste est alors celui qui prend la parole au sérieux, qui permet aux patients de s'écouter parler. Longtemps, des approches similaires étaient réservées à la religion et parfois à la magie. Ce qui conférait à l'interprétation des paroles un caractère soit sublimé par une vue élevée de l'esprit, soit péjoratif. Il fallait un champ d'étude pour l'approcher.

Interview du Pr. Pascal-Henri Keller dans le journal Centre Presse, 3 mars 2019

mardi 29 octobre 2019

De la dépression, il est possible de sortir, comme d'un trou, comme d'un piège. Pour apprendre ensuite à demeurer vigilant. Je ne prétendrai pas avoir ici circonscris le problème de la dépression. Ces pages sont le fruit d'une tentative de retour sur soi, qui m'a aidée et vous aidera peut-être à comprendre. Dans cette perspective s'est inscrite mon ambition : écrire le livre que j'aurais aimé lire lorsque ma vie en dépendait.

Céline Curiol, Un quinze août à Paris, histoire d'une dépression

lundi 28 octobre 2019

Quand on demande [...] à quelles conditions un psychanalyste peut s’autoriser à traiter des faits sociaux ou esthétiques – question qui ne concerne pas les seuls psychanalystes –, est-on aussi éloigné qu’on le croit du souci de déterminer, selon des critères précis, les cas qui seraient ou non justiciables d’un traitement psychanalytique – question qui, elle, relèverait de la seule compétence des psychanalystes ? Il s’agit bien dans les deux circonstances de fixer des limites au champ psychanalytique, de décider de ce qui, par nature, lui échappe.

J.-B. Pontalis, Bornes ou confins ? Aux limites de l'analysable

vendredi 25 octobre 2019

Telle est la vie
Tomber sept fois
Et se relever huit.

Poème populaire japonais

jeudi 24 octobre 2019

Pour moi donc, j’aime la vie et la cultive telle qu’il a plu à Dieu nous l’octroyer.

Montaigne, Les Essais, III, 13

mercredi 23 octobre 2019

Il arriva que les malades, à la place de leurs symptômes, apportèrent aussi des rêves. C'est ainsi que l'on en vint à présumer que ces rêves ont, eux aussi, un sens.

Sigmund Freud, Leçons d'introduction à la psychanalyse

mardi 22 octobre 2019

Il m’est arrivé, quand se précise l’engagement d’une cure, de faire face à l’angoisse d’un analysant qui pourrait se formuler ainsi : « Qu’est-ce que je risque ? Où tout cela va-t-il me mener ? » Et moi, sinon de lui répondre, au moins de ne pas ajouter à son angoisse le silence de celui qui n’entend pas, j’ai dit : « Le risque... devenir un peu plus libre qu’avant ».

Jacques André, éditorial du Carnet/Psy n° 218

lundi 21 octobre 2019

Je pourrais parler de la fin de l'analyse. Elle est la fin du transfert. Fin d'un monde comme m'a dit quelqu'un en analyse. Fin de l'enfance, vraiment fin de l'enfance. Fin de la possibilité de faire de l'analyste ce qu'on veut et pour le psychanalyste de faire du patient ce qu'il veut. Le transfert, le contre-transfert tombent dans le vide.

Georges Favez, Psychanalyste, où es-tu ?

vendredi 18 octobre 2019

Ce qui est bouleversant, c'est que quand tout est détruit, il n'y a pas la mort et le vide comme on le croirait, pas du tout. Je vous le jure. Quand il n'y a plus rien, il n'y a que l'Amour. Il n'y a plus que l'Amour. Tous les barrages craquent. C'est la noyade, l'immersion. L'amour n'est pas un sentiment. C'est la substance même de la création. [...]
Je croyais jusqu'alors que l'amour était reliance, qu'il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin ! Nous n'avons pas même à être reliés : nous sommes à l'intérieur les uns des autres. C'est cela le plus grand vertige... de l'autre côté du pire t'attend l'Amour. Il n'y a en vérité rien à craindre. Oui, c'est la bonne nouvelle que je vous apporte.

Christiane Singer, Derniers fragments d'un long voyage

jeudi 17 octobre 2019

Le patient psychosomatique met en communication son soma et le réel en écrasant tout ce qui est de l'ordre du psychique.

André Green, "Théorie" in Interrogations psychosomatiques

mercredi 16 octobre 2019

On en vient à se demander s'il n'est pas essentiel à la psychanalyse - je dis à son existence comme thérapeutique et comme savoir vérifiable - de rester non sans doute tentative maudite et science secrète, mais du moins un paradoxe et une interrogation.

Julia Kristeva, Le scandale du hors-temps

mardi 15 octobre 2019

On ne peut attendre de l'analysant d'accepter le revécu de son enfance que si l'analyste est préparé à accepter complètement sa paternité, à accepter complètement d'aimer un nouvel enfant et à se battre pour une enfance nouvelle et meilleure en faisant appel à toutes les forces psychiques disponibles.

Heinrich Racker, Etudes sur la technique psychanalytique

lundi 14 octobre 2019

La vie est la force qui fait persévérer les choses dans leur être.

Baruch Spinoza, Éthique, III

jeudi 10 octobre 2019

Deuil du bébé

A l’âge de huit mois, le bébé connaît une angoisse particulière que les pédiatres nomment « l’angoisse du neuvième mois ». Chaque fois que sa mère s’en va, il croit qu’elle ne reviendra plus jamais, Cette crainte suscite parfois des crises de larmes et les symptômes de l’angoisse.

C’est à cet âge que le bébé comprend qu’il y a des choses dans ce monde qui se passent et qu’il ne domine pas. Le « deuil du bébé » s’explique par la prise de conscience de son autonomie par rapport à sa mère. Il doit faire le deuil de la symbiose, accepter la séparation. Le bébé et sa maman ne sont pas irrémédiablement liés, donc on peut se retrouver seul, on peut être en contact avec des « étrangers qui ne sont pas maman » (est considéré comme étranger tout ce qui n’est pas maman et, à la rigueur, papa).

Il faudra attendre que le bébé atteigne l’âge de dix-huit mois pour qu’il accepte la disparition momentanée de sa mère. La plupart des autres angoisses que l’être humain connaîtra plus tard jusqu’à sa vieillesse peur de la solitude, peur de la perte d’un être cher, peur des étrangers, etc., découleront de cette première détresse.

Bernard Werber, Encyclopédie du savoir relatif et absolu

mardi 8 octobre 2019

Le thérapeute est :

- Celui qui chaque jour s'efforce de mieux connaître ses imperfections.
- Celui qui a cessé d'attendre des autres la solution à ses problèmes, donc qui a cessé d'être un enfant geignard.
- Celui qui, sorti de la culpabilité infantile, assume la responsabilité de ses paroles et de ses actes.
- Celui qui, ayant exploré "l'étranger" en lui, est en mesure de respecter l'étrange chez l'autre.
- Celui qui, par son corps, ses pensées, ses paroles, rayonne l'espérance.
- Celui qui trouve dans tous les événements de sa vie, et en particulier dans les circonstances douloureuses, l'occasion d'accéder à une plus grande lumière, une chance pour un progrès intérieur.
- Celui qui, par un détachement, un dépouillement du "vieil homme", découvre chaque jour le bonheur dans les choses les plus simples.

Paul Montangerand, La voix du cœur, chemin du thérapeute

lundi 7 octobre 2019

Être psychanalyste, c'est savoir que toutes les histoires reviennent à parler d'amour. La plainte que me confient ceux qui balbutient à côté de moi a toujours pour cause un manque d'amour, présent ou passé, réel ou imaginaire.

Julia Kristeva, Histoires d'amour

vendredi 4 octobre 2019

Le moi n'est pas seulement un être de surface, il est lui-même la projection d'une surface.

Sigmund Freud, Le moi et le ça

jeudi 3 octobre 2019

Il faut un peu de tout pour faire un homme.

Michel Fain, L'Enfant et son corps

mercredi 2 octobre 2019

On ne guérit d'une souffrance qu'à condition de l'éprouver pleinement.

Marcel Proust, À la recherche du temps perdu

mardi 1 octobre 2019

Si une chanson

Si une chanson a le pouvoir de faire oublier une seconde la douleur
Si une chanson a le pouvoir de faire communier tout le monde en douceur
Alors il faut chanter
Alors il faut chanter

Si une chanson tombée du ciel, sortie d'une malle ou d'une armoire peut aider
Si cette chanson est de celles qui peuvent ramener l'espoir et la paix
Alors il faut chanter
Alors il faut chanter

Chanter de toutes ses forces
Chanter de tout son cœur
Être le rire qu'on a volé
Et l'insouciance enfuie
Être le jour qui est tombé
Sous les balles de la nuit
Chanter, chanter, chanter encore
Chanter de tout son corps
Prendre le chagrin dans ses mains
La joie évanouie
Être comme un rempart au destin
Au bonheur éconduit

Si dans la prison de la peine, une chanson peut se présenter au parloir
Si sans appeler à la haine, elle sait allumer une flamme dans le noir
Alors il faut chanter
Alors il faut chanter

Si une chanson a le pouvoir de faire oublier une seconde la douleur (alors il faut)
Si une chanson a le pouvoir de faire communier tout le monde en douceur (chanter, chanter)
Si une chanson a le pouvoir de faire oublier une seconde la douleur (alors il faut)
Si une chanson a le pouvoir de faire communier tout le monde en douceur (chanter)
Si une chanson a le pouvoir de faire oublier une seconde la douleur (chanter)
Si une chanson a le pouvoir de faire communier tout le monde en douceur
En douceur

Texte d'Emmanuelle Cosso, album "Aime la vie" de Florent Pagny

lundi 30 septembre 2019

On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner.

Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs

vendredi 20 septembre 2019

Très tôt dans ma vie c'était trop tard.

Marguerite Duras, L'amant

jeudi 19 septembre 2019

L’amour est une joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure.

Baruch Spinoza, Éthique, III, 30, scolie

lundi 16 septembre 2019

Finalement, c'est le couple qui sauvera l'esprit.

Alain, Les Sentiments familiaux

jeudi 12 septembre 2019

Permettez-moi de renouveler la question : quelles sont les pensées sauvages, quels sont les sentiments sauvages que vous êtes prêts à risquer d'accueillir en vous ?

Wilfred R. Bion, Séminaires italiens : Bion à Rome

mercredi 11 septembre 2019

Si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain : rappelons-nous que la patience est le pilier de la sagesse.

Frédéric Mistral, Les Olivades

lundi 9 septembre 2019

Chose inouïe, c’est au-dedans de soi qu’il faut regarder le dehors.

Victor Hugo, Préface de mes œuvres et post-scriptum de ma vie

vendredi 6 septembre 2019

Les erreurs ont presque toujours un caractère sacré. N'essaye jamais de les corriger.

Salvador Dali,  Journal d'un génie

jeudi 5 septembre 2019

Ne vas-tu pas te faire de la bile. Bah ! il ne faut pas pleurer avant d'être battu.

Adolphe d'Ennery, Amour et Lauriers

mercredi 4 septembre 2019

Je ne fais pourtant rien d'autre qu'enseigner à laver le linge sale des gens.

Lettre de Sigmund Freud à Lou Andreas-Salomé

mardi 3 septembre 2019

Tous les problèmes peuvent se résoudre par la géographie.

Gilles Malençon

lundi 8 juillet 2019

Qui pourrait nous dire la fin des changements sans fin.

Li Po

vendredi 7 juin 2019

Je crois d'ailleurs que l'amitié, comme l'amour dont elle participe, demande presqu'autant d'art qu'une figure de danse réussie. Il y faut beaucoup d'élan et beaucoup de retenue, beaucoup d'échanges et de paroles et beaucoup de silences. Et surtout beaucoup de respect.

Marguerite Yourcenar, Les Yeux ouverts

jeudi 6 juin 2019

Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses.
Des occasion précieuses, des possibilités, des sentiments qu'on ne pourra pas retrouver.
C'est cela aussi vivre.

Haruki Murakami, Kafka sur le rivage

mercredi 5 juin 2019

La beauté du doute

D'où vient le bonheur, où poussent les rêves
La lueur de nos coeurs quand le jour se lève
Où se cache l'amour quand il dort ?
Il y a tant de choses qu'on ignore
Est-ce-qu'il faut choisir une vie sans ratures
Ou écrire sans relire, suivre l'aventure
Le futur nous joue des accords
Qu'on ne peut pas connaître encore
Il m'a fallut des voyages et des mirages pour être sûr de moi
Aujourd'hui je sais que je ne sais pas

Ne me demande pas où se trouve le droit chemin
Même si chacun a le sien personne ne connaît sa route
Et c'est la beauté du doute
Si tu perds un combat, donne à ta vie d'autres chances
Personne ne connaît d'avance tous les parfums que l'on goûte
Et c'est la beauté du doute

Où vont nos prières, où fini le ciel
Qui écoute le long des routes quand nos voix se mêlent ?
On chante une mélodie fragile
On avance perdus dans la file
Le passé nous suit, on le voit de loin
Bien caché, est-ce-qu'il sait ce qu'il y a demain ?
Il nous faut renoncer parfois
Pour trouver le meilleur en soi
Il t'en faudra des errances
Des nuits qui dansent
Pour comprendre à la fin
Qu'on ne connaît jamais son destin

Ne me demande pas où se trouve le droit chemin
Même si chacun à le sien personne ne connaît sa route
Et c'est la beauté du doute
Si tu perds un combat, donne a ta vie d'autres chances
Personne ne connaît d'avance tous les parfums que l'on goûte
Et c'est la beauté du doute

Rien ne sert de savoir
Les couleurs de nos villes, les douleurs ou les envies
On comprendra plus tard
Ce que nous dit aujourd'hui
Je ne connais pas l'histoire
Mon parchemin je l'écris sur une page infinie
Ce que j'écrirai demain
Je n'en sais rien

Ne me demande pas où se trouve le droit chemin
Même si chacun a le sien personne ne connaît sa route
Et c'est la beauté du doute
Si tu perds un combat, donne à ta vie d'autres chances
Personne ne connaît d'avance tous les parfums que l'on goûte
Et c'est la beauté du doute

Ne me demande pas où se trouve le droit chemin
Même si chacun a le sien personne ne connaît sa route
Et c'est la beauté du doute
Si tu perds un combat, donne à ta vie d'autres chances
Personne ne connaît d'avance tous les parfums que l'on goûte
Et c'est la beauté du doute

Texte de Nazim Khaled, album "Le présent d'abord" de Florent Pagny

mardi 4 juin 2019

Les larmes qui coulent sont amères, mais plus amères encore sont celles qui ne coulent pas.

Proverbe gaélique

lundi 3 juin 2019

Vous n'êtes pas responsable de la tête que vous avez, mais vous êtes responsable de la gueule que vous faites.

Coluche

mercredi 29 mai 2019

Sois la personne dont tu avais besoin lorsque tu étais enfant.

Anonyme

mardi 28 mai 2019

La passion fait la force.

Devise d'Annie Cordy

lundi 27 mai 2019

Naturam si sequemur ducem, numquam aberrabimus.

Si nous suivons la nature comme guide, jamais nous ne ferons fausse route.

Cicéron, De officiis

mercredi 22 mai 2019

La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.

Proverbe chinois

mardi 21 mai 2019

Profession : diapason

J’invite les surefficients mentaux à prendre avec résignation et fatalisme leur mission sur terre : ils sont des diapasons. Avec ce système de valeur absolu, ce regard clairvoyant, quoi qu’ils fassent, ils ne peuvent pas ne pas donner le la, un la très pur. Alors, les gens qui s’en approchent, comme autant d’instruments de musique, ont ainsi la possibilité de vérifier qu’ils sonnent juste et au besoin de se réaccorder. Il y a alors plusieurs cas de figures : soit la personne sonne juste. Elle est authentique, sincère et saine. Alors, côtoyer un surefficient mental est pour elle un vrai bonheur. Soit la personne est désaccordée. Cette rencontre est pour elle une opportunité précieuse de s’en rendre compte et une réelle chance d’évoluer. [...] Et puis il y a ceux qui détestent la musique et qui sont ravis de jouer sournoisement faux pour embêter l’orchestre, tout en faisant semblant d’être justes. Ceux-là détestent évidemment ces diapasons, qu’il faut à toutes fins empêcher de résonner !

Christel Petitcollin, Je pense trop

lundi 20 mai 2019

Au début du XXIe siècle, un nombre important d'Américains et d'Européens s'étaient détournés de l'introspection. En l'espace d'une décennie, le pays se mit à ingérer sur ordonnance des médicaments qui devaient aider les gens à se déconnecter du sens intrinsèque de leur angoisse et de leur dépression, et à perdre contact avec les idées que contenaient ces affects. Parce qu'ils voulaient une existence plus sûre, moins déconcertante au quotidien, les gens tournèrent le dos à leur propre subjectivité. Ils renoncèrent à avoir un esprit.

Christopher Bollas, Sens et mélancolie

vendredi 17 mai 2019

[...] vous devez avoir le courage de penser et de sentir tout ce que vous pensez et sentez, quel que soit l'avis de votre société ou de votre Société et quoi que vous-même en pensiez.

Wilfred R. Bion, Séminaires italiens

mercredi 15 mai 2019

La psychologie moderne ne peux rien ajouter à la formule classique selon laquelle le bonheur est "la modération en tout" ; elle peut seulement ajouter que la modération dans les exigences du surmoi est aussi essentielle que la modération dans toutes les autres choses.

Sigmund Freud & William C. Bullit, Le président T. W. Wilson

mardi 14 mai 2019

L’efficacité des psychothérapies psychanalytiques a largement été décrite comme un « enchevêtrement causal » ou « disentangling causality », (Leichsenring et al., 2015), cependant, la difficulté à comprendre son processus n’empêche pas les constats positifs : oui, aujourd’hui, les méta-analyses montrent que les psychothérapies psychanalytiques sont efficientes à court terme, autant que les autres, mais encore plus efficaces à long terme.

Marie-Frédérique Bacqué, Des nouvelles de la psychanalyse à l'université

lundi 13 mai 2019

La psychanalyse, elle, tente d'aider chacun à acquérir une connaissance globale de soi-même : elle a pour but de rendre les gens non pas meilleurs mais plus cohérents.

André Green, Le Lego de l'égo

vendredi 10 mai 2019

Bion considère que le tissage de la vie psychique s'opère au moyen de deux fils inhérents à la qualité humaine de l'être : la dépendance et la solitude.

Florence Guignard, préface à Séminaires italiens : Bion à Rome

jeudi 9 mai 2019

Puisqu'on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles.

James Dean

mardi 7 mai 2019

Le monde a été fait par les fous pour que les sages y vivent.

Oscar Wilde, Une femme sans importance

lundi 6 mai 2019

Ne regarde pas en arrière, ce n'est pas là que tu vas.

Anonyme

jeudi 25 avril 2019

Syngué sabour [sɛ̃ge sabur] n.f. (du perse syngue « pierre », et sabour « patiente »). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres... Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate... Et ce jour-là on est délivré.

Atiq Rahimi, Syngué sabour. Pierre de patience

mercredi 24 avril 2019

Le dépressif est un enfant perdu.

Jacques André, Les 100 mots de la psychanalyse

mardi 23 avril 2019

D'après Fédida ["Des bienfaits de la dépression"], la plainte du déprimé traduit dans sa répétition incoercible, une véritable "dépendance au psychique". Même si, formulée de cette façon à votre intention, cette expression n'a l'air de rien, elle nous rappelle cette vérité : au même titre que bien des déprimés, nous savons que nous pensons. C'est seulement, en vous découvrant vous-mêmes à ce point dépendant de votre propre pensée pour exister, qu'il vous arrive de ressentir, vis-à-vis d'elle, une amertume parfois terrible. On pourrait d'ailleurs comparer cette amertume à celle que l'on vouerait à toute personne qui prétendrait nous asservir autant. Fédida suggère qu'il n'est donc pas mauvais signe, en soi, qu'un humain se préoccupe de sa pensée, même à l'excès, puisqu'il lui doit de se savoir humain. Il y a mieux encore. Le malheur de penser succédant au plaisir de se savoir penser : voilà le destin de tous les humains. La conséquence se déduit d'elle-même : prétende stopper radicalement une telle dynamique est insensé. Affirmant que par nature, la dépressivité "appartient à la vie psychique", Fédida en fait également "la maladie de l'humain", au sens où il est impossible d'être humain sans l'avoir éprouvée. Non seulement vous n'êtes pas un malade pour le psychanalyste, mais à ses yeux, votre plainte témoigne au contraire de ce qui fait de nous des êtres humains : être en mesure de savoir et de dire, à soi-même comme à autrui, que nous pensons.

Pascal-Henri Keller, Lettre ouverte au déprimé

vendredi 19 avril 2019

Et si, lorsqu'un patient disait avoir subi un traumatisme infantile, son médecin l'invitait à en parler lors de sa prochaine visite, quel qu'en soit le motif ? Cela changerait-il quelque chose ?

[...] Malgré quelques refus, les médecins se rendirent compte que la plupart des patients étaient heureux de pouvoir s'épancher. Certains leur dirent avoir été victimes de négligence, d'autres d'abus sexuels, d'autres encore avaient été battus par leurs parents. La plupart ne s'étaient jamais demandé si ces événements pouvaient avoir un quelconque impact sur leur état de santé actuel, mais le simple fait de leur poser la question les invitait à y réfléchir.

Johann Hari, Chaque dépression a un sens

jeudi 18 avril 2019

Les œuvres d'art sont beaucoup moins les reflets et la propriété de l'artiste que ne se l'imagine le médecin qui ne connaît cet artiste que sur son divan. Il n'y a que les dilettantes pour réduire à l'inconscient tout ce qu'on trouve en art.

Theodor W. Adorno, Théorie esthétique

mercredi 17 avril 2019

Nous avons atteint le point où nous ne croyons plus ni en la valeur de la vie, ni au mandat éthique qui nous ordonne d’améliorer la condition humaine. Nous avons renoncé à nous-mêmes. Ce faisant, nous avons abandonné la quête d’un sens individuel ou collectif. Céder passivement à la corruption qui s’est répandue partout a transformé notre folie des grandeurs maniaque en dépression collective.
Nous avons changé.
Avec la perte du sentiment que les choses peuvent faire sens – la fin de l’idée que nos vies servent à quelque chose – le deuil est devenu mélancolie. Cette mélancolie nous met en colère contre les pertes subies. Inconsciemment, nous accusons tout ce qui semble nous avoir laissés tomber. Nous nous sentons abandonnés par les prédicats humanistes de la culture occidentale et par le réseau de systèmes de croyances qui semblaient offrir une vision progressiste de l’humanité.

Christopher Bollas, Sens et mélancolie

mardi 16 avril 2019

Ce n'est point une erreur si le médecin se sent touché au plus profond par son malade : ce n'est que dans la mesure où il est lui-même blessé qu'il pourra guérir son patient.

Carl Gustav Jung, La guérison psychologique

lundi 15 avril 2019

Si tu traverses l'enfer ne t'arrête pas.

Anonyme

vendredi 12 avril 2019

  • les vrais surdoués sont des personnes plus intelligentes, mais qui n’en font pas étalage ; il se sentent humbles et pas plus intelligents que les autres ; d’autres sont aussi intelligents qu’eux ;
  • ils sont intuitifs, d’autres le sont aussi ;
  • ils ont des valeurs, d’autres aussi ;
  • ils sont curieux et passionnés de tout, d’autres également ;
  • ils ont une mémoire d’éléphant, ce ne sont pas les seuls ;
  • on les appelle œil de lynx, il n’y a pas qu’eux ;
  • ils sont hypersensibles, certains le sont plus encore ;
  • ils vont bien, nombre de nos congénères aussi.

En revanche, ils sont les seuls à être tout cela à la fois.
Et bien d’autres choses encore. Car, au-delà de ce portrait-robot, leur personnalité est propre à chacun d’entre eux.

Béatrice Millêtre, Le livre des vrais surdoués

jeudi 11 avril 2019

Celui qui trouve sans chercher est celui qui a longtemps cherché sans trouver.

Gaston Bachelard

mercredi 10 avril 2019

C’est parce que l’intuition est surhumaine qu’il faut la croire ; c’est parce qu’elle est mystérieuse qu’il faut l’écouter ; c’est parce qu’elle semble obscure qu’elle est lumineuse.

Victor Hugo, Proses philosophiques

mardi 9 avril 2019

Une fleur ne pense jamais à être en concurrence avec la fleur qui est à côté d'elle. Une fleur s'épanouit, c'est tout !

Anonyme

lundi 8 avril 2019

Pour le surdoué, être totalement dans l’instant présent, synchronisé avec ses sensations, ses émotions, en prenant le plaisir simple du moment, est une mission quasi impossible. Le carpe diem des philosophes qui incite à profiter pleinement de ce que l’on vit dans l’ici et maintenant de la situation reste inaccessible. La méta-analyse du surdoué sur tous les moments vécus le prive de la possibilité d’être tranquillement acteur d’une scène, de se laisser paisiblement porter par le vécu immédiat. Il n’est jamais seulement acteur, il reste toujours aussi le spectateur. Ou même le commentateur de sa propre vie. Comme une voix off. C’est fatigant. Douloureux parfois. Frustrant souvent.

Jeanne Siaud-Facchin, Trop intelligent pour être heureux

vendredi 5 avril 2019

Personne ne peut te prendre ce qui t'est destiné.

Proverbe italien

jeudi 4 avril 2019

Ah ! que la vie est quotidienne...

Jules Laforgue, Complainte sur certains ennuis

mercredi 3 avril 2019

Les surefficients mentaux se bloquent face à l’idée d’être supérieurement intelligent. Tout au plus acceptent-ils l’idée d’une intelligence différente. Mais supérieure, non ! Car le paradoxe est le suivant : plus on est intelligent, plus on doute de l’être et moins on le sait. Alors, ils se débattent avec cette idée d’une intelligence exceptionnelle. Elle les choque même profondément. D’abord et avant tout parce qu’elle va à l’encontre de leurs valeurs d’égalité et de fraternité. Ensuite, s’admettre intellectuellement plus performant que la moyenne fait aussi violence à leur modestie. Enfin, il est plus confortable de se croire juste un peu hypersensible et décalé. Être si intelligent serait encore plus stigmatisant. Certains surefficients m’ont dit que cela confirmerait et rendrait définitif cet isolement qui les fait souffrir.

Christel Petitcollin, Je pense trop

mardi 2 avril 2019

Mais je venais d'apprendre l'inverse : si tu veux être heureux, ne sois pas toi-même. Ne te focalise pas sur ce que tu vaux. C'est le fait de ne penser qu'à toi, toi, toi, qui t'a rendu si malheureux. Ne sois pas toi-même, sois nous. Pense collectif. Fais partie du groupe. Fais en sorte que le groupe aille bien. Tout que j'avais appris m'indiquait que la première étape vers le bonheur consistait à renverser les barrières de l'égo, à laisser notre histoire se mêler à celle des autres et réciproquement, à mettre en commun nos identités et à réaliser que nous n'avions jamais vraiment été nous-mêmes, ce héros triste et solitaire.
Non, ne soyez pas vous-mêmes. Tissez des liens avec tous ceux qui vous entourent. Faites partie d'un tout.

Johann Hari, Chaque dépression a un sens

lundi 1 avril 2019

Nulle pierre ne peut être polie sans friction, nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve.

Confucius

vendredi 29 mars 2019

Le narcissisme oppose une des résistances les plus farouches à l'analyse.

André Green, Narcissisme de vie, narcissisme de mort

jeudi 28 mars 2019

31. Trois heures du matin n'est jamais l'heure pour essayer de remettre votre vie d'aplomb.

Matt Haig, Rester en vie

mercredi 27 mars 2019

Avant cinquante ans on est jeune et beau. Après on est beau.

Jacques Higelin

mardi 26 mars 2019

Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie.

Sénèque, Lettres à Lucilius

vendredi 22 mars 2019

Rien ne nous est plus précieux que nos émotions. Ne les bradez pas et ne les étouffez pas non plus. Sans elles, nous ne sommes personne.

Sophie Bassignac, Mer agitée à très agitée

jeudi 21 mars 2019

Je ne peux pas être complètement analysé - je ne pense pas que ce soit possible. Il faut bien s'arrêter un jour ou l'autre ; après quoi, on fait au mieux avec ce qu'on est.

Wilfred R. Bion, Bion à New York et à São Paulo

mercredi 20 mars 2019

Les psychothérapies qui technicisent – ou plutôt technologisent – le jeu et qui en font, ainsi, des moyens d’exploration de l’inconscient et des auxiliaires de communication se vident, du même coup, de la compréhension interne de leur propre projet et reposent sur un déni et un désaveu de l’enfance au profit d’une surestimation de l’enfant. Non seulement jouer n’y est pas possible mais son pouvoir est faussé d’une méconnaissance radicale de l’enjeu psychothérapique où jouer n’est pas différent de écouter et laisser, dans l’attention dite flottante, se créer et recréer cette parole qui transporte en retour – donne à disposer en son entendu – ce qu’elle a accueilli.

Pierre Fédida, L'absence

mardi 19 mars 2019

On croit que, lorsqu'une chose finit, une autre recommence tout de suite. Non. Entre les deux, c'est la pagaille.

Marguerite Duras, Hiroshima, mon amour

lundi 18 mars 2019

La grande leçon de la vie, c'est que parfois, ce sont les fous qui ont raison.

Winston Churchill

vendredi 15 mars 2019

La patience vient à bout de tout.

Proverbe français

jeudi 14 mars 2019

Lorsque tout semble aller contre toi, souviens-toi que les avions décollent toujours face au vent.

Henry Ford