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lundi 26 juin 2023

J'utilise le terme "intersubjectivité" pour penser la question de la rencontre d'un sujet, animé de pulsion et d'une vie psychique inconsciente, avec un objet, qui est aussi un autre-sujet, et qui présente donc les mêmes caractéristiques. Une telle définition me paraît tout à fait essentielle pour souligner la place de l'objet et de la "réponse" de l'objet aux mouvements pulsionnels du sujet, dans le devenir psychique de ceux-ci.

René Roussillon, L'intersubjectivité, l'inconscient et le sexuel

vendredi 16 septembre 2022

Quand Freud dit que la guérison vient de surcroît, ce qui a été repris par Lacan, il ne veut pas dire que la psychanalyse n’est pas une psychothérapie. Il n’y a pas d’ambiguïté pour Freud, la psychanalyse est une psychothérapie. Mais ce qu’il dénonce, c’est une mauvaise psychanalyse. C’est une psychanalyse qui prendrait le symptôme comme objet et qui n’entendrait pas que le problème de fond n’est pas le symptôme qui n’est qu’une manifestation. Le problème c’est que ce symptôme n’est là que pour nous faire signe, concernant une souffrance d’être, un complexe inconscient, enfin quelque chose qui est non manifeste. Le symptôme, c’est la partie grâce à laquelle le sujet adresse quelque chose d’une demande.

René Roussillon, Regards sur la souffrance, entretien avec Denis Dubouchet, revue Gestalt n° 30

mercredi 16 mars 2022

Et pourtant, si l'interprétation des rêves fut la première « voie royale » de l'exploration de la vie psychique inconsciente, si elle fut utilement complétée par l'interprétation des associations en cours de séance et du transfert qu'elles manifestent, je tiens l'interprétation de la sexualité et de ses jeux, ses fantasmes mais aussi ses pratiques effectives, voire ses « positions », comme la troisième voie royale de l'exploration de la vie psychique profonde.

René Roussillon, postface à Le refus du féminin de Jacqueline Schaeffer

vendredi 27 juillet 2018

La matière psychique est hypercomplexe, elle est énigmatique. Elle ne peut être métabolisée et intégrée directement. Elle est donc en quête de médiateur pour son élaboration et la décondensation de son hypercomplexité.

René Roussillon, "Complexité et paradoxes du transfert" in Les grands concepts de la psychologie clinique

lundi 15 mai 2017

Penser qu'au sein d'un même dispositif tous les aspects de la vie psychique peuvent être abordés relève de l'utopie ou de l'idéologie, et donc d'une méconnaissance des limites inévitables de tout dispositif.

René Roussillon, Sur l'opposition psychothérapie/psychanalyse

mercredi 17 juin 2015

Ce qui nous fait souffrir c'est le manque de contact avec les différents niveaux de nous-mêmes.

René Roussillon, Le travail technique, conférence présentée à l'hôpital Jean-Talon, Québec, avril 1994

lundi 15 juin 2015

Nous avons vu plus haut, par exemple, que le transfert ne peut être simplement pensé comme transfert paternel ou maternel mais qu'il est les deux à la fois et qu'il concerne en fait le mode de relation des deux personnages de l'histoire infantile du sujet, qu'il est transfert d'un mode relationnel, et en plus évalué à l'aulne de sa place dans le processus de symbolisation et de subjectivation.

René Roussillon, Manuel de pratique clinique

lundi 8 septembre 2014

La reconstruction de l'histoire, de la préhistoire, est fondamentale, mais la manière dont celle-ci s'effectue n'en n'est pas moins fondamentale. L'histoire, l'historicité, l'historisation, se transmettent dans un jeu signifiant avec la réalité historique, leur vérité dépend aussi bien de la réalité qu'elles cernent que du jeu qu'elles introduisent et grâce auquel ce à quoi la réalité historique a confronté le sujet trouve à se représenter et à se subjectiviser.

René Roussillon, Agonie, clivage et symbolisation

mercredi 11 décembre 2013

Transfert par retournement

C'est le passage d'une position passive à une position active chez un patient qui, ayant subi le traumatisme d'un abandon par exemple, ne peut que retourner activement cet éprouvé de telle sorte que ce soit l'autre, le thérapeute qui le ressente et qui en souffre à sa place momentanément.

René Roussillon, Agonie, clivage et symbolisation

mardi 19 novembre 2013

Nous avons pu montrer que l’attitude thérapeutique paradoxale structurait un espace de jeu et relançait les processus transitionnels en même temps qu’elle permettait aux soignants de « contenir » à bon compte thérapeutique l’agressivité contre-transférentielle induite.

Cette activité de relance, cet espace de jeu présente trois propriétés que nous ne ferons qu’ébaucher ici.

- la première de ces propriétés, non la moindre, est la délimitation d’un espace-temps, limité, défini comme situation de soin et qui fonctionne comme appui externe à la constitution d’un espace interne. Un cadre est ainsi construit.

- Second aspect : le thérapeute est amené à présenter (formuler ou mettre en forme) des représentations psychiques au patient, il « nourrit » les processus élaboratifs dans une activité que nous avons rapprochée de la capacité de rêverie décrite par Bion et qui s’apparente, à un niveau métaphorique, à la «présentation d'objet» du maternage selon Winnicott.

- En troisième lieu, le thérapeute adopte à l’égard de la vie psychique une certaine attitude qui transmet un cadre de référence qui introduit un certain décollement par rapport aux imagos mobilisées, qui introduit un certain jeu dans les représentations psychiques et les processus. Ces méthodes, toujours suivant notre expérience propre, peuvent être utilisées corrélativement à des interventions thérapeutiques plus traditionnelles et dérivées de la psychanalyse qu’elles ne sauraient remplacer. Elles fournissent en situation de crise de la situation de soin, un « supplément de cadre » qui permet de contenir plus économiquement la crise.

René Roussillon, Paradoxes et situations limites de la psychanalyse

dimanche 2 décembre 2012

Là où "l'ombre de l'objet tombe sur le moi" s'indique la trace de l'échec historique du moi à trouver son reflet dans l'objet, s'indique l'échec de la fonction réflexive de l'objet, c’est là où l'objet ne réfléchit pas le sujet que plane son ombre.

René Roussillon, Pluralité de l'appropriation subjective

samedi 14 juillet 2012

Il faut toujours se méfier quand on évoque une pensée qui viendrait "après" Freud, car Freud a écrit vingt gros volumes plus la correspondance, etc. ; et il a dit énormément de choses et, à mon avis, en cherchant bien, on y trouve à peu près tout formulé.

René Roussillon, Transitionnel et réflexivité

mardi 8 mai 2012

[...] Souvenez-vous en dans les moments les plus difficiles, là où précisément vous commencez à avoir une mauvaise image de vous, là où vous commencez à sentir quelques symptômes qui vous assaillent. Souvenez-vous alors qu'il y a peut-être lieu de chercher au-delà de vous, même en vous, quelque trace de quelque chose d'une génération d'avant, qui serait venue comme cela, à travers le regard de l'autre, venue se déposer sur votre moi, ou se déposer sur votre fonctionnement intérieur pour y laisser une trace.

René Roussillon, Formes et de l'Œdipe. Cours de psychologie clinique, L3, 2006

lundi 27 février 2012

On souffre du non-approprié de notre histoire et on guérit en symbolisant, en rejouant.

Entretien avec René Roussillon, Regards sur la souffrance, Revue Gestalt n° 30, 2006

dimanche 12 février 2012

Il y a une tendance étonnante chez certains psychanalystes à penser que la référence au monde du bébé relève d'une forme de psychologie expérimentale de bas étage qui ne mériterait pas d'être prise en compte en psychanalyse, c'est là gravement méconnaître la clinique du bébé et de l'émergence de la subjectivité.

René Roussillon, Le concept du maternel primaire