Nul ne nous a obligés à devenir psychanalystes. Mais si nous prenons l'initiative de le devenir, il nous faut avoir le courage d'être sincères et conséquents.
André Green
mardi 3 avril 2018
vendredi 30 mars 2018
mercredi 28 mars 2018
vendredi 23 mars 2018
Le meilleur conseil que je puisse donner à quelqu'un pour réussir [...], c'est de ne pas écouter les bruits du monde, mais écouter le silence de l'âme. Tous les gens te diront dans la vie : c'est impossible, t'es trop loin, c'est pas faisable, c'est trop dur. Ça, c'est les bruits du monde ! Mais les gens n'écoutent jamais le silence, qui est un son de l'âme. C'est-à-dire se remettre sur soi-même, à l'intérieur de soi-même et de demander à soi-même ce que l'on veut réaliser dans la vie...
Jean-Claude Van Damme
Jean-Claude Van Damme
mercredi 21 mars 2018
Pour quel obscur motif ce mot Limbes dont je prolonge la première syllabe et qui paraît se tenir à mi-chemin entre le clair et le sombre exerce-t-il sur moi un tel attrait ? Souhaiterais-je séjourner dans le limbe des enfants ? N'aimerais-je que les pensées à l'état naissant qui se refusent à être cernées ? Serais-je épris de ces rêves qui tiennent lieu de réalité ? Ne serais-je touché que par ceux qui n'ont pas une identité bien assurée, qui ne sont pas ce qu'ils sont ou croient être, et alors les femmes, plus que les hommes, seraient ces êtres-là, incertains, insaisissables, celles qu'on ne saurait baptiser, celles qui seraient toujours en attente d'on ne sait trop quoi ?
J.-B. Pontalis, L'enfant des limbes
J.-B. Pontalis, L'enfant des limbes
mardi 20 mars 2018
Contrairement à la tendance actuelle qui se concentre sur la pensée de l'analyste au travail, je suis convaincu que l'imagination et les fantasmes de l'analyste ne peuvent pas constituer le cœur du travail analytique. L'utilisation de ces éléments ne se justifie que s'ils se rattachent aux expériences précoces de l'enfance du patient, et en prenant en compte l'histoire individuelle et la psychopathologie de celui-ci.
Franco De Masi, Leçons de psychanalyse
Franco De Masi, Leçons de psychanalyse
lundi 19 mars 2018
vendredi 16 mars 2018
jeudi 15 mars 2018
mardi 13 mars 2018
[...] l'être humain est traducteur. Dès l'enfance ce dernier est voué à devenir un traducteur, traducteur des messages qui lui sont adressés par l'autre adulte, traducteur de messages énigmatiques ressortissant au monde des adultes qui lui revient de traduire dans sa langue d'enfant. De l'approfondissement de cette idée directrice il tirera une théorie traductive du refoulement.
Christophe Dejours et Felipe Votadoro, Préface à La séduction à l'origine : l'œuvre de Jean Laplanche
Christophe Dejours et Felipe Votadoro, Préface à La séduction à l'origine : l'œuvre de Jean Laplanche
vendredi 9 mars 2018
jeudi 8 mars 2018
mercredi 7 mars 2018
mardi 6 mars 2018
lundi 5 mars 2018
vendredi 2 mars 2018
Rappelez-vous une chose, qui vous sera d’une grande utilité, quoi que vous puissiez penser de lui en tant que personne, et quoi que ses successeurs aient fait ou pas, Freud avait raison. C’est une formule magique que vous devriez toujours garder avec vous dans votre sac, et utiliser chaque fois que le sens commun fait défaut.
Cyprian St. Cyr [Eric Berne], Letters to my wife’s maid
Cyprian St. Cyr [Eric Berne], Letters to my wife’s maid
mercredi 28 février 2018
Ainsi le symptôme est chargé, peu à peu, de représenter d’importants intérêts, il devient un élément de l’auto-défense, il resserre toujours plus ses liens avec le moi, et lui devient indispensable. Il est bien rare que l’adoption d’un corps étranger puisse produire quelque chose de semblable. On pourrait d’ailleurs exprimer de façon exagérée l’importance de cette adaptation secondaire au symptôme, en disant que le moi, somme toute, ne crée le symptôme que pour jouir de ses avantages. Ce serait aussi juste ou aussi faux que de prétendre que le blessé de guerre s’est fait arracher une jambe par le tir de l’ennemi pour vivre ensuite de sa pension sans travailler.
Sigmund Freud, Inhibition, symptôme et angoisse
Sigmund Freud, Inhibition, symptôme et angoisse
mardi 27 février 2018
lundi 26 février 2018
Contrairement à ce qu'on pense, la vérité historique n'est pas la vérité de ce qui arrive en fait, c'est la vérité de ce qui s'est passé à une certaine période de l'histoire de quelqu'un et dont il a fait une vérité interne : tout ce qu'il était capable d'en penser, et qui a continué à rester en lui.
André Green, Entretien avec Pierre Bayard et Jean Bellemin-Noël, revue Littérature
André Green, Entretien avec Pierre Bayard et Jean Bellemin-Noël, revue Littérature
vendredi 23 février 2018
Psychologie Magazine : Vous écrivez : “Se séparer de soi : tâche aussi douloureuse qu’inéluctable et même nécessaire pour qui ne consent pas à rester sur place et que porte le désir d’avancer, d’aller au-devant de ce qui, n’étant pas soi, a des chances d’être à venir.” Est-ce cela, changer vraiment ?
J.-B. Pontalis : Oui, c’est aller hors de ce qui est connu de soi. C’est ce que j’ai toujours cherché. Avant de devenir psychanalyste, j’étais prof de philo. Un jour – j’avais 29 ans –, une élève d’hypokhâgne m’a dit : « Ils sont bien vos cours, mais on a l’impression que vous n’y croyez pas vraiment. » Sur le moment, ça ne m’a pas fait beaucoup d’effet, mais après j’ai réalisé qu’elle disait vrai : je maîtrisais le langage, le discours, mais je n’habitais pas mes mots. Il me fallait d’abord me dégager de mes maîtres, notamment de Sartre qui, quoique généreux, était si écrasant… En me séparant de Sartre, puis de Lacan, à chaque fois je me suis séparé, « dé-pris » de celui que j’étais à ce moment-là et des concepts qui me portaient alors – vous savez, on peut aussi se retrouver enfermé dans des concepts. Ç’a été long avant que je me reconnaisse vraiment dans ma parole, dans ce que j’écrivais. Ainsi y a-t-il pour chacun à se dégager des différentes identifications qui jalonnent sa vie. C’est cela, être vivant : essayer de ne pas rester figé dans un âge, dans une position, et aussi être capable de naviguer, de faire des allers-retours dans les différentes époques de sa vie : retrouver l’enfant en soi, sa part de féminité, sa révolte adolescente… Alors, tous les âges se télescopent, comme dans les rêves, où un élément de la veille et des souvenirs des toutes premières années se mélangent. L’important, c’est que ça bouge.
Entretien avec J.-B. Pontalis pour Psychologies Magazine
J.-B. Pontalis : Oui, c’est aller hors de ce qui est connu de soi. C’est ce que j’ai toujours cherché. Avant de devenir psychanalyste, j’étais prof de philo. Un jour – j’avais 29 ans –, une élève d’hypokhâgne m’a dit : « Ils sont bien vos cours, mais on a l’impression que vous n’y croyez pas vraiment. » Sur le moment, ça ne m’a pas fait beaucoup d’effet, mais après j’ai réalisé qu’elle disait vrai : je maîtrisais le langage, le discours, mais je n’habitais pas mes mots. Il me fallait d’abord me dégager de mes maîtres, notamment de Sartre qui, quoique généreux, était si écrasant… En me séparant de Sartre, puis de Lacan, à chaque fois je me suis séparé, « dé-pris » de celui que j’étais à ce moment-là et des concepts qui me portaient alors – vous savez, on peut aussi se retrouver enfermé dans des concepts. Ç’a été long avant que je me reconnaisse vraiment dans ma parole, dans ce que j’écrivais. Ainsi y a-t-il pour chacun à se dégager des différentes identifications qui jalonnent sa vie. C’est cela, être vivant : essayer de ne pas rester figé dans un âge, dans une position, et aussi être capable de naviguer, de faire des allers-retours dans les différentes époques de sa vie : retrouver l’enfant en soi, sa part de féminité, sa révolte adolescente… Alors, tous les âges se télescopent, comme dans les rêves, où un élément de la veille et des souvenirs des toutes premières années se mélangent. L’important, c’est que ça bouge.
Entretien avec J.-B. Pontalis pour Psychologies Magazine
jeudi 22 février 2018
C'est donc ici que je distingue nettement deux aspects : le psychanalytique et le psychothérapeutique. Dans toute analyse il y a un aspect psychothérapeutique ; toutefois, dans le cas d'une analyse "classique" - je laisse de côté le problème des cas-limites et des psychoses -, c'est le patient qui fait la psychothérapie. En d'autres termes, l'aspect psychothérapeutique est à la charge du patient, tandis que l'aspect psychanalytique est pris en charge par l'analyste et le patient, ensemble.
Jean Laplanche. Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
Jean Laplanche. Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
mercredi 21 février 2018
mardi 20 février 2018
lundi 19 février 2018
Le sujet ne vient pas nous voir parce qu'il fait partie d'une intelligentsia ni parce qu'il est mobilisé par un quelconque désir de savoir ; il vient parce qu'il souffre et pour que nous l'aidions à dépasser son conflit psychotique, névrotique ou autre, qui est cause de sa souffrance. C'est pourquoi je pense que la dimension thérapeutique est partie intégrante de ce que je fais quotidiennement quand je travaille comme analyste.
Piera Aulagnier, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
Piera Aulagnier, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
vendredi 16 février 2018
Certains analystes sont portés à voir l'effet de l'inconscient dans les réseaux associatifs que forme le fil du discours ; d'autres soulignent dans la parole adressée l'expression d'une situation répétée que le patient s'efforce de maîtriser ; d'autres encore se centrent sur l'émergence et la maturation de l'affect ressenti ; d'autres enfin attachent une attention particulière aux retournements paradoxaux qui font effet de rupture. Assurément, selon le patient et le moment de sa cure, tout analyste privilégie l'une ou l'autre de ces perspectives, mais il n'en reste pas moins vrai que le style propre issu de la formation de chacun dispose plus directement à l'une ou à l'autre de ces manières d'envisager le travail interprétatif.
Laurent Danon-Boileau et Jean-Yves Tamet (Dir.), Des psychanalystes en séance. Glossaire clinique de psychanalyse contemporaine
Laurent Danon-Boileau et Jean-Yves Tamet (Dir.), Des psychanalystes en séance. Glossaire clinique de psychanalyse contemporaine
mercredi 14 février 2018
mardi 13 février 2018
vendredi 9 février 2018
jeudi 8 février 2018
mercredi 7 février 2018
Un supervisé m'a rapporté le cas d'un homme souffrant d'une maladie de peau, un vitiligo qui lui recouvrait toute l'épaule. Les traitements médicaux ne donnaient aucun résultat. C'était pénible pour le patient, parce que c'est une affection assez visible, très troublante narcissiquement. Dans son analyse, le patient a pu retrouver un souvenir traumatique datant de ses deux ans. Il avait un sœur, très proche en âge, qui était tombée dans un piscine ; il avait vu des hommes retirer de l'eau le corps mort de l'enfant, et il avait vu les cheveux noirs de la petite lui recouvrant toute l'épaule. Il a eu cette vision. C'est comme s'il avait fait un travail de deuil somatique et était devenu se petite sœur morte ; il a pris en lui cette image d'elle ; c'était la solution qu'il avait trouvée pour ne pas la perdre...
Joyce McDougall, Après Lacan : le retour de la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
Joyce McDougall, Après Lacan : le retour de la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
mardi 6 février 2018
Avec quoi le langage parle-il ? Sûrement pas avec des mots seulement, mais aussi avec des mots investis d'affects, sous-tendus par des représentations pulsionnelles conscientes et inconscientes, et dynamisés par des motions qui l'animent... Le structuralisme a entretenu la tentation illusoire de promouvoir un impérialisme linguistique - avec sa "science pilote", la linguistique ; la combinatoire serait prioritaire, pas la complexité de l'humain...
André Green, Du signe au discours
André Green, Du signe au discours
lundi 5 février 2018
Vous avez peur, peur de ne pas réussir ? Alors, allez-y. Si vous devez échouer, vous échouerez et recommencerez. Autant de fois qu’il le faudra. Ce n’est pas l’échec qui nous retient, c’est le courage de recommencer qui manque et nous fait stagner.
Clarissa Pinkola Estès, Femmes qui courent avec les loups
Clarissa Pinkola Estès, Femmes qui courent avec les loups
vendredi 2 février 2018
Si, comme le montrera Lacan en 1960 dans son séminaire sur L'éthique de la psychanalyse, "en chacun de nous, il y a la voie tracée pour un héros", c'est que justement l'héroïsme de l'être humain, du point de vue de la psychanalyse, ne dépend pas tant de la reconnaissance par autrui de notre grandeur que notre capacité à affronter le désarroi comme expérience intime de notre être. Car celui qui sait ne pas fuir sa propre angoisse sera aussi celui qui ne fuira pas son propre désir. Rien ne peut dans ces conditions nous sauver de notre angoisse que le Dieu Logos, c'est-à-dire notre propre croyance en la valeur de la parole et en sa fonction éthique. Rien ne peut conférer à notre existence le sens que nous en attendons que nos propres actes lorsqu'ils sont éclairés par le courage de résister à la pulsion de mort et celui de ne pas céder sur ce qui doit nous coûter l'accès à notre désir, comme "métonymie de notre être".
Clotilde Leguil, extrait de la présentation de L'avenir d'une illusion de Sigmund Freud
Clotilde Leguil, extrait de la présentation de L'avenir d'une illusion de Sigmund Freud
jeudi 1 février 2018
mercredi 31 janvier 2018
Fernando Urribarri - Pour finir, le voudrais vous demander de résumer le noyau des questions abordées dans Théâtres du corps.
Joyce McDougall - Dans cet ouvrage, j'essaie de comprendre le genre de messages qui circulent à double sens, entre la psyché et le soma, et de conceptualiser la façon dont on pourrait travailler cela dans la relation analytique.
Joyce McDougall, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
Joyce McDougall - Dans cet ouvrage, j'essaie de comprendre le genre de messages qui circulent à double sens, entre la psyché et le soma, et de conceptualiser la façon dont on pourrait travailler cela dans la relation analytique.
Joyce McDougall, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
mardi 30 janvier 2018
vendredi 26 janvier 2018
jeudi 25 janvier 2018
Prenons en considération la genèse psychique des représentations religieuses. Celles-ci, qui se donnent pour des dogmes, ne sont pas des précipités d’expériences ni des résultats d’une pensée, ce sont des illusions, des accomplissements des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus urgents de l’humanité ; le secret de leur force est la force de ces désirs.
Sigmund Freud, l'avenir d'une illusion
Sigmund Freud, l'avenir d'une illusion
mercredi 24 janvier 2018
20 ans
On n'est pas là pour payer les dettes
On a tous connu nos martyrs
On se contente de chaque miette
De chaque seconde, de chaque soupir
Il n’y a pas grand-chose que l’on regrette
Où l’on ne veut plus se souvenir
On a bravé tant de tempêtes
Qu’on ne s’est même pas vu grandir
Dis-moi que la vie est encore plus belle
Quand on a plus vingt ans
Est-ce qu’on peut encore toucher le ciel
Quand on plus vingt ans
Donne-moi des monts et des merveilles
Comme si j’avais vingt ans
Est-ce qu’on t’appeler mademoiselle
Tu as toujours vingt ans
On joue toujours avec les allumettes
Avec les flammes, avec le désir
On n'a qu’une envie, qu’une requête
De rire comme si on allait jamais mourir
On a passé l’âge d’être bête
Pas celui de se faire éblouir
Chaque journée est une conquête
Qu’il faut abattre d’un sourire
Dis-moi que la vie est encore plus belle
Quand on a plus vingt ans
Est-ce qu’on peut encore toucher le ciel
Quand on plus vingt ans
Donne-moi des monts et des merveilles
Comme si j’avais vingt ans
Est-ce qu’on peut t’appeler mademoiselle
Tu as toujours vingt ans
Toujours vingt ans
Toujours vingt ans
On est venu à bout de la bête
Et des nuits qui devaient rétrécir
On ne battra jamais en retraite
On a encore tant de choses à offrir
Johnny Hallyday, album "L'attente", texte de Christophe Miossec
On n'est pas là pour payer les dettes
On a tous connu nos martyrs
On se contente de chaque miette
De chaque seconde, de chaque soupir
Il n’y a pas grand-chose que l’on regrette
Où l’on ne veut plus se souvenir
On a bravé tant de tempêtes
Qu’on ne s’est même pas vu grandir
Dis-moi que la vie est encore plus belle
Quand on a plus vingt ans
Est-ce qu’on peut encore toucher le ciel
Quand on plus vingt ans
Donne-moi des monts et des merveilles
Comme si j’avais vingt ans
Est-ce qu’on t’appeler mademoiselle
Tu as toujours vingt ans
On joue toujours avec les allumettes
Avec les flammes, avec le désir
On n'a qu’une envie, qu’une requête
De rire comme si on allait jamais mourir
On a passé l’âge d’être bête
Pas celui de se faire éblouir
Chaque journée est une conquête
Qu’il faut abattre d’un sourire
Dis-moi que la vie est encore plus belle
Quand on a plus vingt ans
Est-ce qu’on peut encore toucher le ciel
Quand on plus vingt ans
Donne-moi des monts et des merveilles
Comme si j’avais vingt ans
Est-ce qu’on peut t’appeler mademoiselle
Tu as toujours vingt ans
Toujours vingt ans
Toujours vingt ans
On est venu à bout de la bête
Et des nuits qui devaient rétrécir
On ne battra jamais en retraite
On a encore tant de choses à offrir
Johnny Hallyday, album "L'attente", texte de Christophe Miossec
mardi 23 janvier 2018
Quoi qu'il en soit, nous devons être prudents, quand nous parlons d'un "psychosomatique", d'un "obsessionnel", d'un "homosexuel"... Tout cela ne veut rien dire ; ce qui doit nous intéresser, c'est la singularité, ce qu'il y a d'unique dans la personne.
Joyce McDougall, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
Joyce McDougall, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
lundi 22 janvier 2018
Fernando Urribarri - A propos des processus tertiaires dans le processus analytique, je pensais au rôle central que vous leur attribuez pour définir votre "pensée clinique".
André Green - En effet, la pensée clinique a deux dimensions. L'une correspond au travail de l'analyste dans le cadre. L'autre, à la pensée qui surgit de l'expérience, vis-à-vis de laquelle il prend ses distances, réflexivement, pour en rendre compte, pour rendre compte des raisons de l'inconscient. C'est une pensée mobilisée par l'angoisse, par le contre-transfert, qui opère dans l'écriture et dans la communication analytique. J'ai signalé que, même si elle ne fait pas de référence directe à la clinique, elle est capable d'éveiller la résonance avec l'expérience clinique du lecteur.
André Green, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
André Green - En effet, la pensée clinique a deux dimensions. L'une correspond au travail de l'analyste dans le cadre. L'autre, à la pensée qui surgit de l'expérience, vis-à-vis de laquelle il prend ses distances, réflexivement, pour en rendre compte, pour rendre compte des raisons de l'inconscient. C'est une pensée mobilisée par l'angoisse, par le contre-transfert, qui opère dans l'écriture et dans la communication analytique. J'ai signalé que, même si elle ne fait pas de référence directe à la clinique, elle est capable d'éveiller la résonance avec l'expérience clinique du lecteur.
André Green, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
vendredi 19 janvier 2018
mercredi 17 janvier 2018
La fonction sexuelle était présente dès le début, commençait par s'étayer sur les autres fonctions vitales et prenait ensuite son indépendance à leur égard ; il lui fallait accomplir une évolution longue et compliquée, avant de devenir ce qui était connu comme la vie sexuelle normale de l'adulte.
Sigmund Freud, Sigmund Freud présenté par lui-même
Sigmund Freud, Sigmund Freud présenté par lui-même
mardi 16 janvier 2018
Je dis que le temps de l'analyse est le temps de l'infans. La création géniale de Freud de la méthode et du dispositif cherche à faire passer par le langage l'expérience de l'infans (celui qui n'a pas de langage).
J.-B. Pontalis, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
J.-B. Pontalis, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri
vendredi 12 janvier 2018
La conception freudienne de la sexualité s'appuie principalement sur l'hypothèse de "pulsions" sexuelles innées, agissantes dès la naissance et tout au long de l'enfance. Comment ces pulsions en viennent-elles à s'attacher à des objets ? Cette question a toujours été très centrale dans l'œuvre de Freud, bien qu'il lui ait donné des réponses incomplètes et parfois contradictoires. Certains de ses continuateurs ont par la suite attaché une importance croissante à la "relation d'objet".
Michèle Perron-Borelli, Les fantasmes
Michèle Perron-Borelli, Les fantasmes
jeudi 11 janvier 2018
mercredi 10 janvier 2018
mardi 9 janvier 2018
- Que faites-vous ?
- Moi ? Je suis psychiatre.
- Ah oui ?
- Je travaille sur le délire paranoïde.
- Racontez-moi.
- Il n'y a pas grand chose à dire. Je travaille surtout en Europe et j'ai écrit de nombreux articles psychanalytiques. J'ai beaucoup étudié. J'ai travaillé avec Freud à Vienne. Mais on a différé sur le concept d'envie du pénis. Freud voulait le limiter à la femme.
Woody Allen, Zelig
- Moi ? Je suis psychiatre.
- Ah oui ?
- Je travaille sur le délire paranoïde.
- Racontez-moi.
- Il n'y a pas grand chose à dire. Je travaille surtout en Europe et j'ai écrit de nombreux articles psychanalytiques. J'ai beaucoup étudié. J'ai travaillé avec Freud à Vienne. Mais on a différé sur le concept d'envie du pénis. Freud voulait le limiter à la femme.
Woody Allen, Zelig
lundi 8 janvier 2018
Cure psychanalytique
Des déceptions amoureuses à répétition, une orientation sexuelle hésitante, une aphonie qui surgit chaque fois qu'il faut parler en public, un mal de vivre indéfinissable, une érection vacillante, une mère débordante, un père qui ne vous a jamais aimé, la mort d'un très proche, un enfant que l'on arrive pas à faire, un dégoût de la sexualité, une addiction à la sexualité qui ne laisse de place pour rien d'autre, une maladie somatique grave, l'aggravation de l'angoisse malgré la suppression réussie d'une phobie par une psychothérapie comportementale, une dépressivité qui gâche toutes les entreprises, une jalousie qui ne connaît pas de repos, un livre qu'on ne parvient plus à écrire, n'avoir jamais rencontré quelqu'un qui vous écoute... le recours à la psychanalyse se confond avec l'expérience humaine. Le malheur peut paraître venir du dehors - "l'enfer, c'est les autres" -, on a cependant l'intuition d'y être pour quelque chose ; qu'il faut changer pour que ça change. Sans le savoir, on vient en analyse pour changer le passé, en réécrire le récit, découvrir la haine derrière l'amour affiché (ou l'inverse), la secrète satisfaction derrière le déplaisir, une prison que l'on ne veut pas quitter. Parmi les risques que l'on court, il y a celui de devenir un peu plus libre qu'auparavant.
Jacques André, Les 100 mots de la psychanalyse
Des déceptions amoureuses à répétition, une orientation sexuelle hésitante, une aphonie qui surgit chaque fois qu'il faut parler en public, un mal de vivre indéfinissable, une érection vacillante, une mère débordante, un père qui ne vous a jamais aimé, la mort d'un très proche, un enfant que l'on arrive pas à faire, un dégoût de la sexualité, une addiction à la sexualité qui ne laisse de place pour rien d'autre, une maladie somatique grave, l'aggravation de l'angoisse malgré la suppression réussie d'une phobie par une psychothérapie comportementale, une dépressivité qui gâche toutes les entreprises, une jalousie qui ne connaît pas de repos, un livre qu'on ne parvient plus à écrire, n'avoir jamais rencontré quelqu'un qui vous écoute... le recours à la psychanalyse se confond avec l'expérience humaine. Le malheur peut paraître venir du dehors - "l'enfer, c'est les autres" -, on a cependant l'intuition d'y être pour quelque chose ; qu'il faut changer pour que ça change. Sans le savoir, on vient en analyse pour changer le passé, en réécrire le récit, découvrir la haine derrière l'amour affiché (ou l'inverse), la secrète satisfaction derrière le déplaisir, une prison que l'on ne veut pas quitter. Parmi les risques que l'on court, il y a celui de devenir un peu plus libre qu'auparavant.
Jacques André, Les 100 mots de la psychanalyse
vendredi 5 janvier 2018
Cela ne m’intéresse pas de savoir quel est ton métier.
Ce que je veux savoir, c’est ce qui te tient à cœur.
Si tu oses rêver accomplir tes désirs.
Si tu es prêt à paraître fou par amour ou pour tes rêves.
Pour l’aventure d’être vivant.
Je veux savoir si tu as touché le cœur de ta tristesse.
Si tu t’es ouvert suite aux épreuves de la vie.
Ou si tu t’es desséché et fermé par peur de la douleur.
Je veux savoir si tu peux expérimenter ta douleur.
Ou la mienne sans chercher à la cacher.
À la diminuer ou à la solutionner.
Je veux savoir si tu peux entrer dans la joie, la mienne ou la tienne.
Si tu peux danser sauvagement.
Et laisser l’extase te remplir jusqu’au bout des doigts.
Sans opposer de limites humaines et sans penser être prudent ou réaliste.
Cela ne m’intéresse pas de savoir si l’histoire que tu me racontes est vraie.
Ce que je veux savoir, c’est si tu peux décevoir quelqu’un d’autre afin de rester vrai envers toi-même.
Si tu peux supporter l’accusation d’être un traitre et ne pas trahir ta propre âme.
Je veux savoir si tu as suffisamment de foi pour être digne de confiance.
Je veux savoir si tu sais voir la beauté même si ce n’est pas beau tous les jours…
Texte amérindien
Ce que je veux savoir, c’est ce qui te tient à cœur.
Si tu oses rêver accomplir tes désirs.
Si tu es prêt à paraître fou par amour ou pour tes rêves.
Pour l’aventure d’être vivant.
Je veux savoir si tu as touché le cœur de ta tristesse.
Si tu t’es ouvert suite aux épreuves de la vie.
Ou si tu t’es desséché et fermé par peur de la douleur.
Je veux savoir si tu peux expérimenter ta douleur.
Ou la mienne sans chercher à la cacher.
À la diminuer ou à la solutionner.
Je veux savoir si tu peux entrer dans la joie, la mienne ou la tienne.
Si tu peux danser sauvagement.
Et laisser l’extase te remplir jusqu’au bout des doigts.
Sans opposer de limites humaines et sans penser être prudent ou réaliste.
Cela ne m’intéresse pas de savoir si l’histoire que tu me racontes est vraie.
Ce que je veux savoir, c’est si tu peux décevoir quelqu’un d’autre afin de rester vrai envers toi-même.
Si tu peux supporter l’accusation d’être un traitre et ne pas trahir ta propre âme.
Je veux savoir si tu as suffisamment de foi pour être digne de confiance.
Je veux savoir si tu sais voir la beauté même si ce n’est pas beau tous les jours…
Texte amérindien
jeudi 4 janvier 2018
mercredi 3 janvier 2018
mardi 2 janvier 2018
Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.
Jacques Brel, le 1er Janvier 1968
Jacques Brel, le 1er Janvier 1968
jeudi 14 décembre 2017
mercredi 13 décembre 2017
Quand tout se pose
Quand les corps se défont
Quand la parade est terminée
Quand la raison dispose
Quand les amis s'en vont
Et le dernier fard effacé
Restent les aveux prisonniers
Dans le miroir lisse et glacé
Je ne suis qu'un homme
Mais elle ne sait pas
Dans ces zones d'ombre
Quand elle tend ses bras
Oh rien qu'un homme
De peur et de froid
Quand le masque tombe
A chaque fois
Aux futiles danses des guerriers toujours vivants
Aux phrases immenses des enfants
Aux immobiles errances des marins sans océans
Aux parterres de fleurs qu'elle attend
Je n'ai que les pierres de ma voix
C'est peu de choses
Mais c'est moi
Je ne suis qu'un homme
Quand elle me voit roi
Pour ces jours qui fondent
Qu'elle ne compte pas
Oh juste un homme
De peur et de froid
Quand le masque tombe
Quand tout se voit
Et si j'ai appris à faire semblant
A garder les yeux paisibles
Quand elle plonge dedans
J'ai mal des hivers
Qui m'attirent trop souvent
Vers les bords du monde
Quand le masque tombe
Quand le masque tombe
Je ne suis qu'un homme
Quand le masque tombe
J'ai peur et j'ai froid
Je ne suis qu'un homme
Quand la nuit est loi
Quand le masque tombe
Quand elle me voit roi
Je ne suis qu'un homme
Quand a nuit est loi
Quand le masque tombe
J'ai peur, j'ai peur et j'ai froid
Je ne suis qu'un homme
Oh, quand le masque tombe
Quand le masque tombe
Je ne suis qu'un homme
Oh, quand le masque tombe
Quand le masque tombe
J'ai peur et j'ai froid
Je ne suis qu'un homme
Oh! Quand le masque tombe
Johnny Hallyday, Quand le masque tombe. Paroles et musique Erick Benzi
Quand les corps se défont
Quand la parade est terminée
Quand la raison dispose
Quand les amis s'en vont
Et le dernier fard effacé
Restent les aveux prisonniers
Dans le miroir lisse et glacé
Je ne suis qu'un homme
Mais elle ne sait pas
Dans ces zones d'ombre
Quand elle tend ses bras
Oh rien qu'un homme
De peur et de froid
Quand le masque tombe
A chaque fois
Aux futiles danses des guerriers toujours vivants
Aux phrases immenses des enfants
Aux immobiles errances des marins sans océans
Aux parterres de fleurs qu'elle attend
Je n'ai que les pierres de ma voix
C'est peu de choses
Mais c'est moi
Je ne suis qu'un homme
Quand elle me voit roi
Pour ces jours qui fondent
Qu'elle ne compte pas
Oh juste un homme
De peur et de froid
Quand le masque tombe
Quand tout se voit
Et si j'ai appris à faire semblant
A garder les yeux paisibles
Quand elle plonge dedans
J'ai mal des hivers
Qui m'attirent trop souvent
Vers les bords du monde
Quand le masque tombe
Quand le masque tombe
Je ne suis qu'un homme
Quand le masque tombe
J'ai peur et j'ai froid
Je ne suis qu'un homme
Quand la nuit est loi
Quand le masque tombe
Quand elle me voit roi
Je ne suis qu'un homme
Quand a nuit est loi
Quand le masque tombe
J'ai peur, j'ai peur et j'ai froid
Je ne suis qu'un homme
Oh, quand le masque tombe
Quand le masque tombe
Je ne suis qu'un homme
Oh, quand le masque tombe
Quand le masque tombe
J'ai peur et j'ai froid
Je ne suis qu'un homme
Oh! Quand le masque tombe
Johnny Hallyday, Quand le masque tombe. Paroles et musique Erick Benzi
mardi 12 décembre 2017
Il faut noter spécialement ce "être soi-même" parce que nous devons faire une distinction entre la personne et l'homme ou la femme, la mère ou la nourrice, qui jouent un rôle ; ils jouent peut-être très bien leur rôle par moments ; [...] Mais jouer un rôle n'est pas suffisant.
Donald W. Winnicott, Le passage de la dépendance à l'indépendance dans le développement de l'individu
Donald W. Winnicott, Le passage de la dépendance à l'indépendance dans le développement de l'individu
lundi 11 décembre 2017
Ce que j'aime, dans la psychanalyse, c'est la déception : on se serait cru plus intéressant. De là une amertume (dont Freud, je crois, ne s'est jamais remis), qui m'a toujours paru le goût même de la vérité. J'aime la psychanalyse comme j'aime la bière peut-être, et pour les mêmes raisons : ce goût de mort et de réel. Déception, donc, et vérité.
André Comte-Sponville, Une éducation philosophique
André Comte-Sponville, Une éducation philosophique
vendredi 8 décembre 2017
Si vous prenez par exemple la notion de réalité psychique, vous savez que la distinction qu'on a l'habitude de faire à son sujet est entre réalité psychique et réalité matérielle. La réalité psychique par rapport à la réalité matérielle est la réalité qui est accordée aux phénomènes inconscients qui ne comportent ni doute ni degré dans la certitude - inconscient qui comme vous le savez ignore la contradiction, le temps, etc. - et qui sont donc constitués de processus primaires qui renvoient eux-mêmes à des représentations et des affects. C'est là qu'on est en droit de parler de désir. C'est précisément parce qu'il y a une organisation inconsciente des représentations et des affects, sur le mode des processus primaires, que l'on peut dire que dans la névrose, et à partir de ce système de désirs, est à l'œuvre ce que j'ai appelé une logique de l'espoir. Autrement dit, quels que soient les obstacles que m'oppose la réalité extérieure au désir dont je peux être habité, et dont elle ne favorise pas la réalisation ou à laquelle elle fait obstacle - ce qui renvoie au rôle de la prohibition et de l'interdit - ; quelle que soit l'importance de ces entraves, il existe un système où ces désirs vont trouver une certaine forme de satisfaction. Ceci répond à la notion d'inconscient. C'est en quoi justement l'inconscient représente une logique de l'espoir : rien ne peut empêcher la réalisation du désir inconscient sous une forme ou une autre, celle du rêve, du fantasme, ou encore sous la forme du souhait, du voeu, voire sous la forme du symptôme. Sans rien dire du transfert.
André Green, Genèse et situation des états limites
André Green, Genèse et situation des états limites
mardi 5 décembre 2017
Il existe donc une "maïeutique" de l'interprétation psychanalytique qui découle du principe suivant : la vie psychique est reconstructible. Mais ce reconstructivisme n'a rien d'idyllique : l'interprétation est en effet habité par la violence (elle fait effraction dans vos défenses, même si nous savons que vous êtes venus chercher cette agression libératrice) ; elle ne manque pas de perversion (je prends plaisir à partager vos angoisses, traumas ou jouissances) ; et ne va pas sans répétition et déliaison. Cependant, elle respecte et favorise les voies singulières, aussi modestes soient-elles, par lesquelles se construit la re-naissance psychique, toujours au singulier et sans but éducatif ni projet anagogique.
Julia Kristeva, La chair des mots
Julia Kristeva, La chair des mots
vendredi 1 décembre 2017
L'intéressant est que les analystes ont changé pour être capables de travailler aux confins de l'analysable [et être] en condition d'écouter en deçà de la représentation, de penser le non-figurable, l'informe, l'innommable. Nous avons pris la décision que ces états étaient analysables.
J.-B. Pontalis, Après Lacan : le retour de la clinique, entretiens avec Fernando Urribarri
J.-B. Pontalis, Après Lacan : le retour de la clinique, entretiens avec Fernando Urribarri
jeudi 30 novembre 2017
Le borderline a une immense avidité orale à être écouté et compris, mais il ne tolère pas d'être entendu. Être entendu marquerait la fin des miroirs composés qui représentent, pour le visible, l'unité et l'identité en image du moment ; ce serait ouvrir l'abîme de la mort violente ou de la folie.
Pierre Fédida, "Le psychanalyste, un état limite ?", Transfert et états limites
Pierre Fédida, "Le psychanalyste, un état limite ?", Transfert et états limites
mercredi 29 novembre 2017
mardi 28 novembre 2017
Le plus dur ? Les autres, et d'abord ceux que l'on aime et qui vous le rendent si mal. Leur présence est aussi indispensable qu'insupportable - ce dont l'analyste fait l'amère expérience. Derrière cette incapacité à être seul, par-delà la confusion entre absence et disparition se profile bien souvent "l'unique objet du ressentiment" : une mère primitive, paradoxalement aussi irremplaçable qu'elle fut rejetante ou ignorante de la demande d'amour de son enfant. "Arrête de pleurer, chérie, tu embêtes tout le monde".
Jacques André, "Etat limite", Les 100 mots de la psychanalyse
Jacques André, "Etat limite", Les 100 mots de la psychanalyse
vendredi 24 novembre 2017
[…] Nous sommes lancés, inéluctablement, dans le tourbillon de toute réalité, avec pour seul choix d’y consentir. Si sans aucun doute, cela veut dire : traverser un océan sur un frêle esquif, telle est bien notre condition humaine – et il ne serait d’aucun secours de s’imaginer qu’on navigue à la remorque du plus puissant des bateaux à vapeur, vers des destinations inexistantes : notre attention au vent et au temps ne pourraient que s’en trouver diminuée. Plus nous nous plongeons, sans en rien retrancher, dans l’ « exigence du moment », dans l’instant tel qu’il se présente, dans des conditions variables d’un cas à l’autre, au lieu de suivre le fil conducteur de prescriptions, de directives (écrites par l’homme ! ), plus nous sommes, dans nos actes, justement en relation avec le tout, poussés par la force vivante qui relie tout avec tout, et nous aussi. Qu’importe alors si les tâtonnements de notre conscience sont entachés de toutes les erreurs possibles. Si quelqu’un taxe ce comportement d’immoralité, d’arbitraire et de présomption, nous serions à plus forte raison autorisés à taxer de confortable incurie morale l’esclavage infantile de celui qui s’en tient au respect des prescriptions !
Lou-Andréas Salomé, Lettre ouverte à Freud
Lou-Andréas Salomé, Lettre ouverte à Freud
jeudi 23 novembre 2017
Ma préoccupation essentielle consiste à dire et à faire ce qui me semble juste et utile, sans souci d'appellation contrôlée autre que le terme générique de "psychothérapeute", à savoir un professionnel spécialisé dans l'accompagnement psycho-relationnel de personnes en souffrance, à des fins d'élucidation et d'émancipation.
Alain Delourme, Pourquoi je ne suis pas Gestalt-thérapeute, revue Gestalt n° 22
Alain Delourme, Pourquoi je ne suis pas Gestalt-thérapeute, revue Gestalt n° 22
mardi 21 novembre 2017
Irrationnel
Ce qui n'est pas accessible à la raison : ce qu'elle ne peut, en droit, ne connaître, ni comprendre. Si la raison a toujours raison, comme le veut le rationalisme et comme je le crois, l'irrationnel n'est qu'une illusion ou un passage à la limite : on ne juge irrationnel (c'est à dire incompréhensible en droit) que ce qu'on n'arrive pas , en fait, à comprendre. Ainsi, l'irrationnel n'existe pas. Cela suffit à le distinguer du déraisonnable, qui n'existe que trop.
André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique
Ce qui n'est pas accessible à la raison : ce qu'elle ne peut, en droit, ne connaître, ni comprendre. Si la raison a toujours raison, comme le veut le rationalisme et comme je le crois, l'irrationnel n'est qu'une illusion ou un passage à la limite : on ne juge irrationnel (c'est à dire incompréhensible en droit) que ce qu'on n'arrive pas , en fait, à comprendre. Ainsi, l'irrationnel n'existe pas. Cela suffit à le distinguer du déraisonnable, qui n'existe que trop.
André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique
lundi 20 novembre 2017
On pense que la psychanalyse c'est la subjectivité. C'est tout à fait insuffisant parce que c'est une subjectivité qui, pour apparaître dans toute sa dimension, elle suffit pas qu'elle soit exprimée, elle suffit pas non plus qu'un autre vous dise : "je vous comprends" parce que ça n'importe qui peut vous le dire. Il faut que cette subjectivité passe par l'écoute d'un autre, qu'il entende d'une certaine manière et vous la renvoie, c'est-à-dire que la psychanalyse c'est pas un dialogue, c'est une relation à deux où on ne parle que d'un seul.
André Green, Eros et thanatos, émission "Les mots de la psychanalyse"
André Green, Eros et thanatos, émission "Les mots de la psychanalyse"
vendredi 17 novembre 2017
Avec ses différences et ses autonomies, le couple ne dure que si le soin en devient une composante majeure. A ne pas confondre avec le maternage. La reliance est une expérience qui incombe aux deux sexes. Elle est au cœur de l'humanisation, je crois - rien de moins ! Il s'agit de prendre conscience de l'ambivalence des pulsions et des passions : attachement et agressivité, amour et haine, et de les transformer en lien, en possibilité de parler et de penser. La reliance opère contre l'emprise maternelle, pour que, au contraire, la séparation devienne possible et que l'autonomie favorise de nouvelles rencontres. Je t'écoute, tu m'écoutes, je t'entends, tu m'entends, ça nous change. Tu me fais confiance. Je varie. Tu mûris. Une thérapie régénérative. Dans reliance, il y a "confiance" et "re-commencement" du lien.
Julia Kristeva, Je me voyage
Julia Kristeva, Je me voyage
mercredi 15 novembre 2017
mardi 14 novembre 2017
Qu'est-ce que le "contemporain" en psychanalyse ? [...] Les cas-limites, les troubles narcissiques, les pathologies psychosomatiques, en somme, la prédominance des structures non névrotiques a suscité l'émergence d'une clinique nouvelle. cette clinique exige, à mon avis, l'élaboration d'une théorie générale du psychisme et, tout logiquement, une technique.
André Green, Dialoguer avec André Green
André Green, Dialoguer avec André Green
lundi 13 novembre 2017
vendredi 10 novembre 2017
Le point essentiel qu’on n’aperçoit habituellement pas dans cet état de fait, c’est que le conflit pathogène des névrosés ne doit pas être confondu avec un combat normal de motions psychiques se situant sur un même terrain psychologique. C’est un discord entre des puissances dont l’une est parvenue au stade du préconscient et du conscient et l’autre a été retenue au stade de l’inconscient. C’est pourquoi le conflit ne peut aboutir à un règlement ; les belligérants sont mis aussi peu en présence l’un de l’autre que, dans l’exemple connu, l’ours blanc et la baleine. Une décision effective ne peut être prise que quand les deux se rencontrent sur le même terrain. Je pense que rendre cela possible, telle est la seule tâche de la thérapie.
Sigmund Freud, Conférences d’introduction à la psychanalyse
Sigmund Freud, Conférences d’introduction à la psychanalyse
jeudi 9 novembre 2017
mercredi 8 novembre 2017
mardi 7 novembre 2017
« L'histoire de toute vie est l'histoire d'un échec », disait Sartre. C'est peut-être forcer le trait. Mais cela me parle davantage que la volonté éperdue de « vivre ses rêves », comme on dit aujourd'hui. Réveillons-nous plutôt ! La vie est plus précieuse que les rêves. La lucidité, plus importante que la réussite.
André Comte-Sponville, C'est chose tendre que la vie
André Comte-Sponville, C'est chose tendre que la vie
lundi 6 novembre 2017
vendredi 3 novembre 2017
jeudi 2 novembre 2017
vendredi 27 octobre 2017
Dans « Les Voies nouvelles . . . », il y a un très beau cas présenté par Gregorio Kohon ; on ne peut qu’admirer le travail qu’il a fait. À un certain moment, le patient lui dit : je voudrais que vous soyez mon père et Kohon a le courage de lui dire : je n’ai aucune envie d’être votre père. Ce n’est pas cela qui choque, ce qui choque, c’est lorsque l’on ne donne rien en échange. Si un patient vous dit cela et que vous ne lui donnez rien en échange, il a des raisons d’aller plus mal, mais si vous mettez une limite à votre action . . . . C’est ce que dit Bion : il ne faut jamais qu’un patient perde le sentiment d’atmosphère de travail dans une séance.
On n’est pas là pour que les patients viennent pleurer sur votre épaule, pour les cajoler, les câliner, les embrasser, comme avait fini par le faire Ferenczi. Mais on n’est pas là non plus pour installer une atmosphère de rigidité qui n’a plus rien à voir avec la neutralité bienveillante. C’est précisément pour cela qu’il est difficile d’être analyste parce qu’on navigue entre écueils et ornières.
André Green, Entretien avec Dominique Baudesson
On n’est pas là pour que les patients viennent pleurer sur votre épaule, pour les cajoler, les câliner, les embrasser, comme avait fini par le faire Ferenczi. Mais on n’est pas là non plus pour installer une atmosphère de rigidité qui n’a plus rien à voir avec la neutralité bienveillante. C’est précisément pour cela qu’il est difficile d’être analyste parce qu’on navigue entre écueils et ornières.
André Green, Entretien avec Dominique Baudesson
jeudi 26 octobre 2017
J’utiliserai cette comparaison : un individu postule à un emploi de fonctionnaire en déposant sa demande au service du personnel au premier étage. Quelque temps plus tard, il veut savoir ce qu’est devenue sa demande et se rend dans ce même bureau. Le dossier n’y est plus. On lui dit qu’il se trouve peut-être dans un bureau du troisième ou du quatrième étage, mais personne ne saurait dire lequel exactement. Quelques semaines plus tard, on informe le postulant que son document est arrivé au neuvième étage. Pendant les semaines qui suivent, il court généralement d’un service à l’autre. S’il a de la chance, il finira par découvrir que sa demande est en route pour le quatorzième étage où l’on pourra décider de son sort.
Le développement d’une idée inconsciente est similaire à ce genre de procédure, contrairement à celui d’une pensée consciente ou d’une réflexion logique. Il faut beaucoup de temps au dossier pour passer du premier au quatorzième étage, bien qu’un ascenseur fasse ce même trajet en une minute. En chemin, se produisent de mystérieux ralentissements ou des accélérations, selon que les personnes intéressées intercèdent, brouillent les cartes ou tirent des ficelles secrètes. De la même manière, des agents inconnus favorisent ou retardent le développement du processus mental inconscient.
Theodor Reik
Le développement d’une idée inconsciente est similaire à ce genre de procédure, contrairement à celui d’une pensée consciente ou d’une réflexion logique. Il faut beaucoup de temps au dossier pour passer du premier au quatorzième étage, bien qu’un ascenseur fasse ce même trajet en une minute. En chemin, se produisent de mystérieux ralentissements ou des accélérations, selon que les personnes intéressées intercèdent, brouillent les cartes ou tirent des ficelles secrètes. De la même manière, des agents inconnus favorisent ou retardent le développement du processus mental inconscient.
Theodor Reik
mercredi 25 octobre 2017
mardi 24 octobre 2017
Tout être humain fait l'expérience de la scène de ménage, en tant qu'observateur quand il est enfant (celui-ci vit non pas une scène originaire d'union des parents mais une scène de destruction de leur couple), en tant que participant agissant ou subissant à l'âge adulte. Cette expérience, exceptionnelle dans certains couples, s'installe à titre d'habitude chez d'autres. Cela peut devenir une passion, comme le jeu, la drogue ou l'idéologie. "Passion" convient aux deux sens de terme : la scène de ménage humilie, avilit et fait souffrir (elle est faite pour cela) ; en même temps, elle fait monter le potentiel du couple vers un paroxysme qui l'apparente à certains rituels religieux et qui introduit les partenaires, à travers des sentiments d'épouvante et de grandeur, à la dimension maudite du sacré.
Didier Anzieu, La scène de ménage
Didier Anzieu, La scène de ménage
lundi 23 octobre 2017
vendredi 20 octobre 2017
Il est vrai que "La mère morte" est l'article le plus réussi de tous ceux que j'ai écrits. Je ne me rendais pas compte qu'il avait été si bien reçu partout... J'ai décrit la dépression soudaine de la mère, et j'y fais la distinction entre la mère déprimée chronique - déprimée depuis toujours - et la situation normale d'une mère qui un jour tombe tout d'un coup en dépression. Cela provoque un changement terrible chez le bébé, qui ne comprend pas ce qui se passe. Il perd le sens de la relation. Les descriptions cliniques courantes de la dépression méconnaissent cet aspect car elles ont toujours une explication en termes d'objets internes... Or, ce qui est conflictuel et paradoxal dans cette situation, c'est que la vie suit son cours et pourtant rien n'est plus pareil.
André Green, Essais sur la mère morte et l'œuvre d'André Green
André Green, Essais sur la mère morte et l'œuvre d'André Green
jeudi 19 octobre 2017
lundi 16 octobre 2017
Aujourd'hui, lorsque je considère les patients limites, je les vois moins qui se tiennent à la limite de la névrose et de la psychose (bien que ce soit en effet la situation de beaucoup d'entre eux), mais plutôt comme des gens qui vivent dans une sorte de no man's land, tournant sans cesse autour d'un rond-point quelconque, d'où ils peuvent prendre plusieurs directions sans jamais s'engager dans aucune (dépression, perversion, troubles du caractère ou encore trouble psychosomatique).
André Green, entretien avec Gregorio Kohon, Essais sur la "mère morte" et l'œuvre d'André Green
André Green, entretien avec Gregorio Kohon, Essais sur la "mère morte" et l'œuvre d'André Green
jeudi 12 octobre 2017
mercredi 11 octobre 2017
mardi 10 octobre 2017
lundi 9 octobre 2017
jeudi 5 octobre 2017
vendredi 29 septembre 2017
Le présent d'abord
Regarde autour tout est là, tout est fait pour nous
Tout l'temps, tout l'temps le temps court
Le temps est comme toujours bien trop court
Hier était hier déjà au passé dépassé
Hier n'est plus à refaire ou à ressasser
Alors rien ne sert de s'encombrer
Laissons nous vivre le présent d'abord
Laissons nous vivre un instant plus fort
Laissons nous suivre nos envies d'encore
Laissons nous vivre aujourd'hui d'abord
Regarde autour et devant toi
Regarde c'est là, là sous tes doigts
Prends, prends tout
Prends, prends sans détour
Demain sera, demain dis toi bien
Que rien d'avance n'est décidé
Aucun destin n'est gravé dans ses mains
Tout peut changer, tout peut arriver
Laissons nous vivre le présent d'abord
Laissons nous vivre un instant plus fort
Laissons nous suivre nos envies d'encore
Mais laissons nous vivre aujourd'hui d'abord
Laissons nous vivre le présent d'abord
Oui laissons nous vivre un instant plus fort
Laissons nous suivre nos envies d'encore
Mais laissons nous vivre aujourd'hui d'abord
Texte de Lionel Florence, album "Le présent d'abord" de Florent Pagny
Regarde autour tout est là, tout est fait pour nous
Tout l'temps, tout l'temps le temps court
Le temps est comme toujours bien trop court
Hier était hier déjà au passé dépassé
Hier n'est plus à refaire ou à ressasser
Alors rien ne sert de s'encombrer
Laissons nous vivre le présent d'abord
Laissons nous vivre un instant plus fort
Laissons nous suivre nos envies d'encore
Laissons nous vivre aujourd'hui d'abord
Regarde autour et devant toi
Regarde c'est là, là sous tes doigts
Prends, prends tout
Prends, prends sans détour
Demain sera, demain dis toi bien
Que rien d'avance n'est décidé
Aucun destin n'est gravé dans ses mains
Tout peut changer, tout peut arriver
Laissons nous vivre le présent d'abord
Laissons nous vivre un instant plus fort
Laissons nous suivre nos envies d'encore
Mais laissons nous vivre aujourd'hui d'abord
Laissons nous vivre le présent d'abord
Oui laissons nous vivre un instant plus fort
Laissons nous suivre nos envies d'encore
Mais laissons nous vivre aujourd'hui d'abord
Texte de Lionel Florence, album "Le présent d'abord" de Florent Pagny
jeudi 28 septembre 2017
mercredi 27 septembre 2017
Les murs porteurs
Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Quand les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on est plus à la hauteur
Reste les murs porteurs
Des amis en béton
Un frère, une petite sœur
Pour voir à l'horizon
Reste les murs porteurs
Pour tenir la maison
Pour surmonter ses peurs
Ou vaincre ses démons
Des promesses la main sur le cœur
Plus fort que d'être le meilleur
Perdu dans le collimateur
Qu'on soit soldat ou déserteur
Des candies gravés dans le cœur
Des milliers d'heures de vol au compteur
Des beaux discours, des beaux parleurs
Qu'on soit dans le flou ou dans l'erreur
Reste les murs porteurs
Des amis en béton
Un frère ou une grande sœur
Pour voir à l'horizon
Reste les murs porteurs
Pour tenir la maison
Pour surmonter ses peurs
Ou vaincre ses démons
De jouer les durs, les cascadeurs
Des souvenirs hauts en couleur
De l'utopie d'un monde meilleur
De tout c'qu'on a appris par cœur
Reste les murs porteurs
Pour se couper du vent
Pour tenir la longueur
Faire face aux tremblements
Reste les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer l'malheur
Et retrouver sa voie
Texte de Christophe Cirillo, album "Vieillir avec toi" de Florent Pagny
Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneurs
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Quand les fruits n'ont plus de saveur
Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on est plus à la hauteur
Reste les murs porteurs
Des amis en béton
Un frère, une petite sœur
Pour voir à l'horizon
Reste les murs porteurs
Pour tenir la maison
Pour surmonter ses peurs
Ou vaincre ses démons
Des promesses la main sur le cœur
Plus fort que d'être le meilleur
Perdu dans le collimateur
Qu'on soit soldat ou déserteur
Des candies gravés dans le cœur
Des milliers d'heures de vol au compteur
Des beaux discours, des beaux parleurs
Qu'on soit dans le flou ou dans l'erreur
Reste les murs porteurs
Des amis en béton
Un frère ou une grande sœur
Pour voir à l'horizon
Reste les murs porteurs
Pour tenir la maison
Pour surmonter ses peurs
Ou vaincre ses démons
De jouer les durs, les cascadeurs
Des souvenirs hauts en couleur
De l'utopie d'un monde meilleur
De tout c'qu'on a appris par cœur
Reste les murs porteurs
Pour se couper du vent
Pour tenir la longueur
Faire face aux tremblements
Reste les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer l'malheur
Et retrouver sa voie
Texte de Christophe Cirillo, album "Vieillir avec toi" de Florent Pagny
mardi 26 septembre 2017
lundi 25 septembre 2017
vendredi 22 septembre 2017
jeudi 21 septembre 2017
mercredi 20 septembre 2017
mardi 19 septembre 2017
Je ne me casse pas beaucoup la tête au sujet du bien et du mal, mais en moyenne, je n'ai découvert que fort peu de "bien" chez les hommes. D'après ce que j'en sais, ils ne sont pour la plupart que de la racaille, qu'ils se réclament de l'éthique de telle ou telle doctrine ou d'aucune.
Sigmund Freud, Lettre à Oskar Pfister du 9 octobre 1918
Sigmund Freud, Lettre à Oskar Pfister du 9 octobre 1918
lundi 18 septembre 2017
vendredi 15 septembre 2017
jeudi 14 septembre 2017
mercredi 13 septembre 2017
Les mélancoliques se réservent toujours une place secrète, où les tempêtes de la Fortune ne peuvent atteindre. Là que l’âme se retire, pour se maintenir elle-même dans une sérénité éternelle. II faut se réserver une arrière-boutique, toute nôtre, toute franche, en laquelle nous établissons notre vraie liberté et principale retraite et solitude.
Montaigne, Les Essais
Montaigne, Les Essais
mardi 12 septembre 2017
lundi 11 septembre 2017
On m'avait demandé : Racontez-nous comment les choses se sont passées "au juste." - Un récit ? Je commençai : je ne suis ni savant ni ignorant. J'ai connu des joies. C'est trop peu dire. Je leur racontai l'histoire tout entière qu'ils écoutaient, me semble-t-il, avec intérêt, du moins au début. Mais la fin fut pour nous une commune surprise. "Après ce commencement, disaient-ils, vous en viendrez aux faits." Comment cela ! Le récit état terminé.
Maurice Blanchot, La folie du jour
Maurice Blanchot, La folie du jour
vendredi 8 septembre 2017
Je veux surtout que l'on comprenne que nous partons tous d'un point de départ, de la même façon que nous sommes tous nés de deux parents : nous pouvons après devenir homosexuels, meurtrier, pédophiles, il n'en reste pas moins vrai que nous sommes, nous existants, produits de deux parents sexuellement différenciés. Il en sera peut-être autrement plus tard, mais pour le moment, c'est ainsi. Si vous cherchez à comprendre ce que sont les pédophiles ou Dieu sait quoi, vous êtes obligé de partir de là. Je dirais même que c'est plus compliqué, parce que vous êtes aussi obligé d'expliquer pourquoi une femme qui a subi un attentat sexuel dans son enfance va, sans le savoir, épouser quelqu'un qui va se révéler être un pédophile ou le devenir.
André Green, Associations (presque) libres d'un psychanalyste
André Green, Associations (presque) libres d'un psychanalyste
mercredi 6 septembre 2017
mardi 5 septembre 2017
Nous avons été amené à dire que l’angoisse serait une réaction au danger de perdre l’objet aimé. Or, nous connaissons bien une de ces réactions à la perte de l’objet aimé : le deuil. Donc, quand est-ce l’angoisse et quand est-ce le deuil qui s’installe ? Pour le deuil, nous nous en sommes déjà occupé : un caractère en est resté complètement incompris : l’intensité extraordinaire de la douleur. Le fait que la séparation d’un objet soit douloureuse nous apparaît néanmoins aller de soi. Le problème se complique, par conséquent, encore davantage : quand la séparation de l’objet aimé crée-t-elle l’angoisse ? Quand produit-elle le deuil ? Et quand peut-être seulement la douleur ?
Sigmund Freud, Inhibition, symptôme et angoisse
Sigmund Freud, Inhibition, symptôme et angoisse
lundi 4 septembre 2017
jeudi 27 juillet 2017
mardi 25 juillet 2017
Il faut que je vous dise la façon dont je conçois l’activité de l’analyste.
Un analyste est là pour :
1) écouter ;
2) avoir suffisamment de recul à propos de ce qu’il écoute pour entendre autre chose que ce qui est dit ;
3) intervenir plus ou moins rarement, plus ou moins fréquemment, et de telle façon qu’il propose au patient un autre sens que celui que le patient a voulu communiquer, en tenant compte du transfert.
André Green, entretien avec Dominique Baudesson
Un analyste est là pour :
1) écouter ;
2) avoir suffisamment de recul à propos de ce qu’il écoute pour entendre autre chose que ce qui est dit ;
3) intervenir plus ou moins rarement, plus ou moins fréquemment, et de telle façon qu’il propose au patient un autre sens que celui que le patient a voulu communiquer, en tenant compte du transfert.
André Green, entretien avec Dominique Baudesson
vendredi 21 juillet 2017
Est-ce que le freudisme peut échapper à cette mortalité galopante des théories. Oui, car pour moi il ne constitue pas précisément une théorie. Sur un socle de concepts vérifiés par la clinique, c’est un ensemble d’hypothèses de recherche émises par Freud, souvent réfutées par lui-même, remplacées par d’autres hypothèses, qui à leur tour peuvent en engendrer d’autres, dans une sorte de perpetuum mobile qui fait de la psychanalyse un univers en constante gestation. L’erreur est de prendre ces hypothèses pour argent comptant et de les ériger en doctrine.
Michel Sapir. Mémoires d’un homme de plaisir. Du côté de chez Marx, du côté de chez Freud
Michel Sapir. Mémoires d’un homme de plaisir. Du côté de chez Marx, du côté de chez Freud
mardi 18 juillet 2017
lundi 17 juillet 2017
L'espoir de pouvoir guérir tout ce qui est névrotique a son origine, je le crains, dans cette croyance des profanes que les névroses sont quelque chose de tout à fait superflu, qui n'a absolument pas le droit d'exister. En réalité, ce sont des affections graves, constitutionnellement fixées, qui se limitent rarement à quelques crises, qui subsistent la plupart du temps pendant de longues périodes de la vie ou pendant la vie entière.
Sigmund Freud, Eclaircissements, applications, orientations
Sigmund Freud, Eclaircissements, applications, orientations
jeudi 13 juillet 2017
Un autre caractère de la sexualité infantile précoce est que l’organe sexuel proprement féminin n’y joue encore aucun rôle, l’enfant ne l’a pas encore découvert. Tout l’accent est mis sur le membre viril, tout l’intérêt se porte sur lui, il s’agit de savoir s’il est là ou pas. De la vie sexuelle de la petite fille, nous en savons moins que celle du garçon. Nous n’avons pas à avoir honte de cette différence.
Sigmund Freud, La question de l'analyse profane
Sigmund Freud, La question de l'analyse profane
mercredi 12 juillet 2017
Il est hors de doute que l'élément spécifique des névroses est et demeure le conflit œdipien ; mais la névrose suscitée par la culture tire à l'origine sa force traumatique de l'identité inconsciente du conflit œdipien et du conflit entre la nostalgie du corps maternel et la peur du corps maternel.
Lettre de Sándor Ferenczi à Sigmund Freud, le 24 mars 1924
Lettre de Sándor Ferenczi à Sigmund Freud, le 24 mars 1924
mardi 11 juillet 2017
lundi 10 juillet 2017
vendredi 7 juillet 2017
Splendeurs du retour au primitif dans les éclats de l’idéalisation, du narcissisme et de la toute-puissance des commencements, ou misères de l’impuissance, de la déréliction, ou encore de la persécution lorsqu’elle conduit dans les bas-fonds de la psyché ? Quels que soient les méandres des mouvements qu’elle déclenche, il nous faut bien admettre que la régression constitue un moteur puissant du fonctionnement psychique, quotidiennement présente dans la simplicité de la vie, inquiétante et énigmatique dans les dérives des maladies graves, attractive et dangereuse dans les traitements psychiques où règne le transfert, ses menaces et ses espérances.
Extrait de la présentation du colloque organisé par la revue Carnet/Psy : "Splendeurs et misères de la régression", le 7 octobre 2017 à Paris
Extrait de la présentation du colloque organisé par la revue Carnet/Psy : "Splendeurs et misères de la régression", le 7 octobre 2017 à Paris
jeudi 6 juillet 2017
mercredi 5 juillet 2017
Que sont en fin de compte la force des pulsions
ou la nature de la fixation ? Rien d’autre que l’intensité de la passion
et l’attachement à son objet, et s’il faut renvoyer le tout à la
sexualité infantile, les objets de la passion sont à chercher du côté
des objets partiels pris sur le corps de la mère ou sur le corps du
sujet ou des objets totaux : les imagos parentales.
André Green, La folie privée
André Green, La folie privée
mardi 4 juillet 2017
Il est un pouvoir que la psychanalyse m'a permis de découvrir, c'est le pouvoir des mots. Prononcer des mots là où le silence, la méconnaissance et l'ignorance se sont installés, nommer des émotions ou des souffrances déniées et interdites redonne vie, fait exister des dimensions oubliées, refoulées, interdites.
André Lévy, Quelle psychologie "politique" ? Revue internationale de psychosociologie
André Lévy, Quelle psychologie "politique" ? Revue internationale de psychosociologie
vendredi 30 juin 2017
jeudi 29 juin 2017
L’affect d’exaltation touche le moi lui-même. Il comprend un sentiment d’élargissement du moi qui peut survenir dans différents contextes. De la joie ressentie aux conquêtes du moi à l’exaltation de l’état maniaque, toute une gamme d’états implique peu ou prou l’exaltation. Le sentiment océanique, objet d’une controverse entre Freud et Romain Rolland, s’inscrit comme l’un des aspects de l’exaltation dans le registre mystique. L’auteur considère que le sentiment océanique est lié à un fantasme incestueux de retour au sein maternel alors que le moi qui s’agrandit progressivement évolue sous le signe de l’Œdipe.
Résumé de l'article de Paul Denis, Un destin de l’excitation : l’exaltation
Résumé de l'article de Paul Denis, Un destin de l’excitation : l’exaltation
mercredi 28 juin 2017
On a beau connaître ou croire connaître par cœur les étapes de
l’itinéraire de Freud, les différents temps de cette décisive aventure
de l’esprit qui fut la sienne, on a beau savoir à quel point il fut
convaincu de la portée de la « jeune science » qu’il a pas à pas
constituée en se refusant à la limiter à une méthode de traitement des
« maladies nerveuses », on reste, à la lecture de ce petit livre, saisi
par la passion intransigeante de cet homme, par sa volonté tenace de
s’avancer toujours plus loin sur le chemin qu’il a tracé pour nous et
d’abord pour lui-même ; on admire sa certitude, qu’aucun échec, qu’aucun
obstacle ne parvinrent à ébranler – tout au contraire -, que la
psychanalyse, c’est lui, Freud, jusqu’à l’identifier à sa propre vie.
J.-B. Pontalis, préface à Sigmund Freud présenté par lui-même
J.-B. Pontalis, préface à Sigmund Freud présenté par lui-même
mardi 27 juin 2017
On peut aussi se représenter sans peine que certaines pratiques mystiques sont capables de renverser les relations normales entre les différentes circonscriptions psychiques, de sorte que, par exemple, la perception peut saisir, dans le moi profond et dans le ça, des rapports qui lui étaient autrement inaccessibles. Pourra-t-on par cette voie se rendre maître des dernières vérités dont on attend le salut ? On peut tranquillement en douter. Nous admettrons toutefois que les efforts thérapeutiques de la psychanalyse se sont choisi un point d'attaque similaire.Leur intention est en effet de fortifier le moi, de le rendre plus indépendant du surmoi, d’élargir son champ de perception et de consolider son organisation de sorte qu’il puisse s’approprier de nouveaux morceaux du ça. Là où était du ça, doit advenir du moi.
Sigmund Freud, Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse
Sigmund Freud, Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse
lundi 26 juin 2017
Votre raison et votre passion sont le gouvernail et les voiles de votre
âme navigante.
Si votre raison venait à se briser ou votre passion à se déchirer, vous ne seriez qu'un navire emporté au gré des vents et des courants, ou à jamais ancré entre ciel et mer.
Car la raison, régnant seule, bride tout élan ; et la passion, livrée à elle-même, s'embrase et se consume tout feu tout flamme jusqu'à ce qu'elle se réduise en cendres.
Khalil Gibran, Le prophète
Si votre raison venait à se briser ou votre passion à se déchirer, vous ne seriez qu'un navire emporté au gré des vents et des courants, ou à jamais ancré entre ciel et mer.
Car la raison, régnant seule, bride tout élan ; et la passion, livrée à elle-même, s'embrase et se consume tout feu tout flamme jusqu'à ce qu'elle se réduise en cendres.
Khalil Gibran, Le prophète
vendredi 23 juin 2017
jeudi 22 juin 2017
mercredi 21 juin 2017
Être psychanalyste, c'est savoir que toutes les histoires reviennent à parler d'amour. La plainte que me confient ceux qui balbutient à côté de moi a toujours pour cause un manque d'amour présent ou passé, réel ou imaginaire. Je ne peux l'entendre que si je me place moi-même en ce point d'infini, douleur ou ravissement. C'est avec ma défaillance que l'autre compose le sens de son aventure.
Philosophie, religion, poésie, roman ? Histoires d'amour. De Platon à saint Thomas, de Roméo et Juliette à Don Juan, des troubadours à Stendhal, de la Madone à Baudelaire ou Bataille. Les grandes élaborations symboliques ne disent pourtant rien d'autre que ce qui s'écoute dans l'ombre, chaque jour. Être psychiquement en vie signifie que vous êtes amoureux, en analyse, ou bien en proie à la littérature. Comme si toute l'histoire humaine n'était qu'un immense et permanent transfert.
Julia Kristeva, Histoires d'amour
Philosophie, religion, poésie, roman ? Histoires d'amour. De Platon à saint Thomas, de Roméo et Juliette à Don Juan, des troubadours à Stendhal, de la Madone à Baudelaire ou Bataille. Les grandes élaborations symboliques ne disent pourtant rien d'autre que ce qui s'écoute dans l'ombre, chaque jour. Être psychiquement en vie signifie que vous êtes amoureux, en analyse, ou bien en proie à la littérature. Comme si toute l'histoire humaine n'était qu'un immense et permanent transfert.
Julia Kristeva, Histoires d'amour
mardi 20 juin 2017
lundi 19 juin 2017
L'excès de honte [...] renvoie au refus de toute honte : au refus de ce qui suscite nos hontes premières, après coup. Honte de devoir la vie à la copulation d'un homme et d'une femme : honte d'être né inter faeces et urinas ; honte d'avoir été bercé, caressé, nourri, changé et d'avoir aimé cela ; honte d'accepter, sous la menace de castration, les compromis œdipiens ; honte des transactions subtiles entre les besoins du corps et de ses zones érogènes et la purification de l'idéal.
Jean-Luc Donnet, Lord Jim ou la honte de vivre
Jean-Luc Donnet, Lord Jim ou la honte de vivre
vendredi 16 juin 2017
jeudi 15 juin 2017
Or, à la faveur du transfert, le névrotique reproduit et ranime avec beaucoup d’habileté toutes ces circonstances indésirées et toutes ces situations affectives douloureuses. Le malade s’efforce ainsi d’interrompre le traitement inachevé, de se mettre dans une situation qui ranime en lui le sentiment d’être, comme jadis, dédaigné de tout le monde, de s’attirer de la part du médecin des paroles dures et une attitude froide, de trouver des prétextes de jalousie ; il remplace l’ardent désir d’avoir un enfant, qu’il avait autrefois, par des projets ou des promesses d’importants cadeaux, le plus souvent aussi peu réels que l’objet de son désir de jadis. Cette situation que le malade cherche à reproduire dans le transfert, n’avait rien d’agréable autrefois, alors qu’il s’y est trouvé pour la première fois. Mais, dira-t-on, elle doit être moins désagréable aujourd’hui, en tant qu’objet de souvenirs ou de rêves, qu’elle ne le fut jadis, alors qu’elle imprima à la vie du sujet une orientation nouvelle. Il s’agit naturellement de l’action de penchants et d’instincts dont le sujet s’attendait, à l’époque où il subissait cette action, à retirer du plaisir ; mais bien qu’il sache par expérience que cette attente a été trompée, il se comporte comme quelqu’un qui n’a pas su profiter des leçons du passé : il tend à reproduire cette situation quand même, et malgré tout, il y est poussé par une force obsédante.
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
mercredi 14 juin 2017
L’épanouissement précoce de la vie sexuelle infantile devait avoir une très courte durée, en raison de l’incompatibilité des désirs qu’il comportait avec la réalité et avec le degré de développement insuffisant que présente la vie infantile. Cette crise s’est accomplie dans les circonstances les plus pénibles et était accompagnée de sensations des plus douloureuses. L’amour manqué, les échecs amoureux ont infligé une mortification profonde au sentiment de dignité, ont laissé au sujet une sorte de cicatrice narcissique et constituent, d’après mes propres observations et celles de Marcinowski, une des causes les plus puissantes du « sentiment d’infériorité », si fréquent chez les névrotiques. L’exploration sexuelle, à laquelle le développement corporel de l’enfant a mis un terme, ne lui a apporté aucune conclusion satisfaisante ; d’où ses doléances ultérieures : « Je suis incapable d’aboutir à quoi que ce soit, rien ne me réussit. » L’attachement, tout de tendresse, qui le liait le plus souvent au parent du sexe opposé au sien, n’a pas pu résister à la déception, à la vaine attente de satisfaction, à la jalousie causée par la naissance d’un nouvel enfant, cette naissance étant une preuve évidente de l’infidélité de l’aimé ou de l’aimée ; sa propre tentative, tragiquement sérieuse, de donner lui-même naissance à un enfant a échoué piteusement ; la diminution de la tendresse dont il jouissait autrefois, les exigences croissantes de l’éducation, les paroles sérieuses qu’il se voyait adresser et les punitions qu’on lui faisait subir à l’occasion ont fini par lui révéler toute l’étendue du dédain qui était désormais son lot. Cet amour typique de l’époque infantile se termine selon un certain nombre de modalités qui reviennent régulièrement.
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
mardi 13 juin 2017
vendredi 9 juin 2017
J’aurais aimé pouvoir dire que je n’oriente pas les patients, mais ce n’est pas vrai. Un analyste commet une grande erreur en imaginant le contraire. Théoriquement, vous laissez aux patients suffisamment d’espace pour qu’ils racontent tout ce qu’ils veulent. Or, à vrai dire, votre simple présence déforme l’essentiel de la situation. Ils n’ont qu’à vous jeter un coup d’œil pour décider s’ils sont prêts à vous parler, ou s’ils ne le feront jamais, quelles que soient les circonstances.
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
jeudi 8 juin 2017
Au cours d'un colloque où il était déjà question de contre-transfert, à la formule alors réitérée : "le contre-transfert, c'est quand nous sommes touchés au vif" (formule dont il n'est pas indifférent qu'elle soit construite sur le modèle du "parapluie, c'est quand il pleut"), je m'entendais répondre : "Pas du tout, c'est quand nous sommes touchés au mort."
J.-B. Pontalis, Le vif et le mort entrelacés
J.-B. Pontalis, Le vif et le mort entrelacés
mercredi 7 juin 2017
mardi 6 juin 2017
vendredi 2 juin 2017
La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de songer à nous, et qui nous fait perdre insensiblement. Sans cela nous serions dans l’ennui, et cet ennui nous pousserait à chercher un moyen plus solide d’en sortir, mais le divertissement nous amuse et nous fait arriver insensiblement à la mort.
Blaise Pascal, Pensées
jeudi 1 juin 2017
Pour environ trois séances, l'ensemble de la psychanalyse est très utile - puisque vous ne savez absolument rien de plus, c'est tout ce sur quoi vous pouvez compter de toute façon. Seulement, ce n'est utile que parce que cela doit vous permettre de dire quelque chose d'adéquat à la personne en question, en attendant de savoir avec qui vous êtes en train de parler.
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
mercredi 31 mai 2017
Plus on avançait cependant dans cette voie, plus on se rendait compte de l'impossibilité d'atteindre pleinement le but qu'on poursuivait et qui consistait à amener à la conscience l'inconscient. Le malade ne peut pas se souvenir de tout ce qui est refoulé ; le plus souvent, c'est l'essentiel même qui lui échappe, de sorte qu'il est impossible de le convaincre de l'exactitude de la construction qu'on lui présente. Il est obligé, pour acquérir cette conviction, de revivre dans le présent les événements refoulés, et non de s'en souvenir, ainsi que le veut le médecin, comme faisant partie du passé. Ces événements revécus, reproduits avec une fidélité souvent indésirée, se rapportent toujours en partie à la vie sexuelle infantile, et notamment au complexe d’Oedipe et aux faits qui s'y rattachent, et se déroulent toujours dans le domaine du transfert, c'est-à-dire des rapports avec le médecin. Quand on a pu pousser le traitement jusqu'à ce point, on peut dire que la névrose antérieure a fait place à une nouvelle névrose, à une névrose de transfert. Le médecin s'était efforcé de limiter autant que possible le domaine de cette névrose de transfert, de transformer le plus d'éléments possible en simples souvenirs et d'en laisser le moins possible devenir des objets de reproduction, d'être revécus dans le présent. Le rapport qui s'établit ainsi entre la reproduction et le souvenir varie d'un cas à l'autre. D'une façon générale, le médecin ne peut pas épargner au malade cette phase du traitement ; il est obligé de le laisser revivre une partie de sa vie oubliée et doit seulement veiller à ce que le malade conserve un certain degré de sereine supériorité qui lui permette de constater, malgré tout, que la réalité de ce qu'il revit et reproduit n'est qu'apparente et ne fait que refléter un passé oublié. Lorsqu'on réussit dans cette tâche, on finit par obtenir la conviction du malade et le succès thérapeutique dont cette conviction est la première condition.
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir
mardi 30 mai 2017
lundi 29 mai 2017
vendredi 26 mai 2017
mardi 23 mai 2017
Le mouvement de la cure fait découvrir par quels détours la souffrance est produite, induite, inconsciemment recherchée par le sujet lui-même afin d'obtenir une prime de plaisir en un autre lien intrapsychique. La seconde topique en particulier autorise en ce sens une série d'échanges complexes dont le plus simple s'énonce ainsi : plaisir pour un système (le surmoi par exemple), déplaisir pour un autre (le moi par exemple).
J.-B. Pontalis, Sur la douleur (psychique)
J.-B. Pontalis, Sur la douleur (psychique)
lundi 22 mai 2017
vendredi 19 mai 2017
jeudi 18 mai 2017
La relation entre deux personnes est une affaire à double sens, et, pour autant qu'on se soucie d'en rendre compte, le problème n'est pas de discourir sur l'analyste et sur l'analysant, mais de se référer à quelque chose qui se trouve entre ces deux personnes.
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
Wilfred R. Bion, Quatre discussions avec Bion
mercredi 17 mai 2017
lundi 15 mai 2017
vendredi 12 mai 2017
jeudi 11 mai 2017
Freud, c'est aussi bien le didactisme de l'Abrégé que le fragment poétique du "Trouble de mémoire sur l'Acropole", la Phantasie spéculative et sans frein d'Au-delà du principe de plaisir que la sagesse empreinte de renoncement du Malaise dans la culture ; Freud, c'est aussi bien celui qui décortique inlassablement ce petit rien qu'est un trait d'esprit (comme s'il se souvenait des années passées l'œil rivé au microscope des laboratoires d'anatomie et de physiologie nerveuses) que l'homme déjà âgé qui tombe littéralement en arrêt, saisi, devant le Moïse de Saint-Pierre-aux-Liens.
J.-B. Pontalis, La force d'attraction
J.-B. Pontalis, La force d'attraction
mercredi 10 mai 2017
Celui qui tente d’apprendre dans les livres le noble jeu des échecs ne tarde pas à découvrir que seules les manœuvres du début et de la fin permettent de ce jeu une description schématique complète, tandis que son immense complexité, dès après le début de la partie, s’oppose à toute description.
Sigmund Freud, Le début du traitement
Sigmund Freud, Le début du traitement
mardi 9 mai 2017
jeudi 4 mai 2017
mercredi 3 mai 2017
mardi 2 mai 2017
mercredi 26 avril 2017
mardi 25 avril 2017
lundi 24 avril 2017
vendredi 21 avril 2017
jeudi 20 avril 2017
mercredi 19 avril 2017
mardi 18 avril 2017
vendredi 14 avril 2017
jeudi 13 avril 2017
mercredi 12 avril 2017
Ceux qui ont du mal à s'endormir (trouble banal, bien qu'irritant que nous connaissons tous), prennent d'habitude des mesures essentiellement semblables et aussi stériles, pour résoudre leur difficulté. L'erreur la plus répandue chez les insomniaques consiste à se forcer à dormir par un acte de volonté — pour découvrir en fin de compte qu'ils restent complètement éveillés. De par sa nature, le sommeil est un phénomène qui survient spontanément, mais ne peut plus être spontané quand il est voulu. Pourtant, c'est ce que fait l'insomniaque dont le désespoir s'accroît avec le tic tac du réveil, et le « traitement » qu'il s'inflige en arrive à devenir sa maladie. Pour lui, « plus de la même chose » peut signifier changer de régime alimentaire, se coucher plus tôt ou plus tard, prendre des somnifères qui créeront une accoutumance : chacune de ces mesures, loin de résoudre son problème, l'exaspère.
Paul Watzlawick, John Weakland et Richard Fisch, Changements : paradoxes et psychothérapie
Paul Watzlawick, John Weakland et Richard Fisch, Changements : paradoxes et psychothérapie
mardi 11 avril 2017
lundi 10 avril 2017
vendredi 7 avril 2017
jeudi 6 avril 2017
mardi 4 avril 2017
Quand Freud écrit que l'amour de transfert ne peut pas être différencié
d'un « véritable » amour, il reconnaît du même coup que tout amour est
un amour de transfert, non parce qu'il ne ferait qu'en répéter un autre,
infantile, mais parce qu'il crée son objet, qu'il l'invente dans le
double sens du mot invention : fiction et trouvaille.
J.-B. Pontalis, En marge des jours
J.-B. Pontalis, En marge des jours
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