Fantasme originaire
Relation du sujet à ses géniteurs dans la double différence du sexe et des générations dont on sait les effets fondamentaux sur la structuration de la personnalité tout entière et ses modalités.
Jean-Luc Donnet et André Green, L'enfant de ça
vendredi 23 janvier 2015
jeudi 22 janvier 2015
J'avais d'ailleurs eu l'occasion de constater, ces jours derniers, combien elle se montrait dure envers elle-même et prête à se reprocher amèrement ses plus petites négligences [...]. Je lui répète [...] une paraphrase du vieil adage minima non curat praetor, et lui dit qu'entre le bien et le mal se trouve tout un groupe de petites choses indifférentes que personne ne doit se reprocher.
Sigmund Freud, Etudes sur l'hystérie
Sigmund Freud, Etudes sur l'hystérie
mardi 20 janvier 2015
lundi 19 janvier 2015
Je ne me casse pas beaucoup la tête au sujet du bien et mal, mais en moyenne, je n'ai découvert que fort peu de "bien" chez les hommes. D'après ce que j'en sais, ils ne sont pour la plupart que de la racaille, qu'ils se réclament de l'éthique de telle ou telle doctrine ou d'aucune.
Sigmund Freud, Lettre au pasteur Pfister du 9 octobre 1918
Sigmund Freud, Lettre au pasteur Pfister du 9 octobre 1918
vendredi 16 janvier 2015
jeudi 15 janvier 2015
mercredi 14 janvier 2015
Sublimation
Processus postulé par Freud pour rendre compte d'activités humaines apparemment sans rapport avec la sexualité, mais qui trouveraient leur ressort dans la force de la pulsion sexuelle. Freud a décrit comme activités de sublimation principalement l'activité artistique et l'investigation intellectuelle. La pulsion est dite sublimée dans la mesure où elle est dérivée vers un nouveau but non sexuel et où elle vise des objets socialement valorisés.
Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse
Processus postulé par Freud pour rendre compte d'activités humaines apparemment sans rapport avec la sexualité, mais qui trouveraient leur ressort dans la force de la pulsion sexuelle. Freud a décrit comme activités de sublimation principalement l'activité artistique et l'investigation intellectuelle. La pulsion est dite sublimée dans la mesure où elle est dérivée vers un nouveau but non sexuel et où elle vise des objets socialement valorisés.
Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse
mardi 13 janvier 2015
Objet flottant
Concept dérivé de la nouvelle systémique [constructivisme]. La thérapie est dans ce contexte théorique un processus de perturbations réciproques prenant place entre deux systèmes autoréférentiels. L'effet attendu de ce processus déstabilisant est une transformation parallèle de deux systèmes par une activité créatrice commune qui est la "co-création" de concepts et de modèles nouveaux utiles aux deux systèmes dans leur interaction. Les sculpturations, les tâches de changement, les métaphores, les contes systémiques qui apparaissent successivement au fil des rencontres sont les preuves concrètes de cette activité co-créatrice. Nous les appellons objets flottants de la thérapie. Ils n'appartiennent, en effet à proprement parler, ni au système traitant ni au système traité, mais ils resteront comme des traces repérables du processus évolutif que ces systèmes auront parcouru ensemble.
Philippe Caillé, Un et un font trois
Concept dérivé de la nouvelle systémique [constructivisme]. La thérapie est dans ce contexte théorique un processus de perturbations réciproques prenant place entre deux systèmes autoréférentiels. L'effet attendu de ce processus déstabilisant est une transformation parallèle de deux systèmes par une activité créatrice commune qui est la "co-création" de concepts et de modèles nouveaux utiles aux deux systèmes dans leur interaction. Les sculpturations, les tâches de changement, les métaphores, les contes systémiques qui apparaissent successivement au fil des rencontres sont les preuves concrètes de cette activité co-créatrice. Nous les appellons objets flottants de la thérapie. Ils n'appartiennent, en effet à proprement parler, ni au système traitant ni au système traité, mais ils resteront comme des traces repérables du processus évolutif que ces systèmes auront parcouru ensemble.
Philippe Caillé, Un et un font trois
lundi 12 janvier 2015
vendredi 9 janvier 2015
jeudi 8 janvier 2015
Celui qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre constate que les mortels ne peuvent cacher aucun secret. Celui dont les lèvres se taisent bavarde avec le bout des doigts ; il se trahit par tous les pores. C’est pourquoi la tâche de rendre conscientes les parties les plus dissimulées de l’âme est parfaitement réalisable.
Sigmund Freud, Dora : fragment d'une analyse d'hystérie
Sigmund Freud, Dora : fragment d'une analyse d'hystérie
mercredi 7 janvier 2015
Le terme objet est employé ici dans le sens d'objet du désir, que lui a donné la psychanalyse. Il faut donc le prendre quasi grammaticalement comme l'objet d'une action émanée d'un sujet et non comme une chose ou un fait objectif. En ce sens, une personne est aussi un objet (d'amour ou de haine). La psychanalyse distingue l'objet externe, dans sa réalité commune mais aussi comme cible de projections personnelles qui peuvent le transformer, et l'objet interne, qui est une représentation en soi des objets externes. Ces objets internes, encore appelés "imagos", peuvent êtres figurés comme des personnes totales ou limitées à un objet partiel, une partie ou une fonction de l'objet total, symbolisée, par exemple, par un organe ou un produit : le sein, les fèces, le pénis. Ils peuvent encore être utilisés pour représenter une instance psychique, le surmoi ou l'idéal du moi, avec laquelle le moi entre en relation.
Jacques Hochmann, Une histoire de l'empathie
Jacques Hochmann, Une histoire de l'empathie
mardi 6 janvier 2015
Que sont ces transferts ? Ce sont de nouvelles éditions, des copies des tendances et des fantasmes qui doivent être éveillés et rendus conscients par les progrès de l'analyse, et dont le trait caractéristique est de remplacer une personne antérieurement connue par la personne du médecin. Autrement dit, un nombre considérable d'états psychiques antérieurs revivent, non pas comme états passés, mais comme rapports actuels avec la personne du médecin. Il y a des transferts qui ne diffèrent en rien de leur modèle quant à leur contenu, à l'exception de la personne remplacée. Ce sont donc, en se servant de la même métaphore, de simples rééditions stéréotypées, des réimpressions. D'autres transferts sont faits avec plus d'art, ils ont subi une atténuation de leur contenu, une sublimation, comme je dis, et sont même capables de devenir conscients en s'étayant sur une particularité réelle, habilement utilisée, de la personne du médecin ou des circonstances qui l'entourent. Ce sont alors des éditions revues et corrigées, et non plus des réimpressions.
Sigmund Freud, Dora : fragment d'une analyse d'hystérie
Sigmund Freud, Dora : fragment d'une analyse d'hystérie
mercredi 24 décembre 2014
Ce que nous faisons en analyse, c'est, à mon avis, donner à ceux qui viennent nous voir la possibilité d'accroître leur sentiment de liberté. De quelle manière ? En libérant les forces présentes en eux-mêmes, afin qu'il profitent de la vie non comme des gens terrorisés cherchant la sécurité à tout prix, ni comme des pécheurs repentis, mais comme des êtres humains qui sont inhibés par quelque chose qui les fait aller de l'avant, en quête de ce qu'ils valorisent. L'analyse devrait développer leur capacité à investir quelque chose. Nous n'avons pas à leur dire quoi, ils le découvriront... En d'autres mots, l'analyse devrait améliorer ce que le patient a déjà, ou lui donner la possibilité de découvrir que la vie vaut la peine d'être vécue.
(traduction Ana de Staal)
André Green, entretien avec Lesley Cadwell, New Formations n° 26, 1995
(traduction Ana de Staal)
André Green, entretien avec Lesley Cadwell, New Formations n° 26, 1995
mardi 23 décembre 2014
Le symptôme arrive tout d’abord dans la vie mentale du patient comme un hôte indésirable ; il n’a aucune raison de l’accueillir. Et c’est bien pour cela qu’avec le temps il peut s’évanouir si aisément, comme de son propre gré. Au départ, il n’est d’aucune utilité pour la gestion interne du mental mais souvent il parvient secondairement à s’en trouver une : l’un ou l’autre flux mental, ou quoi que ce soit, trouve expédient de s’en servir. De cette manière, le symptôme obtient une fonction secondaire et, pour ainsi dire, s’inscruste dans la vie mentale du patient.
Sigmund Freud, Fragment d'une analyse d'hystérie, Dora
Sigmund Freud, Fragment d'une analyse d'hystérie, Dora
lundi 22 décembre 2014
La Croix : Depuis vingt ans d’exercice, qu’est-ce qui vous marque le plus ?
L’attachement des patients à leur souffrance. Certes, ils demandent de l’aide et veulent être libérés au plus vite de leurs symptômes. Mais si, par magie, cela pouvait être le cas, ils s’effondreraient aussitôt, car la plupart sont attachés à leurs souffrances et aux mécanismes de défense qu’ils ont mis en place pour s’épargner une angoisse bien pire. D’où les résistances inconscientes qu’ils opposent au travail analytique par crainte du vide.
Anne-Marie Saunal, La Croix du 12 septembre 2013
L’attachement des patients à leur souffrance. Certes, ils demandent de l’aide et veulent être libérés au plus vite de leurs symptômes. Mais si, par magie, cela pouvait être le cas, ils s’effondreraient aussitôt, car la plupart sont attachés à leurs souffrances et aux mécanismes de défense qu’ils ont mis en place pour s’épargner une angoisse bien pire. D’où les résistances inconscientes qu’ils opposent au travail analytique par crainte du vide.
Anne-Marie Saunal, La Croix du 12 septembre 2013
vendredi 19 décembre 2014
jeudi 18 décembre 2014
Ennuyer (boring) et ennui (boredom) chez Winnicott
L'hypothèse que je vais développer ici c'est que "boring" - ennuyer, engendrer l'ennui - a la qualité de la tendance antisociale ce qui sous-entend une demande et un espoir, alors que "boredom" - l'ennui - est une humeur organisée et défensive et une structure psychique.
Masud R. Khan, préface à Fragment d'une analyse
L'hypothèse que je vais développer ici c'est que "boring" - ennuyer, engendrer l'ennui - a la qualité de la tendance antisociale ce qui sous-entend une demande et un espoir, alors que "boredom" - l'ennui - est une humeur organisée et défensive et une structure psychique.
Masud R. Khan, préface à Fragment d'une analyse
mercredi 17 décembre 2014
mardi 16 décembre 2014
lundi 15 décembre 2014
vendredi 12 décembre 2014
jeudi 11 décembre 2014
mercredi 10 décembre 2014
Quand on aime, l’amour est trop grand pour pouvoir être contenu tout entier en nous ; il irradie vers la personne aimée, rencontre en elle une surface qui l’arrête, le force à revenir vers son point de départ ; et c’est ce choc en retour de notre propre tendresse que nous appelons les sentiments de l’autre et qui nous charme plus qu’à l’aller, parce que nous ne connaissons pas qu’elle vient de nous.
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu
mardi 9 décembre 2014
Les cas qui sont consacrés dès le départ à des objectifs scientifiques et qui sont traités en conséquence s'en ressentent dans leurs résultats ; alors que les cures les plus efficaces sont celles où l'on procède, pour ainsi dire, sans aucun objectif en vue, où l'on se laisse surprendre quand ils prennent une tournure nouvelle et que l'on aborde l'esprit ouvert, libre de tout présupposé.
Sigmund Freud, Conseils aux médecins sur le traitement psychanalytique
Sigmund Freud, Conseils aux médecins sur le traitement psychanalytique
vendredi 5 décembre 2014
Les pulsions
C'est une structure à la limite entre psyché et soma qui implique une mesure du travail de la psyché du fait de ses connexions au corps ;
C'est une excitation permanente qui peut seulement s'arrêter par gratification ;
La pulsion est liée à l'expérience de base plaisir - déplaisir, et organise le désir, les souhaits, les fantasmes ;
Le plus souvent, la pulsion a besoin d'un objet pour sa satisfaction ;
Elle représente l'expérience (la pulsion est représentative) de l'excitation corporelle et s'exprime par des représentations : principalement la représentation de chose ou d'objet et la représentation de mot. Les deux sont combinées dans le concept de représentant.
André Green, Jouer avec Winnicott
C'est une structure à la limite entre psyché et soma qui implique une mesure du travail de la psyché du fait de ses connexions au corps ;
C'est une excitation permanente qui peut seulement s'arrêter par gratification ;
La pulsion est liée à l'expérience de base plaisir - déplaisir, et organise le désir, les souhaits, les fantasmes ;
Le plus souvent, la pulsion a besoin d'un objet pour sa satisfaction ;
Elle représente l'expérience (la pulsion est représentative) de l'excitation corporelle et s'exprime par des représentations : principalement la représentation de chose ou d'objet et la représentation de mot. Les deux sont combinées dans le concept de représentant.
André Green, Jouer avec Winnicott
mercredi 3 décembre 2014
mardi 2 décembre 2014
Hypertélie
De hyper, trop et de télie, le but = le dépassement du but recherché.
Un exemple classique en est le développement excessif des défenses des mammouths (recourbées vers l'intérieur) qui ont fini par leur perforer la mâchoire au lieu de les protéger.
Serge Ginger, Psychothérapie : état des lieux in L'art d'aider (II), Revue de la psychologie de la motivation, n° 35, juin 2003
De hyper, trop et de télie, le but = le dépassement du but recherché.
Un exemple classique en est le développement excessif des défenses des mammouths (recourbées vers l'intérieur) qui ont fini par leur perforer la mâchoire au lieu de les protéger.
Serge Ginger, Psychothérapie : état des lieux in L'art d'aider (II), Revue de la psychologie de la motivation, n° 35, juin 2003
lundi 1 décembre 2014
jeudi 27 novembre 2014
La conscience et l'inconscient ne se synthétisent pas en un tout quand l'un est opprimé et endommagé par l'autre. Si tant est qu'ils doivent mutuellement se combattre, que ce soit au moins en un combat loyal, avec les mêmes droits de part et d'autre, tous deux étant des aspects de la vie. La conscience devrait protéger sa raison et ses possibilités d'autodéfense, et la vie chaotique de l'inconscient devrait aussi avoir la possibilité de suivre sa propre pente dans les limites où cela nous est supportable. Cela signifierait simultanément la lutte loyale et la collaboration sincère. C'est là du moins ce que devrait manifestement être la vie humaine, le vieux jeu de l'enclume et du marteau. Le fer battu entre les deux est soudé en une unité indestructible, je veux dire en un "individu". Tel est à peu près ce que j'appelle le "processus d'individuation".
Carl Gustav Jung, La Guérison psychologique
Carl Gustav Jung, La Guérison psychologique
mercredi 26 novembre 2014
Axiomatique de la communication
Paul Watzlawick, Janet Helmick-Beavin et Don D. Jackson, Une logique de la communication
- On ne peut pas ne pas communiquer.
- Toute communication présente deux aspects: le contenu et la relation, tels que le second englobe le premier et par la suite est une métacommunication.
- La nature d'une relation dépend de la ponctuation des séquences de communication entre les partenaires.
- Les être humains usent de deux modes de communication : digital et analogique. Le langage digital possède une syntaxe logique très complexe et très commode, mais manque d'une sémantique appropriée à la relation. Par contre, le langage analogique possède bien la sémantique, mais non la syntaxe appropriée à une définition non-équivoque de la nature des relations.
- Tout échange de communication est symétrique ou complémentaire, selon qu'il se fonde sur l'égalité ou la différence.
Paul Watzlawick, Janet Helmick-Beavin et Don D. Jackson, Une logique de la communication
mardi 25 novembre 2014
Système réticulé activateur
C'est le mécanisme de sélection de votre esprit. N'oubliez pas que votre esprit conscient ne peut se concentrer que sur un faible nombre de chose à la fois, de sorte que votre cerveau dépense beaucoup d'énergie pour déterminer à quoi il n'accordera pas son attention. Il y a d'innombrables stimuli qui nous bombardent en ce moment même, mais notre cerveau les élimine presque tous et ne se concentre que sur ce qu'il croit être important. Par conséquent, votre système réticulé activateur est directement responsable de la part de réalité qui compose votre expérience consciente.
Anthony Robbins, L'éveil de votre puissance intérieure
C'est le mécanisme de sélection de votre esprit. N'oubliez pas que votre esprit conscient ne peut se concentrer que sur un faible nombre de chose à la fois, de sorte que votre cerveau dépense beaucoup d'énergie pour déterminer à quoi il n'accordera pas son attention. Il y a d'innombrables stimuli qui nous bombardent en ce moment même, mais notre cerveau les élimine presque tous et ne se concentre que sur ce qu'il croit être important. Par conséquent, votre système réticulé activateur est directement responsable de la part de réalité qui compose votre expérience consciente.
Anthony Robbins, L'éveil de votre puissance intérieure
lundi 24 novembre 2014
Les cinq modes d'action de l'analyse classique
- suggestion ;
- abréaction ;
- manipulation ;
- exposition à de nouvelles expériences, "expériences émotionnelles correctives" (Alexander) et "apprendre par l'expérience" (Bion) ;
- insight par clarification, éventuellement aidée par l'interprétation.
vendredi 21 novembre 2014
Synchronicité
Terme forgé par Jung pour exprimer une coïncidence significative ou une correspondance :
a) entre une évènement psychique et un évènement physique qui ne sont pas causalement reliés l'un à l'autre. De tels phénomènes synchronistiques se produisent, par exemple, quand des phénomènes intérieurs (rêves, visions, prémonitions) semblent avoir une correspondance dans la réalité extérieure : l'image intérieure ou la prémonition s'est montrée "vraie".
b) entre des rêves, des idées analogues ou identiques se présentant simultanément à différents endroits. Ni les unes ni les autres de ces manifestations ne peuvent s'expliquer par la causalité. Elles semblent plutôt être en relation avec des processus archétypiques de l'inconscient.
Carl Gustav Jung, Ma vie, souvenirs, rêves et pensées
Terme forgé par Jung pour exprimer une coïncidence significative ou une correspondance :
a) entre une évènement psychique et un évènement physique qui ne sont pas causalement reliés l'un à l'autre. De tels phénomènes synchronistiques se produisent, par exemple, quand des phénomènes intérieurs (rêves, visions, prémonitions) semblent avoir une correspondance dans la réalité extérieure : l'image intérieure ou la prémonition s'est montrée "vraie".
b) entre des rêves, des idées analogues ou identiques se présentant simultanément à différents endroits. Ni les unes ni les autres de ces manifestations ne peuvent s'expliquer par la causalité. Elles semblent plutôt être en relation avec des processus archétypiques de l'inconscient.
Carl Gustav Jung, Ma vie, souvenirs, rêves et pensées
lundi 17 novembre 2014
La confidentialité, selon moi, est beaucoup plus que la discrétion. Cela correspond au fait que le patient confie et se réapproprie quelque chose qu'il nous a confié. La mise au grand jour de cela peut être un acte relativement grave de dépossession. En ce sens, la confidentialité n'est pas le simple équivalent du secret professionnel auquel est soumis tout médecin. Car l'outil de travail du médecin n'est pas son appareil psychique et l'objet du soin n'est pas l'appareil psychique de l'autre. Le terme de dépossession correspond précisément à l'effet que peut produire le fait de rendre public ce qui est le plus privé comme si c'était la propriété de l'analyste.
Laurence Kahn, Fiction et vérité freudiennes, entretiens avec Michel Enaudeau
Laurence Kahn, Fiction et vérité freudiennes, entretiens avec Michel Enaudeau
jeudi 6 novembre 2014
mercredi 5 novembre 2014
Une psychanalyse qui est étroitement reliée aux réalités de la vie quotidienne, qui pénètre dans les profondeurs de la souffrance des êtres humains, n’a rien à craindre pour l’avenir et s’épanouira. […] Toutefois, la psychanalyse ne retiendra l’attention du public que dans la mesure où elle parle vraiment de la condition humaine, et dans la mesure où les gens se rendent compte que le psychanalyste ne doit pas être juste un professionnel avec une théorie – un psychotechnicien –, mais un être humain avec une expérience croissante dans la compréhension, capable d’aider les autres dans leurs luttes pour devenir des personnes réelles vivant avec leurs semblables des vies ayant du sens.
(traduction Christian Raguet)
Harry Guntrip, The promise of psychoanalysis
(traduction Christian Raguet)
Harry Guntrip, The promise of psychoanalysis
lundi 3 novembre 2014
La psychanalyse est donc bien plus qu’un procédé technique – c’est une façon de vivre éclairée par des valeurs sur ce qui constitue une bonne vie. Parmi celles-ci, je mettrais l’accent sur une passion pour la vérité d’une relation authentique, combinée à de la compassion et du respect envers les autres, ce qui, pour moi, s’exprime le mieux dans la valeur centrale d’être humain : une qualité caractérisée par la courtoisie, la bonté et la considération, ainsi que la compassion et la bienveillance.
Warren Colman, Réflexions sur le savoir et l'expérience
Warren Colman, Réflexions sur le savoir et l'expérience
vendredi 31 octobre 2014
Freud ne renonce jamais au terme de guérison, jamais. Et ce, pour une raison extrêmement simple, c'est que l'on peut avancer, se fourvoyer, la guérison - pas la suppression du symptôme - mais la guérison... l'horizon de la guérison est ce qui seul permet d'apprécier la rencontre avec un fragment de vérité de la réalité psychique du patient. C'est quelque chose à quoi Freud ne cesse de se référer. Les analystes ne sont pas du tout intéressés à parler de guérison en tant que guérison du symptôme, parce que la productivité de la cure réside aussi dans la productivité de nouveaux symptômes. Cela suppose que l'analyste ne cherche pas à apaiser ou à faire disparaître le symptôme, à calmer le trouble puisque celui-ci est le territoire même de l'analyse. Les symptômes, anciens ou nouveaux, s'avancent eux aussi, fragment par fragment, sur le devant de la scène psychique - ce sont les termes de Freud à propos de la maladie s'avançant, morceau par morceau, dans le champ de la cure - et c'est fragment par fragment qu'ils vont être déliés.
Laurence Kahn, Fiction et vérité freudiennes, entretiens avec Michel Enaudeau
Laurence Kahn, Fiction et vérité freudiennes, entretiens avec Michel Enaudeau
mercredi 29 octobre 2014
Redéfinitions
Désignent les façons de méconnaître la réalité en répondant à côté, en pinaillant, en se mettant en rivalité artificielle, en jouant des rôles de persécuteur, sauveur, victime, en généralisant ou en rêvant de vouloir tout changer (grandiosité).
Dominique Chalvin, Les nouveaux outils de l'analyse transactionnelle.
Désignent les façons de méconnaître la réalité en répondant à côté, en pinaillant, en se mettant en rivalité artificielle, en jouant des rôles de persécuteur, sauveur, victime, en généralisant ou en rêvant de vouloir tout changer (grandiosité).
Dominique Chalvin, Les nouveaux outils de l'analyse transactionnelle.
jeudi 16 octobre 2014
Le terme puer aeternus ou "enfant éternel" sert souvent, en psychologie, à décrire une certaine forme de névrose chez l'homme, dont la principale caractéristique est un blocage dans l'âge adolescent par suite d'une relation trop forte à la mère. Selon l'exposé de Carl Gustav Jung dans son article sur la signification de l'archétype de la mère, les éléments marquants en sont l'homosexualité et le donjuanisme ainsi que, d'une manière générale, un lien affectif très ténu avec les femmes du même âge. On est, par ailleurs, en présence de tous les autres traits typiques de l'adolescence, à savoir la tendance à mener une vie provisoire tout en s'adonnant à des fantasmes qui dépeignent la vie créatrice sous sa "couleur" véritable.
Marie-Louise Von Franz, L'expérience du praticien
Marie-Louise Von Franz, L'expérience du praticien
lundi 13 octobre 2014
Un scénario de vie est composé des éléments suivants :
* les injonctions. Il y en a 12 dont N'existe pas, Ne sois pas un enfant, Ne grandis pas, Ne sois pas intime... ;
* les prescriptions ou mini-scénarios : Sois Fort, Sois Parfait, Fais Effort, Fais Plaisir, Dépêche-Toi ;
* le programme qui indique comment mettre en place les injonctions et les prescriptions. Le programme est montré par le parent du même sexe ;
* la décision prise par l'enfant pour satisfaire désirs et envies propres et intégrer les contraintes senties.
Il y a plusieurs types de scénarios :
- gagnant, non-gagnant ou perdant ;
- jamais, toujours, jusqu'à ce que, après, sans cesse ou sans but ;
- sans joie, sans amour ou sans plaisir.
On désigne par "harmatique" un scénario avec une fin tragique.
Gérard Chandezon & Antoine Lancestre, L'analyse transactionnelle
* les injonctions. Il y en a 12 dont N'existe pas, Ne sois pas un enfant, Ne grandis pas, Ne sois pas intime... ;
* les prescriptions ou mini-scénarios : Sois Fort, Sois Parfait, Fais Effort, Fais Plaisir, Dépêche-Toi ;
* le programme qui indique comment mettre en place les injonctions et les prescriptions. Le programme est montré par le parent du même sexe ;
* la décision prise par l'enfant pour satisfaire désirs et envies propres et intégrer les contraintes senties.
Il y a plusieurs types de scénarios :
- gagnant, non-gagnant ou perdant ;
- jamais, toujours, jusqu'à ce que, après, sans cesse ou sans but ;
- sans joie, sans amour ou sans plaisir.
On désigne par "harmatique" un scénario avec une fin tragique.
Gérard Chandezon & Antoine Lancestre, L'analyse transactionnelle
mercredi 8 octobre 2014
Une nouvelle expression infiltre depuis quelque années le langage psychanalytique. Elle est horrible, et elle est partout : c'est le "transféro-contretransférentiel". Elle est horrible pas seulement pour l'oreille, mais en quelque sorte pour l’œil : on dirait des Japonais qui, se faisant la courbette, seraient comme pris dans un même lumbago.
L'expression est également affreuse pour la joie de penser : elle est particulièrement réductrice du terrain intermédiaire, de la langue intermédiaire, de ses ratés, de ses blancs, que l'analyse et le patient sont en train d'inventer pour atteindre ce qui n'avait pas eu de lieu psychique et qui va arriver dans l'analyse pour la première fois, comme une nouveauté absolue. Au lieu de cela, le contre-transfert, dans le bloc où on le tient collé au transfert, est devenu, comme le disait Pierre Fédida, une technique de la communication intersubjective. Pour ainsi dire, une hygiène relationnelle. De véritables politiques institutionnelles se constituent là-dessus, et on est loin de ce que Freud entendait sous le mot, lorsqu'il l'a inventé et qu'il s'agissait de l'envie de l'analyste de répondre à la passion amoureuse de quelqu'un qui ne va pas bien. Mais il n'y a pas de position hygiénique dans l'analyse : il y a des moments de la cure où l'analyste voudrait combler les lacunes de sa propre mémoire grâce au transfert du patient, et d'autres moments où il est sur la défensive : dans les deux cas, il empêche de reconnaître le "monde à part" d'où émane le transfert.
Michel Gribinski et Josef Ludin, Dialogue sur la nature du transfert
L'expression est également affreuse pour la joie de penser : elle est particulièrement réductrice du terrain intermédiaire, de la langue intermédiaire, de ses ratés, de ses blancs, que l'analyse et le patient sont en train d'inventer pour atteindre ce qui n'avait pas eu de lieu psychique et qui va arriver dans l'analyse pour la première fois, comme une nouveauté absolue. Au lieu de cela, le contre-transfert, dans le bloc où on le tient collé au transfert, est devenu, comme le disait Pierre Fédida, une technique de la communication intersubjective. Pour ainsi dire, une hygiène relationnelle. De véritables politiques institutionnelles se constituent là-dessus, et on est loin de ce que Freud entendait sous le mot, lorsqu'il l'a inventé et qu'il s'agissait de l'envie de l'analyste de répondre à la passion amoureuse de quelqu'un qui ne va pas bien. Mais il n'y a pas de position hygiénique dans l'analyse : il y a des moments de la cure où l'analyste voudrait combler les lacunes de sa propre mémoire grâce au transfert du patient, et d'autres moments où il est sur la défensive : dans les deux cas, il empêche de reconnaître le "monde à part" d'où émane le transfert.
Michel Gribinski et Josef Ludin, Dialogue sur la nature du transfert
mardi 7 octobre 2014
La réflexion [d'aujourd'hui] s'applique moins à l'analyse des patients névrosés qu'à un travail pratiqué avec des patients schizoïdes, états-limites et narcissiques (les individus qui soit ne peuvent pas parler, soit sont si méfiants qu'ils n'osent pas le faire) ; il nous faut attacher une importance différente aux diverses règles qui régissent la pratique de la psychanalyse.
Christopher Bollas, Les forces de la destinée
Christopher Bollas, Les forces de la destinée
lundi 6 octobre 2014
Ce mot "transfert" nous est utile lorsque nous voulons parler de psychanalyse, mais, dans l'analyse, nous devons pouvoir voir, sentir ou deviner la chose elle-même. J'ignore ce qui est lié à quoi et je me concentre sur cette "chose entre" : ce lien est le "transfert".
Wilfred R. Bion, Entretiens psychanalytiques
Wilfred R. Bion, Entretiens psychanalytiques
vendredi 3 octobre 2014
jeudi 2 octobre 2014
N'oublions pas que le tout premier meurtre de l'humanité, Caïn tuant Abel, est un fratricide… À mon sens, il y a d'ailleurs plus de société fratricides que de sociétés parricides. À l'opposé existe la notion de fraternité…
J'en arrive à penser, avec Flaubert : « La fraternité, une des plus belles inventions de l'hypocrisie sociale »… En revanche je crois en la fraternisation, à ces moments forts où l'on se reconnaît comme de vrais frères, comme ces trêves de Noël entre adversaires dans les tranchées de la guerre de Quatorze. Mais ça ne dure pas.
J'en arrive à penser, avec Flaubert : « La fraternité, une des plus belles inventions de l'hypocrisie sociale »… En revanche je crois en la fraternisation, à ces moments forts où l'on se reconnaît comme de vrais frères, comme ces trêves de Noël entre adversaires dans les tranchées de la guerre de Quatorze. Mais ça ne dure pas.
Entretien avec J.-B. Pontalis sur le site gallimard.fr
mercredi 1 octobre 2014
lundi 29 septembre 2014
vendredi 26 septembre 2014
jeudi 25 septembre 2014
Ce que je veux montrer ici, c'est qu'au début - heureusement pour nous - Freud s'est intéressé non pas au besoin du malade de régresser dans l'analyse, mais à ce qui se passe dans la régression analytique, lorsque la régression n'est pas nécessaire ; lorsqu'il est possible de considérer comme acquis dans l'anamnèse du malade le travail de la mère et l'adaptation primitive du milieu.
Donald W. Winnicott, Les aspects métapsychologiques et cliniques de la régression au sein de la situation analytique
Donald W. Winnicott, Les aspects métapsychologiques et cliniques de la régression au sein de la situation analytique
mercredi 24 septembre 2014
mardi 23 septembre 2014
lundi 22 septembre 2014
jeudi 18 septembre 2014
Le transfert, pour le profane, c'est quoi ? C'est généralement le fait que le patient assimile (par "mésalliance") son père, sa mère à la personne de l'analyste, revit l'amour ou le non-amour qu'il a reçu de ses parents ou leur a donné. Comme toute idée reçue, cette idée n'est pas fausse. D'ailleurs, bien des analystes la reprennent telle quelle à leur compte. Mais elle cache ce qu'il y a d'étrange et d'étranger dans le transfert, sa "folie", en analyse.
Michel Gribinski et Josef Ludin, Dialogue sur la nature du transfert
Michel Gribinski et Josef Ludin, Dialogue sur la nature du transfert
mercredi 17 septembre 2014
mardi 16 septembre 2014
lundi 15 septembre 2014
Les énoncés de base du modèle de l'appareil psychique groupal :
1. Il n'y a pas seulement collection d'individus, mais groupe, avec des phénomènes spécifiques, lorsque s'est opérée entre les individus constituant ce groupe une construction psychique commune et partagée. L'appareil psychique groupal est le moyen de cette construction et il est le résultat d'un certain arrangement combinatoire des psychés ;
2. L'appareil psychique groupal accomplit un travail spécifique ; il lie, assemble, accorde entre elles et conflictualise des parts de de la psyché individuelle mobilisées pour construire le groupe ;
3. L'appareil psychique groupal n'est pas l'extrapolation de l'appareil psychique individuel, il est une structure indépendante des psychés qu'il assemble selon ses lois propres, il possède sa propre organisation et son propre fonctionnement. Les processus qui gouvernent la réalité psychique commune et partagée sont tributaires d'une logique différente de celle qui gouverne l'individu ;
4. C'est un tel appareillage qui constitue la réalité psychique de et dans le groupe. Celle-ci s'organise selon des modalités ou le "commun" et le "partage" prévalent sur le "privé" et le "différent" ;
5. L'appareil psychique individuel se forme, pour une part, dans cet appareillage, il en procède et s'y transforme, il s'en différencie et, dans certaines conditions, il acquiert son autonomie propre.
René Kaës, Un singulier pluriel
jeudi 11 septembre 2014
mercredi 10 septembre 2014
mardi 9 septembre 2014
Je rêve... d'une pensée de jour qui serait rêvante, non pas rêveuse mais rêvante... La pensée rêvante que j'appelle de mes vœux puiserait dans le rêve la force d'être irréfléchie, inconvenante, de s'avancer à ses risques et périls, comme un somnambule. Le langage peut-il être à la mesure de son exigence ? J'en doute : il est soumis à trop de contraintes, syntaxiques, logiques ; il veut être compris.
J.-B. Pontalis, Fenêtres
J.-B. Pontalis, Fenêtres
lundi 8 septembre 2014
La reconstruction de l'histoire, de la préhistoire, est fondamentale, mais la manière dont celle-ci s'effectue n'en n'est pas moins fondamentale. L'histoire, l'historicité, l'historisation, se transmettent dans un jeu signifiant avec la réalité historique, leur vérité dépend aussi bien de la réalité qu'elles cernent que du jeu qu'elles introduisent et grâce auquel ce à quoi la réalité historique a confronté le sujet trouve à se représenter et à se subjectiviser.
René Roussillon, Agonie, clivage et symbolisation
René Roussillon, Agonie, clivage et symbolisation
jeudi 4 septembre 2014
Le dispositif dans lequel évoluent l'analyste et l'analysant est un dispositif toujours potentiellement soumis à des effets de débordement par les enjeux intersubjectifs dans lesquels l'un et l'autre sont, à leur insu, en rapport profond.
Le transfert et le contre-transfert ne consistent pas seulement dans les termes d'opérations de délestage ou de charge des investissements dans la psyché d'un autre, d'une extension topique qui au-dehors serait le réceptacle de l’irreprésentable du dedans, la délégation de traitement des représentations non refoulées à un autre. A cette perspective il conviendrait sans doute de substituer la problématique d'une résonance et d'une interférence des topiques, avec des espaces communs et des dispositifs intersubjectifs de gestion des économies et des dynamiques psychiques.
René Kaës, Un singulier pluriel
Le transfert et le contre-transfert ne consistent pas seulement dans les termes d'opérations de délestage ou de charge des investissements dans la psyché d'un autre, d'une extension topique qui au-dehors serait le réceptacle de l’irreprésentable du dedans, la délégation de traitement des représentations non refoulées à un autre. A cette perspective il conviendrait sans doute de substituer la problématique d'une résonance et d'une interférence des topiques, avec des espaces communs et des dispositifs intersubjectifs de gestion des économies et des dynamiques psychiques.
René Kaës, Un singulier pluriel
mardi 2 septembre 2014
lundi 1 septembre 2014
L'analyse n'opère que par la voie du langage et ne peut que passer par le filtre des mots, même quand on veut réserver la place des facteurs non verbaux (ou préverbaux) qui ne prennent sens que par rapport aux précédents. Et pourtant, ce que vise l'analyse est une réalité psychique dont la nature est étrangère au langage, qui cependant sera modifiée par l'interprétation qui, elle aussi, est "une suite de mots".
André Green, La déliaison
André Green, La déliaison
vendredi 29 août 2014
jeudi 28 août 2014
mercredi 27 août 2014
mardi 26 août 2014
lundi 25 août 2014
vendredi 22 août 2014
J'ai recours à la notion de métacadre, ou cadre du cadre, pour rendre compte du fait que tout cadre est lui-même cadré par un cadre qui le contient, le soutient, l'empiète ou l'entrave. Cette notion est fort utile pour comprendre les rapports entre le cadre psychanalytique de la cure, le cadre psychanalytique de la supervision et le cadre psychanalytique de l'institution psychanalytique.
René Kaës, Un singulier pluriel
René Kaës, Un singulier pluriel
jeudi 21 août 2014
J'ai distingué six fonctions du cadre.
- La première est la fonction contenante décrite par Bleger lorsqu'il dit que le cadre est "récepteur de la symbiose", contient la "partie psychotique de la personnalité". A l'intérieur de cette première fonction, nous pouvons distinguer la contenance comme réceptacle ou comme contrainte, le dépôt, soit pure et simple consignation, soit lieu où l'on entrepose certains objets pour les conserver ou mettre à l'abri, et la crypte, qui reçoit le caché et l’archaïque.
- La deuxième fonction, de limitation, assure la distinction entre le "moi" et le "non-moi". Le cadre est le garant des limites du sujet, de son espace corporel et psychique.
- La troisième fonction du cadre est transitionnelle : frontière entre le moi et le non-moi, le cadre articule le dedans et le dehors, le cadre participe de cet espace qu'a conceptualisé Winnicott, où règnent la paradoxalité et l'indécidabilité. Trouvé-créé, le cadre n'est ni subjectivement conçu, ni objectivement perçu. Un des problèmes conséquents est celui du maintien de la dimension contractuelle du cadre confronté avec celui de son adéquation et de son aménagement. Ce problème définit en partie le contenu de ce que j'ai nommé analyse transitionnelle.
- Le cadre accomplit une quatrième fonction d'adossement et d'étayage, sur le modèle de l'appui sur l'objet d’arrière-plan ; les travaux de J. Grostein, J. Sandler et G. Haag ont mis en évidence le rôle de cet objet dans la formation du sentiment de sécurité et d'identité.
- La cinquième fonction est celle du "conteneur" : elle correspond à la fonction de figuration et de transformation des représentations d'objets et des affects en représentation de mots qui sont rendues possibles par le cadre.
- Lorsque ces cinq conditions sont remplies, le cadre peut exercer une sixième fonction, symbolisante, condition majeure de la formation de la pensée.
René Kaës, Un singulier pluriel
- La première est la fonction contenante décrite par Bleger lorsqu'il dit que le cadre est "récepteur de la symbiose", contient la "partie psychotique de la personnalité". A l'intérieur de cette première fonction, nous pouvons distinguer la contenance comme réceptacle ou comme contrainte, le dépôt, soit pure et simple consignation, soit lieu où l'on entrepose certains objets pour les conserver ou mettre à l'abri, et la crypte, qui reçoit le caché et l’archaïque.
- La deuxième fonction, de limitation, assure la distinction entre le "moi" et le "non-moi". Le cadre est le garant des limites du sujet, de son espace corporel et psychique.
- La troisième fonction du cadre est transitionnelle : frontière entre le moi et le non-moi, le cadre articule le dedans et le dehors, le cadre participe de cet espace qu'a conceptualisé Winnicott, où règnent la paradoxalité et l'indécidabilité. Trouvé-créé, le cadre n'est ni subjectivement conçu, ni objectivement perçu. Un des problèmes conséquents est celui du maintien de la dimension contractuelle du cadre confronté avec celui de son adéquation et de son aménagement. Ce problème définit en partie le contenu de ce que j'ai nommé analyse transitionnelle.
- Le cadre accomplit une quatrième fonction d'adossement et d'étayage, sur le modèle de l'appui sur l'objet d’arrière-plan ; les travaux de J. Grostein, J. Sandler et G. Haag ont mis en évidence le rôle de cet objet dans la formation du sentiment de sécurité et d'identité.
- La cinquième fonction est celle du "conteneur" : elle correspond à la fonction de figuration et de transformation des représentations d'objets et des affects en représentation de mots qui sont rendues possibles par le cadre.
- Lorsque ces cinq conditions sont remplies, le cadre peut exercer une sixième fonction, symbolisante, condition majeure de la formation de la pensée.
René Kaës, Un singulier pluriel
mercredi 20 août 2014
Il ne suffit pas de déceler les processus inconscients qui opèrent au sein d'un groupe, quelle que soit l'ingéniosité dont on sache alors faire preuve : tant qu'on place hors du champ de l'analyse l'image même du groupe, avec les fantasmes et les valeurs qu'elle porte, on élude en fait toute question sur la fonction inconsciente du groupe.
J.-B. Pontalis, Le petit groupe comme objet
J.-B. Pontalis, Le petit groupe comme objet
lundi 18 août 2014
Ce que Freud a pensé du rêve ne décrit pas toutes les expériences oniriques dont peut rendre compte la psychanalyse. Le rêve n'est plus envisagé aujourd'hui seulement comme réalisation hallucinatoire d'un désir et comme voie royale d'accès à l'inconscient. Si nous continuons à comprendre le rêve à l'intérieur de l'espace de la réalité intrapsychique où il est nécessairement produit par un rêveur singulier, l'étude de ses conditions internes, de ses processus, de ses contenus et de son sens montre que le rêve est aussi une expérience créatrice, réparatrice, transformatrice.
René Kaës, Un singulier pluriel
René Kaës, Un singulier pluriel
mercredi 16 juillet 2014
mardi 15 juillet 2014
mercredi 9 juillet 2014
mardi 8 juillet 2014
lundi 7 juillet 2014
Non seulement la gamme de patients est très étendue, mais aussi la gamme de fonctionnements chez n'importe quel patient, celui-ci pouvant au fil des semaines ou des mois, voire au cours d'une seule séance, se révéler tour à tour ou simultanément névrosé, psychotique et "normal", se situer psychiquement sur plusieurs niveaux, tantôt glissant imperceptiblement d'un niveau à l'autre, tantôt passant brusquement de l'un à l'autre selon qu'une interprétation adéquate, ou qu'un événement quelconque en lui, ou venant empiéter de l'extérieur, soulage l'angoisse présente, fait céder une défense ou met au jour une nouvelle couche de matériel ainsi que l'angoisse qui lui est inhérente.
Margaret I. Little, Le transfert dans les états limites in Des états limites. L'alliance thérapeutique
Margaret I. Little, Le transfert dans les états limites in Des états limites. L'alliance thérapeutique
mardi 1 juillet 2014
lundi 30 juin 2014
mercredi 25 juin 2014
Chacun s’accroche à ce qu’il croit être, bien qu’en fait il ne cesse de devenir, à la fois à distance et à proximité de son propre inconscient. Mais la passion narcissique, si répandue soit-elle chez les adultes (sous des formes naïves ou rationalisées), n’est évidemment pas étrangère à l’infantile inconscient, source de toute croyance en la pérennité de soi. Ce narcissisme secondaire, “retiré aux objets” perdus ou abandonnés, est le dernier témoin des amours et des haines enfantines, dont la trace est la trame du refoulé oublié.
Maurice Dayan, Dire et devenir
Maurice Dayan, Dire et devenir
mardi 24 juin 2014
mercredi 18 juin 2014
mardi 17 juin 2014
Nous ne nous sommes jamais targués, vous le savez, de posséder des connaissances et un pouvoir achevés, complets ; comme jadis, nous sommes toujours disposés à admettre les imperfections de nos vues, à y intégrer des nouvelles notions et à modifier notre technique afin de la perfectionner.
Sigmund Freud, Les voies nouvelles de la thérapeutique psychanalytique
Sigmund Freud, Les voies nouvelles de la thérapeutique psychanalytique
jeudi 12 juin 2014
mercredi 11 juin 2014
Et la statistique ? Est-ce une science ? On peut l'utiliser pour prouver que la réponse à une certaine question est la bonne ; mais c'est la question de qui ? Et de qui est la réponse ? ... La statistique ne pourrait pas rendre compte de ces changements-là (ceux d'un patient évoluant dans son analyse).
Donald W. Winnicott, Psychanalyse et science, amies ou simples relations ? in Conversations ordinaires
Donald W. Winnicott, Psychanalyse et science, amies ou simples relations ? in Conversations ordinaires
jeudi 5 juin 2014
mardi 3 juin 2014
lundi 2 juin 2014
vendredi 23 mai 2014
mercredi 21 mai 2014
mardi 20 mai 2014
lundi 19 mai 2014
vendredi 16 mai 2014
mercredi 14 mai 2014
mardi 13 mai 2014
C'est à partir de la représentation que travaille le moi, c'est le tissu des représentations liées les unes aux autres, ou au contraire soigneusement isolées les unes des autres, que nous voyons fonctionner dans le discours de nos patients.
Paul Denis, Les pulsions. Les grands concepts de la psychologie clinique
Paul Denis, Les pulsions. Les grands concepts de la psychologie clinique
lundi 12 mai 2014
vendredi 9 mai 2014
mercredi 7 mai 2014
mardi 6 mai 2014
Caminante no hay camino [Toi qui marche, il n'existe pas de chemin]
Todo pasa y todo queda, [Tout passe et tout reste,]
pero lo nuestro es pasar, [mais le propre de l'homme est de passer,]
pasar haciendo caminos, [passer en faisant des chemins,]
caminos sobre el mar. [des chemins sur la mer.]
Nunca perseguí la gloria, [Je n'ai jamais cherché la gloire,]
ni dejar en la memoria [ni cherché à laisser dans la mémoire]
de los hombres mi canción; [des hommes ma chanson ;]
yo amo los mundos sutiles, [j'aime les mondes subtils,]
ingrávidos y gentiles, [légers et aimables,]
como pompas de jabón. [comme des bulles de savon.]
Me gusta verlos pintarse [J'aime les voir se peindre]
de sol y grana, volar [de soleil et de rouge, voler]
bajo el cielo azul, temblar [sous le ciel bleu, trembler]
súbitamente y quebrarse... [soudainement et se rompre...]
Nunca perseguí la gloria. [Je n'ai jamais cherché la gloire.]
Caminante, son tus huellas [Toi qui marche, ce sont tes traces]
el camino y nada más; [qui font le chemin, rien d'autre ;]
caminante, no hay camino, [toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar. [le chemin se fait en marchant.]
Al andar se hace camino [En marchant on fait le chemin]
y al volver la vista atrás [et lorsqu'on se retourne]
se ve la senda que nunca [on voit le sentier que jamais]
se ha de volver a pisar. [on n'empruntera à nouveau.]
Caminante no hay camino [Toi qui marche, il n'existe pas de chemin]
sino estelas en la mar... [si ce n'est le sillage dans la mer...]
Hace algún tiempo en ese lugar [Il fut un temps dans ce lieu]
donde hoy los bosques se visten de espinos [où aujourd'hui les bois s'habillent d'épines]
se oyó la voz de un poeta gritar [on entendit la voix d'un poète crier]
"Caminante no hay camino, ["Toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar..." [le chemin se fait en marchant..."]
Golpe a golpe, verso a verso... [Coup après coup, vers après vers...]
Murió el poeta lejos del hogar. [Le poète mourut loin de chez lui.]
Le cubre el polvo de un país vecino. [Il est recouvert de la poussière d'un pays voisin.]
Al alejarse le vieron llorar. [En s'éloignant on le vit pleurer.]
"Caminante no hay camino, [Toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar..." [le chemin se fait en marchant...]
Golpe a golpe, verso a verso... [Coup après coup, vers après vers...]
Cuando el jilguero no puede cantar. [Quand le chardonneret ne peut chanter]
Cuando el poeta es un peregrino, [Quand le poète est un pèlerin,]
cuando de nada nos sirve rezar. [quand il ne sert à rien de prier.]
"Caminante no hay camino, ["Toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar..." [le chemin se fait en marchant..."]
Golpe a golpe, verso a verso. [Coup après coup, vers après vers.]
Antonio Machado, Campos de Castilla [Champs de Castille]
Todo pasa y todo queda, [Tout passe et tout reste,]
pero lo nuestro es pasar, [mais le propre de l'homme est de passer,]
pasar haciendo caminos, [passer en faisant des chemins,]
caminos sobre el mar. [des chemins sur la mer.]
Nunca perseguí la gloria, [Je n'ai jamais cherché la gloire,]
ni dejar en la memoria [ni cherché à laisser dans la mémoire]
de los hombres mi canción; [des hommes ma chanson ;]
yo amo los mundos sutiles, [j'aime les mondes subtils,]
ingrávidos y gentiles, [légers et aimables,]
como pompas de jabón. [comme des bulles de savon.]
Me gusta verlos pintarse [J'aime les voir se peindre]
de sol y grana, volar [de soleil et de rouge, voler]
bajo el cielo azul, temblar [sous le ciel bleu, trembler]
súbitamente y quebrarse... [soudainement et se rompre...]
Nunca perseguí la gloria. [Je n'ai jamais cherché la gloire.]
Caminante, son tus huellas [Toi qui marche, ce sont tes traces]
el camino y nada más; [qui font le chemin, rien d'autre ;]
caminante, no hay camino, [toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar. [le chemin se fait en marchant.]
Al andar se hace camino [En marchant on fait le chemin]
y al volver la vista atrás [et lorsqu'on se retourne]
se ve la senda que nunca [on voit le sentier que jamais]
se ha de volver a pisar. [on n'empruntera à nouveau.]
Caminante no hay camino [Toi qui marche, il n'existe pas de chemin]
sino estelas en la mar... [si ce n'est le sillage dans la mer...]
Hace algún tiempo en ese lugar [Il fut un temps dans ce lieu]
donde hoy los bosques se visten de espinos [où aujourd'hui les bois s'habillent d'épines]
se oyó la voz de un poeta gritar [on entendit la voix d'un poète crier]
"Caminante no hay camino, ["Toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar..." [le chemin se fait en marchant..."]
Golpe a golpe, verso a verso... [Coup après coup, vers après vers...]
Murió el poeta lejos del hogar. [Le poète mourut loin de chez lui.]
Le cubre el polvo de un país vecino. [Il est recouvert de la poussière d'un pays voisin.]
Al alejarse le vieron llorar. [En s'éloignant on le vit pleurer.]
"Caminante no hay camino, [Toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar..." [le chemin se fait en marchant...]
Golpe a golpe, verso a verso... [Coup après coup, vers après vers...]
Cuando el jilguero no puede cantar. [Quand le chardonneret ne peut chanter]
Cuando el poeta es un peregrino, [Quand le poète est un pèlerin,]
cuando de nada nos sirve rezar. [quand il ne sert à rien de prier.]
"Caminante no hay camino, ["Toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar..." [le chemin se fait en marchant..."]
Golpe a golpe, verso a verso. [Coup après coup, vers après vers.]
Antonio Machado, Campos de Castilla [Champs de Castille]
lundi 5 mai 2014
mercredi 30 avril 2014
mardi 29 avril 2014
lundi 28 avril 2014
vendredi 25 avril 2014
A mesure qu'un enfant grandit, il faut dresser des barrières de plus en plus nettes aux exigences que l'enfant a le droit d'imposer à sa mère. Qui établira cette limite ? [...] C'est au père d'intervenir pour prendre la défense de sa femme. Il a des droits lui aussi. Il voudrait que sa femme retrouve une existence indépendante. Il tient aussi à l'avoir un peu pour lui, même si, au bout du compte, cela exige d'exclure des enfants. Au bout du compte, c'est le père qui met le holà. [...] C'est en intervenant de cette manière qu'il prend de l'importance aux yeux de son enfant.
Donald W. Winnicott, Conseils aux parents
Donald W. Winnicott, Conseils aux parents
jeudi 24 avril 2014
mercredi 23 avril 2014
L'acceptation de processus psychiques inconscients, la reconnaissance de la doctrine de la résistance et du refoulement, la prise en considération de la sexualité et du complexe d'Oedipe sont les contenus principaux de la psychanalyse et les fondements de la théorie, et qui n'est pas en mesure de souscrire à tous ne devrait pas compter parmi les psychanalystes.
Sigmund Freud, Psychanalyse et théorie de la libido
Sigmund Freud, Psychanalyse et théorie de la libido
mardi 22 avril 2014
vendredi 18 avril 2014
Aujourd'hui, j'ai très clairement vu la non-nécessité absolue qu'une séance soit autre chose qu'une séance de plein droit. Le "progrès" pourrait alors vouloir dire qu'au lieu de produire un fait en six mois, le patient arrive à produire six faits en une séance. Et, bref, il devient une personnalité multi-dimensionnelle - une identité physique à trois dimensions, et une identité psychique multi-dimensionnelle.
Wilfred R. Bion, Cogitations, note de mars 1970
Wilfred R. Bion, Cogitations, note de mars 1970
jeudi 17 avril 2014
À méditer sur l'enfant que nous fûmes, par-delà toute histoire de famille, après avoir dépassé la zone des regrets, après avoir dépassé les mirages de la nostalgie, nous atteignons une enfance anonyme, pur foyer de vie, vie première, vie humaine première. Et cette vie est en nous - soulignons-le encore -, reste en nous.
Gaston Bachelard, La poétique de la rêverie
Gaston Bachelard, La poétique de la rêverie
mercredi 16 avril 2014
L'ermite tourne le dos à ce monde, il ne veut plus rien avoir à faire avec lui. Mais on peut aller plus loin, on peut vouloir le refaire, à sa place en édifier un autre, dans lequel les traits plus insupportables se trouvent extirpés et remplacés par d'autres dans le sens des souhaits propres. Celui qui, dans une indignation désespérée, s'engage sur cette voie vers le bonheur n'obtiendra en règle générale rien ; la réalité effective est trop forte pour lui.
Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation
Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation
lundi 14 avril 2014
jeudi 10 avril 2014
mercredi 9 avril 2014
mardi 8 avril 2014
lundi 7 avril 2014
L'homme est parfois une bête (et non pas un simple vivant), dépravé et sexuel. Il est souvent un Léviathan à l'animalité cruelle ; et plus souvent encore il est les deux. Mais ce renvoi à l'animalité est purement idéologique : il nous permet de nous décharger de notre inconscient en l'attribuant au non-humain en nous qui serait tapi au fond de nous, alors qu'en réalité, c'est l'homme qui a créé ce non-humain bestial, ce ça.
Jean Laplanche, La sexualité humaine. Biologisme et biologie
Jean Laplanche, La sexualité humaine. Biologisme et biologie
jeudi 3 avril 2014
mercredi 2 avril 2014
mardi 1 avril 2014
lundi 31 mars 2014
vendredi 28 mars 2014
jeudi 27 mars 2014
mercredi 26 mars 2014
La différence la plus caractéristique entre notre vie érotique et celle de l'Antiquité consiste en ce que, dans l'Antiquité, l'accent était mis sur la pulsion, alors que nous le mettons sur l'objet. Pendant l'Antiquité on glorifiait la pulsion, et cette pulsion ennoblissait l'objet, de si petite valeur qu'il fût ; tandis que dans les temps modernes, nous méprisons l'activité sexuelle en elle-même et ne l'excusons en quelque sorte que par suite des qualités que nous retrouvons dans son objet.
Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité
Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité
mardi 25 mars 2014
lundi 24 mars 2014
vendredi 21 mars 2014
mercredi 19 mars 2014
On voit facilement comment la prédilection singulière de la mémoire du rêve pour ce qui est indifférent et de ce fait négligé dans les expériences vécues du jour devait conduire la plupart du temps à méconnaître d'une façon générale la dépendance du rêve par rapport à la vie diurne et ensuite rendre pour le moins difficile la démonstration de celle-ci dans chaque cas isolé.
Sigmund Freud, L'interprétation du rêve
Sigmund Freud, L'interprétation du rêve
lundi 17 mars 2014
jeudi 13 mars 2014
mercredi 12 mars 2014
mardi 11 mars 2014
Mais le progrès de la connaissance ne tolère pas non plus de rigidité dans les définitions. Comme l'exemple de la physique l'enseigne de manière éclatante, même les "concepts fondamentaux" qui ont été fixés dans des définitions subissent un constant changement de contenu.
Sigmund Freud, Pulsions et destins des pulsions
Sigmund Freud, Pulsions et destins des pulsions
vendredi 7 mars 2014
jeudi 6 mars 2014
mercredi 5 mars 2014
mardi 4 mars 2014
Le sentiment de culpabilité est l'angoisse liée au concept d'ambivalence et il implique un certain degré d'intégration dans le moi individuel qui permet le maintien d'une représentation de l'objet en même temps que l'idée de sa destruction.
Donald W. Winnicott, Agressivité, culpabilité et réparation
Donald W. Winnicott, Agressivité, culpabilité et réparation
mardi 25 février 2014
La vie en société n'a pas seulement pour objet de nous fournir les choses dont nous avons besoin. Elle a une autre fonction, tout aussi vitale : faire que les gens existent, tout simplement.
François Flahaut, "L'économisme : ce dogme qui met la société au service du capitalisme", Télérama n° 2791, 9 juillet 2003
François Flahaut, "L'économisme : ce dogme qui met la société au service du capitalisme", Télérama n° 2791, 9 juillet 2003
jeudi 20 février 2014
mardi 18 février 2014
Je n'admets pas l'idée qu'il y ait des cas psychanalytiques simples. J'ai entendu ce genre d'affirmation : "On ne devrait soumettre aux étudiants que des cas simples." Cela n'a aucun sens. Je n'ai jamais rencontré ni entendu parler d'un cas simple... Jamais ! D'un certain point de vue, je préférerais vous voir suivre une supervision horrible et compliquée plutôt que conduire une analyse horrible et compliquée. Donc, je vous en prie, apportez-nous ici les pires aspects d'une situation, puisque nous ne sommes pas dans la situation elle-même.
Wilfred R. Bion, Séminaires cliniques
Wilfred R. Bion, Séminaires cliniques
mardi 11 février 2014
lundi 10 février 2014
vendredi 7 février 2014
mercredi 5 février 2014
lundi 3 février 2014
vendredi 31 janvier 2014
jeudi 30 janvier 2014
mardi 28 janvier 2014
vendredi 24 janvier 2014
jeudi 23 janvier 2014
mardi 21 janvier 2014
vendredi 17 janvier 2014
jeudi 16 janvier 2014
L'empêchement le plus sérieux à dépasser l'impasse thérapeutique, et peut-être la contribution la plus commune de la part du thérapeute au développement d'une impasse, réside dans les difficultés du thérapeute à l'égard de sa propre honte.
Lynne Jacobs, Honte et défenses contre la honte. Ombre sur le dialogue thérapeutique, Cahiers de Gestalt-thérapie n° 7
Lynne Jacobs, Honte et défenses contre la honte. Ombre sur le dialogue thérapeutique, Cahiers de Gestalt-thérapie n° 7
mercredi 15 janvier 2014
La mère qui sort à peine d'une expérience éreintante, a une tâche extrêmement difficile. Elle doit être au fait d'une sorte de puissance par rapport à laquelle ni le sein gonflé ni le sein au repos n'est exactement approprié. Elle est en cela grandement aidée par la puissance génitale de son homme.
Donald W. Winnicott, La nature humaine
Donald W. Winnicott, La nature humaine
mardi 14 janvier 2014
lundi 13 janvier 2014
dimanche 12 janvier 2014
mardi 7 janvier 2014
Participation altéro-centrée
C'est la capacité innée de vivre, généralement hors conscience, de ce qu'un autre vit. C'est un acte non volontaire de vécu comme si votre centre d'orientation et votre point de vue étaient centrés en l'autre. ce n'est pas une forme de savoir sur l'autre, mais plutôt une participation à l'expérience de l'autre. c'est la capacité intersubjective fondamentale qui rend possible l'imitation, l'empathie, la sympathie, la contagion émotionnelle et l'identification. Si elle est innée, cette capacité grandit et s'affine au cours du développement.
Daniel N. Stern, Le moment présent en psychothérapie
C'est la capacité innée de vivre, généralement hors conscience, de ce qu'un autre vit. C'est un acte non volontaire de vécu comme si votre centre d'orientation et votre point de vue étaient centrés en l'autre. ce n'est pas une forme de savoir sur l'autre, mais plutôt une participation à l'expérience de l'autre. c'est la capacité intersubjective fondamentale qui rend possible l'imitation, l'empathie, la sympathie, la contagion émotionnelle et l'identification. Si elle est innée, cette capacité grandit et s'affine au cours du développement.
Daniel N. Stern, Le moment présent en psychothérapie
L'épiscénario est une version condensée du scénario d'une personne, comprenant obligatoirement la finale tragique, qu'elle essaie de "refiler" à quelqu'un d'autre comme elle le ferait d'une pomme de terre trop brûlante pour être tenue en main. La victime est choisie parmi ceux qu'elle peut influencer par des transactions Enfant-Enfant : par exemple, son enfant, son conjoint, un patient, un étudiant, un autre membre d'un groupe sans leader.
Fanita English, Analyse transactionnnelle et émotions
Fanita English, Analyse transactionnnelle et émotions
lundi 23 décembre 2013
Qu'est-ce qu'un cas-limite ? Je me souviens d'une analysante qui était arrivée très angoissée à sa séance. Elle s'interrogeait sur la nature de notre travail : Qu'est-ce que cela voulait dire que des gens comme moi s'occupent de gens comme elle ? Que faisait-on ? Pourquoi ?... Je pouvais faire une interprétation transférentielle de sa demande mais je savais bien que parfois l'interprétation ne suffit pas. Avec certains analysants, nous sommes obligés d'accompagner l'interprétation d'une réponse plus ou moins directe. A cette patiente-là, je me souviens avoir dit que notre travail portait sur la vérité. Elle était restée silencieuse un instant, puis avait répondu : "c'est vrai." Doucement, son angoisse est partie...
André Green et Fernando Urribarri, Dialoguer avec André Green : La psychanalyse contemporaine, chemin faisant
André Green et Fernando Urribarri, Dialoguer avec André Green : La psychanalyse contemporaine, chemin faisant
jeudi 19 décembre 2013
La projection
Opération par laquelle le sujet expulse de soi et localise dans l'autre, personne ou chose, des qualités, des sentiments, des désirs, voire des "objets" qu'il méconnaît ou refuse en lui. Il s'agit là d'une défense d'origine très archaïque et que l'on retrouve à l’œuvre particulièrement dans la paranoïa mais aussi dans des modes de pensées "normaux" comme la superstition.
Opération par laquelle le sujet expulse de soi et localise dans l'autre, personne ou chose, des qualités, des sentiments, des désirs, voire des "objets" qu'il méconnaît ou refuse en lui. Il s'agit là d'une défense d'origine très archaïque et que l'on retrouve à l’œuvre particulièrement dans la paranoïa mais aussi dans des modes de pensées "normaux" comme la superstition.
Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse
mercredi 18 décembre 2013
mardi 17 décembre 2013
lundi 16 décembre 2013
Les positions de vie
Postulat : Nous avons décidé pour nous même, inconsciemment, une position de vie qui nous détermine face aux autres, en fonction de la valeur intrinsèque que nous nous accordons. Les expériences primales déterminent la position de vie. Elle tourne autour des polarités “toi” “moi” et “vous”.
Il y a 4 types de position de vie :
La position positive fondamentale notée + +.
La position - - "Je suis nul, toi aussi, c’est la catastrophe..." C’est une position dépressive où tout est permis.
La position + - “ Si tu es comme moi tu es ok sinon je te rejette...” c’est une position de mépris, paranoïaque.
La position - + “Je laisse tomber...”.
www.dicopsy.com
Postulat : Nous avons décidé pour nous même, inconsciemment, une position de vie qui nous détermine face aux autres, en fonction de la valeur intrinsèque que nous nous accordons. Les expériences primales déterminent la position de vie. Elle tourne autour des polarités “toi” “moi” et “vous”.
Il y a 4 types de position de vie :
La position positive fondamentale notée + +.
La position - - "Je suis nul, toi aussi, c’est la catastrophe..." C’est une position dépressive où tout est permis.
La position + - “ Si tu es comme moi tu es ok sinon je te rejette...” c’est une position de mépris, paranoïaque.
La position - + “Je laisse tomber...”.
www.dicopsy.com
mercredi 11 décembre 2013
Transfert par retournement
C'est le passage d'une position passive à une position active chez un patient qui, ayant subi le traumatisme d'un abandon par exemple, ne peut que retourner activement cet éprouvé de telle sorte que ce soit l'autre, le thérapeute qui le ressente et qui en souffre à sa place momentanément.
René Roussillon, Agonie, clivage et symbolisation
C'est le passage d'une position passive à une position active chez un patient qui, ayant subi le traumatisme d'un abandon par exemple, ne peut que retourner activement cet éprouvé de telle sorte que ce soit l'autre, le thérapeute qui le ressente et qui en souffre à sa place momentanément.
René Roussillon, Agonie, clivage et symbolisation
mardi 10 décembre 2013
Redéfinitions
Désignent les façons de méconnaître la réalité en répondant à côté, en pinaillant, en se mettant en rivalité artificielle, en jouant des rôles de persécuteur, sauveur, victime, en généralisant ou en rêvant de vouloir tout changer (grandiosité).
Dominique Chalvin, Les nouveaux outils de l'analyse transactionnelle
Désignent les façons de méconnaître la réalité en répondant à côté, en pinaillant, en se mettant en rivalité artificielle, en jouant des rôles de persécuteur, sauveur, victime, en généralisant ou en rêvant de vouloir tout changer (grandiosité).
Dominique Chalvin, Les nouveaux outils de l'analyse transactionnelle
vendredi 6 décembre 2013
jeudi 5 décembre 2013
Psychiatrie dynamique
C'est l'ensemble des courants et des écoles qui associent une description des maladies de l'âme (folie), des nerfs (névroses) et de l'humeur (mélancolie) à un traitement psychique de nature dynamique, c'est à dire faisant intervenir une relation transférentielle entre le médecin et le malade.
Elisabeth Roudinesco, Pourquoi la psychanalyse ?
C'est l'ensemble des courants et des écoles qui associent une description des maladies de l'âme (folie), des nerfs (névroses) et de l'humeur (mélancolie) à un traitement psychique de nature dynamique, c'est à dire faisant intervenir une relation transférentielle entre le médecin et le malade.
Elisabeth Roudinesco, Pourquoi la psychanalyse ?
mercredi 4 décembre 2013
mardi 3 décembre 2013
Le diagnostic pour Winnicott, c'est ni plus ni moins la mise en place de repères dans une situation intersubjective. [...] l'analyste se sert d'un outil ouvrant à tous les renversements dialectiques. Récusant la notion de "maladie essentielle" il met en évidence une labilité dans les structures, et encourage ses élèves à faire confiance au "jeu avec la folie". A privilégier dans son rapport au patient un espace pour la fantaisie, il rend possible la création, et arrache la folie à la momification dont elle avait fait l'objet dans le cadre de la psychiatrie traditionnelle.
Maud Mannoni, La théorie comme fiction
Maud Mannoni, La théorie comme fiction
lundi 2 décembre 2013
Melanie Klein distingue deux formes de dépression. L'une est signe de "santé" : il s'agit de la capacité du sujet à éprouver un sentiment de culpabilité (en même temps qu'il acquiert le sens de la responsabilité). L'autre s'accompagne d'un sentiment de dépersonnalisation et représente un échec, dont l'origine est à trouver avant la position dépressive qu'on vient de décrire. L'envers de cette seconde forme de dépression est la défense maniaque (déni de la dépression).
Maud Mannoni, La théorie comme fiction
Maud Mannoni, La théorie comme fiction
jeudi 28 novembre 2013
Un métalogue est une conversation sur des matières problématiques : elle doit se constituer de sorte que non seulement les acteurs y discutent vraiment du problème en question, mais aussi que la structure du dialogue dans son ensemble soit, par elle-même, pertinente au fond.
Gregory Bateson, Vers une écologie de l'esprit, tome 1
Gregory Bateson, Vers une écologie de l'esprit, tome 1
mercredi 27 novembre 2013
Introduite par Silberer en 1914 dans ses Probleme des Mystik und ihrer Symbolik, la notion d'une interprétation anagogique est commentée par Freud dans une note du "Complément métapsychologique à la théorie du rêve" pour désigner la mise en évidence de symboles représentatifs d'expériences spirituelles transcendantes au fonctionnement naturel de l'appareil psychique ; une analyse nouvelle du processus décrit par Silberer s'inspirera, avec le développement de la seconde topique, du rôle reconnu au Surmoi ou à l'Idéal du Moi dans la genèse des symboles évoqués par Silberer.
Pierre Kaufmann (dir.), L'apport freudien : éléments pour une encyclopédie de la psychanalyse
Pierre Kaufmann (dir.), L'apport freudien : éléments pour une encyclopédie de la psychanalyse
mardi 26 novembre 2013
L'Eucatastrophe est un néologisme forgé par J.R.R. Tolkien qui fait allusion au coup de théâtre à la fin d'une histoire, ayant pour effet la victoire ou l'accomplissement de la quête des protagonistes. Le mot fut créé en préfixant le mot grec eu, qui veut dire bon, au terme catastrophe, le mot traditionnellement utilisé en littérature classique pour désigner le dénouement d'un drame. Ce concept désigne le moment précis où la situation se retourne, où le mal, qu'on croyait jusque là devoir gagner le combat, est finalement vaincu. L'eucatastrophe ne doit donc pas être confondue avec la "happy end" ("fin heureuse") : "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" n'est en rien une eucatastrophe, car cette phrase est une conclusion et pas un retournement. En outre, la "happy end" traditionnelle est une fermeture, elle ne permet pas vraiment l'aventure ultérieure puisqu'il est affirmé que plus rien de négatif ne se produit. L'eucatastrophe, au contraire, fidèle à un certain pessimisme de Tolkien (qui ne doit pourtant pas être exagéré), est toujours une ouverture : pour l'auteur du Silmarillion, en effet, le mal, dans notre monde, ne peut être vaincu que provisoirement, et continuera à revenir jusqu'à sa défaite finale lors de la Fin des Temps. L'eucatastrophe est donc un retournement de situation dans le bon sens ; mais l'avenir meilleur qu'elle promet n'est pas destiné à durer.
Lu sur wikipedia.fr
Lu sur wikipedia.fr
lundi 25 novembre 2013
vendredi 22 novembre 2013
jeudi 21 novembre 2013
Utilisée par Sigmund Freud (dans Malaise dans la culture, 1930), l'expression "narcissisme des petites différences" est souvent utilisée en science politique. Elle désigne la volonté de certains peuples de se démarquer à tout prix d'un peuple voisin (on l'a dit à propos des Québécois vis-à-vis des Américains) sur des choses apparemment mineures, mais dont l'enjeu porte sur l'identité et l'affirmation de soi.
Jean-François Dortier (dir), Dictionnaire des sciences humaines
Jean-François Dortier (dir), Dictionnaire des sciences humaines
mercredi 20 novembre 2013
La notion de communication chez Bion est importante ; elle a le sens précis de rendre public un savoir privé ou inconscient. Ainsi, quand l'analyste propose une interprétation au patient, il fait acte de communication en ce qu'il essaie de rendre conscient l'inconscient. Dans le même sens, en parlant de la connaissance inconsciente qu'a le rêveur de l'ensemble des idées qui se trouvent à l'origine de son rêve, Freud écrit : "il est donc vraisemblable que le rêveur a une connaissance de son rêve, et il ne s'agit plus que de le rendre capable de retrouver cette connaissance et de nous la communiquer" ; et encore : "Aussi [le médecin ayant l'habitude de l'analyse devrait] pouvoir facilement rétablir son malade, en le délivrant de son ignorance par la communication de ce qu'il sait." (Introduction à la psychanalyse).
Wilfred R. Bion, Bion à New-York et Sao Paulo
Wilfred R. Bion, Bion à New-York et Sao Paulo
mardi 19 novembre 2013
Nous avons pu montrer que l’attitude thérapeutique paradoxale structurait un espace de jeu et relançait les processus transitionnels en même temps qu’elle permettait aux soignants de « contenir » à bon compte thérapeutique l’agressivité contre-transférentielle induite.
Cette activité de relance, cet espace de jeu présente trois propriétés que nous ne ferons qu’ébaucher ici.
- la première de ces propriétés, non la moindre, est la délimitation d’un espace-temps, limité, défini comme situation de soin et qui fonctionne comme appui externe à la constitution d’un espace interne. Un cadre est ainsi construit.
- Second aspect : le thérapeute est amené à présenter (formuler ou mettre en forme) des représentations psychiques au patient, il « nourrit » les processus élaboratifs dans une activité que nous avons rapprochée de la capacité de rêverie décrite par Bion et qui s’apparente, à un niveau métaphorique, à la «présentation d'objet» du maternage selon Winnicott.
- En troisième lieu, le thérapeute adopte à l’égard de la vie psychique une certaine attitude qui transmet un cadre de référence qui introduit un certain décollement par rapport aux imagos mobilisées, qui introduit un certain jeu dans les représentations psychiques et les processus. Ces méthodes, toujours suivant notre expérience propre, peuvent être utilisées corrélativement à des interventions thérapeutiques plus traditionnelles et dérivées de la psychanalyse qu’elles ne sauraient remplacer. Elles fournissent en situation de crise de la situation de soin, un « supplément de cadre » qui permet de contenir plus économiquement la crise.
René Roussillon, Paradoxes et situations limites de la psychanalyse
Cette activité de relance, cet espace de jeu présente trois propriétés que nous ne ferons qu’ébaucher ici.
- la première de ces propriétés, non la moindre, est la délimitation d’un espace-temps, limité, défini comme situation de soin et qui fonctionne comme appui externe à la constitution d’un espace interne. Un cadre est ainsi construit.
- Second aspect : le thérapeute est amené à présenter (formuler ou mettre en forme) des représentations psychiques au patient, il « nourrit » les processus élaboratifs dans une activité que nous avons rapprochée de la capacité de rêverie décrite par Bion et qui s’apparente, à un niveau métaphorique, à la «présentation d'objet» du maternage selon Winnicott.
- En troisième lieu, le thérapeute adopte à l’égard de la vie psychique une certaine attitude qui transmet un cadre de référence qui introduit un certain décollement par rapport aux imagos mobilisées, qui introduit un certain jeu dans les représentations psychiques et les processus. Ces méthodes, toujours suivant notre expérience propre, peuvent être utilisées corrélativement à des interventions thérapeutiques plus traditionnelles et dérivées de la psychanalyse qu’elles ne sauraient remplacer. Elles fournissent en situation de crise de la situation de soin, un « supplément de cadre » qui permet de contenir plus économiquement la crise.
René Roussillon, Paradoxes et situations limites de la psychanalyse
lundi 18 novembre 2013
C'est exactement cette tension que décrit Ludwig Eidelberg, dans sa recherche un peu bizarre sur les lapsus. Un homme va au restaurant avec une femme et demande au maître d'hôtel une chambre pour deux. On pourrait imaginer qu'il voulait demander une table mais que comme ce qu'il avait vraiment en tête était d'avoir une aventure sexuelle avec la femme, le thème le plus fort s'est affirmé : une chambre au lieu d'une table. Mais Eidelberg refuse de se laisser duper. Il pense que le lapsus indique que ce que l'homme essayait désespérément d'éviter était l'idée centrale de son oralité et que le lapsus, la référence à la chambre, était une sorte d'alibi pour que sa conscience ne tomba pas dans le piège. Ce qu'il voulait vraiment, c'était une grande table couverte de nourriture. Par conséquent, Eidelberg remet en question toute la théorie du lapsus. Quand vous faites un lapsus, est-ce le mot effectivement prononcé qui représente l'élément refoulé lui-même ? Ou au contraire, le mot qu'on voulait prononcer, celui qui n'est pas venu, est-il le véritable indice du complexe refoulé ?
Darian Leader, À quoi penses-tu ? Les incertitudes de l'amour
Darian Leader, À quoi penses-tu ? Les incertitudes de l'amour
mercredi 13 novembre 2013
vendredi 8 novembre 2013
jeudi 7 novembre 2013
Le premier sommeil du bébé est sans contenu visuel de rêve. Il suit la satiété orale. Les phénomènes hypnagogiques plus tardifs qui précèdent le sommeil représentent une incorporation orale du sein ; ceux qui suivent parfois peuvent figurer la séparation du sein. Le sein est représenté dans le sommeil par l'écran du rêve. L'écran du rêve représente aussi l'accomplissement du désir de dormir.
Bertram D. Lewin, Le sommeil, la bouche et l'écran du rêve. Nouvelle revue de psychanalyse n° 5, 1972
Bertram D. Lewin, Le sommeil, la bouche et l'écran du rêve. Nouvelle revue de psychanalyse n° 5, 1972
mercredi 6 novembre 2013
mardi 5 novembre 2013
Le scénario de vie (analyse transactionnelle)
Un scénario de vie est composé des éléments suivants :
* les injonctions. Il y en a 12 dont N'existe pas, Ne sois pas un enfant, Ne grandis pas, Ne sois pas intime... ;
* les prescriptions ou mini-scénarios : Sois Fort, Sois Parfait, Fais Effort, Fais Plaisir, Dépêche-Toi ;
* le programme qui indique comment mettre en place les injonctions et les prescriptions. Le programme est montré par le parent du même sexe ;
* la décision prise par l'enfant pour satisfaire désirs et envies propres et intégrer les contraintes senties.
Il y a plusieurs types de scénarios :
- gagnant, non-gagnant ou perdant ;
- jamais, toujours, jusqu'à ce que, après, sans cesse ou sans but ;
- sans joie, sans amour ou sans plaisir.
On désigne par "harmatique" un scénario avec une fin tragique.
Gérard Chandezon et Antoine Lancestre, L'analyse transactionnelle, éd. PuF, coll. Que sais-je ? n° 1936
Un scénario de vie est composé des éléments suivants :
* les injonctions. Il y en a 12 dont N'existe pas, Ne sois pas un enfant, Ne grandis pas, Ne sois pas intime... ;
* les prescriptions ou mini-scénarios : Sois Fort, Sois Parfait, Fais Effort, Fais Plaisir, Dépêche-Toi ;
* le programme qui indique comment mettre en place les injonctions et les prescriptions. Le programme est montré par le parent du même sexe ;
* la décision prise par l'enfant pour satisfaire désirs et envies propres et intégrer les contraintes senties.
Il y a plusieurs types de scénarios :
- gagnant, non-gagnant ou perdant ;
- jamais, toujours, jusqu'à ce que, après, sans cesse ou sans but ;
- sans joie, sans amour ou sans plaisir.
On désigne par "harmatique" un scénario avec une fin tragique.
Gérard Chandezon et Antoine Lancestre, L'analyse transactionnelle, éd. PuF, coll. Que sais-je ? n° 1936
lundi 4 novembre 2013
Ayant découvert l'importance de la capacité de la mère, et, par association, de l'analyste, à tolérer les identifications projectives du petit enfant et du patient, Wilfred Bion en a conclu que, dans l'analyse, l'analyste doit se montrer capable de patience ; de même, il doit savoir garder confiance [...] La capacité négative est la capacité de tolérer la frustration en raison de la conviction qu'il est en définitive possible de trouver un sens.
James S. Grotstein, Dictionnaire international de psychanalyse
James S. Grotstein, Dictionnaire international de psychanalyse
jeudi 31 octobre 2013
Le recadrage (PNL)
Recadrer signifie changer de regard sur les choses. En modifiant le sens que nous donnons à des faits ou à des comportements, nous changeons notre opinion et notre jugement. Le sens donné à un événement dépend du cadre dans lequel nous le situons.
Reine Lepinaux, Nicole Soleilhac et Andrée Zerah, La programmation neuro-linguistique à l'école
Recadrer signifie changer de regard sur les choses. En modifiant le sens que nous donnons à des faits ou à des comportements, nous changeons notre opinion et notre jugement. Le sens donné à un événement dépend du cadre dans lequel nous le situons.
Reine Lepinaux, Nicole Soleilhac et Andrée Zerah, La programmation neuro-linguistique à l'école
mercredi 30 octobre 2013
Le pacte dénégatif qualifie un accord inconscient sur l'inconscient imposé ou conclu mutuellement pour que le lien s'organise et se maintienne dans la complémentarité des intérêts de chaque sujet et de leur lien. Le prix du lien est cela même dont il ne saurait être question entre ceux qu'il lie, en raison de la double économie croisée qui régit les rapports des sujets singuliers et de la chaîne dont il sont membre.
Le pacte dénégatif est une métadéfense qui se fonde sur diverses opérations défensives : de refoulement et de dénégation, mais aussi de déni, de désaveu, de rejet et d'enkystement. En même temps qu'il est nécessaire à la formation du lien, il crée dans celui-ci du non-signifiable, du non-transformable, des zones de silence, des poches d'intoxication qui maintiennent les sujets d'un lien étrangers à leur propre histoire et à l'histoire des autres.
René Kaës, Un singulier pluriel : la psychanalyse à l'épreuve du groupe
Le pacte dénégatif est une métadéfense qui se fonde sur diverses opérations défensives : de refoulement et de dénégation, mais aussi de déni, de désaveu, de rejet et d'enkystement. En même temps qu'il est nécessaire à la formation du lien, il crée dans celui-ci du non-signifiable, du non-transformable, des zones de silence, des poches d'intoxication qui maintiennent les sujets d'un lien étrangers à leur propre histoire et à l'histoire des autres.
René Kaës, Un singulier pluriel : la psychanalyse à l'épreuve du groupe
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