vendredi 26 septembre 2014

Descriptivement parlant, la communication des inconscients est incontestable.

Sigmund Freud, L'inconscient

jeudi 25 septembre 2014

Ce que je veux montrer ici, c'est qu'au début - heureusement pour nous - Freud s'est intéressé non pas au besoin du malade de régresser dans l'analyse, mais à ce qui se passe dans la régression analytique, lorsque la régression n'est pas nécessaire ; lorsqu'il est possible de considérer comme acquis dans l'anamnèse du malade le travail de la mère et l'adaptation primitive du milieu.

Donald W. Winnicott, Les aspects métapsychologiques et cliniques de la régression au sein de la situation analytique

mercredi 24 septembre 2014

Je doute que nous devions admettre qu'un rêve soit autre chose que ce qu'il paraît être. Je me référerais plutôt au Talmud qui dit que le rêve s'explique par lui-même. En d'autres termes, je prends le rêve pour ce qu'il est.

Carl Gustav Jung, L'analyse des rêves, tome 2

mardi 23 septembre 2014

Le transfert est un paradigme du savoir qui porte sur l'amour et le mensonge.

Michel Gribinski et Josef Ludin, Dialogue sur la nature du transfert

lundi 22 septembre 2014

Tout ce qu'un enfant de deux ans a déjà pu voir sans le comprendre peut bien ne jamais revenir à sa mémoire, sauf dans ses rêves. Le traitement analytique seul sera capable de lui faire connaître ces événements.

Sigmund Freud, Moïse et le monothéisme

jeudi 18 septembre 2014

Le transfert, pour le profane, c'est quoi ? C'est généralement le fait que le patient assimile (par "mésalliance") son père, sa mère à la personne de l'analyste, revit l'amour ou le non-amour qu'il a reçu de ses parents ou leur a donné. Comme toute idée reçue, cette idée n'est pas fausse. D'ailleurs, bien des analystes la reprennent telle quelle à leur compte. Mais elle cache ce qu'il y a d'étrange et d'étranger dans le transfert, sa "folie", en analyse.

Michel Gribinski et Josef Ludin, Dialogue sur la nature du transfert

mercredi 17 septembre 2014

Nous sommes faits de la même étoffe que les songes.

William Shakespeare, La tempête

mardi 16 septembre 2014

La capacité de l'analyste à voir en images est rarement mentionnée.

Bertram D. Lewin, Le passé en images

lundi 15 septembre 2014

Les énoncés de base du modèle de l'appareil psychique groupal :

1. Il n'y a pas seulement collection d'individus, mais groupe, avec des phénomènes spécifiques, lorsque s'est opérée entre les individus constituant ce groupe une construction psychique commune et partagée. L'appareil psychique groupal est le moyen de cette construction et il est le résultat d'un certain arrangement combinatoire des psychés ;

2. L'appareil psychique groupal accomplit un travail spécifique ; il lie, assemble, accorde entre elles et conflictualise des parts de de la psyché individuelle mobilisées pour construire le groupe ;

3. L'appareil psychique groupal n'est pas l'extrapolation de l'appareil psychique individuel, il est une structure indépendante des psychés qu'il assemble selon ses lois propres, il possède sa propre organisation et son propre fonctionnement. Les processus qui gouvernent la réalité psychique commune et partagée sont tributaires d'une logique différente de celle qui gouverne l'individu ;

4. C'est un tel appareillage qui constitue la réalité psychique de et dans le groupe. Celle-ci s'organise selon des modalités ou le "commun" et le "partage" prévalent sur le "privé" et le "différent" ;

5. L'appareil psychique individuel se forme, pour une part, dans cet appareillage, il en procède et s'y transforme, il s'en différencie et, dans certaines conditions, il acquiert son autonomie propre.

René Kaës, Un singulier pluriel

jeudi 11 septembre 2014

Un groupe - qu’il soit restreint ou étendu - est formé d’un ensemble d’individus entretenant des rapports les uns avec les autres ; c’est pourquoi l’intelligence de la vie sociale implique nécessairement celle de la personnalité individuelle.

Melanie Klein, Envie et gratitude

mercredi 10 septembre 2014

Le rêve est un rébus, nos prédécesseurs ont commis la faute de vouloir l'interpréter en tant que dessin. C'est pourquoi il leur a paru absurde et sans valeur.

Sigmund Freud, L'interprétation des rêves

mardi 9 septembre 2014

Je rêve... d'une pensée de jour qui serait rêvante, non pas rêveuse mais rêvante... La pensée rêvante que j'appelle de mes vœux puiserait dans le rêve la force d'être irréfléchie, inconvenante, de s'avancer à ses risques et périls, comme un somnambule. Le langage peut-il être à la mesure de son exigence ? J'en doute : il est soumis à trop de contraintes, syntaxiques, logiques ; il veut être compris.

J.-B. Pontalis, Fenêtres

lundi 8 septembre 2014

La reconstruction de l'histoire, de la préhistoire, est fondamentale, mais la manière dont celle-ci s'effectue n'en n'est pas moins fondamentale. L'histoire, l'historicité, l'historisation, se transmettent dans un jeu signifiant avec la réalité historique, leur vérité dépend aussi bien de la réalité qu'elles cernent que du jeu qu'elles introduisent et grâce auquel ce à quoi la réalité historique a confronté le sujet trouve à se représenter et à se subjectiviser.

René Roussillon, Agonie, clivage et symbolisation

jeudi 4 septembre 2014

Le dispositif dans lequel évoluent l'analyste et l'analysant est un dispositif toujours potentiellement soumis à des effets de débordement par les enjeux intersubjectifs dans lesquels l'un et l'autre sont, à leur insu, en rapport profond.

Le transfert et le contre-transfert ne consistent pas seulement dans les termes d'opérations de délestage ou de charge des investissements dans la psyché d'un autre, d'une extension topique qui au-dehors serait le réceptacle de l’irreprésentable du dedans, la délégation de traitement des représentations non refoulées à un autre. A cette perspective il conviendrait sans doute de substituer la problématique d'une résonance et d'une interférence des topiques, avec des espaces communs et des dispositifs intersubjectifs de gestion des économies et des dynamiques psychiques.

René Kaës, Un singulier pluriel

mardi 2 septembre 2014

L'analyse ne devrait pas se perdre en événements vécus.

Sigmund Freud et Sándor Ferenczi, Correspondance Freud-Ferenczi

lundi 1 septembre 2014

L'analyse n'opère que par la voie du langage et ne peut que passer par le filtre des mots, même quand on veut réserver la place des facteurs non verbaux (ou préverbaux) qui ne prennent sens que par rapport aux précédents. Et pourtant, ce que vise l'analyse est une réalité psychique dont la nature est étrangère au langage, qui cependant sera modifiée par l'interprétation qui, elle aussi, est "une suite de mots".

André Green, La déliaison

vendredi 29 août 2014

Notre royaume est celui de l'entre-deux.

Sigmund Freud, Lettre à Wilhelm Fliess du 16 avril 1896

jeudi 28 août 2014

Dès qu'une fissure s'ouvre, nous nous étonnons de la rapidité de l'enchaînement, alors qu'en réalité, les forces étaient à l'oeuvre depuis longtemps, impalpables et silencieuses.

François Lenglet, Carnets du mois, Enjeux-Les échos, novembre 2007

mercredi 27 août 2014

L'expérience qu'a le schizophrène de lui-même nous est nécessairement incompréhensible et nous le restera tant que nous serons sains d'esprit et lui non.

Ronald D. Laing, Le moi divisé

mardi 26 août 2014

J'ai fait une assez longue descente au Néant pour pouvoir parler avec certitude. Il n'y a que la Beauté ; et elle n'a qu'une expression parfaite, la Poésie. Tout le reste est mensonge.

Stéphane Mallarmé, Lettre du 27 mai 1867 à Henri Cazalis

lundi 25 août 2014

Le transfert crée de la sorte un espace intermédiaire entre la maladie et la vie réelle, domaine à travers lequel s'effectue le passage de l'une à l'autre.

Sigmund Freud, Remémoration, répétition et perlaboration

vendredi 22 août 2014

J'ai recours à la notion de métacadre, ou cadre du cadre, pour rendre compte du fait que tout cadre est lui-même cadré par un cadre qui le contient, le soutient, l'empiète ou l'entrave. Cette notion est fort utile pour comprendre les rapports entre le cadre psychanalytique de la cure, le cadre psychanalytique de la supervision et le cadre psychanalytique de l'institution psychanalytique.

René Kaës, Un singulier pluriel

jeudi 21 août 2014

J'ai distingué six fonctions du cadre.

- La première est la fonction contenante décrite par Bleger lorsqu'il dit que le cadre est "récepteur de la symbiose", contient la "partie psychotique de la personnalité". A l'intérieur de cette première fonction, nous pouvons distinguer la contenance comme réceptacle ou comme contrainte, le dépôt, soit pure et simple consignation, soit lieu où l'on entrepose certains objets pour les conserver ou mettre à l'abri, et la crypte, qui reçoit le caché et l’archaïque.

- La deuxième fonction, de limitation, assure la distinction entre le "moi" et le "non-moi". Le cadre est le garant des limites du sujet, de son espace corporel et psychique.

- La troisième fonction du cadre est transitionnelle : frontière entre le moi et le non-moi, le cadre articule le dedans et le dehors, le cadre participe de cet espace qu'a conceptualisé Winnicott, où règnent la paradoxalité et l'indécidabilité. Trouvé-créé, le cadre n'est ni subjectivement conçu, ni objectivement perçu. Un des problèmes conséquents est celui du maintien de la dimension contractuelle du cadre confronté avec celui de son adéquation et de son aménagement. Ce problème définit en partie le contenu de ce que j'ai nommé analyse transitionnelle.

- Le cadre accomplit une quatrième fonction d'adossement et d'étayage, sur le modèle de l'appui sur l'objet d’arrière-plan ; les travaux de J. Grostein, J. Sandler et G. Haag ont mis en évidence le rôle de cet objet dans la formation du sentiment de sécurité et d'identité.

- La cinquième fonction est celle du "conteneur" : elle correspond à la fonction de figuration et de transformation des représentations d'objets et des affects en représentation de mots qui sont rendues possibles par le cadre.

- Lorsque ces cinq conditions sont remplies, le cadre peut exercer une sixième fonction, symbolisante, condition majeure de la formation de la pensée.

René Kaës, Un singulier pluriel

mercredi 20 août 2014

Il ne suffit pas de déceler les processus inconscients qui opèrent au sein d'un groupe, quelle que soit l'ingéniosité dont on sache alors faire preuve : tant qu'on place hors du champ de l'analyse l'image même du groupe, avec les fantasmes et les valeurs qu'elle porte, on élude en fait toute question sur la fonction inconsciente du groupe.

J.-B. Pontalis, Le petit groupe comme objet

lundi 18 août 2014

Ce que Freud a pensé du rêve ne décrit pas toutes les expériences oniriques dont peut rendre compte la psychanalyse. Le rêve n'est plus envisagé aujourd'hui seulement comme réalisation hallucinatoire d'un désir et comme voie royale d'accès à l'inconscient. Si nous continuons à comprendre le rêve à l'intérieur de l'espace de la réalité intrapsychique où il est nécessairement produit par un rêveur singulier, l'étude de ses conditions internes, de ses processus, de ses contenus et de son sens montre que le rêve est aussi une expérience créatrice, réparatrice, transformatrice.

René Kaës, Un singulier pluriel

mercredi 16 juillet 2014

Il semble que l'on naît toujours à mi-chemin du commencement et de la fin du monde. Nous grandissons en révolte ouverte presque aussi furieusement contre ce qui nous entraîne que contre ce qui nous retient.

René Char, Rougeur des Matinaux

mardi 15 juillet 2014

La douleur est une souffrance qui n'a pas trouvé quelqu'un pour la vivre. C'est le mal qu'aucun moi ne peut considérer ou penser, le mal sans nom, sans visage, le mal de personne.

Michel Schneider, La tombée du jour : Schumann

vendredi 11 juillet 2014

Il faut toujours commencer par le silence.

Maurice Béjart

mercredi 9 juillet 2014

Il est classique de dire que, d'un analyste, un analysant n'obtient jamais de réponse puisqu'elle ne se rapporte pas au contenu manifeste de la question.

André Green, Préface aux Entretiens psychanalytiques, Wilfred R. Bion

mardi 8 juillet 2014

Ainsi, en analyse, au long du parcours qu'il accomplit avec tel patient, tel mot se charge de sens et des sens qu'il a pris à l'occasion de tel rêve, de tel récit, de tel vécu, le langage devenant alors l'acte de connivence.

Nicole Fabre, Le Dieu de l'enfant

lundi 7 juillet 2014

Non seulement la gamme de patients est très étendue, mais aussi la gamme de fonctionnements chez n'importe quel patient, celui-ci pouvant au fil des semaines ou des mois, voire au cours d'une seule séance, se révéler tour à tour ou simultanément névrosé, psychotique et "normal", se situer psychiquement sur plusieurs niveaux, tantôt glissant imperceptiblement d'un niveau à l'autre, tantôt passant brusquement de l'un à l'autre selon qu'une interprétation adéquate, ou qu'un événement quelconque en lui, ou venant empiéter de l'extérieur, soulage l'angoisse présente, fait céder une défense ou met au jour une nouvelle couche de matériel ainsi que l'angoisse qui lui est inhérente.

Margaret I. Little, Le transfert dans les états limites in Des états limites. L'alliance thérapeutique

vendredi 4 juillet 2014

La réponse est le malheur de la question.

Maurice Blanchot

mercredi 2 juillet 2014

Il faut que tout change pour que tout demeure.

Giuseppe Tomasi, Le guépard

mardi 1 juillet 2014

La figuration dans le rêve, qui n'est certes pas faite pour être comprise, n'est pas plus difficile à saisir que les hiéroglyphes.

Sigmund Freud, L'interprétation des rêves

lundi 30 juin 2014

Nous commençons par soulever de la poussière, et puis nous prétendons être incapables de voir.

Georges Berkeley

mercredi 25 juin 2014

Chacun s’accroche à ce qu’il croit être, bien qu’en fait il ne cesse de devenir, à la fois à distance et à proximité de son propre inconscient. Mais la passion narcissique, si répandue soit-elle chez les adultes (sous des formes naïves ou rationalisées), n’est évidemment pas étrangère à l’infantile inconscient, source de toute croyance en la pérennité de soi. Ce narcissisme secondaire, “retiré aux objets” perdus ou abandonnés, est le dernier témoin des amours et des haines enfantines, dont la trace est la trame du refoulé oublié.

Maurice Dayan, Dire et devenir

mardi 24 juin 2014

L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites.

Albert Camus, Le mythe de Sisyphe

lundi 23 juin 2014

Tout organisme est une mélodie qui se chante elle-même.

Maurice Merleau-Ponty

mercredi 18 juin 2014

Tu me dis, j'oublie
Tu m'enseignes, je me souviens
Tu m'impliques, j'apprends

Benjamin Franklin

mardi 17 juin 2014

Nous ne nous sommes jamais targués, vous le savez, de posséder des connaissances et un pouvoir achevés, complets ; comme jadis, nous sommes toujours disposés à admettre les imperfections de nos vues, à y intégrer des nouvelles notions et à modifier notre technique afin de la perfectionner.

Sigmund Freud, Les voies nouvelles de la thérapeutique psychanalytique

lundi 16 juin 2014

La patience d'un cœur est en proportion de sa grandeur.

Proverbe arabe

vendredi 13 juin 2014

Nous sommes dans un univers de constructs.

Kurt Lewin

jeudi 12 juin 2014

Les bonnes résolutions ne gagnent pas à être différées.

Jules Romains, Monsieur Le Trouhadec saisi par la débauche

mercredi 11 juin 2014

Et la statistique ? Est-ce une science ? On peut l'utiliser pour prouver que la réponse à une certaine question est la bonne ; mais c'est la question de qui ? Et de qui est la réponse ? ... La statistique ne pourrait pas rendre compte de ces changements-là (ceux d'un patient évoluant dans son analyse).

Donald W. Winnicott, Psychanalyse et science, amies ou simples relations ? in Conversations ordinaires

jeudi 5 juin 2014

Ici nous devons nous rappeler que le travail analytique consiste en deux pièces entièrement distinctes, qui se jouent sur deux scènes séparées et concernent deux personnages dont chacun est chargé d'un rôle différent.

Sigmund Freud, Constructions en analyse

mardi 3 juin 2014

Vous avez peur de vivre parce que vivre c'est prendre le risque de souffrir.

Arnaud Desjardins, L'audace de vivre

lundi 2 juin 2014

On ne partage pas ses gouffres avec autrui, seulement ses chaises.

René Char, Fenêtres dormantes et porte sur le toit

lundi 26 mai 2014

Le mieux est l'ennemi du bien.

Paul Watzlawick, Faites vous-même votre malheur

vendredi 23 mai 2014

Les êtres qui s'aiment vraiment ne sont limités ni par l'espace, ni par le temps. Ils sont liés par l'âme, un lien bien plus intime, plus inséparable que celui du corps...

François Cheng, L'éternité n'est pas de trop

jeudi 22 mai 2014

Il n'y a pas de réussite facile ni d'échec définitifs.

Marcel Proust

mercredi 21 mai 2014

Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous.

Montesquieu. Pensées diverses (1717-1755)

mardi 20 mai 2014

Au moment où, plus tard, l'objet se révèle être une source de plaisir, il est aimé, mais aussi incorporé au moi, de sorte que pour le "moi-plaisir purifié" l'objet coïncide à nouveau avec l'étranger et le haï.

Sigmund Freud, Pulsion et destins des pulsions

lundi 19 mai 2014

Il arrive que les grandes décisions ne se prennent pas, mais se forment d'elles-mêmes.

Henri Bosco, Malicroix

vendredi 16 mai 2014

Ce n'est pas l'interprétation mais le travail du rêve qui est l'essentiel.

Sigmund Freud, L'interprétation des rêves

mercredi 14 mai 2014

Comme le rêve, le jeu est une reprise élaborative de scènes non liées. Il a pour fonction de proposer une issue à la satisfaction du désir.

Eric Berne

mardi 13 mai 2014

C'est à partir de la représentation que travaille le moi, c'est le tissu des représentations liées les unes aux autres, ou au contraire soigneusement isolées les unes des autres, que nous voyons fonctionner dans le discours de nos patients.

Paul Denis, Les pulsions. Les grands concepts de la psychologie clinique

lundi 12 mai 2014

Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène.

Albert Camus, Noces

vendredi 9 mai 2014

La représentation d'une époque enchantée dans le sein maternel (le sentiment océanique, etc.) est une élaboration organisée du déni de la dépendance.

Donald W. Winnicott, La nature humaine

mercredi 7 mai 2014

Il y a beaucoup plus de continuité entre la vie intra-utérine et la toute petite enfance que l'impressionnante césure de l'acte de naissance nous donnerait à croire.

Sigmund Freud, Inhibition, symptôme, angoisse

mardi 6 mai 2014

Caminante no hay camino [Toi qui marche, il n'existe pas de chemin]

Todo pasa y todo queda, [Tout passe et tout reste,]
pero lo nuestro es pasar, [mais le propre de l'homme est de passer,]
pasar haciendo caminos, [passer en faisant des chemins,]
caminos sobre el mar. [des chemins sur la mer.]

Nunca perseguí la gloria, [Je n'ai jamais cherché la gloire,]
ni dejar en la memoria [ni cherché à laisser dans la mémoire]
de los hombres mi canción; [des hommes ma chanson ;]
yo amo los mundos sutiles, [j'aime les mondes subtils,]
ingrávidos y gentiles, [légers et aimables,]
como pompas de jabón. [comme des bulles de savon.]

Me gusta verlos pintarse [J'aime les voir se peindre]
de sol y grana, volar [de soleil et de rouge, voler]
bajo el cielo azul, temblar [sous le ciel bleu, trembler]
súbitamente y quebrarse... [soudainement et se rompre...]

Nunca perseguí la gloria. [Je n'ai jamais cherché la gloire.]

Caminante, son tus huellas [Toi qui marche, ce sont tes traces]
el camino y nada más; [qui font le chemin, rien d'autre ;]
caminante, no hay camino, [toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar. [le chemin se fait en marchant.]

Al andar se hace camino [En marchant on fait le chemin]
y al volver la vista atrás [et lorsqu'on se retourne]
se ve la senda que nunca [on voit le sentier que jamais]
se ha de volver a pisar. [on n'empruntera à nouveau.]

Caminante no hay camino [Toi qui marche, il n'existe pas de chemin]
sino estelas en la mar... [si ce n'est le sillage dans la mer...]

Hace algún tiempo en ese lugar [Il fut un temps dans ce lieu]
donde hoy los bosques se visten de espinos [où aujourd'hui les bois s'habillent d'épines]
se oyó la voz de un poeta gritar [on entendit la voix d'un poète crier]
"Caminante no hay camino, ["Toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar..." [le chemin se fait en marchant..."]

Golpe a golpe, verso a verso... [Coup après coup, vers après vers...]

Murió el poeta lejos del hogar. [Le poète mourut loin de chez lui.]
Le cubre el polvo de un país vecino. [Il est recouvert de la poussière d'un pays voisin.]
Al alejarse le vieron llorar. [En s'éloignant on le vit pleurer.]
"Caminante no hay camino, [Toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar..." [le chemin se fait en marchant...]

Golpe a golpe, verso a verso... [Coup après coup, vers après vers...]

Cuando el jilguero no puede cantar. [Quand le chardonneret ne peut chanter]

Cuando el poeta es un peregrino, [Quand le poète est un pèlerin,]
cuando de nada nos sirve rezar. [quand il ne sert à rien de prier.]
"Caminante no hay camino, ["Toi qui marche, il n'existe pas de chemin,]
se hace camino al andar..." [le chemin se fait en marchant..."]

Golpe a golpe, verso a verso. [Coup après coup, vers après vers.]

Antonio Machado, Campos de Castilla [Champs de Castille]

lundi 5 mai 2014

Errer peut être le meilleur moyen de trouver son chemin !

Serge Saada, Entretien avec Hélène Launois

mercredi 30 avril 2014

L'analyste doit devenir infini en suspendant la mémoire, le désir et la compréhension.

Wilfred R. Bion, L'attention et l'interprétation

mardi 29 avril 2014

Pour atteindre le point que tu ne connais point, tu dois prendre le chemin que tu ne connais point.

Saint Jean de la Croix

lundi 28 avril 2014

Sans mère on ne peut aimer, sans mère on ne peut mourir.

Hermann Hesse, Narcisse et Goldmund

vendredi 25 avril 2014

A mesure qu'un enfant grandit, il faut dresser des barrières de plus en plus nettes aux exigences que l'enfant a le droit d'imposer à sa mère. Qui établira cette limite ? [...] C'est au père d'intervenir pour prendre la défense de sa femme. Il a des droits lui aussi. Il voudrait que sa femme retrouve une existence indépendante. Il tient aussi à l'avoir un peu pour lui, même si, au bout du compte, cela exige d'exclure des enfants. Au bout du compte, c'est le père qui met le holà. [...] C'est en intervenant de cette manière qu'il prend de l'importance aux yeux de son enfant.

Donald W. Winnicott, Conseils aux parents

jeudi 24 avril 2014

Aux "maladies du père" (névrose obsessionnelle, hystérie, paranoïa) ont largement succédé les "maladies de la mère" (états-limites, schizophrénie, dépression).

Michel Schneider, Big Mother

mercredi 23 avril 2014

L'acceptation de processus psychiques inconscients, la reconnaissance de la doctrine de la résistance et du refoulement, la prise en considération de la sexualité et du complexe d'Oedipe sont les contenus principaux de la psychanalyse et les fondements de la théorie, et qui n'est pas en mesure de souscrire à tous ne devrait pas compter parmi les psychanalystes.

Sigmund Freud, Psychanalyse et théorie de la libido

mardi 22 avril 2014

Les êtres humains sont moins des "identités" que des voyages, toujours en transit entre une mémoire plus ou moins refoulée et une conscience plus ou moins maîtresse : Freud était venu nous le dire.

Julia Kristeva, Le génie féminin. Tome II, Melanie Klein

vendredi 18 avril 2014

Aujourd'hui, j'ai très clairement vu la non-nécessité absolue qu'une séance soit autre chose qu'une séance de plein droit. Le "progrès" pourrait alors vouloir dire qu'au lieu de produire un fait en six mois, le patient arrive à produire six faits en une séance. Et, bref, il devient une personnalité multi-dimensionnelle - une identité physique à trois dimensions, et une identité psychique multi-dimensionnelle.

Wilfred R. Bion, Cogitations, note de mars 1970

jeudi 17 avril 2014

À méditer sur l'enfant que nous fûmes, par-delà toute histoire de famille, après avoir dépassé la zone des regrets, après avoir dépassé les mirages de la nostalgie, nous atteignons une enfance anonyme, pur foyer de vie, vie première, vie humaine première. Et cette vie est en nous - soulignons-le encore -, reste en nous.

Gaston Bachelard, La poétique de la rêverie

mercredi 16 avril 2014

L'ermite tourne le dos à ce monde, il ne veut plus rien avoir à faire avec lui. Mais on peut aller plus loin, on peut vouloir le refaire, à sa place en édifier un autre, dans lequel les traits plus insupportables se trouvent extirpés et remplacés par d'autres dans le sens des souhaits propres. Celui qui, dans une indignation désespérée, s'engage sur cette voie vers le bonheur n'obtiendra en règle générale rien ; la réalité effective est trop forte pour lui.

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation

mardi 15 avril 2014

J'ai mille êtres en moi et je ne peux me résoudre à en être un seul.

André Gide

lundi 14 avril 2014

Il faut toujours viser la lune, car même en cas d'échec, on atterrit dans les étoiles.

Oscar Wilde

jeudi 10 avril 2014

Ton art n'est pas de savoir le nombre de personne qui aiment ton travail. Ton art est de savoir si ton cœur aime ton travail, si ton âme aime ton travail, si tu es honnête avec toi-même et tu ne dois jamais troquer l'honnêteté pour l'art de plaire.

Rupi Kaur, Lait et miel

mercredi 9 avril 2014

Si un individu réalise ou subit un changement dans les prémisses profondément enfouies dans son esprit, il s'apercevra que les résultats de ce changement se ramifieront dans l'ensemble de son univers.

Gregory Bateson, Vers une écologie de l'esprit

mardi 8 avril 2014

Il y a en chacun de nous deux ou trois êtres qui cheminent sans se faire de confidences.

Marcel Jouhandeau, Du pur amour

lundi 7 avril 2014

L'homme est parfois une bête (et non pas un simple vivant), dépravé et sexuel. Il est souvent un Léviathan à l'animalité cruelle ; et plus souvent encore il est les deux. Mais ce renvoi à l'animalité est purement idéologique : il nous permet de nous décharger de notre inconscient en l'attribuant au non-humain en nous qui serait tapi au fond de nous, alors qu'en réalité, c'est l'homme qui a créé ce non-humain bestial, ce ça.

Jean Laplanche, La sexualité humaine. Biologisme et biologie

jeudi 3 avril 2014

Il nous est moins difficile de faire l'expérience du malheur.

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation

mercredi 2 avril 2014

L'analyse est comme une femme qui veut être conquise, mais qui sait qu'on aura peu d'estime pour elle si elle n'oppose pas de résistance.

Sigmund Freud, Lettre à Stephan Zweig, juillet 1938

mardi 1 avril 2014

Se sentir réel, c'est plus qu'exister, c'est trouver un moyen d'exister soi-même pour se relier aux objets en tant que soi-même et pour avoir un soi où se réfugier afin de se détendre.

Donald W. Winnicott, Jeu et réalité

lundi 31 mars 2014

L'analyse doit concentrer son attention en O, l'inconnu et l'inconnaissable.

Wilfred R. Bion, Eléments de psychanalyse

vendredi 28 mars 2014

Avec la civilisation on passe du problème de l'homme des cavernes au problème des cavernes de l'homme.

Edgar Morin, Le vif du sujet

jeudi 27 mars 2014

Vivre, c'est se sentir devenir intégralement ce qu'on pourrait devenir de mieux.

Paul Géraldy, L'amour

mercredi 26 mars 2014

La différence la plus caractéristique entre notre vie érotique et celle de l'Antiquité consiste en ce que, dans l'Antiquité, l'accent était mis sur la pulsion, alors que nous le mettons sur l'objet. Pendant l'Antiquité on glorifiait la pulsion, et cette pulsion ennoblissait l'objet, de si petite valeur qu'il fût ; tandis que dans les temps modernes, nous méprisons l'activité sexuelle en elle-même et ne l'excusons en quelque sorte que par suite des qualités que nous retrouvons dans son objet.

Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité

mardi 25 mars 2014

La force croissante du moi lui permet d'une certaine façon de vaincre les affects au moment où ils apparaissent... il réaffermit son pouvoir pour enchaîner les affects, les utiliser à son projet et, pourrait-on dire, les apprivoiser.

Otto Fenichel, Le moi et les affects

lundi 24 mars 2014

Vivre dans le duel des contraires, c'est-à-dire ni dans la duplicité sans conscience, ni dans le "juste milieu", mais dans la mesure et la démesure.

Edgar Morin, Le vif du sujet

vendredi 21 mars 2014

Pour moi, les rêves sont nature, qui ne recèle la moindre intention trompeuse et qui dit ce qu'elle a à dire aussi bien qu'elle le peut comme le fait une plante qui pousse ou un animal qui cherche pâture.

Carl Gustav Jung, Ma vie, souvenirs, rêves et pensées

jeudi 20 mars 2014

La totalité est la non-vérité.

Theodor W. Adorno, Dialectique négative

mercredi 19 mars 2014

On voit facilement comment la prédilection singulière de la mémoire du rêve pour ce qui est indifférent et de ce fait négligé dans les expériences vécues du jour devait conduire la plupart du temps à méconnaître d'une façon générale la dépendance du rêve par rapport à la vie diurne et ensuite rendre pour le moins difficile la démonstration de celle-ci dans chaque cas isolé.

Sigmund Freud, L'interprétation du rêve

lundi 17 mars 2014

Rappelons-nous que nous sommes tous des survivants psychiques.

Joyce McDougall, Eros aux mille et un visages

jeudi 13 mars 2014

Ce que tu as hérité de tes pères, acquiers-le pour le posséder.

Johann Wolfgang von Goethe, Faust

mercredi 12 mars 2014

Derrière la souffrance de la honte se cachent des trésors d'amour, de sensibilité et d'humanité qui n'arrivent pas à s'exprimer.

Vincent de Gaulejac, Les sources de la honte

mardi 11 mars 2014

Mais le progrès de la connaissance ne tolère pas non plus de rigidité dans les définitions. Comme l'exemple de la physique l'enseigne de manière éclatante, même les "concepts fondamentaux" qui ont été fixés dans des définitions subissent un constant changement de contenu.

Sigmund Freud, Pulsions et destins des pulsions

vendredi 7 mars 2014

En outre, le constant ressourcement de la pensée psychanalytique dans l'expérience psychanalytique donne une idée du temps qui, non seulement n'appartient qu'à elle, mais est inconnue en dehors d'elle. Nous la nommons le temps éclaté.

André Green, Le temps éclaté

jeudi 6 mars 2014

La conscience est la capacité de voir une cafetière et d'entendre les oiseaux chanter à notre façon et non à celle que l'on nous a appris.

Eric Berne, Des jeux et des hommes

mercredi 5 mars 2014

N'aie pas peur d'avancer lentement ; ne crains que l'immobilité.

Proverbe chinois

mardi 4 mars 2014

Le sentiment de culpabilité est l'angoisse liée au concept d'ambivalence et il implique un certain degré d'intégration dans le moi individuel qui permet le maintien d'une représentation de l'objet en même temps que l'idée de sa destruction.

Donald W. Winnicott, Agressivité, culpabilité et réparation

mardi 25 février 2014

La vie en société n'a pas seulement pour objet de nous fournir les choses dont nous avons besoin. Elle a une autre fonction, tout aussi vitale : faire que les gens existent, tout simplement.

François Flahaut, "L'économisme : ce dogme qui met la société au service du capitalisme", Télérama n° 2791, 9 juillet 2003

jeudi 20 février 2014

Je dois m’aveugler artificiellement pour focaliser toute la lumière sur un point noir.

Sigmund Freud, Lettre à Lou André-Salomé

mardi 18 février 2014

Je n'admets pas l'idée qu'il y ait des cas psychanalytiques simples. J'ai entendu ce genre d'affirmation : "On ne devrait soumettre aux étudiants que des cas simples." Cela n'a aucun sens. Je n'ai jamais rencontré ni entendu parler d'un cas simple... Jamais ! D'un certain point de vue, je préférerais vous voir suivre une supervision horrible et compliquée plutôt que conduire une analyse horrible et compliquée. Donc, je vous en prie, apportez-nous ici les pires aspects d'une situation, puisque nous ne sommes pas dans la situation elle-même.

Wilfred R. Bion, Séminaires cliniques

mardi 11 février 2014

On ne change jamais que pour ne pas changer, pour préserver son identité, ce à quoi l'on tient le plus de soi-même.

François Lenglet, Carnets du mois, Les enjeux-Les échos mai 2008

lundi 10 février 2014

Il faut également prendre en considération bien des choses qui ont à faire avec l'image du père et son destin dans la réalité intérieure de la mère.

Donald W. Winnicott, L'usage de l'objet dans le contexte de Moïse et le monothéïsme

vendredi 7 février 2014

La névrose a aussi le caractère d'un organisme.

Sigmund Freud, La technique psychanalytique

mercredi 5 février 2014

Lorsque vous êtes joyeux, sondez votre cœur, et vous découvrirez que ce qui vous donne de la joie n'est autre que ce qui causait votre tristesse.

Lorsque vous êtes triste, examinez de nouveau votre cœur. Vous verrez qu'en vérité vous pleurez sur ce qui fit vos délices.

Khalil Gibran, Le prophète

lundi 3 février 2014

Là où j'en suis maintenant, j'aimerais vraiment beaucoup pouvoir jeter des passerelles.

Donald W. Winnicott, La crainte de l'effondrement et autres situations cliniques

vendredi 31 janvier 2014

Partant de l'identification, une voie mène, par l'imitation, à l'empathie, c'est à dire à la compréhension du mécanisme qui nous rend possible toute prise de position à l'égard d'une autre vie d'âme.

Sigmund Freud, Psychologie des masses et analyse du moi

jeudi 30 janvier 2014

Buscar el Levante por el Poniente.

Atteindre le Levant par le Couchant.

Christophe Colomb

mardi 28 janvier 2014

La guérison est obtenue par l'amour.

Sigmund Freud, Lettre à Carl Gustav Jung, 6 décembre 1906

vendredi 24 janvier 2014

Dans le sein maternel, l'homme est initié au Tout et l'oublie à la naissance.

Martin Buber, Je et Tu

jeudi 23 janvier 2014

Je pense qu'en psychanalyse le transfert c'est réellement parler non pas de vous et moi mais de nous : la relation entre nous - c'est ça la chose importante.

Wilfred R. Bion, Séminaire clinique, São Paulo, 18 avril 1975

mardi 21 janvier 2014

Ce qui ressemble au hasard souvent est un rendez-vous.

Francis Cabrel, Mademoiselle l'aventure, album Des roses et des orties

vendredi 17 janvier 2014

Pas de jolie vie, de joli chemin si l'on craint la pluie.

Jean-Jacques Goldman, La pluie, album Chansons pour les pieds

jeudi 16 janvier 2014

L'empêchement le plus sérieux à dépasser l'impasse thérapeutique, et peut-être la contribution la plus commune de la part du thérapeute au développement d'une impasse, réside dans les difficultés du thérapeute à l'égard de sa propre honte.

Lynne Jacobs, Honte et défenses contre la honte. Ombre sur le dialogue thérapeutique, Cahiers de Gestalt-thérapie n° 7

mercredi 15 janvier 2014

La mère qui sort à peine d'une expérience éreintante, a une tâche extrêmement difficile. Elle doit être au fait d'une sorte de puissance par rapport à laquelle ni le sein gonflé ni le sein au repos n'est exactement approprié. Elle est en cela grandement aidée par la puissance génitale de son homme.

Donald W. Winnicott, La nature humaine

mardi 14 janvier 2014

Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons, jamais plus irrémédiablement malheureux que si nous avons perdu la personne aimée ou son amour.

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation

lundi 13 janvier 2014

Noli fora ire, in te ipsum redi. In interiore homine habitat veritas.

Ne cherche pas au dehors, regarde en toi. Car c'est à l'intérieur de l'homme que réside la vérité.

Saint Augustin, De la vraie religion

dimanche 12 janvier 2014

La parole analytique désendeuille le langage.

André Green, Le langage dans la psychanalyse

mardi 7 janvier 2014

Participation altéro-centrée

C'est la capacité innée de vivre, généralement hors conscience, de ce qu'un autre vit. C'est un acte non volontaire de vécu comme si votre centre d'orientation et votre point de vue étaient centrés en l'autre. ce n'est pas une forme de savoir sur l'autre, mais plutôt une participation à l'expérience de l'autre. c'est la capacité intersubjective fondamentale qui rend possible l'imitation, l'empathie, la sympathie, la contagion émotionnelle et l'identification. Si elle est innée, cette capacité grandit et s'affine au cours du développement.

Daniel N. Stern, Le moment présent en psychothérapie
L'épiscénario est une version condensée du scénario d'une personne, comprenant obligatoirement la finale tragique, qu'elle essaie de "refiler" à quelqu'un d'autre comme elle le ferait d'une pomme de terre trop brûlante pour être tenue en main. La victime est choisie parmi ceux qu'elle peut influencer par des transactions Enfant-Enfant : par exemple, son enfant, son conjoint, un patient, un étudiant, un autre membre d'un groupe sans leader.

Fanita English, Analyse transactionnnelle et émotions

lundi 23 décembre 2013

Qu'est-ce qu'un cas-limite ? Je me souviens d'une analysante qui était arrivée très angoissée à sa séance. Elle s'interrogeait sur la nature de notre travail : Qu'est-ce que cela voulait dire que des gens comme moi s'occupent de gens comme elle ? Que faisait-on ? Pourquoi ?... Je pouvais faire une interprétation transférentielle de sa demande mais je savais bien que parfois l'interprétation ne suffit pas. Avec certains analysants, nous sommes obligés d'accompagner l'interprétation d'une réponse plus ou moins directe. A cette patiente-là, je me souviens avoir dit que notre travail portait sur la vérité. Elle était restée silencieuse un instant, puis avait répondu : "c'est vrai." Doucement, son angoisse est partie...

André Green et Fernando Urribarri, Dialoguer avec André Green : La psychanalyse contemporaine, chemin faisant

jeudi 19 décembre 2013

La projection

Opération par laquelle le sujet expulse de soi et localise dans l'autre, personne ou chose, des qualités, des sentiments, des désirs, voire des "objets" qu'il méconnaît ou refuse en lui. Il s'agit là d'une défense d'origine très archaïque et que l'on retrouve à l’œuvre particulièrement dans la paranoïa mais aussi dans des modes de pensées "normaux" comme la superstition.

Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse

mercredi 18 décembre 2013

Evhémère

C'est le fondateur de l'organisation ; celui qui lui a donné des valeurs toujours honorées par le groupe en cas de stress ou de tension ; celui qui a donné sa raison d'être, ses "lois", sa culture, sa technique...

Eric Berne, Structure et dynamique des organisations et des groupes

mardi 17 décembre 2013

La perlaboration se définit essentiellement comme la répétition de l'élaboration des interprétations qui permettent le passage d'un insight initial à un changement durable dans les réactions ou le comportement du patient.

Ralph R. Greenson, Technique et pratique de la psychanalyse

lundi 16 décembre 2013

Les positions de vie

Postulat : Nous avons décidé pour nous même, inconsciemment, une position de vie qui nous détermine face aux autres, en fonction de la valeur intrinsèque que nous nous accordons. Les expériences primales déterminent la position de vie. Elle tourne autour des polarités “toi” “moi” et “vous”.

Il y a 4 types de position de vie :

La position positive fondamentale notée + +.

La position - - "Je suis nul, toi aussi, c’est la catastrophe..." C’est une position dépressive où tout est permis.

La position + - “ Si tu es comme moi tu es ok sinon je te rejette...” c’est une position de mépris, paranoïaque.

La position - + “Je laisse tomber...”.

www.dicopsy.com

mercredi 11 décembre 2013

Transfert par retournement

C'est le passage d'une position passive à une position active chez un patient qui, ayant subi le traumatisme d'un abandon par exemple, ne peut que retourner activement cet éprouvé de telle sorte que ce soit l'autre, le thérapeute qui le ressente et qui en souffre à sa place momentanément.

René Roussillon, Agonie, clivage et symbolisation

mardi 10 décembre 2013

Redéfinitions

Désignent les façons de méconnaître la réalité en répondant à côté, en pinaillant, en se mettant en rivalité artificielle, en jouant des rôles de persécuteur, sauveur, victime, en généralisant ou en rêvant de vouloir tout changer (grandiosité).

Dominique Chalvin, Les nouveaux outils de l'analyse transactionnelle

vendredi 6 décembre 2013

La plus grande gloire dans la vie ne réside pas dans le fait de ne jamais tomber, mais dans celui de se relever à chaque fois que nous tombons.

Nelson Mandela

jeudi 5 décembre 2013

Psychiatrie dynamique

C'est l'ensemble des courants et des écoles qui associent une description des maladies de l'âme (folie), des nerfs (névroses) et de l'humeur (mélancolie) à un traitement psychique de nature dynamique, c'est à dire faisant intervenir une relation transférentielle entre le médecin et le malade.

Elisabeth Roudinesco, Pourquoi la psychanalyse ?

mercredi 4 décembre 2013

Extraversion

Attitude typique caractérisée par la concentration de l'intérêt sur l'objet extérieur.

Carl Gustav Jung, Ma vie, souvenirs, rêves et pensées

mardi 3 décembre 2013

Le diagnostic pour Winnicott, c'est ni plus ni moins la mise en place de repères dans une situation intersubjective. [...] l'analyste se sert d'un outil ouvrant à tous les renversements dialectiques. Récusant la notion de "maladie essentielle" il met en évidence une labilité dans les structures, et encourage ses élèves à faire confiance au "jeu avec la folie". A privilégier dans son rapport au patient un espace pour la fantaisie, il rend possible la création, et arrache la folie à la momification dont elle avait fait l'objet dans le cadre de la psychiatrie traditionnelle.

Maud Mannoni, La théorie comme fiction

lundi 2 décembre 2013

Melanie Klein distingue deux formes de dépression. L'une est signe de "santé" : il s'agit de la capacité du sujet à éprouver un sentiment de culpabilité (en même temps qu'il acquiert le sens de la responsabilité). L'autre s'accompagne d'un sentiment de dépersonnalisation et représente un échec, dont l'origine est à trouver avant la position dépressive qu'on vient de décrire. L'envers de cette seconde forme de dépression est la défense maniaque (déni de la dépression).

Maud Mannoni, La théorie comme fiction

jeudi 28 novembre 2013

Un métalogue est une conversation sur des matières problématiques : elle doit se constituer de sorte que non seulement les acteurs y discutent vraiment du problème en question, mais aussi que la structure du dialogue dans son ensemble soit, par elle-même, pertinente au fond.

Gregory Bateson, Vers une écologie de l'esprit, tome 1

mercredi 27 novembre 2013

Introduite par Silberer en 1914 dans ses Probleme des Mystik und ihrer Symbolik, la notion d'une interprétation anagogique est commentée par Freud dans une note du "Complément métapsychologique à la théorie du rêve" pour désigner la mise en évidence de symboles représentatifs d'expériences spirituelles transcendantes au fonctionnement naturel de l'appareil psychique ; une analyse nouvelle du processus décrit par Silberer s'inspirera, avec le développement de la seconde topique, du rôle reconnu au Surmoi ou à l'Idéal du Moi dans la genèse des symboles évoqués par Silberer.

Pierre Kaufmann (dir.), L'apport freudien : éléments pour une encyclopédie de la psychanalyse

mardi 26 novembre 2013

L'Eucatastrophe est un néologisme forgé par J.R.R. Tolkien qui fait allusion au coup de théâtre à la fin d'une histoire, ayant pour effet la victoire ou l'accomplissement de la quête des protagonistes. Le mot fut créé en préfixant le mot grec eu, qui veut dire bon, au terme catastrophe, le mot traditionnellement utilisé en littérature classique pour désigner le dénouement d'un drame. Ce concept désigne le moment précis où la situation se retourne, où le mal, qu'on croyait jusque là devoir gagner le combat, est finalement vaincu. L'eucatastrophe ne doit donc pas être confondue avec la "happy end" ("fin heureuse") : "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" n'est en rien une eucatastrophe, car cette phrase est une conclusion et pas un retournement. En outre, la "happy end" traditionnelle est une fermeture, elle ne permet pas vraiment l'aventure ultérieure puisqu'il est affirmé que plus rien de négatif ne se produit. L'eucatastrophe, au contraire, fidèle à un certain pessimisme de Tolkien (qui ne doit pourtant pas être exagéré), est toujours une ouverture : pour l'auteur du Silmarillion, en effet, le mal, dans notre monde, ne peut être vaincu que provisoirement, et continuera à revenir jusqu'à sa défaite finale lors de la Fin des Temps. L'eucatastrophe est donc un retournement de situation dans le bon sens ; mais l'avenir meilleur qu'elle promet n'est pas destiné à durer.

Lu sur wikipedia.fr

lundi 25 novembre 2013

Rendre la vie supportable est le premier devoir du vivant.

Sigmund Freud, Considérations actuelles sur la guerre et la mort

vendredi 22 novembre 2013

Je suis prêt à affirmer que toute névrose d'un adulte se construit sur sa névrose infantile, mais que celle-ci n'est pas toujours d'une intensité suffisante pour être remarquée et reconnue en tant que telle.

Sigmund Freud, L'homme aux loups

jeudi 21 novembre 2013

Utilisée par Sigmund Freud (dans Malaise dans la culture, 1930), l'expression "narcissisme des petites différences" est souvent utilisée en science politique. Elle désigne la volonté de certains peuples de se démarquer à tout prix d'un peuple voisin (on l'a dit à propos des Québécois vis-à-vis des Américains) sur des choses apparemment mineures, mais dont l'enjeu porte sur l'identité et l'affirmation de soi.

Jean-François Dortier (dir), Dictionnaire des sciences humaines

mercredi 20 novembre 2013

La notion de communication chez Bion est importante ; elle a le sens précis de rendre public un savoir privé ou inconscient. Ainsi, quand l'analyste propose une interprétation au patient, il fait acte de communication en ce qu'il essaie de rendre conscient l'inconscient. Dans le même sens, en parlant de la connaissance inconsciente qu'a le rêveur de l'ensemble des idées qui se trouvent à l'origine de son rêve, Freud écrit : "il est donc vraisemblable que le rêveur a une connaissance de son rêve, et il ne s'agit plus que de le rendre capable de retrouver cette connaissance et de nous la communiquer" ; et encore : "Aussi [le médecin ayant l'habitude de l'analyse devrait] pouvoir facilement rétablir son malade, en le délivrant de son ignorance par la communication de ce qu'il sait." (Introduction à la psychanalyse).

Wilfred R. Bion, Bion à New-York et Sao Paulo

mardi 19 novembre 2013

Nous avons pu montrer que l’attitude thérapeutique paradoxale structurait un espace de jeu et relançait les processus transitionnels en même temps qu’elle permettait aux soignants de « contenir » à bon compte thérapeutique l’agressivité contre-transférentielle induite.

Cette activité de relance, cet espace de jeu présente trois propriétés que nous ne ferons qu’ébaucher ici.

- la première de ces propriétés, non la moindre, est la délimitation d’un espace-temps, limité, défini comme situation de soin et qui fonctionne comme appui externe à la constitution d’un espace interne. Un cadre est ainsi construit.

- Second aspect : le thérapeute est amené à présenter (formuler ou mettre en forme) des représentations psychiques au patient, il « nourrit » les processus élaboratifs dans une activité que nous avons rapprochée de la capacité de rêverie décrite par Bion et qui s’apparente, à un niveau métaphorique, à la «présentation d'objet» du maternage selon Winnicott.

- En troisième lieu, le thérapeute adopte à l’égard de la vie psychique une certaine attitude qui transmet un cadre de référence qui introduit un certain décollement par rapport aux imagos mobilisées, qui introduit un certain jeu dans les représentations psychiques et les processus. Ces méthodes, toujours suivant notre expérience propre, peuvent être utilisées corrélativement à des interventions thérapeutiques plus traditionnelles et dérivées de la psychanalyse qu’elles ne sauraient remplacer. Elles fournissent en situation de crise de la situation de soin, un « supplément de cadre » qui permet de contenir plus économiquement la crise.

René Roussillon, Paradoxes et situations limites de la psychanalyse

lundi 18 novembre 2013

C'est exactement cette tension que décrit Ludwig Eidelberg, dans sa recherche un peu bizarre sur les lapsus. Un homme va au restaurant avec une femme et demande au maître d'hôtel une chambre pour deux. On pourrait imaginer qu'il voulait demander une table mais que comme ce qu'il avait vraiment en tête était d'avoir une aventure sexuelle avec la femme, le thème le plus fort s'est affirmé : une chambre au lieu d'une table. Mais Eidelberg refuse de se laisser duper. Il pense que le lapsus indique que ce que l'homme essayait désespérément d'éviter était l'idée centrale de son oralité et que le lapsus, la référence à la chambre, était une sorte d'alibi pour que sa conscience ne tomba pas dans le piège. Ce qu'il voulait vraiment, c'était une grande table couverte de nourriture. Par conséquent, Eidelberg remet en question toute la théorie du lapsus. Quand vous faites un lapsus, est-ce le mot effectivement prononcé qui représente l'élément refoulé lui-même ? Ou au contraire, le mot qu'on voulait prononcer, celui qui n'est pas venu, est-il le véritable indice du complexe refoulé ?

Darian Leader, À quoi penses-tu ? Les incertitudes de l'amour

mercredi 13 novembre 2013

Au cours d'une psychanalyse ce n'est pas seulement le courage d'un malade qui croît, c'est aussi celui de la maladie. Elle ose s'exprimer plus clairement.

Sigmund Freud, L'homme aux rats

vendredi 8 novembre 2013

Clinamen

Terme employé par les oulipiens pour désigner l'exception nécessaire à la plénitude de la règle.

Bernard Demers, Les nouveaux exercices de style

jeudi 7 novembre 2013

Le premier sommeil du bébé est sans contenu visuel de rêve. Il suit la satiété orale. Les phénomènes hypnagogiques plus tardifs qui précèdent le sommeil représentent une incorporation orale du sein ; ceux qui suivent parfois peuvent figurer la séparation du sein. Le sein est représenté dans le sommeil par l'écran du rêve. L'écran du rêve représente aussi l'accomplissement du désir de dormir.

Bertram D. Lewin, Le sommeil, la bouche et l'écran du rêve. Nouvelle revue de psychanalyse n° 5, 1972

mercredi 6 novembre 2013

La langue de la névrose obsessionnelle est un dialecte de la langue de l'hystérie.

Sigmund Freud, L'homme aux rats, un cas de névrose obsessionnelle

mardi 5 novembre 2013

Le scénario de vie (analyse transactionnelle)

Un scénario de vie est composé des éléments suivants :

* les injonctions. Il y en a 12 dont N'existe pas, Ne sois pas un enfant, Ne grandis pas, Ne sois pas intime... ;

* les prescriptions ou mini-scénarios : Sois Fort, Sois Parfait, Fais Effort, Fais Plaisir, Dépêche-Toi ;

* le programme qui indique comment mettre en place les injonctions et les prescriptions. Le programme est montré par le parent du même sexe ;

* la décision prise par l'enfant pour satisfaire désirs et envies propres et intégrer les contraintes senties.

Il y a plusieurs types de scénarios :

- gagnant, non-gagnant ou perdant ;

- jamais, toujours, jusqu'à ce que, après, sans cesse ou sans but ;

- sans joie, sans amour ou sans plaisir.

On désigne par "harmatique" un scénario avec une fin tragique.

Gérard Chandezon et Antoine Lancestre, L'analyse transactionnelle, éd. PuF, coll. Que sais-je ? n° 1936

lundi 4 novembre 2013

Ayant découvert l'importance de la capacité de la mère, et, par association, de l'analyste, à tolérer les identifications projectives du petit enfant et du patient, Wilfred Bion en a conclu que, dans l'analyse, l'analyste doit se montrer capable de patience ; de même, il doit savoir garder confiance [...] La capacité négative est la capacité de tolérer la frustration en raison de la conviction qu'il est en définitive possible de trouver un sens.

James S. Grotstein, Dictionnaire international de psychanalyse

jeudi 31 octobre 2013

Le recadrage (PNL)

Recadrer signifie changer de regard sur les choses. En modifiant le sens que nous donnons à des faits ou à des comportements, nous changeons notre opinion et notre jugement. Le sens donné à un événement dépend du cadre dans lequel nous le situons.

Reine Lepinaux, Nicole Soleilhac et Andrée Zerah, La programmation neuro-linguistique à l'école

mercredi 30 octobre 2013

Le pacte dénégatif qualifie un accord inconscient sur l'inconscient imposé ou conclu mutuellement pour que le lien s'organise et se maintienne dans la complémentarité des intérêts de chaque sujet et de leur lien. Le prix du lien est cela même dont il ne saurait être question entre ceux qu'il lie, en raison de la double économie croisée qui régit les rapports des sujets singuliers et de la chaîne dont il sont membre.

Le pacte dénégatif est une métadéfense qui se fonde sur diverses opérations défensives : de refoulement et de dénégation, mais aussi de déni, de désaveu, de rejet et d'enkystement. En même temps qu'il est nécessaire à la formation du lien, il crée dans celui-ci du non-signifiable, du non-transformable, des zones de silence, des poches d'intoxication qui maintiennent les sujets d'un lien étrangers à leur propre histoire et à l'histoire des autres.

René Kaës, Un singulier pluriel : la psychanalyse à l'épreuve du groupe

mardi 29 octobre 2013

Déplacement cognitif

Il s'agit du processus par lequel les points de repère précédents, qui régissent la perception des événements suivant un code de référence déterminé, sont bouleversés. Ceci provoque un moment de confusion, mais si on parvient à le surmonter, on arrive à percevoir la réalité suivant un nouveau schéma de perception.

Claudio Neri, Une pièce, où des gens parlent et discutent. Le modèle implicite de groupe chez W. R. Bion. Revue française de psychanalyse "Groupes", n° 3, Tome LXIII, 1999

lundi 28 octobre 2013

Effet Janis

La pensée groupale (Janis) désigne le fait qu’à l’intérieur du groupe se développent des mécanismes psychologiques qui incitent les individus à rapprocher leurs points de vue les uns des autres, à développer une cohésion qui leur fait prendre des positions irrationnelles ; elles se manifeste en particulier par le fait que l’on ne tient plus compte des réalités extérieures et, de ce fait, la décision prise est souvent boiteuse.

La pensée groupale comporte plusieurs aspects qui interviennent dans les prises de décision :

- le sentiment d’invulnérabilité qui fait que le groupe par exemple peut se croire au-dessus des lois ;

- la conviction d’être dans son bon droit ;

- la tendance à dénaturer une information contraire à la décision du groupe ;

- les pressions exercées sur les membres afin qu’ils soutiennent la décision majoritaire ;

- la tendance des membres à construire des stéréotypes concernant des personnes opposées à leur décision.

Les membres d’un groupe sont plus intéressés et préoccupés à sauvegarder leur cohésion ou à défendre le groupe contre des menaces externes plutôt qu’à trouver et à aboutir à une décision rationnelle.

Gustave-Nicolas Fischer, La psychologie sociale

vendredi 25 octobre 2013

Empathie

On sait que Freud s'y est intéressé dans Psychologie des masses et analyse du moi, sous le terme de Einfühlung, le "mécanismes qui seul rend possible une prise de position à l'égard d'une autre vie psychique" Ferenczi aussi. Mais ce fut R. R. Greenson (1959) le premier à donner une place majeure à l'empathie (L'empathie et ses phases diverses", Congrès international de psychanalyse, 1959, repris in Revue française de psychanalyse, 1961, n° 4-5-6). Daniel Wildlöcher (1996, Les nouvelles cartes de la psychanalyse), en décrivant les possibilités et les limites de l'empathie, pense que le concept, emprunté à la psychologie, n'est pas propre à la découverte de l'inconscient. Il souligne que, dans la technique de Kohut, "l'écoute empathique" est privilégiée au détriment de l'interprétation. Critique à l'esprit de la "communication intersubjective", D. Widlöcher préfère la notion de "copensée", entendant par là non pas une réciprocité des interprétations entre analyste et analysant, mais "l'existence d'une construction commune du sens à partir d'une expérience psychique partagée ; partage du travail interprétatif et non réciprocité".

César et Sara Botella, Figurabilité et régrédience. Revue française de psychanalyse 2001/4, volume 65

jeudi 24 octobre 2013

Le mépris est l'une des caractéristiques clés de la triade des défenses maniaques, les deux autres étant le contrôle et le triomphe. Il correspond au noyau du déni défensif (maniaque) de l'importance de l'objet. Comme tel, il vise expressément à combattre la gratitude envers un objet qui pourrait donner lieu à des sentiments de dépendance et de petitesse, et démanteler le sentiment d'omnipotence.

Robert D. Hinshelwood, Dictionnaire de la pensée kleinienne

mercredi 23 octobre 2013

Parents unifiés

Image de parents fantasiés comme unifiés dans le rapport sexuel. Cette image se forme lorsque le père n'est pas encore complètement distingué de la mère et que son pénis est senti comme faisant partie du corps de la mère. Quand les angoisses œdipiennes surgissent, une régression réactive ce fantasme comme un moyen de dénier le coït parental. Cette image est vécue comme terrifiante.

Hanna Segal, Introduction à l’œuvre de Melanie Klein

mardi 22 octobre 2013

Il me semble que la représentation de ce qu'on appelle un pénis en termes psychanalytiques relève à l'origine d'un rapport à certaines qualités de la mère telles que l'autorité et les règlements, l'exactitude, la fermeté, l'indestructibilité. A une date variable, ces représentations se rassemblent et peuvent être mises au compte du père, pour peu qu'il soit dans les parages. Là s'érige la représentation d'un élément indestructible qui fournit facilement une racine pour l'appréciation définitive du phallus paternel. Avant que cela n'arrive, il y a plusieurs chemins de traverse dont l'un est la représentation d'un phallus maternel. [...] Quelle tâche que celle de l'enfant, de faire tenir ensemble sa propre génitalité et le concept de phallus paternel...

Donald W. Winnicott, Lettres vives

lundi 21 octobre 2013

Symbiose (Analyse transactionnelle)

Relation dans laquelle deux individus ou plus se comportent comme si, ensemble, ils formaient une seule personne et par conséquent n'utilisent pas pleinement leurs autres états du moi.

Ian Stewart et Vann Joines, Manuel d'analyse transactionnelle

vendredi 18 octobre 2013

Je crois que le mot intégration décrit la tendance au développement et son accomplissement chez l'individu sain, accomplissement par lequel il ou elle devient une personne complète, unifiée [an integer]. Ainsi l'intégration acquiert-elle une dimension temporelle. L'état antérieur à l'intégration, je l'appelle non-intégration. En psychopathologie, il y a une désintégration qui est une défense, une fragmentation de la personnalité produite et maintenue dans le but d'éviter la tendance destructrice qui est inhérente à la relation d'objet après la fusion (des éléments érotiques et destructeurs).

Il y a alors aussi une dissociation, qui est une sorte de clivage assez sophistiqué dans lequel la personnalité totale n'est pas scindée. Cela n'est pas tant la "contrepartie pathologique de la non-intégration" qu'une forme sophistiquée de la désintégration. La non-intégration me semble décrire un état primaire, ou encore un état qui est associé cliniquement à la régression à la dépendance. La dissociation (comme la désintégration et le clivage) semblent être des organisations défensives.

Donald W. Winnicott, Lettre à Masud Khan du 26 juin 1961 in Lettres vives

jeudi 17 octobre 2013

Contrôle interne / contrôle externe

Dans notre culture, quand un sujet perçoit un renforcement comme n'étant pas totalement déterminé par une certaine action de sa part, ce renforcement est perçu comme action de sa part, ce renforcement est perçu comme le résultat de la chance, du hasard, du destin, ou comme le fait d'autres tout-puissants, ou bien encore comme totalement imprévisible en raison de la grande complexité des forces entourant l'individu. Quand l'individu perçoit l'événement (il faut entendre le renforcement) de cette façon, nous disons qu'il s'agit d'une croyance en un contrôle externe. Si, au contraire, la personne considère que l'événement dépend de son propre comportement ou de ses caractéristiques personnelles relativement stables, nous disons qu'il s'agit d'une croyance en un contrôle interne.

Julian B. Rotter, Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs, 80, whole n° 609. Cité par Nicole Dubois, La psychologie du contrôle

mercredi 16 octobre 2013

Il existe deux types de déprivations, l'une est à envisager par rapport à la perte de l'objet, l'autre a à faire avec la perte du cadre ou du contrôle. Dans un sens on pourrait parler de la perte de la mère et de la perte du père, le père paternel et non le-père-qui-remplace-la-mère.

Donald W. Winnicott, La crainte de l'effondrement

mardi 15 octobre 2013

Intuition (selon Carl Gustav Jung)

C'est une fonction fondamentale de la psyché puisqu'elle transmet la perception par voie inconsciente. Sa particularité est de ne pas être à proprement parler, ni sensation sensorielle, ni sentiment, ni déduction, bien que malgré tout, elle puisse se manifester sous toutes ces formes. C'est une sorte d'appréhension instinctive de n'importe quel contenu.

Carole Sédillot, ABC de la psychologie jungienne

lundi 14 octobre 2013

La séduction précoce (d'après les travaux de Jean Laplanche)

La séduction précoce [est] liée aux soins maternels, qui dans la théorisation freudienne est marquée par un refoulement toujours plus net (mais il y a des oscillations), ainsi que par un morcellement, un éclatement de la problématique de la séduction. Dans la cure, le transfert est connoté comme illusion. C'est seulement chez Ferenczi que la question reste ouverte (de façon ambigüe cependant). La recherche d'un sol originaire à partir de la pulsion, et d'une pulsion ancrée dans le biologique, ferme la voie à une théorie de la séduction. Néanmoins, la factualité de la séduction précoce progresse, avec la prise en compte des soins de la mère. Il y manque l'attention à l'inconscient de la mère.

Dominique Bourdin, La psychanalyse de Freud à aujourd'hui

vendredi 11 octobre 2013

Carte ou timbre (Analyse transactionnelle)

Désignent les sentiments refoulés pendant une longue période et qui éclatent de façon excessive à un moment inattendu, provoquant des ennuis à tout le monde. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Par exemple, à force de ne vouloir jamais manifester sa colère et son désaccord à dose modérée, cette colère finit par éclater avec violence et au mauvais moment (sentiment-tabou).

Dominique Chalvin, Les nouveaux outils de l'analyse transactionnelle

jeudi 10 octobre 2013

Le potlatch

Le potlatch regroupe l’ensemble des rites, codes, cérémonies, sanctions qui régissent le don de cadeaux dans les ethnies dites de type primitive : Nord-ouest américain, Australie, Afrique.

Le potlatch c’est essentiellement l’obligation de donner : un chef doit exercer le potlatch, c’est ce qui montre son autorité, son rang par rapport aux membres de son clan et par rapport aux clans voisins. C’est surtout un combat pour la prépondérance, ce n’est pas du commerce, même si en apparence il y a échange de richesses matérielles ou de rites et de fêtes.

Ce serait un invariant social universel.

Gabrielle Rubin, Pourquoi on en veut aux gens qui nous veulent du bien

mercredi 9 octobre 2013

Totalité chez Carl Gustav Jung

A propos de la notion de totalité que Jung emploie fréquemment, il faut rappeler que le mot français trahit l'original allemand. Jung utilise rarement die Totalität, mais presque toujours die Ganzheit (ganz, ganzwerden...). Or, le radical ganz ne signifie pas "total" mais "entier". Il faudrait traduire Ganzheit par un néologisme tel que "entièreté" dont les idées d'intégrité et d'intégration se rapprochent davantage que celle de totalité. Loin de viser à être tout, tout posséder ou faire toutes les expériences, la Ganzheit est corrélative aux expériences de dissociation et de morcellement. Jung précise que la Ganzheit n'est pas une Volkommenheit, "accomplissement total, perfection". A l'homme qui sent la présence de deux être en lui, la Ganzheit vient comme l'unité possible. C'est dans ce sens que l'expérience du soi résout la dissociation du conscient et de l'inconscient et donne au sujet d'être entier.

Élie G. Humbert, Jung

mardi 8 octobre 2013

Intuiter

C'est ce verbe, et dès 1967, que Bion prend comme support d'une césure de la psychanalyse d'avec le modèle de la médecine, et dont il fait la caractéristique propre aux réalisations du domaine du psychanalyste.

Traduire "intuit" par "intuitionner" ("intuitionables"), "intuition", "percevoir par intuition", etc. c'est maintenir la prévalence du sens de la vue, autrement dit, annuler la portée du choix de Bion, et ne pas décider de différencier les réalisations du domaine du psychanalyste, "intuitables" par aucun des cinq sens.

Il n'y a d'autre solution en français que laisser ce terme non traduit, ou admettre le néologisme - intuiter, intuitable - solution qui me semble préférable car elle fait entrer une terminologie propre au psychanalyste dans le vocabulaire de la psychanalyse.

Jacquelyne Poulain-Colombier, Lexique de traduction de Bion en français in Le Mouvement psychanalytique n° 10, 2005

lundi 7 octobre 2013

Ne plus rêver, c'est être à demi mort, c'est faire de la réalité sa seule loi.

J.-B. Pontalis, L'amour des commencements

samedi 5 octobre 2013

Je m'habitue à considérer chaque acte sexuel comme un événement impliquant quatre personnes.

Sigmund Freud, Lettre à Wilhelm Fliess du 1er août 1899

vendredi 4 octobre 2013

Trois modalités principales de la honte selon Léon Wurmser

- la honte proprement dite : c'est l'expérience directe de la honte, vécue comme affect, émotion spécifique ;

- l'angoisse de la honte : il y anticipation de la honte comme danger immédiat et donc mise en place de défenses d'évitement ;

- la honte comme potentiel : elle donne lieu à la création d'un style qui porte à éviter une honte possible (par exemple, à manifester une grandiosité défensive, à cacher ou accentuer sa différence).

Jean-Marie Robine, La honte en supervision in La supervision en psychanalyse et en psychothérapie

jeudi 3 octobre 2013

Les étapes qui conduisent à la relation d'objet selon Winnicott

- une expérience "suffisamment bonne" du narcissisme primaire grâce à la préoccupation maternelle primaire (1956) qui permet au nourrisson de vivre son omnipotence et de créer ses objets subjectifs ;

- la présence d'un troisième espace, l'espace transitionnel entre l'enfant et sa mère, espace de jeu et de symbolisation primaire, où l'ambiguïté est acceptée, sans clivage entre le sujet et l'objet (1951) ;

- la capacité d'être seul en présence de la mère (1958) ;

- la capacité d'utiliser l'objet et de se laisser utiliser (1969).

Philippe Jaeger, Elaboration sans fin du deuil de l'objet primaire chez Winnicott ou le paradoxe de la séparation, Revue française de psychanalyse n° 2, vol. 65, 2001

mercredi 2 octobre 2013

Les étapes du développement de l'enfant selon Fairbairn

1) La dépendance infantile, qui est marqué par la non-différenciation relative entre le moi et le non-moi et par la prépondérance de l'incorporation ou de l'"acquisition" d'objets ;

2) La transition ;

3) La dépendance mûre, caractérisée par des "rapports entre deux êtres qui sont complètement différenciés" et par la prédominance du "don" dans les relations d'objets.

Paul Watzlawick et John Weakland, Sur l'interaction

mardi 1 octobre 2013

Les clauses constitutionnelles

Ces déclarations, explicites ou implicites, essentielles pour la croissance et la survie d'un groupe se retrouvent dans les structures de toutes les organisations saines et efficaces. Elles prévoient les clauses suivantes :

D'amendement. Prévoyant le mécanisme de changement de la constitution proprement dite.

Existentielle. Formalisant l'existence du groupe en lui attribuant son nom, ses devoirs, ses prérogatives et ses responsabilités.

Réglementaire. Prévoyant des sanctions pour renforcer la discipline et l'ordre pendant le travail du groupe.

Structurale. Fixant les conditions d'appartenance, tout particulièrement la structure majeure d'un groupe.

Téléologique. Fixant ou suggérant l'objectif ou l'activité.

Eric Berne, Structure et dynamique des organisations et des groupes

lundi 30 septembre 2013

Représentation

Formation psychique qui comporte un contenu représentatif (figurable) psychiquement investi. La dissociation entre l'affect et la représentation proprement dite (la figuration) peut intervenir sous l'effet du refoulement ou d'un autre mécanisme de défense.

Dominique Bourdin, La psychanalyse de Freud à aujourd'hui

dimanche 29 septembre 2013

Être dehors est peut-être une illusion permanente ; il n'y aurait que du dedans et nous nous acharnerions à ne pas le savoir.

Philippe Sollers, Éloge de l'infini

samedi 28 septembre 2013

Si tu cherches la vérité, sois prêt à l'inattendu, car elle est difficile à trouver et surprenante lorsqu'on y parvient.

Héraclite

vendredi 27 septembre 2013

Les 4 types d'"accidents" du développement affectif normal selon Basch :

- l'échec du lien affectif ;

- la honte de l'affect ;

- les problèmes liés à l'accordage affectif ;

- le défaut d'empathie durant la phase oedipienne.

Olivier Chambon et Michel Marie-Cardine, Les bases de la psychothérapie

jeudi 26 septembre 2013

Il est intéressant de comparer le concept d'objet transitionnel avec le concept d'objet interne de Melanie Klein. L'objet transitionnel n'est pas un objet interne (lequel est un concept mental) - c'est une possession. Et pourtant ce n'est pas non plus (pour le nourrisson) un objet externe.

Je dois faire la complexe déclaration suivante. Le nourrisson peut utiliser un objet transitionnel quand l'objet interne est vivant et réel et suffisamment bon (pas trop persécuteur). Mais cet objet interne dépend, dans ses qualités, de l'existence, du caractère vivant et du comportement de l'objet externe (sein, image de la mère, et en général soins apportés par l'environnement). Le caractère mauvais ou l'échec de ce dernier conduisent indirectement à la mort de l'objet interne, celui-ci cesse d'avoir une signification pour le nourrisson et dès lors, et seulement alors, le stade transitionnel cesse également d'avoir un sens. L'objet transitionnel peut tenir lieu de sein "externe", mais indirectement, en tant qu'il représente la mère "interne".

L'objet transitionnel n'est jamais sous contrôle magique comme l'objet interne, ni sous contrôle extérieur comme l'est la mère réelle.

Donald W. Winnicott, Jeu et réalité

mercredi 25 septembre 2013

Un élément bêta est un chien qui vient quand il est appelé.

Wilfred R. Bion, Un mémoire du temps à venir

mardi 24 septembre 2013

Une définition possible de la cure psychanalytique, celle de permettre au patient de faire des expériences archaïques, fondamentales, constitutives de la psyché, du moi, et du penser, qu'il n'a pas eu l'occasion de faire dans son existence naturelle.

Didier Anzieu, Journal de psychanalyse de l'enfant n° 14, 1993

lundi 23 septembre 2013

La littérature ne permet pas de marcher, mais elle permet de respirer.

Roland Barthes, Qu'est-ce que la critique ?

dimanche 22 septembre 2013

Les secrets sont faits pour être agis.

Guy Ausloos, Secrets de famille

samedi 21 septembre 2013

Il est bon de suivre sa pente pourvu que ce soit en montant.

André Gide, Les Faux-Monnayeurs

vendredi 20 septembre 2013

Le groupe thérapeutique est un groupe d'appartenance secondaire dans lequel sont déplacés, répétés, transférés, de nombreux éléments du groupe primaire, des patients et - souhaitons-le - dans une moindre mesure, de l'analyste lui-même.

Jean Claude Rouchy, Le groupe, espace analytique

jeudi 19 septembre 2013

Que sont ces transferts ? Ce sont de nouvelles éditions, ou des fac-similés de motions et de fantaisies qui sont éveillés et rendus conscients à mesure que se déroule l'analyse ; mais ils ont cette particularité, caractéristique de leur espèce, de substituer à une personne antérieure la personne du médecin. Autrement dit : toute une série d'expériences psychologiques sont ravivées non pas en tant qu'appartenant au passé mais en tant que s'appliquant présentement au médecin.

Sigmund Freud, Fragment d'une analyse d'un cas d'hystérie

mercredi 18 septembre 2013

La psychanalyse appliquée commence dès que l'analyste s'identifie à une position d'analyste, et l'analysé à celle d'analysé.

J.-B. Pontalis, La question de la psychanalyse

mardi 17 septembre 2013

On pose généralement que le Moi s'édifie à partir de ses identifications successives. Peut-être, pour ce qui est des fonctions étroitement instrumentales. Mais je me demande parfois si ce n'est aussi de cette manière qu'il se falsifie ; car le "Je" le plus vrai ne peut-être ailleurs que dans l'élaboration de l'instinct, c'est-à-dire dans ce qu'il y a de plus essentiel et, comme l'inconscient lui-même, de plus inacceptable pour l'esprit.

Michel de M'Uzan, Contre-transfert et système paradoxal

lundi 16 septembre 2013

La beauté véritable contient immanquablement des éléments nouveaux.

Rosanjin Kitaôji

dimanche 15 septembre 2013

Nous savons comment le psychanalyste Jung fut amené à la notion de synchronicité, cette curieuse corrélation qui s'établit parfois entre un état de la psyché et un événement extérieur.

Un jour, une de ses patientes lui racontait un rêve qui l'avait particulièrement impressionnée. Dans ce rêve, un inconnu lui donnait un scarabée d'or sous la forme d'un objet très précieux. A ce moment, Jung entendit quelque chose qui tapait discrètement contre la fenêtre derrière lui. Il se retourna. C'était un cétoine vert doré qui cherchait à entrer. Elle ressemblait étrangement au scarabée que décrivait au même moment sa patiente.

La présence de ce scarabée à la fois dans le rêve et dans la réalité sensible était pleine de sens. En Egypte ancienne, le scarabée symbolisait la transformation, la renaissance. Or, la patiente de Jung était précisément dans une phase de grande métamorphose intérieure et extérieure.

[...]

En fait, toute personne qui entretient un lien magique avec sa propre vie, sait que de tels faits existent en profusion. Si nous sommes suffisamment attentifs, c’est réellement une "forêt de symboles" qui s'ouvre. Tout parle. Tout est signe. L'univers reflète nos états intérieurs, et la destinée peut s’interpréter comme un rêve s'interprète.

Cette étrange osmose entre le "dedans" et le "dehors" suggère que le monde extérieur se déroule en fait à l'intérieur de notre conscience.... comme un rêve. comme si la substance du rêve et la substance du monde étaient deux cristallisation différentes de la même et unique substance.

Si le monde parle comme un rêve, c'est qu'il est un rêve.

Erik Sablé, L'univers est un rêve

samedi 14 septembre 2013

Rabbi Chisda a dit : "un rêve qu'on n'interprète pas est comme une lettre qu'on ne lit pas."

Le Talmud (Berachot 55a)

vendredi 13 septembre 2013

Ce qu'une psychanalyse est appelée à expliquer est d'ailleurs étroitement limité. Les frappantes formations symptomatiques sont à expliquer par la découverte de leur genèse, les mécanismes de nature instinctuelle auxquelles on est ainsi conduit ne sont pas à expliquer mais à décrire.

Sigmund Freud, A partir de l'histoire d'une névrose infantile : l'Homme aux loups

jeudi 12 septembre 2013

Lorsque les forces cruelles ou destructrices menacent de dominer les forces d’amour, l’individu est obligé de trouver une manière de se défendre : se retourner comme un gant, mettre en scène son monde interne à l’extérieur, jouer lui-même le rôle destructeur et obtenir qu’une autorité extérieure accepte de le contrôler.

Donald W. Winnicott, Agressivité, culpabilité et réparation

mercredi 11 septembre 2013

L’enfant reste un être fait de soi et de celui qu’on a aimé, il a pour mission de transmettre ce qu’il a reçu.

Catherine Bergeret-Amselek, Le mystère des mères

mardi 10 septembre 2013

Cela me rappelle, dans la théorie de Jung, la persona qu'il définit comme étant un self qui se présente en société sous un aspect poli et socialisé. Cela ressemble au self sain de la théorie de Winnicott, qui constitue un intermédiaire entre le self privé et le monde extérieur au sens large. Une trop grande identification avec sa persona cependant est considéré par Jung comme relevant d'une organisation pathologique - tout comme le faux self présenté dans l'échelle d'évaluation par Winnicott.

Jan Abram, Le langage de Winnicott. Dictionnaire explicatif des termes winnicottiens

lundi 9 septembre 2013

Le moment clé est celui où l’enfant se surprend lui-même, et non celui où je fais une brillante observation.

Donald W. Winnicott, Jeu et réalité

dimanche 8 septembre 2013

Il est difficile de pratiquer la psychanalyse en solitaire. C'est une aventure éminemment conviviale. Ce serait tellement mieux si nous gueulions et hurlions tous en chœur et en mesure, au lieu que chacun maugrée tout seul dans son coin.

Lettre de Sigmund Freud à Georg Groddeck, 21 décembre 1924

samedi 7 septembre 2013

Si quelqu'un devait demander comment le rêveur peut percevoir l'inconscient, la théorie freudienne du rêve lui donne la réponse : justement par le rêve.

Herbert Silberer, Von den Kategorien der Symbolik

vendredi 6 septembre 2013

Nous n'échouerons pas. Au lieu du passage que nous cherchons, nous découvrirons peut-être des océans dont nos successeurs devront pousser plus loin l'exploration.

Sigmund Freud, Lettre à Fliess du 3 janvier 1897

jeudi 5 septembre 2013

En écho aux craintes de certains patients, un collègue me dit un jour: "J'espère qu'ils ne pensent pas que tes deux oreilles sont aussi fermées que ces deux portes". Je lui répondis qu'il devait savoir que pour un analyste, la seule oreille qui vaille était la troisième, l'analytique, celle dont bien peu de gens souhaitent qu'elle reste constamment ouverte. 

Dominique Maugrendre, lu sur www.melaniegribinski.com

mercredi 4 septembre 2013

Le domaine des idées, y compris les pensées et les sentiments de toute sorte, concerne la psychanalyse.

Wilfred R. Bion, La césure

mardi 3 septembre 2013

En quoi l'approche psychanalytique des groupes concerne-t-elle les psychanalystes ?

Question posée à René Kaës par la Commission des Publications de l'Association Psychanalytique Internationale en 2004

lundi 2 septembre 2013

Le désir dégagé de l'angoisse est une aptitude à symboliser.

Julia Kristeva, Le génie féminin. Tome II, Melanie Klein

dimanche 1 septembre 2013

L'essentiel suffit.

Carl Theodor Dreyer